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LE PLAISIR ET L'APPRENTISSAGE - Posté à 18:30 le 26/9/2012 par Frayssinhes

1/Qu'est-ce que le plaisir ?

Nos vrais plaisirs consistent dans le libre usage de nous-mêmes.  (Georges Buffon)


Si l’on en croit le dictionnaire[1], le plaisir est un « état affectif agréable, durable, que procure la satisfaction d'un besoin, d'un désir ou l'accomplissement d'une activité gratifiante ». L’être vivant est selon Maslow[2], un être de besoins non encore assouvis qu’il cherche à satisfaire de façon successive[3]. Ainsi, le plaisir est le nom générique donné à la satisfaction d’un besoin physique, affectif ou intellectuel ou encore de l’exercice agréable d’une fonction vitale, comme manger. L’affliction, l’amertume ou l’ascèse, en sont les antonymes qui offrent un malaise, un mécontentement, ou un désagrément. Le plaisir a de nombreux synonymes : joie, bonheur, délice, volupté, mots qui désignent des différences plus ou moins subtiles de l’expérience de satisfaction d’un besoin.


2/Que nous révèle le plaisir ?

 

Nous avons la révélation du plaisir, lorsqu’un besoin, supposé ou réel est comblé, c’est-à-dire lorsque nous avons obtenu satisfaction dans la plénitude de sa réalisation. La graduation du plaisir est plus ou moins importante, selon l’importance du besoin non encore assouvi, et l’intensité de sa réalisation. Le plaisir est un état du moi qui est fugace, c’est-à-dire qui est changeant, fragile et éphémère. Il tend généralement à disparaitre dès que le besoin a été satisfait.


3/Variations philosophiques et psychanalytiques du plaisir

« L’homme est né pour le plaisir : il le sent, il n’en faut point d’autre preuve. Il suit donc sa raison en se donnant au plaisir. » Pascal


Chez Platon[4], le plaisir est défini comme la réponse à un manque. Le désir est vécu comme un vide à combler, dont la réalisation se caractérise par un assouvissement appelé plaisir. Socrate, montre à travers l’exemple concret d’une chaîne qui le démange, que le plaisir est intimement lié à son contraire : la douleur. Ainsi, le plaisir de se gratter la jambe se transforme dans une vision paroxysmique à la douleur. Epicure va définir précisément le plaisir comme l’absence de trouble, l’ataraxie[5], refusant ainsi l’idée positive du plaisir. L’épicurisme bien compris est donc tout sauf un hédonisme. Comme repas, Epicure se contentait d’un simple morceau de pain rassis et d’un bol de lait caillé. Par ailleurs, il estimait que le plaisir sexuel, bien que naturel, n’était pas indispensable au bonheur humain. Du point de vue d’Epicure, le plaisir serait avant tout la capacité à vivre dans l’instant présent en cueillant le jour ici et maintenant (carpe diem, hic et nunc).


Freud[6] définit le plaisir comme l’état de détente faisant suite à la décharge d’une tension. Cette définition très « mécaniste » du plaisir est surtout valable pour le plaisir sexuel que Freud érigea en  plaisir suprême. Le plaisir sexuel est intimement lié à l’intensité du désir qui est assouvi. Plus le désir sexuel est « insoutenable », plus la jouissance sexuelle est intense. Mais plus la jouissance sexuelle est intense, plus la frustration qui s’en suit est jugée douloureuse par Freud, d’où son pessimisme fondamental. Valable pour le sexe, la définition de Freud peut selon nous s’appliquer à la plupart des autres plaisirs, qu’ils soient physiques ou intellectuel. Ainsi, le plaisir de la table qui permet d’atteindre cette félicité à la fin du repas, après la tension du plaisir de manger les mets les plus raffinés


La question « qu’est-ce que le désir », conduit nécessairement à une aporie car il est difficile d’avoir une définition objective à un terme aussi subjectif que le plaisir. Le personnage sadien trouve son plaisir dans la douleur qu’il inflige à autrui. Sacher-Masoch[7] trouve son plaisir dans l’humiliation que lui inflige la belle femme désirée. Freud a un peu rapidement évoqué la pathologie du « sado- masochisme » en associant les deux auteurs maudits, car d’après Deleuze[8], la logique sadienne n’a rien de commun avec la logique « masochienne » ; le plaisir de souffrir n’étant pas le symétrique du plaisir de faire souffrir.


Pour Aristote, nous jouissons quand notre activité se déploie librement, et nous souffrons quand elle est comprimée[9]. Où trouver en effet une cause de plaisir, sinon dans la liberté? Le plaisir de l'être c'est son action propre. Cette théorie peut expliquer de nombreux faits : les exercices musculaires, les couleurs brillantes, les études, les plaisirs intellectuels nous plaisent parce que nos divers modes d'activité peuvent s’y exercer. La libre activité devient ainsi la principale cause du plaisir.


4/ Plaisir et apprentissage

Des caractérisations précédentes, nous pouvons déduire que pour apprendre avec plaisir, et ainsi décupler notre efficience, il serait nécessaire de :

  • ·         Se former dans un contexte non formel où les activités s’effectueraient en toute liberté de choix et d’action, sans entrave. (quoi ; quand et où on le souhaite…)
  • ·         Multiplier les modes d’apprentissage à l’aide d’outils différenciés (auto-apprentissage, collaboratif, synchronisme, asynchronisme, chat,  blog, vidéos, etc…)
  • ·         Susciter le désir en réalisant des activités d’apprentissage gratifiantes, valorisantes, stimulantes,
  • ·         Rechercher et obtenir du plaisir grâce à l’entretien et au développement de la motivation intrinsèque de l’individu, extrinsèque grâce à l’apprentissage collaboratif,
  • ·         Mettre en tension l’apprenant et la maintenir de façon itérative, afin qu’il atteigne au final le plaisir de la réussite.


     Ce sont les axes de recherche que vont prendre maintenant nos travaux.

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[1] Cf Centre National de Recherche Textuelle, ressource en ligne consulté le 26/09/2012.

[2] Abraham Maslow 2008. « Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité » Paris :Éditions d'Organisation.

[3] Cf à la pyramide de Maslow

[4]  La Vénus à la fourrure : et autres nouvelles, prés. Daniel Leuwers. Paris : Presses Pocket.1985

[5] Calme, indifférence, impassibilité.

[6] Cf. Au-delà du principe de plaisir ( Cf Jean-Luc Berlet)

[7] Le masochisme fut forgé par Richard von Krafft-Ebing en 1886 et Sacher-Masoch s'éleva contre l'utilisation de son nom pour désigner une perversion.

[8] Gilles Deleuze. 1967. Présentation de Sacher-Masoch avec le texte intégral de « La Vénus à la fourrure ». Paris : Les Éditions de Minuit

[9] Aristote. Morale à Nicomaque, Livre X. (Idem Cf Jean-Luc Berlet)

 


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