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<title>PELERINAGE CANTERBURY ROME JERUSALEM</title>
<description>ECHANGES ENTRE LES PELERINS AU LONG COURS VERS JERUSALEM</description>
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<title>La Syrie (2) Suite et fin.</title>
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.......
&quot; Ce soir à Ebla, si vous ne savez pas où dormir, appelez-moi. Je viendrai vous chercher &quot;.
Ce qui fut fait ! Et donna l'occasion d'une soirée délicieuse chez les parents où frères et sœurs se sont donné rendez-vous pour saluer la bénédiction de Allah. Photo de famille. Quand ils sont tous réunis, ils ne doivent pas être loin de la centaine.
Au matin, le monsieur me propose d'aller jusqu'à son école. Au Directeur et aux professeurs, il raconte, raconte…
La professeur de français a ceci de délicieux : &quot; il faut nous excuser de toutes nos questions. Mais, nous avons rarement des touristes, ou plutôt des étrangers, dans notre ville &quot;.
Je la rassure et la complimente sur son élocution. Toute frêle et délicate, la jeune femme me répond, confuse : &quot;je ne suis jamais allée en France. J'ai étudié dans une école privée, pas à l'université. J'écoute Radio Monte Carlo international; la télévision, je n'ai pas le temps; j'ai une famille &quot;.
&quot; Bravo Madame, vous faites vraiment mon admiration &quot;.
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C/ VERS MA'ARET AL NOMAN. 
La route serpente et se faufile entre quelques hameaux. Le paysage d'ocre est parfois cassé d'un log bâtiment écru. &quot;Un élevage de poules&quot;, me précise t-on.
Lorsque je reprends la nationale, tout semble soigneusement dissimulé. Un rideau de cyprès fait barrage à l'horizon, mais surtout au vent. Quelques trouées et j'aperçois l'une ou l'autre des fermes. L'étape est courte car j'ai quitté l'école un peu tard.
La famille d'un Imam, en poste près de la frontière irakienne m'accueille vers 17h30. C'est un monsieur – en allemand – qui lui téléphone depuis le petit magasin où je faisais le ravitaillement. Il me&amp;nbsp; passe le combiné : &quot;I wait for you. It's next door&quot; (je vous attends, c'est juste à côté).
A peine assise près du poêle, à terre, comme toujours, on me sert un plantureux goûter. Deux heures plus tard, on recommence avec le dîner. Il y a là l'aïeule, une dame âgée qui contemple avec ravissement ses petits enfants, les dorlote tour à tour. C'est qu'ils sont nombreux, vivants, joyeux et petits. Ils filent entre les jambes des uns, les jupes des autres. Il y a des jumeaux de 3 ans qui semblent ne pouvoir partager leur mère (garçon et fille).
La jeune maman vit chez sa belle-mère 3 jours par semaine. Quand son époux revient de la frontière, elle regagne ses pénates. Ses sœurs, dans de grands voiles noirs, nous rendent visite avec les enfants. Puis comme une nuée s'échappe, chacun rentre chez soi. Le soir peut reprendre place et baigner de sa béatitude… sous le regard attendri de la grand-mère qui nous précèdera dans le sommeil. Calée dans ses nombreux coussins et sa fatigue, elle n'a pas eu le temps de sentir ses paupières tomber.
Le musée de la ville a pris place dans le plus grand caravansérail de Syrie, bâti au XVI ème; il propose les plus belles mosaïques du pays. J'irai les admirer.
Juste après avoir pris congé de mon hôtesse, les yeux chargés de douceur, elle a osé : &quot; écris-moi pour me dire que tu es devenue musulmane, c'est la plus belle des religions &quot;. &quot; Inch Allah &quot;, ai-je répondu et en anglais : &quot; Dieu seul le sait &quot;.
Quand elle a ajouté : &quot; je prie pour cela &quot;, je n'ai pu que sourire.
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D/ AU MILIEU DE NULLE PART.
Parce que j'ai un peu, beaucoup même, traîné dans le musée, le soir je me fais piéger comme une novice. En haut d'une côte, des bâtiments horticoles : &quot;Y a-t-il un hôtel dans le secteur ? &quot; – &quot; Non, bien sûr, seulement à Hama ( 40 km). Le pépiniériste n'hésite pas une seconde : &quot; Tu peux dormir ici &quot;. &quot; Dans les serres ? &quot; – &quot; Non, à la maison, avec ma famille &quot;.
A ce moment là, une flopée d'enfants s'adjugent le trolley et m'ouvrent tout grand leur maison. Dix minutes à peine plus tard, on me met dans les bras la dernière née. 2 mois, l'enfant de l'une des filles mariée. L'un des aînés, une vingtaine d'années, travaille apparemment avec son père. Il va se disputer la traduction de nos échanges avec son plus jeune frère, 14 ans. Considérant le peu de temps passé à l'école, tous ces enfants font mon admiration et ma tristesse en même temps. Leur intelligence n'est pas &quot;utilisée&quot;. Le jeune garçon qui a décidé de ne plus aller en classe une fois les 7 années obligatoires écoulées, a mis sa main dans la mienne : &quot; Regarde, touche, elle est toute dure. Ma peau est dure. Quand on ne travaille pas comme mes frères et sœurs, on a la peau douce &quot;. Il était triste. Ses mains ont grandi et forci plus vite que lui. Quand je vois des troupeaux, je l'imagine en train de traire et de porter des seaux de lait, en train de nettoyer les étables…. Son dos aussi est déjà fragilisé.
Au petit matin, c'est lui qui me prépare le café (jour de l'an musulman, jour chômé) et qui, tout seul traduira mes remerciements à sa maman. Si vous aviez pu voir ses yeux brillants de fierté lorsque j'assurai que son frère aîné que nous nous étions très bien compris. Le compliment valait tous les cadeaux du monde car – j'avais noté cela – il est considéré comme le moins intelligent de la famille. Certainement parce qu'il ne va plus –déjà – à l'école. Avant de partir, je lui ai suggéré de lire &quot; car intelligent tu l'es. N'écoute pas tes frères. Et ne vous disputez pas. Tu te souviens, je marche pour la Paix &quot;.
Avec sa maman, dont les mains ne voulaient pas lâcher les miennes, il sera là, au portail. Dans le froid qui disait neige… Jusqu'à ce que je disparaisse dans le demi brouillard givrant.
&quot; Dis, est-ce que tu reviendras ? &quot; Je n'ai pas su quoi répondre.
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E/ HAMA
Les quarante kilomètres qui me mènent jusqu'à Hama sont d'un plat presque lamentable. Ma cadence est vive. Le froid me pousse. En milieu de matinée, la neige, d'abord légère, virevolte. Puis elle va s'épaissir, glissant sur ma cape. A la mi-journée, bien qu'elle tombe drue, une magnifique voiture ralentit, s'arrête, fait marche arrière. Un père et ses deux fils en sortent : &quot; Vous permettez que je prenne une photo ? D'où venez-vous ? Pourquoi ? &quot; – Au mot &quot;Paix&quot;, ses yeux s'humidifient : &quot;Inch Allah. Merci. Bonne chance Au revoir &quot;.
Il y a des jours comme ça où c'est bizarre ! Il fait froid, il neige. Il a pris sa photo, il est reparti…C'est fête aujourd'hui…
A l'église orthodoxe, on m'indique que l'école des Sœurs pourrait bien m'héberger. Les trois petites sœurs sont en congé scolaire. Elles vont me faire une petite place dans leur soirée déjà bien engagée.
&quot; Mangez, mangez, il faut reprendre des forces. On n'a pas vu un hiver aussi froid depuis des années…&quot; Elles sont toutes trois syriennes et parlent un français impeccable. Elles me chouchoutent jusqu'à mon départ : &quot; prenez, prenez, vous en avez besoin &quot;. Elles ont reçu une autre pèlerine il y a un peu plus d'un an et…comme par hasard, son nom est dans mon calepin.
&quot; Prenez soin de vous &quot;, insistent mes trois petits anges. &quot; On prie pour vous &quot;. Et moi d'ajouter : &quot; avec vous &quot;.
Devant la petite mosquée presque contiguë au couvent, en basalte de Hama et ancienne église, je croise un Syrien. Il m'aborde en espagnol. Je lui réponds en italien. Du coup, il me fait visiter les bâtiments….sans droit d'entrée… C'est le fils de l'Imam. Il voudrait aller en Italie pour y travailler ou retourner en Espagne d'où il revient à peine. Tout à coup, il m'interroge : &quot; et la France ? la vie est bon ? &quot;. J'ai plutôt eu le sentiment qu'il cherche à échapper à une situation. Echange d'emails. Bonne chance.
Je ressors de la ville par les jardins où de gigantesques &quot;noria&quot;(roues dentées en bois comparables à celles des moulins) puisent l'eau de l'Oronte pour irriguer les cultures. Au nombre de 17, construites par les Ayyoubides, elles ne fonctionnent que l'été. Je n'entendrai donc pas le gémissement des mécanismes réputé étrange.
Après que ma route eut culbuté de l'autre côté d'un mamelon, vers Homs, je recroiserai l'un des méandres du fleuve. Le même que j'ai photographié deux jours avant de quitter la Turquie. Il coule &quot;à contresens&quot; d'où son nom (désobéissant). Il se décline selon le terrain : tantôt abondé par un lac (à mi-chemin de Homs et Hama), tantôt mélancolique et asséché au creux des vallées. Dans le Al Ghàb, au pied du Jabal an Nusayriyar, il se disperse, comme une classe disspée, offrant ses eaux pour de généreuses cultures.
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F/ HOMS
La ville industrielle – l'une des principales de Syrie – s'annonce largement avant : une vingtaine de kilomètres chargés d'entreprises. C'est un &quot;nœud&quot; routier d'où s'enfonce vers les vallées de longs rubans d'asphalte. Au loin, je surprends bien quelques dérapages d'altitude et quelques villages logés dans ses replis, mais rien de bien inquiétant pour mes rotules !
A la tombée de la nuit, c'est le branle-bas de combat. Autobus, microbus, taxis s'enverraient bien quelques pichenettes. Les piétons, confiants, traversent sous leur nez. Je me demande encore si les freins sont bons, si les chauffeurs sont très expérimentés ou si c'est Allah le parfait qui leur évite les accidents. Il faut être d'ici pour ne pas avoir peur.
Seule note de douceur dans ce brouhaha : la mosquée Al Nuri illuminée de vert. Si les prêtres du temple antique, sur lequel elle a été bâtie au XIIème siècle revenaient….
Dans le quartier chrétien, je déniche deux jeunes gens qui, de l'église syriaque qu'ils font ouvrir, vont m'emmener faire un petit tour dans la vieille ville. A commencer par l'église Al Zunnar qui conserve en relique une partie de la ceinture de la Vierge Marie. 
