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Séquence 3 N.Sarraute Enfance
1/ Une autobiographie à deux voix Nathalie Sarraute appartient au Nouveau Roman, mouvement littéraire qui tente de « jouer » avec les structures habituelles du roman. C’est ainsi que Sarraute joue ici avec le principe de l’autobiographie à la première personne. Le récit n’est pas fait à la première personne, mais il est rédigé sous forme de dialogue entre deux voix dans lesquelles on reconnaît la voix de l’auteur et celle de sa conscience, impertinente, proche de la petite fille qu’elle compte évoquer. Ce procédé permet à l’auteur de travailler le rapport Auteur/ Personnage dans le cadre autobiographique et de mettre en valeur les conflits internes qui peuvent naître au moment de l’écriture chez l’écrivain qui se raconte.
2/ La mise en abyme : Dans ce passage, il y a une mise en abyme, c’est un souvenir d’écriture pour l’écrivain qui doit le raconter , donc de l’écriture dans l’écriture . »Vous raconterez votre premier chagrin, »Mon premier chagrin » sera le titre de votre prochain devoir de français » »
3/ L’occasion de réfléchir sur les mécanismes de l’autobiographie Ecrire son autobiographie, c’est raconter ses souvenirs mais en s’en tenant à bonne distance, il s’agit quoiqu’il arrive de faire œuvre d’écrivain et non de se confesser : « c’est un chagrin qui serait hors de ma propre vie, que je pourrais considérer en m’en tenant à bonne distance »
Ecrire son autobiographie c’est se libérer d’un certain nombre de « fils à la patte » : « cela me donnerait une sensation que je ne pouvais pas nommer, mais je la ressens maintenant telle que je l’éprouvais … un sentiment…. De dignité ….Et de liberté » Quand on écrit son autobiographie on se libère, et on acquiert une certaine dignité qui sont le fait justement de la mise à distance par l’écriture. La mort du petit chien, est un parfait « premier chagrin de vrai enfant » et une fois raconté, il sera classé comme tel par l’écrivain et non plus seulement comme un souvenir traumatisant. Ecrire son autobiographie, c’est être sincère certes, mais c’est aussi imaginer ( « J’imagine qu’aussitôt que j’ai pu… ».Il ne s’agit pas forcément de « scruter » la vérité, mais de la traquer dans la reconstruction d’une vérité imaginaire.
4/ La réminiscence Le texte de N. Sarraute contient aussi l’idée que le souvenir émerge de nulle part, il est le fait de la mémoire, autonome, surprenante, inattendue .. « Je n’en sais rien, mais il m’a apporté, dès son apparition une certitude. »
5/ Le style de N.Sarraute L’auteur joue sur le rendu du style parlé, du fait de la rédaction dialoguée. La syntaxe est très lâche (point de suspension, phrases nominales). Ce style lui permet aussi de rendre le processus de l’écriture, dans ses hésitations : d’où les accumulations : « de domination, de puissance… », les modalisations, « peut-être, j’imagine. »
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