3/12/2006 - L'essentiel
Toute
mon adolescence, je me suis entendu dire que je ne devais pas me
disperser mais « aller à l’essentiel » sans que jamais personne ne
puisse me dire en quoi consistait cet « essentiel » vers lequel je
devais aller. Aussi ai-je longtemps essayé de le définir par moi-même…
L’essentiel, mais l’essentiel pour qui, l’essentiel pour quoi ?
Après une période de vie assez longue, je ne suis pas encore certain
d’avoir la réponse. L’argent, la réussite sociale, la notoriété,
l’amour, le bien-être, la santé ? Toute réponse une peu affirmative me
semble ne reposer que sur des lieux communs. J’ai de l’argent, pas
énormément mais assez pour vivre sans inquiétude. Je crois avoir
réalisé, si l’on en croit mon entourage et la presse, ce que l’on
appelle généralement « une vie réussie » et je fais partie de quelques
unes des personnalités qui sont sorties de l’anonymat sans être
pourtant devenues des vedettes. Il arrive même que l’on me reconnaisse
dans la rue et je me vois parfois abordé par un ou une inconnue qui me
saluent de mon nom comme mon fromager, mon poissonnier, mon vcolailler
et ma boulangère… L’amour. Ah l’amour ! Peut-être est-ce là le terrain
le plus difficile : j’ai aimé, on m’a aimé et si ces deux situations ne
se sont pas toujours conjointes j’ai vécu de longues périodes de
plénitude sentimentale. Le bien-être étant une résultante, j’ai vécu
dans un certain confort, assez loin de tout souci et de toute
inquiétude et même la santé m’a été donnée sans que je fasse grand
chose pour cela. Pourtant… Pourtant, au fur et à
mesure que ma vie approche de sa fin, je ne sais toujours pas ce qui
pour moi est l’essentiel et garde un fort sentiment d’échec persuadé
que je suis passé à côté de lui, que dans tout ce que je n’ai pas connu
et que je ne pourrais maintenant pas connaître devait se dissimuler ce
quelque chose qui, pour moi, aurait été l’essentiel.
|