&quot;Flash back&quot;. St Thomas se trouve à prêcher en Inde au moment où Marie est montée au ciel. Il lui demande alors un signe pour montrer à ses disciples qu'il en est bien ainsi. La vierge lui confie sa ceinture qui sera conservée avec les reliques du saint après la mort de celui-ci. Ramenés ensemble à Urfa au IVème siècle. Au siècle suivant, la ceinture est déposée à l'église Ste Marie de Homs. Depuis, on l'appelle : Al Zenar ou Om Alzenar. En des temps obscurs, elle est mise à l'abri à l'intérieur de l'autel, protégée par un pot en métal. En 1852, la rénovation de l'église est entreprise et la ceinture retrouvée. Remise en place, elle est de nouveau oubliée pendant un siècle.
En 1953, le patriarche effectue une recherche de sermons anciens écrits en, Gershuni (arabe écrit en alphabet syriaque). Il découvre alors une lettre mentionnant ces faits, vérifiés exacts après l'examen de l'autel.
De nouveau, depuis, la ceinture est exposée à la dévotion des fidèles.
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G/ QUELQUE PART (EN ARRIÈRE).
De l'autre côté de Homs, un gardien d'entreprise m'emmène sur sa moto, par un froid de canard; durant 10 km, on va rouler à contresens de la chaussée (à double voie tout de même).
&quot; Il n'y a que cette solution. Homs à 25 km, Damas à 140 km. Pas d'hôtel ailleurs. Je vous emmène chez moi, si vous voulez &quot;. 
J'abandonne donc mon trolley à la surveillance de ses collègues.
Un kilomètre devant nous, quelques lumières paraissent s'être échappées d'une grande ville.
&quot; On est arrivé. Vous voyez là bas, c'est la croix de mon église; ici il n'y a que des chrétiens &quot;.
Je suis complètement congelée. Je n'avais pas pris le temps de rajouter un pull. Je suis partie avec ma seule cape Kway.
Il m'explique : &quot; on est tout contre la frontière libanaise &quot;. J'avais hésité à prendre cette route la veille. Et c'est souvent comme ça.
Le fils aîné rêve d'aller en France ou aux Etats-Unis où il s'imagine qu'il n'est pas indispensable de parler la langue pour travailler. Le papa porte le sulouk (le foulard des hommes) surmonté de l'agul (rond noir en soie) et le Galabie (tunique noire). Il parle français et se remémore le temps où la France lui aviat proposé un passeport. Syrien il était, syrien, il restait.
Après une collation, nous allons nous adonner à une &quot; ma'até party &quot; tandis que les messieurs fumeront le narguilé.
Le ma'até consiste à boire une préparation sucrée faite d'herbe et d'eau très chaude, à travers une toute petite cuillère filtre. Quand le verre tasse est vidé de son eau, on en rajoute et on passe au suivant.
Le narguilé, tout le monde connaît. Ces sortes de pipes, au bout d'un long serpentin, rattachées à un très joli vase. Des senteurs incomparables en émanent. Je me suis contentée de photographier la fumée qui sort en rondelle de la bouche des fumeurs.
Le lendemain, je serai reconduite au même endroit. Non sans avoir rendu visite à la maman malade, et être passée, comme une bénédiction encore, dans la maison des voisins.
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H/ 120 km AVANT DAMAS.
&quot; A la prochaine petite ville, arrête-toi. Frappe à une porte. Tu verras, on te recevra sans souci &quot;.
Le conseil était donné mais je n'ai pas eu besoin d'appliquer la consigne.
Un professeur d'anglais ( qui l'eut cru, il était là à transporter du gravier dans un gros camion tout poussiéreux ) m'interpelle : &quot; voulez-vous de l'aide, je suis professeur ? &quot;
Je suis prise au dépourvu et ma séance photo interrompue : il y a là des moutons et un berger à cheval que je ne veux pas louper.
&quot; C'est-à-dire que je vais chercher un hôtel &quot;.
&quot; Ici, il n'y a rien, mais si vous voulez venir chez moi &quot;.
Prudente, je questionne à mon tour (femme, enfants, famille, loin…)
&quot; Oui, bien sûr, j'ai une famille . 2 femmes et 2 enfants &quot;.
Il m'explique où il habite.
La pharmacienne me le confirme : &quot; ce monsieur est sérieux et un bon musulman &quot;. Et elle lui téléphone.
C'est que, quelques jours auparavant, certains de ces messieurs étaient un peu &quot;collants – dirons-nous – ou entreprenants au point que je m'étais demandé ce qui &quot;clochait&quot; dans mon comportement. Depuis, j'ai adopté une neutralité totale lorsque je suis abordée.
Le monsieur envoie son neveu me récupérer à la pharmacie et me présente une partie de sa famille : deux de ses sœurs et quelques uns de leurs enfants.
Les prénoms chez les cousins sont les mêmes parce que issus du même grand-père dont on donne le nom au premier né.
Dans la soirée, nous aurons une discussion sur la Trinité. Comment expliquer à un musulman que nous n'avons pas 3 dieux ? Et que Isa (Jésus) n'est pas un prophète pas plus que Mahomet. Le premier est venu accomplir les Écritures . Le second n'a rien annoncé de nouveau à l'humanité.
Puis il me demandera si, en France, il y aurait un remède pour soigner la maladie d'une de ses nièces. J'ai cru déceler un psoriasis.
Enfin, le sujet crucial pour lui et sa première épouse est abordé : &quot;nous avons consulté les médecins les plus éminents parce qu'elle n'avait pas d'enfants. Raison pour laquelle j'ai pris une deuxième femme. Est-ce qu'en France on pourrait faire quelque chose ? Ici, ils ont fini par dire que c'était un blocage psychologique &quot;.
Je sens bien son regret, à lui… et je ressens sa tristesse, à elle. A son intention, j'ai écrit un petit mot avant de les quitter, le priant de le lui traduire. J'espère lui avoir un peu pansé sa douleur.
Le professeur est aussi en période d'examens. Il reviendra entre deux épreuves pour prendre le petit déjeuner avec nous. Je n'ai plus le même homme en face de moi. Complet veston, cravate et cartable sous le bras, il y a un grand décalage avec l'image de la veille.
Au moment de lever le camp, sa sœur et voisine vient me chercher: &quot; viens voir la maison de nos parents. Elle est très ancienne. Puis, elle m'ouvre les portes de la sienne. L'espace d'un regard suffit à ce qu'elle soit bénie de Allah, puisqu'une Hadji en a franchi le seuil.
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LA CHRÉTIENTÉ EXPRIMÉE
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A/ LES PERLES DU DÉSERT.
KARA et MARMUSA
Deux monastères – CARAVANES.
Je suis amenée dans le premier par l'imam qui m'a accueillie chez lui la veille. Les scénarios se répètent. Nombreux enfants, curiosité de mon voyage et de mes motivations.
&quot; Il y a la même chose qu'à Maaloula, à 3 km d'ici &quot;.
Je veux m'y rendre dès mon réveil mais femme et fille ont jugé qu'il était trop tôt et qu'il faisait trop froid pour laisser un Hadji repartir. Elles me font patienter avec du café. Puis l'imam décide de m'y emmener.
Le couvent de St Jacques le mutilé repose au pied des montagnes du désert. Cette ancienne forteresse a abrité autrefois une communauté de moines très importante, décimée aux temps obscurs de la chasse aux chrétiens. Deux religieuses, depuis près de 2 décennies se sont attelées à sa restauration. L'église renferme les plus belles peintures – fresques du XIIème siècle. Par ailleurs, et peut-être principalement, elles se sont donné comme mission spirituelle la reconstruction des âmes déglinguées par la vie. &quot; Les résidents&quot; ainsi dénommés vivent leurs temps forts que sont la prière et le travail sans l'engagement monastique. Enfin, le travail de et sur l'icône étant leur spécialité, de nombreuses œuvres leur sont confiées. Et ceux qui veulent se perfectionner peuvent séjourner.
Je suis arrivée ici par hasard et avec un musulman qui m'avait pourtant, les larmes aux yeux, dit : &quot; l'Islam, c'est une belle religion &quot;.
Je quitte la communauté de l'ordre de l'unité d'Antioche avec le frère qui accède au diaconat la semaine suivante. Nous marchons ensemble, c'est symbolique mais pas innocent : comme pour achever notre conversation, physiquement. Il était musulman.
&quot; As-tu encore des questions Anne-Marie ? &quot; pensai-je.
Quand j'arrive à AN NABK (Nebek), une vingtaine de km au Sud de Qâra, les avis divergent quant à la distance restnt à parcourir avant d'atteindre le monastère. Un chauffeur de taxi m'annonce 3 km, un autre 10, un commerçant 30. L'abbé qui pourrait me renseigner est à Homs. Qu'à cela ne tienne.
Dans le dernier virage, il se dévoile, perché et agrippé à la falaise. On se demande pourquoi les moines qui l'ont bâti ont tant aimé la difficulté et la voltige !
Le Supérieur des lieux ne fait pas moins simple puisqu'il met la dernière main à un édifice tout aussi échancré par les strates de la montagne. Panorama à vous couper le souffle. Méditant, attention de ne pas monter en lévitation. La chute pourrait vous être fatale.
La Communauté est absente – pour cause de fête de Saint Antoine du Désert. Mais le soir aura lieu la célébration eucharistique dans la rusticité de celle que le Seigneur a dû faire vivre à ses apôtres. La petite église s'y prête bien. Bois et pierres, coussins et tapis, fresques anciennes. Le monastère accueille groupes ou solitaires en mal de réflexion ou d'exercices spirituels. Nul doute qu'en un lieu tout aride de nuisance coule une source de bonheur. Ah ! si les pierres du long escalier qui nous ramène sur le plancher des vaches pouvaient nous conter les pieds légers et allègres.
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B/ DES TEMOINS VIVANTS, VIVANT DU CHRIST.
MA'ALOULA ET SAYDANAYA.
Deux miracles permanents depuis deux mille ans, sur les contreforts du Jibal Lubnan Ash Sharqiyeh. Le Liban, c'est juste de l'autre côté. En redescendant de Qara, vers Nabek, j'en ai deviné les sommets enneigés. En m'en rapprochant, le djebel me paraît vivant : cultures de fruitiers, oliviers, vigne…
Je discerne à peine quelques villages terrés dans ses failles : ils ont annoncés des kilomètres auparavant par des &quot;portes&quot; en forme d'arche ou de pont, métallique le plus souvent. La route vous y emmène après être passé dessous ou avoir franchi un torrent à sec.
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Ma'aloula se cache, quant à elle, vers le mont Qalamoun, à 7 km de l'axe principal et après un terrible &quot;S&quot;, dernière exigence du massif qui se laisse enfin toiser.
Les maisons cubes, d'abord sagement alignées par étage tout au long de la rivière, se retrouvent soudain collées contre la falaise comme si une tornade montée de l'Est du désert s'était cognée le nez avant tout ce qu'elle avait rapiné sur son passage.
