Elle passe sur les trottoirs, elle fonce, elle trace son chemin. Jamais elle ne se retourne, elle sait que chez elle personne ne l’attend jamais, elle sait que son téléphone ne sonnera pas ce soir, elle sait…
Elle sait que si elle marche si vite c’est pour ne pas s’attarder, pour ne pas SE rencontrer, pour ne pas faire face à sa réalité. Elle le sait. Elle sait pourquoi elle n’a pas d’attaches, pourquoi personne ne la connaît vraiment, pourquoi elle n’a pas d’amis.
Elle se croit libre, mais c’est faux, c’est une illusion, c’est cette peur du vide, cette peur du naufrage qui la pousse…
Elle sait qu’elle fume trop qu’elle boit trop, qu’elle est trop, toujours trop…
Elle sait qu’un jour elle se couchera comme tous les soirs mais qu’il n’y aura jamais plus de matins, petite brume qui s’estompe, petite feuille morte qui tombe…
Tout ça elle le sait et ce soir elle se sent prête, prête à ne plus jamais se réveiller…
**ME**
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