19/8/2009 - Songe d'une journée d'été
Aujourd'hui j'ai fait un rêve étrange. Je me souviens avoir eu de la difficulté à sombrer dans le sommeil. Et le babillage incessant de l'esprit de Korydwen n'en était pas la seule cause. Mon propre esprit n'arrivait pas à faire taire sa douleur et ses questions. Pourquoi la déesse torture-t-elle mon petit frère ? Comment un ordre pourtant simple venant d'Elle peut-il être interpréter de manière si différentes ? Pourquoi nous a-t-Elle permis de survivre Euc'hrid et moi ? Où ai je ma place en ce monde...
Vers midi, j'ai finalement glissé doucement dans le sommeil, malgré l'atroce lumière et le piaillement des oiseaux qui filtraient au travers mon abris. L'épuisement de la nuit a finalement eu raison de l'agitation de mon âme.
J'ai fait un songe...
J'étais dans le noir absolu. Je serrais Euc'hrid contre moi et tout autour de nous j'entendais de bruits et des hurlements. Etait-ce des bruits de combat ou des bruit de bâtiments qui s'effondrent ? Les sons métalliques pouvaient tout aussi bien être celui de lames qui s'entrechoquent que celui d'outils s'effondrant avec un mur. Je voulais aider, mais je ne pouvais le faire car mon corps était celui d'une enfant. La seule chose que je pouvais faire, que je savais que je DEVAIS faire, était de m'occuper de mon petit frère. Aussi je le serrais contre moi en lui murmurant de ne pas faire le moindre son. Et soudain, j'ai senti deux bras puissants me prendre et me soulever...
Pour me déposer dans un grande pièce ronde et noire. Je n'était plus une enfant, mais une adulte. Alors que je me demandais ce que je faisais là, une balance s'est définie devant moi. Je la regardais de loin, le poteau central avait la forme d'une femme et le balancier tenant les deux soucoupes était ses bras. Plus je la regardait, plus cette balance de précisait, elle perdait de son flou. Je réalisait qu'elle était Nethiel et que son regard d'acier était braqué sur moi.
Puis la voix d'Intaelig me dit : "Choisis..."
C'est à ce son que je réalisai que les soucoupe de la balance n'étaient pas vides. Celle de gauche avait une forme accroupie, comme un petit tas. C'était mon frère, prosterné et en prière. Je voulais l'appeler, mais je savais en même temps qu'il ne m'entendrait pas. Il était torse nu et couvert de cicatrices. Mais ces marques n'étaient pas faites de chair, je savais que je voyais là les cicatrices de son âme.
La gorge serrée devant ce spectacle je tournai la tête vers l'autre soucoupe. Pendra s'y trouvait, prisonnière de sa propre cage toracique. Une grande Pendra contenait Pendra dans son torse, qui elle-même contenait Pendra en son torse, qui elle-même contenait... à l'infini...
En la voyant ainsi prisonnière d'elle-même, je me suis senti moi aussi prise au piège. Et c'est à cet instant que le monde autour de moi s'est défini. J'étais dans l'arène de Calliden, dans les estrades se trouvaient plein de gens. Samaeel qui me fixait en marmonnant des : "Bieeeen suuur, mais ouiiiii." Kampfer et Viclau qui me fixaient d'un air dédaigneux et semblait attendre quelque chose pour poser un jugement. Intaelig aussi me fixait d'un air farouche et agressif que je ne lui avait vu qu'au dernier soir de pleine lune. Korydwen, se tenait à l'écart. Non loin d'elle se cachait Ceilan et Hyrr, la main sur sa dague, prêts à je ne savais quoi.
Moertis semblait inquiet, mais de quoi ? Le démon rouge et sa femme, de même que l'homme de pierre qui les suit partout rigolaient bêtement. Plus près, Narkal et le céleste sans yeux étaient posés sur le rebord de l'arène, tel un oiseau de proie, et j'avais le sentiment que si je faisais le mauvais choix, ils allaient me sauter dessus et m'éventrer.
Mais que devais choisir ? Je ne comprenais pas... J'étais le centre de l'attention et je ne voulais qu'une chose, disparaître. J'aurais voulu entrer sous terre et ne jamais avoir existé. Mais comme si on voulait me punir d'une telle idée, j'ai entendu ricaner de l'autre côté de l'arène.
Là se trouvait le nain Malteste et derrière lui les 5 Qualistariens. Le nain semblait vouloir me donner quelque chose, mais j'étais figée. Avec eux je pouvais voir une Kaela bicolore et furieuse car elle était maintenue entre les serre d'un aigle que je savais être le druide Faldéras. Le ricanement provenait de Soriel au côté duquel se tenait Azura qui semblait chercher fébrilement quelque chose qu'elle avait échappé. D'autres félins étaient blottis à ses pieds et roronnaient de contentement.