A une soixantaine de km de Damas, au Nord, l'on aborde un des hauts lieux de pèlerinage chrétien, après la ville de David. Depuis les premiers temps de l'église, caves et grottes ont abrité ceux qui étaient persécutés à cause de leur foi. De nombreux saints y ont vécu en ascète, en apôtre : le prophète Élie, Saints Barbara, Lamandios, Georges, Thomas, Saba. Ce qui contribua à faire de la localité un centre religieux si conséquent qu'il fut siège épiscopal du IVème au VIIIème siècle notamment.
- Le couvent de St Thècle (Martakla). D'obédience grecque orthodoxe, il s'est chargé d'un orphelinat. Les religieuses m'ont fait la grâce d'y loger. J'apprends alors que la Sainte, une très belle jeune fille, très courtisée aussi, ayant entendu le discours de Saint Paul, décida de se consacre à Dieu et à la proclamation de son évangile.
Ce n'était héla ni du goût ni dans les projets de son père, gouverneur. Après avoir châtié l'apôtre et l'avoir jeté hors d'Iconie (Grèce/Asie mineure), il n'eut de cesse de persécuter sa propre fille. Cependant, le Dieu de Paul veillait. Ni brasiers, ni bêtes féroces ou serpents, ni brûlures ne lui furent fatales. Quand il ordonna de lui couper la tête, elle se réfugia chez un gouverneur voisin. En entendant son histoire, il se convertit et la laissa libre. Elle se rendit en Syrie en passant par Antioche, prêchant et accomplissant des miracles. Lorsqu'elle arriva devant le massif de Kalamone, toujours poursuivie par son père et fatiguée, elle supplia Dieu de l'aider encore une fois. Alors, dans un bruit effroyable, la montagne se sépara en deux, lui livrant passage.
Nommé depuis Alfajj Martakla (défilé de Saint Thècle).
Protégée dans et par sa grotte, elle y vécut jusqu'à la fin du Ier siècle, de jeûne et de prières.
Parce qu'elle prêcha et baptisa comme eux, on lui attribua le titre d'apôtre, d'où, en araméen, le &quot;MAR&quot; (Saint) au masculin. Persécutée pour sa Foi, elle est considérée comme la 1ère martyre. Elle fut ensevelie dans sa grotte. Un petit oratoire fut bâti plus tard par les pèlerins du IIIème siècle, abritant reliques et source dite miraculeuse.
- Le couvent Saint Serge (Mar Sarkis). La falaise, au Sud, est taillée nette en esplanade. Le plus ancien des sanctuaires de Ma'aloula avait été érigé au IVème siècle, à l'emplacement de la tombe du Saint martyr : une porte d'entrée particulièrement basse, retient les assaillants trop pressés ! Une cour intérieure bordée d'arcades, comme un cloître précède l'église où de très belles icônes du XIIIème et XIVème siècle (dont celles de Michel de Crête) sont livrées à l'admiration des visiteurs ou la piété des fidèles. Le maître autel pourrait avoir été&amp;nbsp; une table de sacrifices païens, si l'on en croît la forme semi-circulaire, la rigole qui en fait le tour et un orifice propre à l'écoulement.
&quot;Deux pèlerins jeunes mariés vous ont précédée&quot; me confie le Père supérieur.
&quot;Les mêmes qu'à Qara&quot;, répondis-je.
&quot;Le couvent dispose d'une ferme dont les produits laitiers sont très prisés&quot; m'a précisé une jeune femme lorsque je m'interrogeais sur al provenance et l'objet du fromage qu'elle était en train d'égoutter.
La guide du couvent, à l'issue de la visite commentée, prie le &quot;Notre père&quot; en araméen, la langue du Christ, communément utilisée à Ma'aloula.
C'était dimanche, jour du Seigneur. J'ai assisté à la messe, en rite byzantin puis me suis dirigé vers Saydanaya.
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Saydanaya. Une magnifique journée pour parcourir les 25 km entre Ma'aloula et Saydanaya. Il fait presque chaud ! Quelques enfants s'attroupent au bout des ruelles lorsque je traverse les villages endormis. Dans cette sone chrétienne, le dimanche est chômé. A la sortie, ce sont les adolescents en moto, 3 ou 4 ensemble sur la même, qui&amp;nbsp; me tournent autour comme des abeilles. Il n'y arien à butiner. Tant pis pour eux. Il n'ont pas l'air de comprendre que je ne les comprends pas…Alors j'ai l'idée de les complimenter et de sortir mon appareil photo. Deux ou trois clichés soumis à leur approbation et les voilà repartis guillerets et calmés… Si j'avais su !
Je constate que quelques maisons sont superbement décorées.
&quot;On est hadjis, on revient de la Mecque&quot; Ainsi, ce n'est pas seulement le rêve à accomplir… c'est la fête à faire et l'événement à proclamer quand on revient.
Re-cliché. 
De nombreuses petites routes se devinent entre les mamelons orangers. Elles convergent de l'autre côté vers l'autoroute qui réunit le Nord et le Sud de la Syrie.
Saydanaya, un peu comme Ma'aloula, ne se laisse pas surprendre. Il faut &quot;mériter&quot; le détour.
Une grande artère pénètre en son centre, mais les nombreux lacets qui précèdent l'arrivée dans les différents monastères, exercent votre patience. Car la pente est raide.
Deux dames discutent et m'arrêtent. L'une d'elles, grande amie du monastère Melkite débauche son époux.
&quot;Elle est de France. On va l'emmener là-haut et elle reviendra dîner avec nous&quot;.
Fut dit, fut fait ! Les sœurs me permettent de dormir dans une chambre contiguë à leurs propres chambres. Il y fait bien chaud. Ma nuit sera deux fois douce.
Revenue en famille, les deux jeunes enfants (7 et 10 ans) s'échinent à traduire et venir au secours de leurs parents. Ils sont chrétiens, mariés depuis une dizaine d'années et habitent cet appartement depuis presque aussi longtemps.
Le garçon va sortir sa &quot;bouzouk&quot; (guitare ventrue) et jouer quelques airs. La petite, elle, danse. Ils me font les honneurs de leur chambre décorée au pochoir. Le père serait bien un peu artiste à en croire le portrait de sa femme.
Au lieu de me raccompagner directement, nous effectuons un &quot;city-tour&quot; by night.
&quot;En voiture, c'est mieux : le village est situé à 1381 mètres d'altitude et la neige alentour rafraîchit l'ambiance dès le soleil endormi&quot;. Nous montons jusqu'au monastère Saint Thomas, construit sur le site d'un temple romain. Les cellules des moines creusées dans la paroi rocheuse, sont encore visibles (IIIème siècle). De là-haut, on domine tellement que les lumières de Damas nous clignent de l'œil. Après le tour des édifices religieux, souvent dons de souverains au fil des siècles, nous passons au monastère Saint Georges où ils m'offrent une croix en bois d'olivier avant de rentrer. 
&quot;Comme ça, vous vous souviendrez de nous&quot;.
Je croise une mariée radieuse sur l'escalier…et les enfants de l'orphelinat qui lui ont préparé l'église.
- Le&amp;nbsp; couvent Melkite Notre Dame de Saydanaya.
Le couvent ou plutôt l'église au début, a été bâti par l'Empereur de Byzance. Il aurait été attiré par une gazelle alors que ses troupes se rafraîchissaient. Voulant lui décocher une flèche, l'animal se transfigura en icône de la Vierge qui lui parla : &quot;non, Justinien, tu ne m'abattras pas mais me construiras une église dans cette colline&quot;, puis disparut.
Elle se manifesta une seconde fois lorsqu'il fallut opter pour un plan, l'Empereur et ses hommes du Génie ayant des avis divergents. Bien longtemps après la construction de l'église, la Supérieure du couvent pria un moine passé par Saydanaya et se rendant en Palestine, de lui acquérir une belle et précieuse icône. Sur la route du retour, ayant échappé aux attaques en tout genre, il sut qu'elle lui avait prodigué sa puissante protection. Comme il ne voulut pas l'abandonner aux religieuses, il prétendit ne pas l'avoir achetée. Mais une force étrange l'empêcha de repartir. Il dut&amp;nbsp; alors la rendre en expliquant son geste. On peut comprendre doublement : il s'agit de l'une des 4 icônes qui – selon la tradition – auraient été peintes de la main même de Saint Luc. D'où son nom de Chahoura ou Chagoura en Syriaque, soit : la renommée ou la plus connue.
De nombreux miracles ont étoffé sa réputation de Saydanaya, au point d'être considéré comme le 2ème lieu de pèlerinage en Orient, juste après Jérusalem.
&amp;nbsp;
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SYRIE – DAMASQ ASH SHAM
Une ville damassée.
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Ainsi, j'y suis dans la ville de Paul.
J'ai choisi d'entrer par Bab Touma, l'une des portes accédant au quartier chrétien.
J'enfile la rue du même nom, au pan presque incliné, et comme autrefois probablement, pavée et surchargée.
Derrière les vitrines d'une librairie, des livres dont les jaquettes en français me surprennent à moitié. La Syrie a été sous mandat français suffisamment longtemps pour y laisser des traces.
Les églises franciscaine, melkite, syriaque, arménienne, orthodoxe, ont été élevées dans un périmètre compris entre Bab Touma, la muraille, Bab Charqui, la rue Droite (1 tronçon) et l'arc romain.
Quelques unes carillonnent la messe du soir.
Vais-je y trouver refuge ?
Je serai finalement invitée par l'épiscopat orthodoxe, à l'extérieur des murailles. L'adresse donnée par le couvent Saint Thècle de Ma'aloula s'avère être non un monastère mais un hôtel.
Un évêque passant par là, ému par ma démarche, m'offre ma première nuit à Damas.
Au petit matin, la neige. Je retourne cependant chez les Melkites où j'avais observé de grands bâtiments.
Réitérant ma demande, l'homme de la veille, se ravise : &quot; allez voir le prêtre &quot;.
L'église est ouverte, j'y passe quelques instants puis, ayant franchi arcades et portails, le curé de la cathédrale, pourtant en conversation, me tend un fauteuil : &quot;welcome&quot;.
Une musulmane veut m'emmener chez elle mais, interceptant l'offre,&amp;nbsp; une autre dame du bureau propose : &quot;je vais la prendre avec moi ici, c'est plus central &quot;. Elle parle français. Plaisir partagé, assurément ! 
En fait, à l'intérieur même de l'archevêché, elle dirige un petit foyer où quelques jeunes filles de confession différente trouvent à la fois sécurité, dialogue et message chrétien. Elles travaillent, étudient ou, comme moi, sont de passage. Ce jour là, les vacances inter semestrielles venaient de commencer. Il y avait de la place.
