13/2/2008 - La justice des hommes
Posté le 12.02.2008 par auto23652
“O Crux ave, spes unica"
La soif de justice de l'homme, aveuglé par son orgueil et par ses égarements, ne peut être étanchée que par l'Existence du Dieu de la bible, révélé dans les Evangiles comme le démontre la théologie chrétienne
"En omettant le péché, en ne parlant pas de l'enfer, la Rédemption du Christ vient à en être diminuée. Beaucoup de nous espèrent qu'il y a quelque chose de valable en nous, qu'il y a une volonté finale de servir Dieu et de servir les hommes, de vivre selon Dieu. Mais il y a beaucoup de blessures, beaucoup d'impuretés. Nous avons besoin d'être préparés, d'être purifiés.
Lorsqu'on ignore le jugement de Dieu, on ne connaît pas la vraisemblance de l'enfer, la faillite radicale et définitive de la vie, on ne connaît pas la possibilité et la nécessité de la purification.
Ainsi l'homme ne travaille pas pour le bien de la terre parce qu'à la fin, il perd les critères, ne se connaît pas lui-même en ne connaissant pas Dieu, et il détruit ainsi la terre.
Toutes les grandes idéologies ont promis : nous prendrons en main les choses, ne négligerons pas la terre, créerons un monde nouveau, juste, correct, fraternel. Au contraire, ils ont détruit le monde. Nous le voyons avec le nazisme, nous le voyons aussi avec le communisme, qui ont promis de construire le monde tel qu'il aurait dû être et, au contraire, ils ont détruit le monde.
Mais nous ne pouvons pas réparer toutes les destructions du passé, toutes les personnes injustement martyrisées et tuées. Dieu seul peut créer la justice, qui doit être une justice pour tous, même pour les morts.
Et comme le dit Adorno, un grand marxiste, seul la résurrection de la chair, qu'il croit irréelle, pourrait créer la justice. Nous croyons en cette résurrection de la chair, dans laquelle nous ne seront pas tous égaux.
Mais il y a la justice et il y a la vraie faute. Ceux qui ont détruit l'homme et la terre ne peuvent pas s'asseoir en suivant à la table de Dieu avec leurs victimes. Dieu crée la justice. Nous devons tenir cela présent à l'esprit.
Ceux qui se sont détruits ainsi, qui sont toujours incurables, ceux qui n'ont plus aucun élément sur lequel puisse reposer l'Amour de Dieu, ceux qui n'ont plus un minimum de capacité d'amour en eux, ne sont peut-être pas nombreux. Ce serait l'enfer.
Et le paradis est ainsi l'espérance, c'est la justice finalement réalisée. Et il nous donne aussi les critères pour vivre, pour que ce temps soit d'une certaine manière, le paradis, pour qu'il soit une première lumière du paradis.
Si les hommes vivent selon ces critères, le paradis apparaîtra un peu dans ce monde, et cela sera visible. La nécessité de suivre le chemin des commandements, dont nous devons parler de plus en plus, me semble être aussi une démonstration de la vérité de la foi. Ce sont réellement des indicateurs du chemin et ils nous montrent comment bien vivre, comment orienter notre vie
Un homme sincère sait qu'il est coupable, qu'il devra changer, qu'il devra se purifier. Et c'est la merveilleuse réalité que nous offre le Seigneur : il y a une possibilité de renouveau, d'être nouveau. Le Seigneur recommence avec nous à nouveau et nous pouvons recommencer ainsi également avec les autres dans notre vie.
Cette attente du renouveau, de la restitution de notre être après tant de choses incorrectes, après tant de péchés, c'est la grande promesse, le grand don que l'Église offre. Et que, par exemple, la psychothérapie ne peut pas offrir.
La psychothérapie aujourd'hui est si répandue et nécessaire face à tant de problèmes psychologiques ou de blessures graves. Mais les possibilités de la psychothérapie sont très limitées : elle peut seulement chercher à rééquilibrer un peu une âme déséquilibrée. Mais elle ne peut pas donner un vrai renouveau, un dépassement de ces maladies graves de l'âme.
Le Sacrement de la pénitence nous donne l'occasion de nous renouveler jusqu'au bout avec la puissance de Dieu - ego te absolvo - qui est possible parce que le Christ a pris sur lui nos péchés, nos fautes. Il me semble que c'est précisément aujourd'hui, une grande nécessité. Nous pouvons être guéris. Les âmes qui sont tourmentées et malades, comme tout le monde en a fait l'expérience, ont besoin non seulement de conseils mais d'un vrai renouveau, qui peut venir seulement du pouvoir de Dieu, du pouvoir de l’Amour crucifié.
Il me semble que ce sont les grands rapports des mystères qui finalement, pèsent réellement dans notre vie. Nous devons nous aussi les méditer et ainsi les transmettre de nouveau aux hommes."
Extraits de paroles de Benoît XVI en ce temps de Carême 2008
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13/2/2008 - L'importance de la prière face à l'activisme.