Près du hall d'entrée, Azazel et Keb jouaient à la marelle... A la MARELLE !!! Même dans mon rêve, je trouvais ça bizarre. Surtout qu'Azazel gagnait, je le soupçonnais de tricher...
C'est alors q'un grincement provenant de la balance me fit tourner la tête. Et c'est à ce moment que je vit et compris. Sous chacune des soucoupes se trouvait un puits sans fond. Et je sus que je devais faire un choix. Je devais sauver Pendra ou Euc'hrid de l'abîme, sinon j'allais les perdre tous les deux.
Euc'hrid m'ignorait, totalement absorbé dans ses prières et sa dévotion.
Pendra me regardait. Elle posait sur moi ce regard de ses orbites vides comme elle le faisait lorsque petite je la trouvais au chevet de mon frère malade. Elle me voyait et je la voyais aussi. Je ne sentais aucune attente d'elle. Aucune demande. Elle me regardait en reconnaissant mon existence, simplement.
Et mon choix fut fait, je saisis la Faucheuse dans mes bras pour la retirer du plateau. Lentement, dans un grincement horrible le plateau contenant Euc'hrid se mit à descendre vers l'abîme. Et là je le vis.
Il se relevait et mon frère n'était plus petit, ni rongé par la maladie et couvert de cicatrices. Il était grand, il était beau et fort ! Je voyais Euc'hrid telle que son âme est. Puissant, confiant et tranquille. Immuable et solide comme le roc. Et pendant que lentement il tombait, son regard a rencontré le mien... Ses yeux brillaient comme un phare sur la côte, afin de guider les navires. Et alors, il m'a sourit.
|
|
Commentaires (0) :: Poster un Commentaire! :: Lien Permanent
|
17/8/2009 - Ce que j'ai fait pendant mes vacances du clan.
Je marchais dans les champs, incertaine, irais-je à gauche à droite, tout droit ? Aucun but ne guidait mes pas, aucun objectif n'habitait mon esprit... J'avançais, laissant Getsou décider de l'arrivée, décider de SI j'arriverais quelque part un jour.
Mon esprit était vide, mon âme me semblait inexistante, comme si je n'étais plus capable de ressentir quoi que ce soit. Puis, quelque chose attira mon attention. Une musique, quelqu'un au loin jouait d'un instrument. J'ai décidé d'y voir un signe de Getsou, laissant la musique me guider. La nuit était jeune, je ne risquait pas d'être surprise par le jour.
Dans une ferme isolée, un jeune garçon, dont j'estime l'âge à 11 années d'expériences, jouait sur un violon. Toute la famille était sur le balcon, profitant de la fraîcheur relative de la soirée. Une galicienne, encore jeune quoiqu'usée par la rude vie de la ferme et la maternité filait du coton. Un rude gaillard, que je supposai être le père, réparait un outil agricole primitif. Une petite fille avançait de la démarche incertaine des enfants qui ne le font pas depuis longtemps... Un bébé gazouillait dans un panier d'osier. Dieu que ces gens sont ennuyeux ! Comme leur vie doit être plate !
J'ai décidé d'aller la pimenter un peu, pour une courte période... J'ai pris le sentier menant au porche.
Le première à me voir fut la gamine, qui vint vers moi en souriant. Je lui ai rendu son sourire en disant suffisamment fort pour que les parents m'entendent, "Gamine, je suis certainement la première et la dernière Sin'Neear que vous voyez." La réaction des parents et de l'aîné a été instantanée. Le père a saisi sa faux, la mère le panier d'osier et le jeune garçon a laissé tomber son violon et s'est mis à courir en direction du champ. J'ai sorti la dague que Euc'hrid m'avait donnée, saisi la petite en lui plaquant la lame sur la gorge et j'ai laisser entendre : "Si vous voulez qu'elle vive... tout le monde va sur le balcon... Immédiatement !"
Prouvant qu'il n'étaient pas aussi bêtes qu'ils en avaient l'air, ils se sont rendu docilement sur le balcon. Tenant toujours l'enfant par les épaules, je me suis avancée vers eux. "Je vous ai vu filer du coton, vous avez des tissus ici ? " ai-je demandé à la femme. Les yeux agrandis par la peur, elle me répondit par un signe de tête. "Que du coton ?" Je demandais ça, car je n'aime pas le coton, c'est une étoffe à la fois grossière et fragile qui ne convient qu'à des untermenschen. Mais cette idiote semblait avoir épuisé le seul neurone encore fonctionnel de sa cervelle. Son aîné est venu à sa rescousse, prouvant son utilité... Pour le moment. "Nous avons aussi du lin, il est dans le coffre de la chambre."