Je ne tarde pas à comprendre qu'une fois encore la Providence veille sur mon voyage. Mon hôtesse, docteur en langue, culture et civilisation arabe, est un puits de science, qui, en plus, a enseigné le Coran après l'avoir étudié de longues années.
&quot; Elevée au Liban, je parlais français et si j'ai étudié l'arabe au point d'en oublier le français, c'était afin de penser et vibrer dans cette langue. Seul moyen de saisir les subtilités du livre de Mahomet dont l'écriture est un miracle &quot;, me confia t-elle.
Je suis à bonne école.
Aussi, pour apprendre les différences entre les nombreuse familles de l'église : pourquoi, comment, quand elles sont devenues autonomes.
La diversité est si dense que, chaque jour, j'ai cette possibilité d'aller prier chez l'une, chez l'autre. Dans un souci d'oecuménisme et de Paix.
Et d'unité… qui devrait être à la conclusion d'une Paix.
D'ailleurs, c'est ce que Marie, il y a 25 ans est venue demander en visitant une jeune femme mariée depuis 2 mois à un Grec orthodoxe.
&quot;L'Unité&quot; a fait l'objet de ses messages. De l'huile, symbolisant la lumière, la nourriture, le remède, le combat, l'onction, a d'abord coulé d'une icône, puis de ses mains. Plus tard, de ses yeux quand, tombée en extase, elle voit Jésus. Marie lui est apparue 5 fois mais elle a continué à se montrer aux côtés de son Fils. La maison de Mirna est toujours la même sauf que, dans le carré à ciel ouvert des maisons traditionnelles damasciennes, un oratoire abrite dorénavant l'icône. Sans formalisme aucun, vous y êtes accueilli. Le chapelet y est prié tous les jours et la messe dite une fois par semaine.
L'huile coulera encore… probablement comme en ces fêtes de Pâques où les calendriers latin et orthodoxe se superposent heureusement. Mais, à quand le jour où les 2 Églises auront vraiment fait ensemble le pas qui les conduira vers l'unité.
C'est la prière, constante, de Notre Dame de Soufanieh (nom du quartier), devenue Notre Dame de l'Unité, et de son Fils, Jésus. (voir site Internet www.soufanieh.com)
Nos conversations au fil des jours m'enseigneront la Syrie méconnue…. Et peu à peu, l'idée que je m'en faisais s'estompe au profit d'une réalité. Ce n'est pas le berceau d'une civilisation dépérie. C'est une civilisation toujours vivante à travers ses pierres qui demeurent des témoins infaillibles de son histoire, mais surtout grâce à la mosaïque&amp;nbsp; de ses peuples qui portent en eux cet enseignement.
Damas est réputée &quot;ville arabe par excellence&quot;. Affleurent partout les vestiges de son histoire, des Byzantins aux temps bibliques et bien avant (jusqu'à 4000 ans avant notre ère). Aujourd'hui, ses souks en activité, ses mosquées finement décorées, ses murailles, ses hammams laissent entrevoir ce que devait être la cité des premiers califes.
Derrière la porte du Palais Azem, construit par le gouverneur ottoman en 1750, le cœur de Damas bat au ralenti : Paix et verdure. Tous les appartements privés donnent sur la jolie cour intérieure et sont décorés selon un thème (la musique, la mariée, le pèlerinage…) La partie réservée aux visiteurs, le Salamlek, s'organise aussi autour d'une cour ombragée.
La rue Droite percée par les Grecs, élargie par les Romains, nous ramène aux débuts du christianisme. Paul, converti, dut s'y rendre en attendant d'y retrouver la vie et rencontrer Ananie, celui qui allait l'enseigner.
La maison de celui-ci serait une crypte, collée contre le rempart, au bout d'une ruelle prenant sous la rue Droite près de Bab Charqui.
La présence de l'Apôtre est encore marquée par une chapelle adossée au rempart de Bab Kisan : il aurait fui les Juifs en colère en descendant à l'extérieur au moyen d'une corbeille, le long de la muraille et aidé par ses disciples.
La Mosquée des Omeyades, considérée comme l'une des merveilles architecturale de l'Islam, déploie de somptueuses mosaïques sur la façade de la salle des prières.
A l'extérieur, on remarque, bien sûr, les minarets dont celui dit &quot;de Jésus&quot;, le plus élevé, qui devrait l'accueillir au jour du Jugement dernier (Jésus, prophète selon les musulmans).
A l'intérieur, un petit cénotaphe supposé avoir recueilli la tête de Jean Baptiste.
Quand on s'égaie dans la ville moderne, on peut aller admirer l'ancien couvent de Derviches, le Tekkiyé de Soliman. L'ensemble bâti sur le plan de l'architecte même de la mosquée de Soliman à Istanbul, servait de point de départ au pèlerinage de La Mecque.
Les cellules des moines sont dorénavant occupées par des artistes, plus que des artisans à mon sens : tissage de Damas, verre soufflé…
Le Musée National, quant à lui, recèle tous les trésors de la Syrie. La plupart des sites archéologiques importants se retrouvent au centre de la capitale. Mari, Ebla, Ougarit…l'impressionnante façade d'un château de désert, à l'Ouest de Palmyre : Qasr al Haya al Gharbi y a même été reconstruit après avoir été démantelé pierre par pierre. Dans l'aile réservée aux antiquités byzantines et classiques se trouve la reconstitution de Doura Europos, un sanctuaire Juif du IIIème siècle, unique au monde pour ses fresques murales, étonnamment bien conservées, représentant la tradition talmudique, habituellement interdit.
Flâner au hasard dans les ruelles damasciennes, c'est prendre le temps d'observer; une porte, une grille, une niche, toujours plus belle que la précédente, supplie votre caméra : &quot;forget me not&quot;. Toute la vieille ville est classée et l'Unesco a un droit de regard sur les travaux de réfection, rénovation ou amélioration….Mais quand ceux-ci ne seront jamais entrepris, qu'adviendra t-il de ces clins d'œil du passé ? Sombreront-ils dans la poussière de l'oubli ?
Je vais bientôt quitter la ville. Turbulente sur ses boulevards, animé intra muros.
Au dehors, les gros autocars charrient les employés d'un bord à l'autre de la circonscription.
Au-dedans, les mini camionnettes rasent les murs avant de céder le pas au vendeur à la criée ou au livreur de lait , à bicyclette.
Deux ou trois vieilles antiquités de voitures font des demi-tours scabreux pendant que les badauds chargés de leurs galettes de pain discutent des couleurs du temps.
Dans &quot;mon&quot; quartier, on me dit &quot;bonjour&quot; et &quot;merci&quot;. Ils se sont habitués à mes tours de ville. Ils ne me demandent plus si je marche vite pour faire du sport… Damas, c'est comme des villages juxtaposés. On s'y sent chez soi.
Mais depuis une dizaine de jours, le printemps musarde… Il est temps de repartir.
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SYRIE : un extra
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A Homs, j'ai rencontré un autre extra-terrestre : Pushkar. Népalais de 35 ans, martyrisé, torturé, a décidé de pédaler pour la Paix. Son périple, entamé il y a plus de 10 ans l'a conduit dans près de 120 pays. Il s'est donné 11 ans pour en parcourir 165.
Nous sommes allés à Palmyre ensemble. C'était un extra , aussi, pour moi, sur cette longue route où le tourisme est absent. Mais ce lieu, en plein désert, imposait un détour. Mentionné déjà sur les tablettes de MARI, il ne trouvera son véritable essor qu'à partir de l'époque hellénistique (Babylone, Selencie du Tigre) et son apogée avec Rome…
La longue plaine – de sable – mauve et ocre, lui donnent air d'oasis irréelle au couchant. Pourtant, la ville des palmiers n'est pas un mirage – loin s'en faut – grâce à la source Afka. Les caravanes venues s'y abreuver ne se sont guère trompées. Et, sur la route de la soie, elle sera le passage obligé de tous les courants de civilisations. De Rome à l'Orient mystérieux.
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&amp;nbsp;A suivre.........
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DE DAMAS A LA JORDANIE
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</description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/86478/</link>
</item>

<item>
<title>La Syrie (1)</title>
<description>SYRIE
&amp;nbsp;
SYRIE – Prologue……….ou le marathon du visa.
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SYRIE – Mon chemin de Damas
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&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 1.De la frontière à ALEP (HALAB)
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A/ Premiers pas
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; B/ HALAB
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C/ Citadelle St. Simon
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 2. Intercities
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A/ Sortie d'Alep
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; B/ En montant vers YDLEB
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C/ Vers Ma'aret al Noman
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; D/ Au milieu de nulle part
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; E/ HAMA
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; F/ HOMS
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; G/Quelque part 
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; H/ 120 km avant Damas
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 3.La chrétienté exprimée
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A/ Les perles du désert : KARA, MAR MUSA
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; B/ Des témoins vivants : MA' ALOULA, SAYDANAYA 
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 4. Damas en point de mire
&amp;nbsp;
SYRIE – DAMASQ ASH SHAM : une ville damassée
&amp;nbsp;
SYRIE – Un &quot;extra&quot;
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&amp;nbsp;
SYRIE – Prologue
&amp;nbsp;
Ou le marathon du visa.
&amp;nbsp;
A lui seul, il vaudrait la petite histoire et, si j'étais peintre, je me délecterais à esquisser attitudes et atmosphère…
Je ne retiendrai que la séance &quot;guichets&quot; et l'interlude &quot;palabres&quot;.
&amp;nbsp;
Le centre des visas, à 15 heures, un samedi, est désert. C'est bien pour me rassurer après que j'ai doublé, une heure auparavant un kilomètre de poids lourds, côté turc. Un rabatteur de touristes me hèle : &quot;Visa ?&quot;
Mon trolley baroudeur me trahit. Je suis le bonhomme dans un bureau contigu au hall des &quot;pas ou –pas- perdus&quot;. Un officier un peu survolté s'exprime. L'exécutant baragouine et je n'y comprends goutte. Trois turcs observent. L'un se décide, prend mes YTL (monnaie turque) de sur le bureau de l'officier puis me fait signe de le suivre. Deux autres m'emboîtent le pas et me rassurent: &quot;il va tout changer en dollars&quot;… Nous déambulons de guichet en guichet, à 4. Les Syriens ne veulent que des dollars mais n'en donnent pas. Alors le premier des Turcs va faire office de bureau de change.
Retour chez l'officier à qui j'explique que je veux un visa &quot;long&quot; car je marche. Il me renvoie au bureau des timbres… Toujours sous bonne escorte, sans quitter mes sous du regard. J'essaie de déceler par quels taux sont passés mes YTL et mes dollars pour aboutir, aussi nombreux, en livres Syriennes. Calcul mental hasardeux et sans conclusion car, entre temps j'ai payé des timbres non identifiés.
L'officier ronchon a pris sa position. Le subalterne, son repos.
Tampon, cachet, flip flop. &quot;Revenez dans une heure&quot;. Sa main se balance dans un aller retour : &quot;fax de Damascus&quot;.
