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Film Français de Laurent Boutonnat (1994 - durée 184 mn). Avec Jeff Dalhgren, Mylène Farmer, Joss Ackland, Louise Fletcher, Frances Barber et Jean-Pierre Aumont.
Sorti le 5 Octobre 1994, le film n'est resté à l'affiche que 4 semaines et n'a pas totampris et vexé, il ne réalisera plus les clips de sa muse pendant près de 10 anfilm, diffiquement sur Canal + ne sortira pas en vidéo, l'échec étant sans douerbe coffret édition limitée de l'excellente Bande Originale. Une pétition circule actu
Giorgino : analyse
L'Atmosphère
L'image se fige, et même si c'est de façon presque inattendue, on sait que c'est fini, que le film s'arrête là. Avant même de faire un quelconque commentaire, la première chose qui retentit dans la pièce sombre est un soupir. Long, et lourd de soulagement. Le coeur reprend un rythme normal, la respiration se débloque, et tout le corps se détend à travers ce seul soupir.
On sait alors ce qui nous marquera le plus et qui nous fera longtemps repenser à Giorgino. L'angoisse, la tension, l'atmosphère oppressante qui nous tient en haleine durant tout le film, malgré les quelques longueurs et la durée inhabituelle. C'est ce qui ressort avant tout. Cette intensité qui prend à la gorge et ne lâchera prise que plusieurs heures plus tard.
Il faut dire que tout est fait pour entraîner le spectateur même le plus réticent. Les images, tout d'abord, sont splendides. Obscures, angoissantes, ou belles tout simplement, étudiées jusque dans le moindre détail. Un univers farmerien, sans aucun doute, avec le cimetière de Regrets, les plaines neigeuses de Tristana, qui s'étendent à l'infinie, la mort, la maladie, la folie. Difficile de ne pas reconnaître la griffe de Laurent Boutonnat !
Mais plus que les paysages, ce qui rend le film si intense, et ce qui est encore plus propre à Laurent, c'est bien sûr la musique. La bande originale de Giorgino, qui dégage une atmosphère dérangeante. Soignée, d'une beauté sombre et mélancolique, d'une sobriété touchante. Elle reste ce qui définit le mieux l'histoire de Giorgio et de Catherine, de ce petit village perdu et de ses habitantes étranges et inquiétantes.
L'Essence du film
Giorgino est un film surprenant et totalement à part, dès le début. Dès la première image, en fait. Quand on met la cassette dans le magnétoscope, s'attend-on en effet à voir apparaître le visage sérieux et attentif d'un petit garçon ? S'attend-on à ce plan pour le moins déroutant ? Plan qui finit par se déplacer, pour nous montrer le visage de Giorgio, en une prise qui fait ressortir la complicité évidente qui naît sous nos yeux entre l'homme et l'enfant. Bien sûr, ce n'est pas innocent. C'est une manière de poser dès les premières secondes l'un des traits de caractère les plus importants de Giorgio : son amour pour les enfants, qui va le conduire à Chanteloup, et à sa passion pour Catherine.
Première image dans un hôpital, et l'une des dernières vraiment marquantes également dans un hôpital. L'impression que l'histoire a tout simplement fait une boucle. Que la vie de Giorgio a fait une boucle, qui s'amorce quand il croise pour la toute première fois le regard noyé et perdu de Catherine, et qui s'achève par sa mort, quand son corps l'abandonne entre les bras de son amour déchu. C'est là l'un des points forts du film, qui laisse entendre que la volonté presque indestructible de Giorgio ne peut rien face à la maladie qui, ici, finit par avoir raison de la faiblesse humaine. Et ce qui est tragique, alors, c'est que Giorgio cesse de lutter au moment même où son amour pour Catherine ne rencontre plus aucun obstacle ! Mais pouvait-il en être autrement, venant de Laurent Boutonnat ?
Finalement, d'une manière plutôt ironique, ce sera la maladie mentale, la folie douce de Catherine qui lui sauvera la vie, et ce sera la maladie de Giorgio, comprise de tous, qui lui coûtera la sienne ! On peut se demander si Laurent n'a pas donné volontairement à son film un ton dramatique en faisant mourir Giorgio. Mais quand on réfléchit bien, il est difficile d'imaginer une autre fin. Bien sûr, même si l'histoire d'amour est secondaire dans Giorgino, elle n'en est pas moins primordiale, en tant que trame du film, et surtout parce que l'amour est ce qui va motiver et soutenir Giorgio jusqu'à son dernier souffle ; comme un moteur puissant qui ne s'arrêtera qu'avec les derniers battements de coeur du jeune homme.