J'ai envoyé la gamine le chercher et avant qu'ils ne puissent soupirer leur soulagement, je me suis saisi du panier contenant le poupon et j'y ai déposé Poison. "Je vous présente Poison, elle est encore minuscule, mais sa morsure arrive à paralyser un membre entier d'un homme adulte. Alors imaginez un peu ce qu'elle pourrait faire à ce petit si on l'énerve..." Le fermier a pris sa femme dans ses bras alors que celle-ci éclatait en sanglot. La gamine est revenue avec les tissus de lin. Ils étaient de couleur neutre, donc facilement à teindre. Je me suis installée dans la berceuse et j'ai commencé à coudre en silence. Les grillon nous harcelaient de leur chant monotone. Les sanglot étouffés et hystériques de la mère ont finit par me taper sur les nerfs.
"Toi, le jeune, va chercher ton violon, et prie ton dieu ou ta déesse pour qu'il ne se soit pas brisé en tombant, car j'ai envie d'entendre de la musique." Je me disais que cela allait au moins étouffer les grillons, couvrir la mère. Le père, qui avait eu le bon sens de ne rien dire jusque là ouvrit alors sa grande gueule, et pour dire la pire connerie qui soit en plus : "Nous prions Dalilya..." Je les ai longuement regardés de la tête aux pieds, lancé un regard dédaigneux sur leur champs. Et le violoniste en a rajouté une louche... "Oui, nous sommes Dalilyen..." Retenant difficilement mon fou-rire, je leur ai lancé : "Et bien, vous n'êtes pas rancuniers ! Vous avez vu vos gueules ? Et vos champs ? Votre déesse permet que vous soyez aussi laids, bousille vos récoltes avec une pluie incessante, et vous vous continuez de la prier... Et vous vous en vantez !"
La gamine, sans doute légèrement idiote, a dû prendre mon hilarité comme un signe d'amitié, car elle s'est avancée vers moi en gazouillant. "Zolie madame, pourquoi la peau est noirte ?" Quand sa main a touché mon genou, mon aiguille s'y est enfoncée profondément. Elle s'est mise à hurler, alors je lui ai tranché la gorge... Heureusement le sang a giclé de l'autre côté, sinon mon tissu aurait été gâché. Le père a eu une ridicule poussée de testostérone. Que j'ai calmée en pointant le panier à mes pieds. "Poison est assez énervée comme ça." lui ai-je dit tranquillement "Vous ne voudriez pas qu'elle s'en prenne à votre plus jeune ?" Ça les a tellement coupés dans leur élan que les deux adultes sont retombés assis sur le sol. Aucune dignité ces animaux... J'ai plongé mes yeux dans ceux du gamin... "Alors ce violon? Il est en état de jouer?" Pour toute réponse, il l'a porté à son menton et a commencé à jouer. De la graine de barde ce petit. Je crois que je vais le laisser vivre quand j'en aurai terminé ici.
Mon travail d'aiguille avançait bien, la nuit avançait aussi je dois dire. Je fut donc heureuse de voir que j'en aurais bientôt fini de leur présence malodorante. "J'ai presque terminé, vous savez ce qui me plairait assez ?" Devant leur manque d'enthousiasme, j'ai continué : "Un bon bain... Vous devez bien avoir une cuve ici ? " La femme a pointé un abris non loin, que j'avais à tort pris pour un poulailler. "Très bien, alors vous.." Je pointai l'homme, "allez me remplir cette baignoire. Et nous verrons à quel point vous tenez à votre famille... Car si vous tentez quoi que ce soit..." Je reposai mon ouvrage et repris ma dague.
"Je peux... Je peux vous chanter la balade du Drow solitaire si vous voulez..." Me dit le jeune garçon. Instinctivement, parce que j'avais entendu mon frère le dire tellement de fois lorsqu'il parlait avec les untermenschen, j'ai répondu "On ne dit pas Drow, on dit Sin'Neear..." Puis le sens de ces paroles s'est rendu à mon cerveau. "Vous connaissez une ballade sur mon peuple ? " Il a rougi, je jure que ce petit a rougi, il m'a vu, sans sourciller, tuer sa petite sœur, mais il a rougi quand il m'a dit que le texte était de lui. "Ben en fait", bredouilla-t-il, "c'est d'après l'histoire qu'un survivant d'un village plus loin nous a racontée, et moi je l'ai mise en musique."