Fin du 1er acte.
&amp;nbsp;
Derrière l'une des vitres donnant sur un bureau salon, des militaires baillent et discutent:. &quot;Qui c'est celle-là ? Venez par ici&quot;. Je m'exécute sans l'ombre d'une hésitation. De ce côté-ci, on est en plein courant d'air; de l'autre côté, il y a un poêle…
Ah ! j'oubliais. La télé aussi. La télévision donne le ton, donne le temps. Cela crie par-dessus les téléphones ou leur sonnerie.
Ces messieurs, rompus aux investigations, m'assènent de questions. Toujours les mêmes. Sauf qu'au mot &quot;Hadji&quot;, leurs visages, tout à coup, s'habillent de respect. Ils sont intrigués. &quot;Pourquoi à pied ?&quot; &quot;Pour prendre le temps de prier dans votre beau pays&quot;. Hochements de tête et de menton, sourcils relevés.
C'est que l'heure est au pèlerinage à la Mecque et que des dizaines de bus turcs ont échoué sur les parkings le temps d'une nuit.
Soudain, je réalise que je porte le foulard bleu ciel que m'a donné la maman de ma dernière étape turque. En me drapant, elle a décrété : &quot;Comme ça, tu ressembles à une vraie Hadji&quot;.
La confusion n'est pas loin ( et les hadji eux-mêmes vont me saluer quand, au dehors, j'irai à la recherche d'un gîte auprès de la mosquée) et c'est peut-être ce qui expliquera la suite.
&amp;nbsp;
2ème Acte.
Il est près de 18heures. Retour chez l'officier ronchon. A son demi sourire, je devine que l'orage est passé. &quot;Visa transit de 3 jours&quot; me dit-il en me tendant mon passeport.
&quot;Comment 3 jours ! A votre collègue j'ai demandé au moins 2 semaines. Je marche, je n'ai pas de voiture…&quot;
&quot;J'ai vu, j'ai bien vu votre trolley, mais vous irez dans un bureau de police pour prolongation, pas de problème&quot;.
&quot;Ecoutez, la police c'est à Alep. Aujourd'hui le premier jour est fini. Il faut 2 jours à pied. Quand j'arrive là-bas, c'est tard donc fermé et je suis en dehors de la loi&quot;.
&quot;Non, non, pas de problème&quot;.
&quot;Et s'ils refusent de prolonger ? Cela fait 2 ans que je rêve de Syrie. J'ai voyagé comme ça 6 mois pour rien ? &quot;
Dénégation de mon argumentation. Je remballe donc mon passeport, la mine défaite; tout mon intérieur cependant est calme et confiant. Soit ça doit être comme ça, soit ça va être mieux, bien mieux encore !
Du côté de la mosquée, pas âme qui vive. Je tourne un peu en rond dans cette zone douanière; des (pèlerins) Hadjis, harassés par leur long périple se sont extirpés de leurs couvertures et de leurs bus; ils se défoulent. Nous nous saluons donc, comme de connivence – mon foulard ? -.
Malgré le froid picotant et la nuit, je perçois leur luminosité : ils ont accompli le rêve de leur vie.
&amp;nbsp;
3ème Acte.
Revenue bredouille de ma pêche au gîte. Dans le hall des visas, chauffé à blanc cette fois, j'évalue savamment quel banc ferait bien mon affaire pour m'y étendre jusqu'à 6 heures du matin. Entre les portes à double battant, les néons et les va-et-vient; je n'ai pas le temps de trouver un compromis car….&quot;Lady, Lady&quot;. Le rabatteur de touristes, le visage réjoui, l'index et le majeur collés sur l'épaule opposée me fait signe : &quot;Chef, chef, visa&quot;.
&quot;Problem ? &quot; – &quot;Yes, no, chef visa, come&quot;.
J'abandonne trolley et calcul mental. Le moral de notre gradé est à son zénith.
&quot;Madame, fax de Damascus, visa un mois&quot;.
&quot; 1 mois ? Pourquoi ? &quot;
&quot; 2ème fax. J'ai envoyé un autre fax. OK pour 1 mois. Alors Hadji, contente ? &quot;
Contente, c'est certain… Heureuse voulais-je lui dire.
&quot; Money. Autre timbre plus cher &quot;.
&quot; ??????&quot;.
Comme par hasard, un autre turc (pratique, car je comprends un peu ce qu'il raconte) passe par là. L'officier lui demande d'aller rechercher des timbres avec moi. A ce moment là, sa confiance en Dieu lui échappe, car :
&quot; Vous devez encore changer des dollars avant de quitter ce pays. Avec ça, vous n'avez pas assez… Comment vivez-vous ? &quot;
&quot; Je marche &quot;.
&quot; Manger, manger ? &quot;
&quot; Hadji &quot;.
&quot; Inch Allah &quot;. Mais il n'a guère l'air convaincu. Puis, après avoir collé les timbres supplémentaires :
&quot; Voilà Hadji. Bon voyage. Welcome in Syria. Now you can go. Inch Allah&quot;.
Il me reste 150 livres syriennes. Et, avant Alep, je n'oserai rien acheter car je n'ai pas la notion de prix ici. Pourcentage à la tête du client, touriste en sus.
&amp;nbsp;
EPILOGUE
Il est pratiquement 2 heures quand, dans le resto d'en face, je vais boire un bon thé. Deux Turcs m'interrogent et me font asseoir à leur table. Au bout d'une ½-heure, alors que je veux retourner à mon campement, l'un d'eux me propose de dormir dans son camion.
&quot; J'irai dans celui de mon collègue. C'est un ami. Cela sera pour vous mieux qu'un banc. Pas de problème. Il y a des couvertures et la clé. Et puis, mangez un peu avant &quot;.
Brave Turquie. J'ai eu du mal à la quitter – en faisant trois étapes de 40 kilomètres entre Antakya et la frontière – Jusqu'en Syrie, elle est revenue me dire au revoir….
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
SYRIE, mon chemin de Damas.
&amp;nbsp;
Le soleil a secoué le givre et déjà de ses rayons m'embrase lorsque, cascadeur, mon trolley dérape des marches des douanes.
&quot; You can go &quot; m'a dit l'officier, la veille
Il y a bien une ou deux guitounes mais vides.. Dans la troisième, un douanier roulé comme un chat sur son fauteuil, ne voit pas la petite souris qui lui file sous le nez…
Sauf… sauf son collègue qui vient de prendre la relève. 150 mètres plus loin, derrière moi, j'entends bien des &quot;hey, hey&quot; que j'ignore, certaine que se confrontent leurs bonjours.
Un clip clap rapide de talons cognés sur l'asphalte m'obligent à faire demi-tour.
&quot; Hey Lady, passport &quot;.
Celui-là s'est fait sonner les cloches de bon matin, les yeux encore engloutis, la tignasse en bataille, il tourne les pages et cherche le visa. Presque en chemise d'été par cette piquette qui lui mordille le bout des ongles…. Il n'est pas loin d'une grippe. Il hésite puis, avant d'être arrivé sur la bonne page : &quot;Bagage? &quot; – &quot;Hadji &quot;.
L'excuse est bonne pour rentrer au chaud. Son geste me dit &quot;go&quot;, tout en me rendant mon passeport. De toutes façons, la photo ne me ressemble pas, ce matin. Je suis emmitouflée comme une cosaque. Rien ne dépasse.
Let's go ! Thank you. Ah ! non, ici c'est : Machi, choukran. 
Deux clichés sont tombés d'un coup.
Allez savoir pourquoi il ne m'était jamais venu à l'idée qu'on parlait l'arabe en Syrie…Jusqu'à 2 jours avant la frontière,pour moi, il y avait une langue syrienne.
Jusqu'après le passage des douanes, j'ai aussi cru que l'entrée dans ce pays se faisait au prix d'un grand nombre d'heures d'attente, de questionnaires, de fouilles.
La courtoisie du Syrien commence ici.
500 mètres avant les bâtiments administratifs, un soldat m'a saluée et proposé du thé…et même de me loger &quot; car il n'y a pas d'hôtel ici &quot;. Dans l'espèce d'abri de planches et de toile, son Général tente de se réchauffer les mains collées sur le poêle. Il me gratifie d'un &quot;welcome&quot;.
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DE LA FRONTIÈRE A ALEP.
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Quelques kilomètres plus loin, Bab el Hawa. C'est la première voie romaine (IIème siècle) et la 1ère porte (VIème siècle). Une drôle d'esplanade où cubes magasins et cubes garages se côtoient sans grand alignement.
Je me hasarde à demander un thé. Il n'est que 7 heures du matin et pourtant le commerçant et un client s'escriment sur un jeu d'échecs; à califourchon sur un tabouret et dans un carré de soleil. Je les imite, ma tasse dans les paumes de la main.
&amp;nbsp;
A/ LES PREMIERS PAS. La langue, les indications, les manières, la conduite. Dans un nouveau pays, ils laissent des empreintes incertaines. Tout se bouscule à son portillon.
Quelques petits faits pour tempérer, cependant : le commerçant me parle en français, un boulanger ambulant ressort de son camion pour me donner une galette de pain, un guide de Alep taille une bavette avec moi du côté de Ad'dana et me dresse le tableau des sites archéologiques jalonnant ma trajectoire.
Je n'ai plus qu'à m'engouffrer dans les signes de bienvenue et me laisser à nouveau porter par mon chemin.
Paysages comme coupés au couteau par la frontière.
Avant, il y a encore de la verdure, des champs; après le petit massif de 2 à 3 km et les douanes, le minéral domine. Les roches, le sable, les maisons se confondent dans un rose orangé nappé de lumière.
Une mosquée rompt l'ordonnance.
Dans le creux du talus, un homme enfoui derrière un tas de bois maigre. Il va certainement commencer à travailler aussitôt ses mains réchauffées par des flammes peu convaincantes.
Je croise encore quelques autocars bondés de bagages dessus et dedans. L'intendance des Hadjis de la veille.
La route rectiligne, à peine bombée, traverse quelques villages. Des écoliers se prêtent à ma première photo de Syriens. Fiers dans leur uniforme, eux aussi.
Il est près de 11heures. Une jolie maison sort du décor. Une jeune femme se penche au balcon. Je la complimente du geste. Un tracteur passe, il me fait signe : &quot;venez boire un thé&quot; (chaï. Pas de t, contrairement au turc). C'est le maître de céans. Dehors, on aligne les fauteuils en PVC, on s'assoit en rond. Plateau, thé, petits gâteaux… De mon côté, photos, agenda, carnet de pèlerin, carte…
Le chef de famille bat le rappel de sa classe d'anglais de 6ème. Il traduit.
Clap ! de la langue gestuelle. Je suis maintenant sans dictionnaire.
