De l'avis même de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, les hôpitaux vont vivre une «période difficile à la fin de l'année». Ce mardi, une réunion sur les réquisitions de médecins et d'étudiants s'est tenue pour devancer les problèmes qui risquent de se poser, en pleine épidémie de grippe A.
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La ministre a précisé «que les réquisitions ne pouvaient se faire que sur des propositions des directeurs d'établissement» : «Il ne s'agit pas de désorganiser nos établissements hospitaliers en faisant appel aux étudiants qui travaillent dans les blocs ou dans les services d'urgences». Roselyne Bachelot a également rappelé «que ces réquisitions ne devaient pas dépasser deux vacations par semaine et tenir compte bien évidemment du calendrier des examens des étudiants».
Des actes médicaux déjà reportés
A l'unisson de la ministre, François Aubart, président du syndicat de médecins hospitaliers CMH, s'est dit «très inquiet pour la fin de l'année». Il a noté que «les premières déprogrammations de patients commencent à se faire», faisant allusion à des annulations d'interventions prévues jugées non urgentes et pouvant donc être remises à plus tard. Gérard Vincent, de la Fédération hospitalière de France (FHF, responsables des hôpitaux) partage cette inquiétude car «la grippe risque de rajouter un surcroît de travail». «On fera tout pour faire face en déprogrammant au maximum ce qui peut être reporté au début de l'année», a-t-il affirmé.
Le président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a souhaité mardi que la réquisition des élèves infirmiers «ne pénalise pas leurs études», demandant au gouvernement de «remédier immédiatement à ces dysfonctionnements». «Les élèves infirmier-e-s dénoncent à juste titre des horaires à rallonge, les mauvaises conditions de travail dans les centres de vaccination, et leur faible rémunération, une indemnisation de stage de 40 euros par semaine».
Plus de 2.250.000 personnes vaccinées. En comptant les personnels de santé, plus de 2.250.000 personnes se sont fait vacciner contre la grippe H1N1, a indiqué mardi Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, lors d'un point de presse sur la grippe. «Les chiffres qui ont été relevés lundi dans les centres de vaccination montrent que la mobilisation, la montée en puissance, l'effort se pousuivent».
Une 118e mort liée à la grippe A en métropole. Un jeune homme âgé de 24 ans est décédé lundi d'une pneumopathie foudroyante liée à la grippe A à l'hôpital Rangueil de Toulouse (Haute-Garonne). Le patient ne souffrait d'aucun antécédent particulier. L'institut national de veille sanitaire a fait état lundi de 11 décès en France métropolitaine depuis vendredi, évaluant à 118 le bilan des décès depuis le début de l'épidémie, auxquels s'ajoutent 28 décès enregistrés dans les territoires français d'outre-mer.
Huit millions de doses de vaccin attendues en fin de semaine. Le directeur général de la santé, Didier Houssin, attend pour la fin de la semaine, «un arrivage complémentaire de pas loin de 8 millions de doses qui devrait nous permettre d'enclencher la partie de la campagne qui va concerner la population générale, c'est à dire la majeure partie de la population». «Tant qu'on ne les a pas, on est prudent», a-t-il souligné, ajoutant que la date pour le lancement de cette tranche de vaccination «n'a pas encore été fixée précisément». L'envoi des bon de vaccination «se fera vraisemblablement par classes d'âge croissantes, partant du principe que les données épidémiologiques suggèrent qu'il faut essayer de vacciner en priorité ceux qui sont les plus jeunes», a précisé le professeur Houssin.
Moins d'établissements scolaires fermés. Le nombre des établissements scolaires fermés mardi en raison de la grippe H1N1 est en baisse par rapport à lundi, s'établissant à 117 établissements et 319 classes, selon le décompte du ministère de l'Education nationale. L'impact de la grippe semble à la baisse, alors que 149 établissements et 352 classes étaient fermés lundi.
Les médecins offrent à nouveau leurs services. De son côté, le principal syndicat de médecins, la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), a réitéré son offre «de vacciner dans les cabinets qui le souhaitent les patients qui le souhaitent et en particulier les plus fragiles qui ne peuvent pas, pour des raisons évidentes, se rendre dans les centres de vaccination». «Le ministère continue à refuser cette offre de services sous couvert de difficultés techniques», a ajouté son président Michel Chassang.