A ma grande surprise, c'était l'histoire que mon frère nous avait racontée lorsqu'il était revenu avec son armure de cuir et ses nouvelles armes. Bien sûr, elle était racontée du point de vue des villageois, mais ce petit avait du talent et un jolie voix. Il terminait, lorsque le père revint nous annoncer que le bain était prêt. Je me suis saisie du panier dans lequel le bébé se mettait à pleurer. Il devait avoir faim l'animal. Mais cela énerva Poison qui le mordit au front. Les hurlements redoublèrent, pendant moins d'une minute pour être suivis d'un sifflement alors que la petite tête gonflait, rendant le passage de l'air de plus en plus pénible par le nez. Les deux mâles devaient unir leurs forces pour retenir la mère qui voulait s'élancer vers son enfant agonisant. Puis, ce fut le calme plat, je me suis penchée, j'ai pris le petit corps dans mes bras et j'ai doucement prononcé les paroles que Pendra m'avait offertes. "Cy Sham Cham Fa Pen Dy Zom..." Le petit corps s'est animé dans mes bras. J'avais devant moi trois êtres complètement ahuris. Je me suis adressé au bébé. "Tu as faim n'est-ce pas? Oui tu as faim, va boire..." Et j'ai tendu le bébé à sa mère.
Folle de soulagement, elle s'est assise dans la chaise et a commencé à donner le sein au petit... "Maintenant, MORD et MANGE" me suis-je exclamée. Et le minuscule zombie m'a obéi, bouffant sa mère avec vigueur et énergie. Lorsque le père a voulu le frapper, la mère l'a repoussée l'idiote. J'ai profité de la confusion générale pour le poignarder. Il est tombé à mes pieds. Sans perdre une seconde, j'ai usé du même sort sur le père que sur le fils, et je lui ai ordonné de mettre le feu à sa ferme... Surtout qu'il n'en reste rien ! "Sauf la cabane avec le bain ! ", lui ai-je crié juste à temps...
Puis, je suis allée prendre le violon du futur barde, lequel tremblait de tous ses membres. Je savais qu'il était dans ce qu'on appelle un état de choc, quoi que ça veuille dire. J'avais déjà vu ça à la maison, les esclaves que l'on donne aux araignées se figent quand ils la voient vider leurs compagnons de ses fluides vitaux. Etrange, pour des êtres qui disent ne pas aimer la mort, quand elle passe devant eux, ils ne peuvent s'empêcher de la regarder fixement et bêtement. Ils en oublient de fuir.
Je me suis plantée devant le jeune homme, avec son violon dans mes mains et j'ai plongé mon regard au fond du sien pour la seconde fois. "Vous allez tester l'eau de ce bain..." Son regard était vide, absent... J'ai claqué des doigts sous son nez, espérant que cela suffise à le ramener à la réalité. Je ne voulais surtout pas le toucher, je me sentais déjà assez sale. Heureusement cela a suffit. Une lueur s'est allumée dans ses yeux. "Que... quoi? Le bain?" a-t-il bredouillé. Je trouvai bizarre que lorsqu'il chante il soit aussi agréable, mais que lorsqu'il parle cela sonne aussi lamentablement... "Venez avec moi." J'avais remarqué aussi avec les esclaves dans cet état, que si on usait d'une voix ferme on pouvait leur faire faire n'importe quoi. Il m'a suivie jusqu'au bain. Et là... Sous mes yeux sidérés, il s'est dévêtu, entièrement !
"Imbécile ! Que faites-vous ?" Me suis-je écriée. "Je vais tester l'eau du bain..." me répondit-il d'une voix rêveuse. "Ha non, vous n'allez pas vous baigner dans la même eau que moi, c'est dégoutant !" Dis-je en retenant mes haut-le-cœurs. Flambant nu devant moi il me fixait bêtement cherchant vaguement à deviner mes intentions. "Buvez en une tasse, si vous survivez je saurai qu'elle n'est pas empoisonnée..." Il le fit et.... ne tomba pas.
Je me trouvais maintenant devant la complexe situation où je devais choisir entre le laisser vivre, et prendre un bain alors qu'il pouvait me reluquer... ou le tuer. J'avais grande envie de le laisser vivre, pour qu'il puisse raconter son histoire... Mais comment m'assurer de me baigner en tout intimité ? Puis je me suis rappelée que le zombie de son père en avait pour encore quelques minutes... Je lui ai ordonné d'attacher son fils à un arbre non loin de là. Puis d'aller se coucher sur le plancher de la maisonnette en flammes.
Ce bain fut un DELICE. La chose la plus merveilleuse que je n'ai vécue depuis fort longtemps. Malheureusement, la lueur des flammes allait très certainement alerter les voisins, aussi j'ai fais au plus court.
|
|
Commentaires (0) :: Poster un Commentaire! :: Lien Permanent
|
|
A Propos
Journal intime d'une jeune elfe noir...
Ce journal est en lien avec un jeu de rôle Grandeur Nature.
Derniers Articles
<%Calendar%>
Amis
|