Au bout d'une heure je veux repartir mais on me retient par la manche : &quot; Tu manges avec nous&quot;…&quot; Non, je dois avancer&quot; – &quot; Où dors-tu ? &quot;. Haussement d'épaules. &quot; Ici, tu veux bien ? &quot; Pourquoi pas, après tout.
On change d'étage, toujours à l'extérieur et, sur une terrasse, les coussins sont étalés. Je suis délestée de tout. On continue à grignoter, à discuter, les femmes,les enfants, ensemble. Les hommes sont repartis à l'ouvrage.
Re photos. Cette fois, séance de peluches : navets découpés en rondelles mis dans du vinaigre avec de la betterave rouge : un condiment servi régulièrement à l'heure du déjeuner.
Entre les deux prières à Allah, on redéménage dans la pièce centrale de la maison où le poêle à mazout trône. On m'installe tout près. Il est alimenté au goutte à goutte et distille sa chaleur à la demande.
Il y a beaucoup de monde dans cette famille. Quelques grands enfants sont mariés, ont ou attendent progéniture. Une seule femme porte le foulard : la belle-sœur.
Dès lors que la fête des épousailles est terminée, elle est tenue de ne plus exposer sa chevelure.
Son époux, chauffeur, est absent pour la semaine.
Dans l'après-midi, elle m'invite à prier avec elle et à la suivre dans son domaine. Une vraie chambre avec lit et armoire. Au pied, à terre, des coussins salon.
Elle a ressorti sa robe de mariée pour moi après que nous eûmes visité l'album de ce jour là.
Dans la soirée, réunion au grand complet. Les filles épousées qui n'habitent pas sur place viennent passer quotidiennement un long moment au bercail.
Un ami parlant français a été appelé à la rescousse. Cette famille très croyante voudrait en avoir le cœur net. Je prie avec elle, je suis Hadji, je voudrais aller à la Mecque, mais suis-je musulmane ?
&amp;nbsp;
&quot;Sortie de route&quot;
Mon foulard est encore à l'origine de la confusion.
L'ami déclinera les versets du Coran en arabe.
&quot; Savez-vous ce que cela veut dire ? &quot;.
&quot; En arabe, je ne comprends rien de ce que vous énoncez &quot;.
&quot; Alors, comment priez-vous avec le Coran ? &quot;
&quot; En français &quot;.
&quot; Où l'avez-vous acheté ? &quot;
&quot; A Istanbul &quot;.
&quot; Oui, mais ce n'est pas pareil quand c'est traduit . Vous ne pouvez pas comprendre la finesse, le détail &quot;.
&quot; C'est mieux que de ne pas lire du tout et puis, si je ne comprends pas, je demande à l'imam. Vous savez, la foi musulmane, l'islam, pour moi c'est nouveau. Mais, en Turquie, je suis allée tous les jours dans les mosquées et ai eu des conversations avec les Müftüs aussi ( c'est l'homme qui a le degré le plus haut dans la connaissance de l'islam et qui est juge des questions religieuses). Si je ne comprends pas quelques sourates, je leur demande des explications &quot;.
L'assemblée écoute religieusement. Mais plane toujours le doute. Mon attitude neutre devient apparemment équivoque. Si ma prudence vise à ne&amp;nbsp; pas heurter, c'est que je ne connais rien du degré de tolérance dans ce pays, sauf qu'il y a liberté de culte et que églises ou monastères sont nombreux.
Le monsieur voudrait bien me faire rencontrer son voisin qui s'exprime encore mieux dans notre langue et lui, a une grande expérience du Coran (on pourrait comparer les deux livres saints – Bible et Coran -).
Il insiste pour que je le suive afin de passer la nuit dans sa propre maison (12 enfants).
Mais à cette question, la famille répond : &quot; Non, elle dort ici &quot;. Je suis soulagée, la nuit est avancée… et je voudrais dormir un peu car, dans le camion turc, si j'étais à l'abri, recroquevillée, je ne me suis quand même pas trop reposée.
Coordonnées en poche, rendez-vous pris pour le lendemain : &quot; mon village est à 3 à 4 km d'ici; voici mon nom. Je voudrais bien que vous restiez un peu avec nous &quot;.
La nuit fut courte ! Les parents rentrés dans leurs appartements, les plus jeunes et les demoiselles se sont calés autour de moi, poursuivant leurs questions et vidant mon sac, curieux d'y trouver quelque objet insolite.
Alors, à 5h30 du matin, je me suis glissée telle une ombre hors de ma couche et, comme convenu, sans alerter personne.
Mais la clé n'est pas sur la porte…!
Il me faudra attendre une heure qu'un réveil sonne pour que la maman me laisse aller… même si elle me retient de braver le givre déposé sur les marches du perron.
Hélas, je ne connais que ces mots : Halab, Halab (Alep); choukran (merci); machi machi, km, km (beaucoup de km à pied).
Hélas, je dois encore abandonner mes compagnons d'un jour. Pour suivre, comme l'étoile de Noël, la boule de feu qui, le matin, me précède.
&amp;nbsp;
Un chat sommeille en moi. Je guette. Parmi les quelques petits hameaux assoupis, je guette le village annoncé la veille. Outre les écoliers, il n'y a pas grand monde pour m'informer. J'ai déjà marché 2 heures lorsqu'un monsieur consterné (car on ne se comprend pas ) et indécis, semble me dire : &quot;c'est là-bas à 2 km… en arrière &quot;.
Comme j'avais émis une restriction : &quot; si je pars pas trop tard ou si je vous trouve &quot; et que j'étais attendu à 7 heures, je ne fais pas demi-tour. Ai-je lâchement faussé compagnie à ce monsieur ?
Avec le recul, j'ai plutôt fait le choix de revenir sur ma route et de m'être ainsi sortie de l'ornière.
Est-ce dommage d'avoir laissé nos questions réciproques mijoter ?
Non, car je ne suis pas théologien donc de taille à démanteler une interprétation teintée d'hérésie.
Seule la prière donne la paix… pas l'explication des hommes.
A Alep, j'allais trouver les clés de mon comportement, dorénavant.
&amp;nbsp;
B/ HALAB
Les montagnes russes m'entraînent d'un soubresaut à l'autre vers la grande ville; après Damas, Alep.
Le trafic s'intensifie à une dizaine de km du centre. Les voies rapides et autoroutes s'emberlificotent? Un policier, l'index sur le képi, a le geste amical : &quot; welcome. Par ici, le centre &quot;.
Une roulotte propose du café: &quot; c'est moi le patron, je vous l'offre &quot;.
Puis, délivrée des échangeurs, j'aborde la grande artère qui devrait m'amener directement au cœur de Halab, capitale de la culture arabe récemment si j'en crois les nombreux drapeaux plantés en ligne médiane.
Une petite voiture type Fiat ou 4chevaux des années 60 freine devant moi. Un jeune homme en sort prestement 
&quot; Nous voulons vous aider. Vous allez à Alep ? &quot;
&quot; Oui, je vais à Alep, mais je marche. Si vous pouviez me dire dans quel secteur se trouve la cathédrale &quot;.
&quot; Vous avez encore à marcher, c'est difficile dans la vieille ville. Si vous voulez, on vous emmène. Voici mon père. &quot;
Je fais ainsi connaissance de Youssef, étudiant en langues à Homs; nous allons d'abord à l'office de tourisme pour nous renseigner exactement sur l'endroit où se trouve l'église. Puis, là-bas, nous apprenons que le responsable ne sera de retour que pour la messe.
&quot; C'est bien, comme ça vous allez venir chez nous pour dîner et on vous raccompagnera &quot;.
Mère et sœur et frère m'accueillent comme si nous nous connaissions de toujours. Les 3 enfants sont étudiants.
&quot; Vous ne pouvez goûter à ma cuisine car je n'ai pas été prévenue mais vous pouvez prendre un bain. Nous avons l'eau chaude &quot;.
Je sens que cette maman – au même sourire que la mienne - aurait plaisir à ce que j'entre dans l'intimité de sa famille.
J'acquiesce. Il est vrai que depuis mon départ d'Antakya, à dormir en famille, dans la même pièce et directement dans les mêmes vêtements, je ne me sens plus très nette.
Le papa ne tarit pas de &quot; Inch Allah &quot;. Il remercie le ciel de m'avoir mise sur son chemin.
&quot; Vous êtes la bienvenue. Vous pouvez revenir pendant votre séjour à Alep. Vous êtes chez vous ici. Si, à l'église, il n'y a pas de place, vous dormirez chez nous &quot;.
A l'église, la dernière messe de l'année va commencer. Je dis à Youssef de me laisser ici avec mon trolley, que je trouverai bien une solution…. Mais lui veut être certain de mon sort : &quot;Non, non, j'attends avec vous &quot;.
&quot; Mais cela va durer au moins 1 heure &quot;.
&quot; Pas de problème, papa attendra dans la voiture et moi je reste auprès de vous. J'ai déjà assisté à la messe ici avec mes amis libanais chrétiens à qui j'ai fait visiter la ville. Pas de problème &quot;.
L'échange d'un signe de paix prend ce jour là un caractère presque sacré. Il est musulman et pousse son sens de l'hospitalité jusque là. Je n'ose lui saisir les mains car, dans ce pays, &quot;hommes et femmes étrangers n'ont aucun contact&quot; m'a appris la jeune épousée de la veille.
Mais, la main sur le cœur et les yeux plantés dans les siens, je le salue d'un &quot;as Sâlâm Alâykoum&quot; (la Paix soit avec toi).
A l'issue de la cérémonie, il me confie : &quot;j'ai ressenti quelque chose de très fort. C'est la première fois dans une église &quot;.
Quand le Père Georges m'a dit : &quot; oui, on va vous trouver quelque chose &quot;, Youssef est reparti soulagé, mais triste de ne pouvoir passer plus de temps à me faire découvrir da ville. Ses examens débutent pour un mois; le lendemain, il doit repartir à Homs.
Le Père Georges m'autorise à rester quelques 3 jours, j'ai tout loisir de me familiariser et de prendre mes repères.
Je découvre alors la mosaïque syrienne. J'entends les gens. En dépit des quartiers spécifiques souvent liés à l'Histoire du Pays ou de la ville. Tout le monde se côtoie et, apparemment, se respecte. Le Président de la République lui-même a décrété la liberté de culte. Ainsi, la religion n'est plus indiquée sur les cartes d'identité.
L'homme de la rue, un brin curieux mais très affable, est toujours prêt à rendre service. Bien sûr, je suis étrangère et ça se voit. Quand, le plan déplié, je tente de me situer, il y en a toujours un ou 3 ou 4 qui m'encerclent : &quot; Do you want help&amp;nbsp; ? &quot; ou &quot; Can I help you ? &quot;. Jusqu'à même m'accompagner… ou m'inviter pour un café.
Un businessman de Homs m'aborde : &quot; Le Sheraton, c'est où ?&quot;
Deux minutes plus tard, devant une tisane succulente, &quot; efficace contre la toux, vous verrez&quot;, nous devisons sur la politique de la France, les traditions, les religions et le Coran.
