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Séquence 3 fiche de lecture Rousseau Les confessions
1/ Le pacte autobiographique : l’écrivain s’engage à la sincérité et à l’exhaustivité. Or, la sincérité n’est possible que si la mémoire ne fait pas défaut. Pensons aussi que la mémoire « recompose » le souvenir, qu’elle « refait l’histoire » et que, pour cette raison, il ne peut y avoir ni objectivité complète ni exhaustivité. Le pacte auquel se tient Rousseau, de la ligne 10 à la ligne 15 est un engagement à être le plus sincère possible. Mais même dans cet engagement, il ne saurait y avoir de sincérité absolue. « méprisable et vil » pour les défauts (deux termes) mais « bon, généreux, sublime » pour les qualités ( gradation ternaire).
2/ La situation d’énonciation : nous sommes dans un discours (JE + présent), mais le présent du préambule renvoie à un présent plus vaste et plus vague où le livre serait déjà écrit et publié : » je viendrai ce livre à la main » (l.9). Ce glissement nous conduit vers les enjeux de l’autobiographie de Rousseau : se confesser, se faire pardonner, notamment ce que lui reproche Voltaire (avoir abandonné ses enfants). C’est le sens du grand troisième paragraphe qui file la métaphore du jugement dernier « Que la trompette du jugement dernier » et d’autres passages de la Bible (la lapidation , « je fus meilleur que c’est homme-là », que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.)
3/ Références bibliques : Rousseau se projette dans l’au-delà, rappelant le fait qu’il est déiste ( « Etre éternel »). La fin du préambule prend la forme d’une prière, d’où les nombreux subjonctifs et l’impératif : « rassemble...qu’ils écoutent….qu’ils gémissent …Que chacun d’eux découvre… ». Le vocabulaire reste proche de celui d’un Saint-Augustin très chrétien (« Mes confessions, jugement dernier, ton trône… »)
3/ La nature divinisée : Pour Rousseau le déiste c’est la Nature qui crée l’Homme. Chaque créature est différente, d’où la métaphore du moule (« briser le moule »). L’idée que chaque être est unique est une idée préromantique qui traverse toute l’œuvre de Rousseau. A partir du moment où chaque être est unique on peut concevoir qu’il y a un intérêt à faire son autobiographique, pour que la mémoire de cette individualité ne se perde pas. Autre idée romantique qui traverse cette page : l’exaltation du Moi : nombreuses occurrences de « je » et de »moi, me » dans le passage. On peut voir dans ce projet autobiographique également la naissance de la notion d’individu chère à la philosophie des Lumières.
4/ Un style ampoulé : registre épique dans la métaphore du Jugement dernier et dans les hyperboles (« la foule de mes semblables »). Rythmes ternaires des propositions incluses dans de grandes périodes répétitives et anaphoriques. Des balancements pour rendre les contraires , le Bien , le mal, la confession et le pardon. Le style de Rousseau est ici assez grandiloquent, à la mesure de l’œuvre immense qu’il entreprend.
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