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prof marotte répond à tout - Diderot extrait de La Religieuse - BlogHotel.org

 
24/5/2009 - Diderot extrait de La Religieuse
1/Ce texte est une réquisitoire:
Un réquisitoire est un discours, généralement prononcé,-d'où les marqueurs de l'oral- par un homme de loi, pour condamner quelque chose au quelqu'un.En cela, ce type de texte est à rapprocher du pamphlet ou du blâme que vous avez étudié en Seconde.
Ce qui est condamné ici c'est la pratique sociale qui fait que les jeunes filles , difficiles à marier pour des raisons économiques ( absence de dot) , physiques ( laideur ou âge trop avancé), ou morales ( filles mères, filles déshonorées) en sont réduites à se faire religieuses, mais si elles n'ont pas la foi.
2/ Situé à la fin du roman de Diderot le réquisitoire de Maître Manouri explicite les revendications de Diderot et illustre son matérialisme foncier.
Ce texte repose sur des procédés rhétoriques très simples. De la ligne 1 à la ligne 28, l'auteur procède par interrogations rhétoriques, qui vont de l'argument le moins important au plus important. Ces interrogations rhétoriques se doublent d'anaphores " Où est-ce qu'on voit...?" qui participent d'un effet d'insistance et accentuent la force du propos.
Dans la dernière partie du texte , l'interrogation rhétorique est relayée par le discours rapporté au style direct qui fait "parler" l'avocat directement et et en évidence une condamnation sans ambiguïté du clergé régulier;
3/ Construction du réquisitoire.
Les couvents ne se justifient pas:c'est la  thèse implicite qui apparaît dès le début du texte et qui s'explicitera à la fin du texte dans le passage au style direct. nous avons donc les caractéristiques du texte argumentatif déductif axé sur la persuasion.
-1er Argt: Jésus n'a pas demandé les sacrifices de jeunes filles. Les couvents sont l'invention de l' Eglise dont elle renforce le pouvoir sur la société civile. Donc confusion de l'Eglise et de l'Etat du fait d'une absence de séparation des deux pourvoirs.
- 2e Argt: Cette invention va à l'encontre de la sociabilité naturelle de l'Homme
-3e Argt: Cette invention contrarie la nature humaine en brimant les instincts de l'Homme et en niant les pulsions corporelles notamment les pulsions sexuelles.
- 4eArgt: Au mieux les religieuses sont des femmes à moitié folles du fait de leurs frustrations, au pire des femmes qui se pervertissent et qui aident à la frustration des jeunes novices;
-5e Argt: Les religieuses ne sont plus des femmes dont le rôle social au sein de la famille est pourtant essentiel, mais des destins contrariés et confinés, dont le sacrifice est inutile.
Passage au style direct:
Le clergé régulier est triplement criminel: refusant le travail, il sombre dans la paresse: faisant voeu d'obéissance il renonce à sa liberté fondamentale et se soumettant à ces voeux il est ou hypocrite ou fanatique.
On voit dans ce texte les différentes revendications des Lumières : la liberté et le libre arbitre, l'idée que l'homme n'est pas duel mais une combinaison d'instincts ( venant du corps et qu'il partage avec les animaux, et de volonté ( animal social, fait pour le travail et engagé dans le progrès social)
L'équilibre esprit/corps participe de son bonheur, tout le reste n'est que mortification et négation des impératifs du corps, utiles pour le pouvoir despotique qui ne peut régner que par l'assujettissement des autres.
Les critiques de Diderot s'adressent bien entendu à ses contemporains mais aussi aux ascètes comme Pascal pour lequel le bien être est presque un péché.
Les revendications de Diderot font apparaître son matérialisme, le fait que pour lui tout dans l'homme est matière ( conception moniste de l'homme) et qu'il n'y a pas d'une part chez lui une âme immatérielle qui seule mérite notre attention et d'autre part un corps périssable, siège des plus bas instincts, que nous devons dominer...
Diderot renoue avec l'adage antique: mens sana in corpore sano.Le bonheur de l'homme passe par le bonheur ressentir de conserve par l'esprit et le corps.

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