&quot; Vous savez, il faut déjà étudier une religion avant d'y adhérer Par exemple, on pense que les habitudes ou les rites ou les règles ne sont pas fondés, mais si Mahomet a fixé la prière au lever du soleil, c'est pour traiter notre paresse….etc. Malheureusement, on a une religion par nos parents. Mais on ne sait rien. Et puis la religion ce n'est pas l'essentiel. Moi, quand on me demande si je suis musulman, je réponds : je suis un humain. Et rien que pour cela – parce que je ne suis pas un animal et donc que j'ai une cervelle, un cœur, des sentiments – rien que pour cela je pense que je dois respecter les humains. La religion, c'est en plus et après avoir étudié &quot;.
Campé sur une trentaine d'années, il est aussi campé sur une certitude : on doit s'aimer.
&quot; Je crois que nous n'avons pas le choix. C'est une obligation &quot;, répondis-je. &quot;Si on ne veut pas faire exploser la planète et nous avec. A nos dirigeants d'en être conscients car nous, qu'est-ce qu'on veut ? nous le peuple, sinon la Paix, non ? &quot;
Nous étions prêts à refaire le monde. Mais ce jeune en duffle-coat marine et attaché case a des emplettes à faire. C'est le 1er janvier et il doit encore trouver quelques cadeaux.
Je me souviendrai longtemps des ses petites lunettes cerclées d'argent à la Tolstoï et de son regard d'humaniste convaincu…
La nuit est tombée sur Alep et le Tour de l'Horloge. Je rentrerai au couvent par le Jdaidé (quartier chrétien) très décoré. Noël récent a endimanché les devantures et les hôtels particuliers construits dès le XVIème siècle. Au moment de l'essor commercial de la ville. Les églises rivalisent d'imagination : sapin géant et illuminations, crèche et santons automatisés.
Bien à l'abri dans leurs fourrures et leurs manchons, les Alepines flânent. Dénicheront-elles le cadeau rare ou original qui fera briller les yeux de leurs enfants ?
Je me croirais en Europe… si ce n'était l'arabe qui me rappelle à l'ordre.
Alep est réputée pour sa citadelle trônant au dessus de la vieille ville. On a retrouvé un bas-relief datant du Xème siècle avant J.C.&amp;nbsp; mais on peut admirer aujourd'hui le site remontant, dans sa forme actuelle, à la dynastie des Ayyoubides (XIIème – XIIIème siècle).
La mosquée d'Abraham – où le prophète aurait trait une vache (d'où le nom de la ville : Halab = lait en arabe) – a remplacé une église où la tête de Jean-Baptiste aurait reposé.
En gravissant le long couloir incliné et coudé, entre la porte monumentale menant à l'intérieur de la citadelle, une arménienne s'adresse à moi : &quot; C'est vacances aujourd'hui pour mon fils. Il voudrait aller s'asseoir dans le trône du roi &quot;.
Si les remparts permettent une vision des alentours à 360 degrés, les escaliers et les labyrinthes nous égarent… Le petit garçon s'impatiente un peu. &quot; Y a-t-il un Roi ici ? &quot;
Lorsque nous arrivons dans la salle du Trône, déception : des cordons ne permettent pas d'aller s'asseoir. C'est l'endroit le mieux conservé, donc protégé : plafond, coupole d'époque mamelouke, décoration peinte sur le bois.
Les lieux sont sombres. &quot; Il était interdit de voir le visage du Roi &quot;, précise la maman.
Je fais un cliché de l'enfant, hélas presque noir. Je le console : &quot; Comme ça, on dira que tu es un vrai Roi.
Ani m'invite chez elle le lendemain : &quot; Il faut que vous rencontriez ma belle-mère. Elle sera ravie de parler français.
Au cours du petit-déjeuner , plutôt du &quot;brunch&quot;, j'apprends qu'elle n'a plus de parents. Ils ont disparu dans un accident dû à une fuite de gaz. Elle et sa sœur seront élevées chez des religieuses au Liban. Elle a un grand respect pour sa belle-mère : &quot;C'est ma maman, elle est bonne avec moi &quot;.
Je fais aussi connaissance de sa fille aînée, élancée, yeux en amande, très européenne dans son jean serré et étudiante en Anglais: &quot; Quand mon petit garçon est né, j'ai entamé une nouvelle vie. Après ma dépression, je suis re-née &quot;.
La maison d'Ani, c'est une maison d'artistes : délicate et sereine même si elle m'avoue avoir souvent peur. Elle peint, elle invente des décorations. Tout est pastel. Quelques tableaux de son époux sont aussi suspendus aux murs. &quot;Malheureusement, il n'a plus le temps &quot;.
Avant de se séparer, elle me montre encore de jolis petits cadres, à taille de carte postale : &quot; Vous voyez, je pourrais les vendre, mais je n'ai pas de filières. Mes amis en France m'ont dit que je devrais essayer là-bas. Mais, impossible d'obtenir un visa !
Quel gâchis, pensai-je ! Il y a tant et tant de talents en souffrance…et de rêves inachevés : &quot; Je voudrais habiter en Suisse. C'est si beau, si net, si propre, si ordonné &quot;. Je sens poindre l'âme d'une poète. 
&quot; Ani, l'ordre c'est bien, mais une orientale en aurait peut-être vite assez. Et puis, votre soleil vous manquerait &quot;.
&amp;nbsp;
C/ LA CITADELLE SAINT SIMON
Non loin d'Alep, le monument le plus important de la chrétienté après Sainte Sophie de Constantinople : Qalaat Simum.
L'ensemble était composé de 4 basiliques disposées en croix . Au centre, une grande cour octogonale et, au milieu, la colonne (stèle) de Saint Simon (le Vieux). Celui-ci y vécut perché durant 42 années. Ainsi isolé du monde, il pria quand il ne prêchait pas. Car, des milliers de pèlerins attirés par sa réputation –parmi eux l'empereur de Byzance – venaient le consulter.
Les ruines magnifiques nous permettent d'entrevoir la richesse architecturale du lieu : motifs décoratifs surprenants et saisissants; colonnes sculptées de feuilles d'acanthe (style inauguré ici par les Byzantins), volumes et ampleur des arches. La construction fut entreprise en 459, à la mort du Saint, mais le site mis à sac en 1017 par les Fatimides. Période noire pour les chrétiens d'Orient (30.000 églises au moins ont été détruites entre la Syrie, l'Égypte, la Palestine, dont le Saint Sépulcre).
Une conversation avec un grand spécialiste des sites religieux en Syrie, notamment, me mettra…au parfum. Ce pays n'est pas seulement – avec l'Égypte – le berceau de l'une des plus anciennes civilisations au monde. Le premier système alphabétique au monde y est né 14 siècles avant J.C. à Ougarit sur la côte. On y trouve les premiers villages de l'histoire de l'humanité (Moureybet), les premières villes embryons d'États, dotés d'une organisation sociale, économique et politique, comme Ebla qui étendra son influence depuis le Sud d'Alep jusqu'au Taurus (en Turquie actuellement).
Toutes les facettes de la Syrie se trouvent d'abord dans les souks dont les descriptions foisonnent. Très vite, je me rendrai compte de sa diversité. Avec les produits agricoles, le troisième cliché tombe. Il n'y a pas que le désert.
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&amp;nbsp;
INTERCITIES
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Et la quinzaine de jours de marche me séparant de Damas achèvera le démantèlement de mes &quot; a priori&quot;, s'il en était.
&amp;nbsp;
A/ SORTIE D'ALEP. 
De nombreuses industries aux enseignes parfois étrangères y sont installées, par îlots. L'une de ces entreprises m'accueillera pour la nuit. Le Directeur appelé en renfort (il parle anglais) me proposera de dormir dans l'une des chambres de sa maison d'hôtes. Le lendemain, il me rattrape sur la nationale à 10 km de là : &quot;Mais j'ai fait préparer le petit déjeuner; vous ne m'avez pas attendu &quot;. L'un de ses collaborateurs (défaut d'interprétation ?) m'avait dit que son patron était parti pour Damas.
Il me ramènera &quot; à ce pont là, pour que vous ne perdiez pas trop de temps &quot;.
Son usine fabrique tout ce qui a trait à la literie, au couchage. Son cousin, publiciste, l'accompagne. Il lui a téléphoné la veille : &quot;écoute, il faut que tu voies cette femme là. Elle marche depuis Paris. Tu ne verras ça qu'une fois dans ta vie !&quot;
Après avoir inauguré des jeux de mots (en Anglais) entre le nom de la Société et les produits, ils ont dû trouver que je serais une bonne co-équipière car nous avons procédé à une série de photos, couette, lit, sac de couchage, en situation… Ils voulaient absolument m'en donner un. Incompressible, je suggérai qu'ils me l'expédient. Ils ont acquiescé. 
&quot; Anne, si vous avez un souci, n'importe où, dites-le nous. Nous avons des amis partout. Que Dieu vous bénisse. Et puis, si vous arrivez en France, écrivez-nous &quot;.
&quot; Bien sûr que j'arriverai en France…. J'ai une petite fille à gâter…&quot;
Pas loin d'Idleb, c'est un restaurant qui m'héberge. Un Damascien passe par là et l'aréopage de jeunes garçons à qui j'essaye d'expliquer qu'il m'est impossible de marcher la nuit, lui adresse ma demande.
&quot; Le Directeur c'est mon ami. C'est bon, je m'occupe d'elle &quot;. Dix minutes plus tard, je suis attablée devant un festin.
Nous parlons en français. Il a travaillé pour France Telecom de nombreuses années. Aujourd'hui, à Damas, ils soigne ses compatriotes (médecine parallèle).
&amp;nbsp;
B/ EN MONTANT VERS IDLEB.
La vraie campagne se met à nue : des champs, des serres, des arbres fruitiers, des oliviers. Il n'y a pas que le désert, en effet. Il y a aussi de l'eau et grâce aux réseaux d'irrigation… il devient vert. Des murets séparent, quelquefois, les lopins de terre. Des pierres superposées me semblent servir, par endroits, de repères de propriété.
Des carrioles chargées de légumes montent vers le marché où les paysans, à terre, étalent leurs productions. Un peu en hauteur, la ville devrait bénéficier d'un peu d'air en mouvement à défaut de &quot;frais&quot;.
Elle dispose d'un musée où sont présentés de nombreuses pièces provenant de &quot;villes mortes&quot; dont Ebla. Avec des tablettes représentant des documents officiels écrits en caractères cunéiformes (environ 2.200 ans avant J.C.). Une aile est consacrée à l'art populaire.
En redescendant, je suis abordée par un couple : &quot;Venez avec nous, nous boirons le thé. Voici mon époux, professeur des écoles. Moi aussi, je suis professeur.&quot;.