Mais la maladie est plus forte que l'amour. Et Giorgio ne pouvait que mourir. Parce que son amour pour Catherine avait quelque chose de bien trop dérangeant, ambiguë, de presque immoral. Parce que Catherine, femme enfant, vit un amour qu'elle ne comprend pas, dans son ignorance de l'amour physique. En fin de compte, il désire éperdument une femme qui rit encore devant un simple baiser, mais recule quand il lui est destiné ou se fait insistant. Voilà en quoi la fin ne pouvait être autre. Cela fait que c'est une histoire d'amour poignante et impossible, bouleversante et intense, dont la mort est l'aboutissement tragique mais inévitable. Et pourquoi, finalement, "Il est certaines histoires dont personne ne souhaite être le héros."
Parallèlement, un reproche toujours d'actualité ressort de Giorgino. Reproche fait à la société qui, depuis qu'elle existe, tend à détruire systématiquement tout ce qu'elle ne comprend pas, par peur autant que par lâcheté. Et cette incompréhension entraîne inévitablement une violence et un rejet plutôt qu'une aide, qu'une main tendue vers l'autre, aussi différent soit-il. Et qui est la cause même, dans le film, de la mort d'une grande partie de cette société sclérosée. En effet, ce n'est rien d'autre que le rejet cruel des villageoises qui pousse Catherine dans ses derniers retranchements, la mettant hors d'elle et l'incitant à courir dans l'église pour souffler les cierges, dressés là comme symbole de chaque homme parti au combat. Il ne restera qu'une seule flamme. Et un seul homme rentrera des tranchées. Un seul...
Bien sûr, on peut se demander pourquoi Giorgino n'a pas su trouver son public s'il ne présente que peu de défauts pour tant de qualités. A cela, une seule réponse : si Giorgino n'a pas trouvé son public, c'est sans doute simplement parce qu'il est bien trop farmerien, sombre et torturé. Ce côté angoissant, cette façon de flirter avec la folie s'ajoute à la longueur inhabituelle du film pour en faire une oeuvre réservée à un public averti. Mais cela n'enlève rien de la beauté troublante et de l'intensité oppressante de Giorgino.




Réalisation : Marcus Nispel Année : 1996 Durée : 4'00 mn Acteurs : Mylène Farmer...
Analyse
"Comme j'ai mal" est le 4e single extrait de l'album "Anamorphosée". Un album aux tendances américaines, au son plus rock, où sa plastique prime sur les textes... enfin à première vue :-) Marcus Nispel a réalisé trois vidéos clips pour la belle rousse. "L'instant X", "XXL" et pour finir "Comme j'ai mal". Les deux premiers clips se veulent optimistes et sexy alors que le troisième, reprend l'ambiance des premières vidéos de Laurent Boutonnat.
Ce clip retrace les péripéties d'une petite fille, alias Mylène, qui subit les violences répétées de son paternel. Tout au long du clip, il y a un jeu d'obscure clarté. La fillette, Mylène, sont éclairées tout au long du clip par une lumière vive. Vêtues de blanc toutes les deux, elles représentent une "pureté/ innocence violée". Leur lieu de refuge n'est autre que la penderie de l'enfant. Celles-ci s'y réfugient régulièrement afin de ne pas subir les mauvais traitements d'un père violent. On peut aussi ajouter à ce drame, l'absence d'une mère incapable de faire quelque chose pour son enfant. Tout le reste du clip est sombre, lugubre. On a cette impression d'être le spectateur d'une maison sans vie, décharnée d'amour et de joie.
