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prof marotte répond à tout - Molière Dom juan Acte V deux fiches - BlogHotel.org

 
6/5/2008 - Molière Dom juan Acte V deux fiches

 Lecture Analytique 5 la tirade de l’hypocrisie.V.1
 

 

  Cette tirade marque le dernier degré de la déchéance de Don Juan comme nous lefera remarquer Sganarelle : « il ne vous manquait plus que d’être hypocrite ». On sait que Molière détestait l’hypocrisie de son temps  et qu’il l’a dénoncée à maintes reprises : voir Tartuffe et les faux dévôts, voir Le Misanthrope.

 

 

1/ Un jeu sur les paradoxes :
Don Juan critique son époque faites de faux semblants, où les « vices «  passent pour vertus , ou vrai et faux s’inversent : » l’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus ».
Quand on sait qu’étymologiquement l’hypocritès : c’est l’acteur on comprend mieux ces paradoxes et l’enchevêtrement des deux champs lexicaux.
- la comédie : « personnage, art, grimaces, grimaciers, manteau.... »

- le monde des courtisans : » imposture, censure,  dupes des autres, stratagèmes.... »

Les accessoires de théâtre n’ont pas suffi à mettre à l’abri de la censure Molière, le comédien et le chef de troupe. Mais les accessoires de l’hypocrite lui permettent, eux, d’agir en toute impunité. Il joue la comédie, comme un acteur de théâtre, mais n’a rien à craindre tant le milieu des courtisans est corrompu.

 

 

2/ L’hypocrite

 

Premier avantage : agir à couvert : « on n’ose rien dire contre elle ». L’hypocrisie est personnifiée : «  qui, de sa main, ferme le bouche à tout le monde » ;


Deuxième avantage : se faire des amis  parmi les « grimaciers » qui, le terme est plus fort et plus péjoratif encore «  les singes »,pour mieux «  duper » son monde.

Troisième avantage : « rhabiller adroitement les désordres de leur jeunesse ». En filant la métaphore de l’accessoire, Molière montre l’efficacité de l’hypocrisie. : » manteau, bouclier, habit ». Ici Molière fait clairement allusion à tous les courtisans qui ont mené grand train pendant la première partie du règne de Louis XIV et qui maintenant jouent les dévots tout comme leur souverain.

 

Quatrième avantage : être à « l’abri », et pouvoir en cachette continuer à mener la même vie qu’auparavant. Don Juan n’a pas l’intention de se racheter, mais plus calmement sans subie le moindre reproche.

Cinquième avantage : Critiquer les autres avant qu’ils n’aient le loisir de vous critiquer. : «  Je m’érigerai en censeur des actions d’autrui... » Don Juan utilise désormais le futur, se projetant dans un avenir glorieux de juge. Le vocabulaire de la justice et de la Justice divine ( autre effet d’annonce ?) occupe les dernières lignes de la tirade : «  jugerai mal, censeur, opinion, pardonnerai, vengeur des intérêts du Ciel, accuserai d’impiété, damneront...Injures, autorité. »
Les grimaces de Don Juan parviendront peut-être à dissimuler ses vices auprès des hommes, mais pourra-t-il se faire le « vengeur des intérêts du Ciel » en toute impunité ? L’orgueil et l’art de la rhétorique emportent Don Juan bien trop loin dans cette dernière tirade.


 

 

 

Lecture Analytique 6  du dénouement V, 5 et 6

 

 

A/ Un dénouement précipité

Les deux dernières scènes sont très courtes, le dénouement est précipité et baroque. Un Spectre (fantôme de Done Elvire ? ultime chance de grâce divine pour le libertin ?) Une statue qui entraîne Don Juan dans les Enfers : la présence du merveilleux n’est pas classique, elle mobilise une machinerie lourde et peu orthodoxe au XVIIe siècle. Peut-être cette débauche de prodiges et d’invraisemblances montre-t-elle une dernière fois la témérité de Don Juan et son hybris :
 »Qui ose tenir ces paroles ? Je crois connaître cette voix ». Rationaliste, Don Juan croit encore à une supercherie.
 »Non, non  rien est capable de m’imprimer de la terreur... » Don Juan est un personnage de tragédie, entre terreur et pitié.

« Non,  non, il ne sera pas dit, quoiqu’il arrive que je sois capable de me repentir ». Don Juan nie l’évidence ( Quatre occurrences de Non sur trois répliques) et délibérément, il refuse de se repentir. Ce n’est plus le personnage qui doute et qui aime la vie, mais l’audacieux suicidaire qui sort de sa condition de mortel.
Les «  non » de début du dénouement sont bientôt relayés par le « oui » qu’il donne calmement en même temps que sa main à la statue du commandeur en signe d’acceptation de la mort.

 

B/ LA STATUE

La statue du Commandeur est l’intercesseur de Dieu. Dans la version de Tirso de Molina, son rôle est plus important, le dîner chez Don Juan a lieu et n’est pas écourté comme il l’est chez Molière, qui, par souci de vraisemblance, ne l’a pas traitée ce qui accélère encore ce dénouement.

 

C/ SGANARELLE

Sganarelle, qui incarne la conscience de Don Juan essaie encore une fois de raisonner son maître : « Ah ! Monsieur, rendez-vous à tant de preuves, et jetez-vous vite dans le repentir ». En vain.
Sganarelle est encore une fois le contrepoint comique de cette scène tragique. Un comique de mots, à propos du Spectre : «  ah ! Monsieur c’est un spectre, je le reconnais au marcher. » et  dans la réplique finale «  ah ! mes gages ! mes gages » rappelant son statut de valet. Sganarelle conclut sans aucune émotion sur le registre de la comédie, comme pour mieux encore brouiller les pistes et se rire du dispositif scénique baroque mis en place...Tout cela n’était que du théâtre : « tout le monde est content. Il n’y a que moi seul de malheureux. »


 

 

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