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Séquence 3 G.Perec W ou le souvenir d’enfance
1/ Originalité du projet autobiographique de Perec :
Les passages de son autobiographie fictive : les aventures de W, un personnage imaginé par l’enfant, qui lui permet de mener une vie normale d’enfant, alors que « l’Histoire » a volé son enfant à ce petit garçon juif qu’est l’auteur. Et les souvenirs très vifs, et tout droit venus de la mémoire d’un enfant, cénesthésiques, de Perec.
2/ Un travail de réminiscence très authentique La construction de ce passage est minimale. Les trois souvenirs sont racontés l’un après l’autre, en phrases sobres, et simples. La syntaxe est volontairement un peu scolaire : « Le premier… : », pour rendre à la fois l’immédiateté du souvenir, sa spontanéité et un style enfantin. Les trois premiers souvenirs sont chacun l’objet d’un paragraphe, un peu plus long chaque fois, comme s’ils étaient classés par ordre d’importance A/ La premier souvenir est très évasif, mais nous reconnaissons d’emblée un souvenir d’Occupation et de bombardement vu par un enfant que le port du masque à gaz amuse ( « les gros yeux de mica »). Le souvenir est essentiellement olfactif : « odeur écoeurante de caoutchouc »
B/ Le deuxième souvenir est plus construit : il y a du mouvement, des impressions visuelles et sonores et un repère spatial. C/ Le troisième est le plus élaboré : il est émotionnel, lié au sentiment d’injustice et va, magnifiquement rejoindre un souvenir bien plus pénible (pas pour l’enfant mais pour le lecteur) celui de l’étoile jaune : « non pas le souvenir d’une médaille arrachée, mais celui d’une étoile épinglée ». La petite injustice rejoint la plus grande, la petite histoire la grande Histoire, l’autobiographie le témoignage, le devoir de mémoire.
3/Une mémoire sensorielle Perec fait ici la démonstration que la mémoire est essentiellement sensorielle :d’où les deux verbes en italiques « je me vois » et « je sens ». sa logique n’est pas rationnelle mais sensuelle, une impression sensorielle en appelant une autre : » C’est pratiquement en rédigeant ces trois souvenirs qu’un quatrième m’est revenu »
4/ Les trois Je : narrateur, auteur et personnage. Contrairement à ce qui se passe ordinairement, les trois Je s’expriment au présent, présent de narration pour l’enfant et présent de l’énonciation pour l’auteur : »je dévale » : personnage » Je me vois » : narrateur » Je me souviens » auteur C’est le Je de l’enfant qui à la plus grande place dans ce passage et qui concourt à donner son authenticité au souvenir et contribuer à l’émotion du passage ;
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