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24/5/2009
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Voltaire Article Fanatisme de l'Encyclopédie
Pour l'introduction, veuillez vous référer aux deux fiches de lecture du Traité sur la tolérance de Voltaire: combat contre l'intolérance religieuse, définition du Théisme voltairien. 1/ Le Dictionnaire philosophique: la notion de dictionnaire sous-entend un registre didactique, un discours informatif. Or, dans le Dictionnaire de Voltaire tout comme dans l'Encyclopédie de Diderot/d'Alembert, les entrées ou articles ne sont pas tous informatifs mais plutôt argumentatifs voire polémiques et ont pour fonction principale de véhiculer les idées des Lumières. 2/Voltaire commence tout de même dans ce texte par une définition "en creux" du fanatisme, caractéristique du raisonnement par l'absurde , dans le premier paragraphe: "Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre , ce que la rage est à la colère". Cette première phrase permet surtout d'introduire la métaphore filée comparant le fanatisme à une maladie contagieuse.( maladie épidémique, poison, cerveaux infectés, pestes des âmes.....) Elle permet cependant de bien comprendre la conception idéologique de Voltaire de Dieu: Le mysticisme, la métaphysique, l'enthousiasme au sens étymologique ( intuition de l'existence de Dieu, énergie spirituelle dont l'esprit se nourrit et qui , chez Platon déjà, est la preuve de l'existence du monde des Idées, d'une monde supérieur au-dessus du monde sensible), l'enthousiasme est un comportement intime et individuel qui doit rester individuel, et se manisfester par un être au monde qui en aucun cas ne doit faire loi, dans la mesure où il est par essence individuel. C'est le théisme: Dieu existe, j'en ai l'intuition empirique, mais je ne dois pas imposer cette intuition à autrui et tenter de l'ériger en loi. D'où la condamnation de toute religion révélée, et donc de tous les prophètes, qui selon Voltaire sont la source première de l'intolérance religieuse. Celui qui prend "ses imaginations"pour des "prophéties" est un "enthousiaste" ( ce dernier peut être un philosophe, un guide utile dans une société) ; "celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique". Dès qu'il s'agit d'imposer son ehtousiasme par la répression et la force, cet enthousiasme se dénature( "d'aliment salutaire" il devient " poison"). 3/ Pour appuyer son argumentaire, Voltaire empruntera de la ligne 7 à la ligne 14 des exemples fameux de fanatisme issus de l'Ancien Testament et de la mythologie antique.Des exemples suffisamment éloignés des écrits saints qui font problèmes à son époque et divisent les catholiques et les protestants. 4/ De cette condamnation du fanatisme religieux et de la violence au nom de la religion, Voltaire passe tout naturellement, au mileu du texte, à l'idée de séparation de l'Eglise et de l'Etat qu'il appelle de tous ses voeux pour la société de demain. En effet, Voltaire n'est pas revolutionnaire mais plutôt réformateur, il pense que l'intolérance religieuse doit être jugulée par l'instauration de lois laïques , par la séparation des pouvoirs religieux et politique( ce qui n'est pas le cas en France à son époque, la monarchie étant "absolue" et de "droit divin", ce qui permet aux "usurpateurs" de s'appuyer sur le pouvoir religieux pour régner, et au religieux de s'immiscer dans les affaires politiques): " Ce sont d'ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poison entre leurs mains".Il faut donc "casser" cette association entre le religieux et le politique , pour éviter que "l'enthousiame "ne se corrompe en "fanatisme". 5/Le registre du texte est éminemment polèmique: le vocabulaire est fort " fripon, poison.peste ,imbéciles." les images sont violentes " hache en morceaux, egorgeant,accès de rage...", les hyperboles sont nombreuseset étayent tout l'argumentaire qui gagne ainsi en efficacité. 6/ Le dernier paragraphe milite pour une nouvelle aristocratie ou oligarchie qui confierait le pouvoir aux "philosophes"( "secte des philosophes", à noter l'autodérision participant de l'ironie voltairienne) ou aux " lettrés de la Chine", ces religieux qui du fait de leur grande culture et leur grande sagesse ne peuvent plus basculer dans le fanatisme. Ici, Voltaire introduit le terme de "remède" qui répond aux premières étapes de la métaphore filée ( religion= poison).
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