Posté le 13.02.2008 par auto23652

Benoît XVI demande de cultiver le silence et la contemplation
Cité du Vatican, le 13 février 2008 - (E.S.M.) - Etre célébrant, c'est être capable de faire en sorte que la célébration liturgique soit cet espace de paix, ce moment du temps suspendu, où des fidèles apparemment passifs laissent la liturgie se dérouler d'elle-même. "La pensée - fait encore observer le pape Benoît XVI, a toujours besoin de purification pour entrer dans la dimension où Dieu donne sa parole de création et de rédemption."
Benoît XVI demande de cultiver le silence et la contemplation
On s'ennuie à la Messe ? Eh bien... Tant mieux
La pastorale liturgique développée dans nos paroisses depuis Vatican II a sans aucun doute fait fausse route. Elle a fait fausse route en cherchant à tout prix à "occuper" les fidèles pendant les célébrations liturgiques. Elle a fait fausse route en voulant "distraire" les fidèles. Elle a fait fausse route en voulant à tout prix rendre la liturgie "compréhensible".
Obligés d'être "hyperoccupés", "hyperattentifs", "hyperparticipatifs", "hyperactifs", les fidèles en sont venus à rater une certaine maturité spirituelle que la liturgie restaurée de l'Eglise - si elle avait été correctement célébrée - se proposait de leur faire atteindre.
Désormais, lorsqu'une messe est célébrée comme elle doit l'être, sans qu'il y soit ajouté le gadget pastoral à la mode ou la dernière prière prétendument adaptée à l'assemblée, les fidèles finissent par s'ennuyer: on les a rendu incapables de prier seuls, d'eux-mêmes, au simple contact du déroulement "normal" de la liturgie.
S'il n'y a pas d' "animateur", s'il n'y a pas quelque chose d'extra-liturgique ou de para-liturgique à faire, à entendre ou à voir, les fidèles sont incapables de gérer eux-mêmes l'ambiance qu'engendre par lui-même le déroulement "normal" des rites, des déclamations ou des chants.
Face à cette situation posons la question: n'est-il pas nécessaire que nos célébrations liturgiques soient à nouveau des "génératrices d'ennui" ? Car n'est-ce pas en venant s'ennuyer à la messe que le fidèle peut être conduit à chercher par lui-même l'intérêt de la liturgie et à découvrir ainsi, progressivement, le sens véritable de la liturgie ?
Voilà ce que devrait faire une bonne pastorale liturgique: apprendre aux fidèles à devenir capables de gérer leur ennui à la messe. C'est-à-dire apprendre aux fidèles à remplir ce moment de vide qu'ils éprouvent parfois en assistant à la messe, de sorte à le rendre fructueux.
Mais pour permettre aux fidèles de gérer leur ennui, encore faut-il que le prêtre, à l'autel, ne se conduise pas en "animateur" et se souvienne qu'il est d'abord un "célébrant" et en même temps un "président". C'est amplement suffisant.
Etre célébrant et président, c'est refuser de transformer la liturgie en un moment d'activisme obligatoire et organisé qui rend le fidèle passif en le rendant dépendant de l'animateur.
Etre célébrant, c'est être capable de faire en sorte que la célébration liturgique soit cet espace de paix, ce moment du temps suspendu, où des fidèles apparemment passifs laissent la liturgie se dérouler d'elle-même, à son propre rythme, parler d'elle-même, en sorte qu'elle puisse imprégner l'assistance de son contenu et de son sens sans qu'il y ait de gros effort à faire. C'est dans cette forme de passivité constructive et "intériorisatrice" que le fidèle peut, en fin de compte, découvrir et nourrir sa vraie passion pour le sens profond de la célébration liturgique.
Les idées n'ont de valeur et d'utilité que dans la mesure où elles "découlent du silence et de la contemplation", a rappelé Benoît XVI aux étudiants de Rome. Or c'est en apprenant à transformer la passivité que fait naître la liturgie en intériorisation, que le fidèle peut cultiver le "silence" et la "contemplation" qui permettent d'entendre Dieu parler dans son cœur. "La pensée - fait encore observer le Saint-Père, a toujours besoin de purification pour entrer dans la dimension où Dieu donne sa parole de création et de rédemption.
Pour l'homme d'aujourd'hui qui baigne dans le bruit et l'activisme stérile, il est souvent très difficile d'être passif en liturgie, car la passivité demande une grande ascèse... Dans nos sociétés où l'ennui est considéré comme un défaut et l'agitation comme une vertu, l'idée d'avoir le droit de s'ennuyer à la messe paraît subversive à bien des clercs: cette idée passe pour être même totalement opposée au Concile qui met l'accent sur la participation "active" des fidèles.