"Je bascule à l'horizontal, démissionne ma vie verticale" signifie que l'enfant souhaite abandonner sa vie de petite fille meurtrie. Elle a, pour amis, des insectes de toutes sortes et une poupée borgne, qui l'accompagnent tout au long de son douloureux chemin. "Ma pensée se fige animale" : La petite fille a pour désir d'appartenir au monde des hyménoptères, coléoptères et autres insectes invertébrés afin de s'échapper de sa vie actuelle. La petite s'est imaginée un univers qu'elle seule connaît, où elle se sent bien avec ses confidents. C'est pour cela que la fillette ingurgite des quantités de sucre et de miel afin de devenir ce qu'elle désire pour échapper au sort que son père lui réserve à chaque visite nocturne. Devenir une sorte d'animal chimérique, tiré de nos rêves sans doute ;-) On pourrait aussi supposer que "la pensée animale" serait une régression de l'être humain, état basique d'un être sans sentiment. "Abandon du moi, plus d'émoi" : Devenir insecte serait pour la fillette synonyme de libération, d'abolition de ses souffrances infligées à tort. La souffrance et la peur s'envoleront... sans être oubliées. Quand on est un enfant, les idées parfois les plus farfelues semblent être les meilleures. "Je vis hors de moi et je pars" Ne plus exister sous cette enveloppe charnelle pour mieux exister ailleurs, parmi ceux qu'elle affectionnent. Peut signifier aussi, l'abandon de la raison, déconnexion au monde humain...
Le refrain traduit d'une part l'analyse de la souffrance et d'autre part la libération en s'éloignant de cette souffrance. "Je te laisse parce que je t'aime" signifie que la fillette préfère s'enfuir et enterrer ses souffrances au plus profond de son être plutôt que d'affronter une personne qu'elle aime malgré les coups portés à son encontre. Telle une chrysalide enfermée dans son cocon de soie, la gamine essaye d'atteindre son objectif. Fuir parce qu'elle souffre, fuir pour vivre. C'est à cet instant que la petite fille prend l'apparence de Mylène, et devient une sorte d'hybride entre humain et insecte. "Je m'abîme d'être moi-même, avant que le vent nous sème, à tous vents je prends un nouveau départ". Nouveau départ ici, peut être interprété de deux manières : La première, renaître d'une autre manière, sous une nouvelle forme vivante (insecte) ; la deuxième plus terrifiante pourrait nous amener à penser à la solution extrême du suicide.
Pour la fin du clip, il est difficile de donner un point de vue, une remarque quelconque. On découvre alors Mylène, animal chimérique dans la pénombre de la nuit, et, la petite fille courant à vive allure dans les bois avec sa poupée. Les derniers moments du clip sont assez vagues : le père se réveille et s'aperçoit probablement que sa fille a disparu. Celle-ci a stoppé sa fuite et semble réfléchir dans les profondeurs de la forêt. On suppose que l'enfant reviendra auprès de ses parents mais ne pardonnera pas pour autant les blessures qu'on lui a infligé. On peut même croire que cette femme ne pardonnera pas puisque Mylène d'une part, tournera le dos (dans le rôle de l'enfant) et d'autre part, se repliera sur elle-même (dans le rôle de l'animal).
Même si Mylène a changé avec la venue de cet album, elle reprend infatigablement les mêmes thèmes tels que La Mort, la solitude, la souffrance, la fuite du temps qui passe... seule nouveauté dans cet opus, sa soudaine fascination pour la spiritualité ;-)






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COMME J'AI MAL
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Paroles : Mylène Farmer Musique : Laurent Boutonnat
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Je bascule à l'horizontal démissionne ma vie, verticale ma pensée se fige, animale abandon du moi plus d'émoi je ressens ce qui nous sépare me confie au gré du hasard je vis hors de moi et je pars à mille saisons, mille étoiles
comme j'ai mal je n'verrai plus comme j'ai mal je n'saurai plus comme j'ai mal je serai l'eau des nuages je te laisse parce que je t'aime je m'abîme d'être moi-même avant que le vent nous sème à tout vent, je prends un nouveau départ
plus de centre tout m'est égal je m'éloigne du monde, brutal ma mémoire se fonde dans l'espace ode à la raison qui s'efface je ressens ce qui nous sépare me confie au gré du hasard je vis hors de moi et je pars à mille saisons, mille étoiles
comme j'ai mal je n'verrai plus comme j'ai mal je n'saurai plus comme j'ai mal je serai l'eau des nuages je te laisse parce que je t'aime je m'abîme d'être moi-même avant que le vent nous sème à tout vent, je prends un nouveau départ |
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