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Séquence 3 Colette Sido
1/ La figure du père : Avec une écriture féminine, l’apparition de la figure du père pour concurrencer la figure maternelle. Pour Colette, c’est la figure d’un père absent. Puisque militaire de carrière, que les enfants vont « découvrir » après sa mort : « Quand mon père mourut ». La famille transforme la bibliothèque du père décédé en chambre et découvre alors son jardin secret : l’écriture ou plutôt le livre. Le père avait des projets d’écriture qu’il n’a pas mené à bien et s’intéressait à l’Algèbre et à la stratégie militaire. Il avait l’intention d’écrire son autobiographie ( thème de la mise en abyme dans l’autobiographie de Colette » « Mes campagnes, les enseignements de 70, La géodésie des géodésies, l’Algèbre élégante, le maréchal Mac-Mahon vu par un de ses compagnons d’armes, Du village à la Chambre, Chansons de zouave ( vers)… »
2/ La famille : Une mère attentionnée et une épouse adorée (la dédicace du livre du père : A « ma chère âme, son mari fidèle… ». Un frère aîné qui deviendra médecin ( « mon frère y écrivit ses ordonnances »). Des petites filles (filles du frère) : « ses petites-filles griffonneuses. Au premier abord, cette famille semble iconoclaste et indifférente à la perte du père , puisqu’elle ne ménage pas son héritage. On pille « la mémoire du père » pour en faire même des papillotes pour cuire les côtelettes « avec une fièvre destructive » (l.23). Et pourtant, la joie vivante avec laquelle le pillage a lieu semble montrer tout le contraire : la volonté de chaque membre de la famille de faire vivre cet héritage laissé par le père et, par là même, de lui faire partager la vie quotidienne après sa mort, à titre posthume. Pas de reliques mais un héritage vivant dans lequel chacun puise allègrement.
3/ Le livre : c’est le livre en tant qu’objet qui est le véritable sujet de ce passage, il n’y a qu’à relever les champs lexicaux du papier et les impressions sensorielles qui y sont associées pour s’en convaincre. Des odeurs, des impressions tactiles et visuelles. Un support riche de sensations pour « une œuvre inconnue », celle à peine ébauchée du père trop tôt disparu. : « la preuve d’une impuissance » qui va suscité chez Colette la vocation d’écrivain :« Est-ce là que je pris le goût fastueux d’écrire… »
4/ La vocation de l’écrivain : C’est bien ce souvenir des livres du père, si présent à la mémoire de l’écrivain qui explique ici la vocation de Colette. La jeune fille s’apprête à reprendre l’œuvre inachevée de son père, comme pour se venger d’un destin inachevé et permettre justement son achèvement. : « J’y puisai à mon tour, dans cet héritage immatériel, au temps de mes débuts. » Mais Colette fera son œuvre propre. Son père calligraphiait « en lettre gothiques » (pointues), elle couvrira les pages « de sa grosse écriture ronde et cursive ». C’est à partir de cet héritage qu’elle prendra librement son envol.
5/ Le parcours autobiographique : Dans ce passage, formé de petits paragraphes dépourvus de connecteurs logiques ou chronologiques, la chronologie est bouleversée, elle semble suivre le rythme de la réminiscence. Après un premier passage au présent de l’énonciation ( l’auteur) qui dit « J’en oublie », on se retrouve à la mort du père. Moyennant des ellipses, nous retrouvons Colette et son frère à l’âge adulte (le frère écrit des ordonnances), puis à l’âge de parents (allusion aux petites-filles). Enfin, nous revenons en arrière pour assister aux débuts de l’écrivain. Les univers de l’enfance (la découverte du trésor du père), de l’adolescence (les ordonnances et les papillotes), de l’âge adulte (l’écriture et les petites-filles) se côtoient, comme ils le font dans le souvenir.
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