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24/5/2009
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D'Holbach Extrait de La Contagion sacrée
1/D'Holbach fait partie des philosophes des Lumières foncièrement athées. Dieu n'a été inventé que pour exercer un pouvoir indu sur le peuples par des tyrans peu scrupuleux.La Religion,c'est comme le dira Marx un siècle plus tard" l'opium du peuple".L'auteur n'use pas des même précautions oratoires que ses amis philosophes. Dans cet extrait, la thèse est explicite, au début du texte et elle est exprimée en termes virulents. "La faiblesse, l'ignorance, les vices et la méchanceté des princes les mirent presque toujours dans l'impossibilité de se passer du secours du sacerdoce" . L'Eglise et le croyance en Dieu n'existent que par la tyrannie et l'incompétence des gouvernants: - qui sont "faibles": ils ne sont portés par aucune idéologie et aucune sens du devoir - qui sont "ignorants": la connaissance devrait donc les rendre moins incompétents - qui sont "vicieux": si l'on réhabilite la vertu dans une société équilbre , ils ne seront plus maîtres absolus mais se mettront au service de leurs prochains: - qui sont " méchants" , au sens agressifs et vélléitaires; 2/ Le texte de d'Holbach se présente comme un récit ( imparfaits et passés simples:" mirent, liaient convenaient, fallut....") et présente l'Ancien Régime comme le fait d'une époque déjà révolue dans la perspective d'une uchronie imminente.L'Histoire se fait apologétique et quasi légendaire. Ce qui permet à l'auteur de ne viser aucun souverain en particulier ni aucune époque et de passer de l'Antiquité la plus lointaine à l'époque la plus contemporaine. On pense aussi bien au tyran de Syracuse , qu'à Louis XIV ou XV. Le propos est très générique, dépourvu volontairement de repères spatio-temporels pour échapper à la censure et prendre un caractère résolument philosophique et systématique. 3/ Après l'exposé de la thèse viennent les arguments - forts de la Religion qui était leur complice, les princes ne se sont jamais remis en question et leurs peuples, engourdis par la crainte ne se sont jamais soulevés. - leur pouvoir n'étant nullement légitimé par leurs actes, ils l'exercèrent grâce aux "préjugés" et à la "force". Et il fallut imposer au peuple une" force surnaturelle" ( monarchie absolue de droit divin) pour ne pas perdre toute crédibilité et continuer à être respectés de leurs sujets. - Il fallut entretenir le peuple dans la crainte de Dieu pour que celui-ci renonce à ses droit naturels :" le droit au bonheur et la liberté". - Seule la Religion pouvait ainsi faire renoncer tout un peuple asservi à l'usage de la raison, libératrice pour tous les philosophes du XVIIIe siècle. Cet extrait montre bien l'athéisme radical de d'Holbach. qui montre la Religion comme le fait d'un Obscurantisme, volontairement entretenu par la classe dominante( la Noblesse) et qui a dénaturé les sociétés et fait oublier à l'Homme qu'il avait droit au bonheur sur terre et à la liberté. Dès qu'on lui rappellera ces valeurs fondamentalement le peuple se révoltera et réclamera des dirigeants laïcs( la Republique ou la démocratie), cultivés et compétents, qui seront au service du bien être de tous et qui s'inscriront dans le cercle vertueux du progrès social. L'idéal bourgeois de la société bourgeoise post-révolutionnaire se met en place.
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24/5/2009
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Diderot extrait de La Religieuse
1/Ce texte est une réquisitoire: Un réquisitoire est un discours, généralement prononcé,-d'où les marqueurs de l'oral- par un homme de loi, pour condamner quelque chose au quelqu'un.En cela, ce type de texte est à rapprocher du pamphlet ou du blâme que vous avez étudié en Seconde. Ce qui est condamné ici c'est la pratique sociale qui fait que les jeunes filles , difficiles à marier pour des raisons économiques ( absence de dot) , physiques ( laideur ou âge trop avancé), ou morales ( filles mères, filles déshonorées) en sont réduites à se faire religieuses, mais si elles n'ont pas la foi. 2/ Situé à la fin du roman de Diderot le réquisitoire de Maître Manouri explicite les revendications de Diderot et illustre son matérialisme foncier. Ce texte repose sur des procédés rhétoriques très simples. De la ligne 1 à la ligne 28, l'auteur procède par interrogations rhétoriques, qui vont de l'argument le moins important au plus important. Ces interrogations rhétoriques se doublent d'anaphores " Où est-ce qu'on voit...?" qui participent d'un effet d'insistance et accentuent la force du propos. Dans la dernière partie du texte , l'interrogation rhétorique est relayée par le discours rapporté au style direct qui fait "parler" l'avocat directement et et en évidence une condamnation sans ambiguïté du clergé régulier; 3/ Construction du réquisitoire. Les couvents ne se justifient pas:c'est la thèse implicite qui apparaît dès le début du texte et qui s'explicitera à la fin du texte dans le passage au style direct. nous avons donc les caractéristiques du texte argumentatif déductif axé sur la persuasion. -1er Argt: Jésus n'a pas demandé les sacrifices de jeunes filles. Les couvents sont l'invention de l' Eglise dont elle renforce le pouvoir sur la société civile. Donc confusion de l'Eglise et de l'Etat du fait d'une absence de séparation des deux pourvoirs. - 2e Argt: Cette invention va à l'encontre de la sociabilité naturelle de l'Homme -3e Argt: Cette invention contrarie la nature humaine en brimant les instincts de l'Homme et en niant les pulsions corporelles notamment les pulsions sexuelles. - 4eArgt: Au mieux les religieuses sont des femmes à moitié folles du fait de leurs frustrations, au pire des femmes qui se pervertissent et qui aident à la frustration des jeunes novices; -5e Argt: Les religieuses ne sont plus des femmes dont le rôle social au sein de la famille est pourtant essentiel, mais des destins contrariés et confinés, dont le sacrifice est inutile. Passage au style direct: Le clergé régulier est triplement criminel: refusant le travail, il sombre dans la paresse: faisant voeu d'obéissance il renonce à sa liberté fondamentale et se soumettant à ces voeux il est ou hypocrite ou fanatique. On voit dans ce texte les différentes revendications des Lumières : la liberté et le libre arbitre, l'idée que l'homme n'est pas duel mais une combinaison d'instincts ( venant du corps et qu'il partage avec les animaux, et de volonté ( animal social, fait pour le travail et engagé dans le progrès social) L'équilibre esprit/corps participe de son bonheur, tout le reste n'est que mortification et négation des impératifs du corps, utiles pour le pouvoir despotique qui ne peut régner que par l'assujettissement des autres. Les critiques de Diderot s'adressent bien entendu à ses contemporains mais aussi aux ascètes comme Pascal pour lequel le bien être est presque un péché. Les revendications de Diderot font apparaître son matérialisme, le fait que pour lui tout dans l'homme est matière ( conception moniste de l'homme) et qu'il n'y a pas d'une part chez lui une âme immatérielle qui seule mérite notre attention et d'autre part un corps périssable, siège des plus bas instincts, que nous devons dominer... Diderot renoue avec l'adage antique: mens sana in corpore sano.Le bonheur de l'homme passe par le bonheur ressentir de conserve par l'esprit et le corps.
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