[NDLR: On ne ainsi rappeler les paroles du Saint-Père Benoît XVI, qui s'adressant samedi dernier aux participants à l'Assemblée Nationale de la Fédération Italienne des Exercices Spirituels, leurs expliquait que dans son Encyclique "Deus Caritas est", il a voulu précisément « réaffirmer l'importance de la prière face à l'activisme et le sécularisme pressant de nombreux chrétiens » (n. 37). L'insistance sur la nécessité de la prière est en effet toujours actuelle et urgente.► Benoît XVI réaffirme l'importance de la prière face à l'activisme et au sécularisme ]
Mais nous savons aussi que la participation active souhaitée par Vatican II n'a rien à voir avec la participation "activiste" actuellement proposée - ou imposée - dans nos paroisses. La participatio actuosa que l'Eglise veut promouvoir ne peut se réaliser que si la liturgie fournit cette dose d'ennui et de lenteur nécessaire à tous les apprentissages mentaux qui se font par imprégnation. Or ces apprentissages sont actuellement sabotés par le culte du zapping et de l'impatience qui inflige aux cerveaux un court-circuit permanent, à l'âme une fuite permanente, à l'esprit une dispersion de tous les instants.
Ce culte du ludique et de l'activisme au sein des célébrations actuelles empêche la liturgie d'exciter l'imagination des fidèles: cette imagination qui est si nécessaire car elle ouvre l'esprit aux valeurs spirituelles et qui conduit le croyant à apprendre, à découvrir, à ne plus se contenter d'être gavé d'émotions artificielles et d'énervements factices.
Si le fidèle qui participe à la célébration de l'Eucharistie réussit à devenir attentif à ce qui se passe à l'autel, ce n'est jamais parce qu'on l'a "motivé" en le gavant de distractions nées du désir d' "animer" la liturgie: c'est d'abord parce qu'on a commencé par le laisser livré à lui-même en sorte qu'il puisse acquérir cette curiosité à l'aide de laquelle il pourra se sortir lui-même de son ennui. Savoir cela change notre regard sur la façon dont devrait se célébrer la liturgie.
Les prêtres se plaignent que beaucoup de paroissiens manquent d'intérêt pour la célébration dominicale. Mais pourquoi ces paroissiens évitent-ils de s'intéresser à ce qui se fait, le dimanche, à la messe paroissiale ? Pourquoi le dimanche matin ces paroissiens préfèrent-ils s'épuiser dans le sport ou s'avachir dans la grasse-matinée, plutôt que de se ressourcer spirituellement à la messe ?
La réponse est simple: parce qu'ils n'ont pas appris - ou on ne leur a pas appris - à se replier sur leur monde intérieur; parce que le divertissement continuel qui leur a été proposé la dernière fois qu'ils sont venus à la messe leur a barré cette route de l'ennui qui, paradoxalement, peut mener à l'éveil mental, donc à l'estime de soi, donc à la construction spirituelle de soi. N'ayant jamais eu l'occasion de faire cette expérience positive de l'ennui, ils n'ont pas non plus appris la patience nécessaire au déploiement du sacré et à l'écoute du silence: ils ne savent pas qu'une heure d'ennui apparent, au cours d'une messe, peut faire éclore quelque chose d'indicible dans l'âme.
Le désœuvrement au cours de la célébration liturgique développe l'imaginaire et, par ricochet, une connaissance du soi-même dans sa dimension spirituelle. Mais à une condition: il faut que le fidèle qui va à la messe ait appris à s'ennuyer très tôt, et qu'on lui ait donné, à travers une solide formation catéchétique, les moyens de pallier par lui-même l'ennui qui, sans imagination constructive, risquera toujours d'être stérile.
Faire cet apprentissage et trouver ces ressources est impossible si le milieu familial et paroissial ne s'y prête pas. Tout le monde le sait: une célébration liturgique ne peut remplacer une solide formation catéchétique préalable. Car célébrer n'est pas expliquer.
Aujourd'hui bien des prêtres se sentent coupables quand les fidèles avouent s'ennuyer à la messe dominicale. Ils se demandent alors ce qui leur manque: un chant qui leur plaît? Le collage de papiers multicolores au-dessus de l'autel ? Les célébrants et les animateurs liturgiques qui ont peur de voir les fidèles s'ennuyer au cours d'une messe si la célébration n'est pas assez réfléchie, organisée, truffée d'éléments distrayants, feraient bien mieux de se demander si ce n'est pas le trop-plein qui règne dans les célébrations actuelles qui fait fuir les fidèles.
En réalité, les fidèles ont besoin d'une heure de patience. Ils ont besoin d'une plage d'ennui... A noter que le culte du ludique et de l'activisme n'est pas propre aux liturgies actuelles: il est le fruit du monde moderne qui ne donne plus à l'homme les moyens de se construire. Mais par mimétisme, les célébrations paroissiales se sont laissées contaminer. D'où, par retour de balancier, l'engouement pour les communautés nouvelles ou pour les spiritualités orientales qui laissent encore de la place au silence, à la transcendance, au mystère.
Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia
Sources: PRO LITURGIA
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 13.02.2008 - BENOÎT XVI
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Thèmes de réflexion sur la messe en latin de rite Tridentin.
La mystique du rituel de la messe.
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