Puis :
&quot; Ce soir à Ebla, si vous ne savez pas où dormir, appelez-moi. Je viendrai vous chercher </description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/85723/</link>
</item>

<item>
<title>La Turquie (Fin) - 2</title>
<description>D.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE MÈRE NOURRICIÈRE.
&amp;nbsp;
- La Nature a été débauchée de son rôle : &quot;nous faire méditer et nous réconforter&quot;.
Les forêts d'immeubles seulement identifiables à la couleur recouvrent tout.
C'est la Turquie ouverte à l'Occident qui refuse aussi l'Occident. Il est déjà trop tard, ai-je dit à un chauffeur de taxi assis en rond au pied des palaces… Vos yeux ont perdu cette étincelle que j'ai observée chez vos compatriotes. Ici, ce n'est déjà plus la Turquie. Mais elle est encore là-bas , de l'autre côté, là où ils gagnent leur pain âprement. Ne les oubliez pas. (de Antalya à Sililke : îlots de pièges à touristes).
&amp;nbsp;
- Un petit air d'Afrique : Anamur, un grand centre de production de bananes, courtes et incurvées. La maturité en est retardée par des &quot;manteaux&quot; dans lesquels les régimes sont enfilés.
&amp;nbsp;
- Les oliveraies sont des jardins de centaines d'hectares du Nord d'Izmir à Mugla. Toutes les façades des collines en sont recouvertes.
&amp;nbsp;
- Les clémentines, oranges, pamplemousses et &quot;châteaux&quot; (énormes pamplemousses à la chair d'orange) ont parfois les pieds dans l'eau (de Ula à Fethiye).
&amp;nbsp;
-Les mandarines, elles, ont pris pied dans la région de Hatay, bord de mer. (même latitude que Ula/ Fethiye)
&amp;nbsp;
- Forêts &quot;gérées&quot; (Göcek… et ailleurs – pépinières).
&amp;nbsp;
-Maraîchage extensif. En pleine terre au Nord-ouest jusqu'à Izmir.
Sous serres (des hectares de serres) Demre ? et chaque extrémité de vallée –après Anamur- se jetant dans la mer.
&amp;nbsp;
- Coton : champs dans les plaines du Nord-ouest.
&amp;nbsp;
- Troupeaux : un peu partout, en montagne, en plaine, parfois de faible importance.
&amp;nbsp;
- Industries :
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - Pétrolière&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; = Izmir
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - Chantier naval&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; = Antalya
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - Aciéries&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; = Iskenderun
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
E.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE EN QUELQUES VILLES ET QUELQUES SITES.
&amp;nbsp;
- ISTANBUL (évidemment Agia Sophia). La capitale aux deux pieds et nombreux yeux. Elle est à cheval sur l'Occident et l'Orient et, dans ses eaux, quelques îles (regarder sur Internet).
&amp;nbsp;
- TROYAS : le cheval de Troie.
&amp;nbsp;
- IZMIR la tentaculaire, 2ème ville de Turquie.
&amp;nbsp;
- AYDIN, porte sur la plaine qui s'étire sur 200 km ? à l'Est vers Denizly, tout au long du fleuve Menderes.
&amp;nbsp;
- FETHIYE : bronzette et plage féerique&amp;nbsp; Ölü Deniz.
&amp;nbsp;
- KAS : art funéraire; tombeaux de Myre creusés à flanc de colline dans la roche de la falaise. (style grec)
&amp;nbsp;
- DEMRE : église, la patrie de Saint Nicolas archevêque ici, né à quelques kilomètres de là.
&amp;nbsp;
- ANTALYA : les croisés de Louis VII, roi de France, y accostent en 1148 pour prendre la route de Jérusalem… jamais atteint ! Plus de 500.000 habitants. 2 pôles touristiques: Beldibi à l'Ouest et Bekek à l'Est (complexes touristiques outranciers et pas à mon goût.)
Quelques belles maisons de bois peint, un vieux phare cylindrique et un minaret de mosquée cannelé. Un tram ancestral et beaucoup de palmiers. Je me suis presque crue à Cannes.
&amp;nbsp;
- ALANYA : un petit cap qui supporte un monastère et une citadelle au point culminant. (byzantine)
&amp;nbsp;
- KISKALESI : &quot;Château de la fille&quot;, pieds dans l'eau : un triangle de muraille
&amp;nbsp;
- ANAMUR : le cap le plus méridional de la Turquie.
&amp;nbsp;
- TARSUS : patrie de Saint Paul et ville libre pour avoir aidé les Romains à liquider les pirates du secteur. De ce fait, Rome a accordé la citoyenneté romaine aux habitants, dont Paul qui en profitera pour se faire juger – et ainsi évangéliser- à Rome. (Eglise Saint Paul et église arménienne devenue mosquée).
&amp;nbsp;
- MERSIN, ADANA, OSMANIYE, ISKENDERUN. Des kilomètres d'industries en tout genre et d'entreprises diverses. Un long ruban double d'asphalte. L'autoroute et la Nationale se croisent et se décroisent sous le nez de Taurus, une barre montagneuse dans laquelle s'enfilait la route de la soie.
Autour des centres parfois anciens mais mal conservés, des villes satellites, modernes, aux plans indéfinis.
&amp;nbsp;
- ANTIOCHE (Antakiyah). &amp;nbsp;Le nom de &quot;chrétien&quot; est ici pour la première fois utilisé par Pierre, l'apôtre sur qui le Christ a dit qu'il bâtirait son église.
- La première Eglise de l'histoire, en tant que communauté.
- Le premier &quot;Etat&quot; d'Orient fondé par les francs et que les Arabes, en 1265, vont récupérer en massacrant sauvagement les habitants. Ce dont les Musulmans eux-mêmes se sont tout autant choqués.
- Cathédrale Saint Pierre : une grotte percée dans la montagne, église des premiers chrétiens; ceux-ci y recevaient l'enseignement de Pierre et de Paul, à l'abri des persécutions.
- La vieille ville et les souks où langues arabes et turques se mêlent. La province de Hatay dans laquelle se trouve Antioche était encore Syrienne il y a 90 ans.
- Les ruines du monastère Saint Siméon -le Jeune- (à 25 km), ayant imité l'autre Saint Siméon –le Vieux- du côté d'Alep (Syrie).
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
REPÈRES CHRONOLOGIQUES.
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
- 5000 av. J.C. : fondation de Troie, à l'entrée des Dardanelles.
&amp;nbsp;
-1800-1200 av. J.C. : l'Empire hittite fédère l'Anatolie.
&amp;nbsp;
-800 av. J.C. : premières colonies grecques sur les côtes.
&amp;nbsp;
546 av. J.C. : prise de Sardes, capitale de Crésus; l'Empire Perse devient seul maître.
&amp;nbsp;
336-331 av. J.C. : de l'Égypte à l'Inde, l'Empire hellénistique d'Alexandre le Grand supplante les Perses. A la mort du conquérant, partage entre ses généraux.
&amp;nbsp;
146 av. J.C. : Rome conquiert l'Anatolie hellénistique : le grec est la deuxième langue officielle.
&amp;nbsp;
45 : né à Tarse, l'apôtre Paul répand le christianisme dans l'ensemble de l'Empire.
&amp;nbsp;
392 : l'empereur pro chrétien Constantin fonde &amp;nbsp;Konstantinopolis sur le site de Byzance.
&amp;nbsp;
395 : éclatement de l'Empire romain entre Rome et Constantinople.
&amp;nbsp;
1054 : rupture entre églises grecque orthodoxe (Constantinople) et latine catholique (Rome).
&amp;nbsp;
1071 : venus d'Iran, les Turcs seldjoukides défont les Grecs à Malazgirt et s'installent dans l'Est.
&amp;nbsp;
1096 : 1ère croisade ; au lieu de les rendre aux Byzantins, les Latins s'approprient les territoires repris aux musulmans.
&amp;nbsp;
1204 : 4ème croisade ; pillage de Constantinople par les Latins. Dépecé, l'Empire Byzantin survit à Nicée et Trabzon (Trébizonde).
&amp;nbsp;
1261 : reprise de Constantinople. Concessions aux Latins, conflits aux frontières et querelles de palais.
&amp;nbsp;
1326 : Les Turcs ottomans s'installent à Bursa (Brousse) et évincent les Turcs seldjoukides.
&amp;nbsp;
1402 : Les Ottomans sont défaits à Ankara par le mongol Tamerlan.
&amp;nbsp;
1455 : Constantinople devient ottomane.
&amp;nbsp;
1520-1566 : Soliman le Magnifique : apogée architecturale avec la prise de contrôle de l'Europe centrale et du monde arabe.
&amp;nbsp;
1685 : la déroute des Ottomans devant Vienne débouche sur la perte de la Hongrie et du contrôle des Balkans.
&amp;nbsp;
XVIIème siècle : guerres répétées avec les Russes qui veulent prendre la tête de l'Empire.
&amp;nbsp;
1809 : convention internationale; les détroits sont fermés aux flottes militaires.
&amp;nbsp;
1821 : révolte des Grecs du Péloponnèse, prélude au soulèvement des Bulgares et des Serbes.
&amp;nbsp;
1826-1856 : ère du Tanzimat (&quot;Mutation&quot;).
&amp;nbsp;
1855-1856 : guerre de Crimée. Turcs, Anglais et Français attaquent les Russes. Mainmise grandissante des Européens à Istanbul.
&amp;nbsp;
1868 : création du mouvement révolutionnaire Jeunes Turcs.
&amp;nbsp;
1888 : l'Orient Express arrive en gare de Sirkeci sur la Corne d'Or.
&amp;nbsp;
1895 : soulèvements arméniens.
&amp;nbsp;
1908 : révolution jeune-turque d'Enver. Le sultan n'est plus qu'un homme de paille.
&amp;nbsp;
1914-1918 : Enver entraîne la Turquie dans la guerre aux côtés des Allemands. Mustafa Kemal met en échec l'attaque britannique des Dardanelles.
&amp;nbsp;
1915 : riposte turque à l'offensive russe appuyée par les Arméniens.
&amp;nbsp;
1918 : occupation de l'Anatolie par les vainqueurs. Londres tente de créer un Gibraltar oriental en annexant Istanbul.
&amp;nbsp;
1921 : coup d'arrêt de l'offensive grecque.
&amp;nbsp;
1923 : fondation d'une république turque par Mustafa Kemal qui se voit confier des pouvoirs exclusifs. Occidentalisation et laïcisation de l'Anatolie.
&amp;nbsp;
1938 : mort de Mustafa Kemal. Son bras droit Inönu prend la suite.
&amp;nbsp;
1960 : coup d'Etat du général Gürsel.
&amp;nbsp;
1976 : 40 mors dans une manifestation de gauche.
&amp;nbsp;
1980 : coup d'Etat du général Evren.
&amp;nbsp;
1983 : démocratisation.
&amp;nbsp;
1989 : tensions avec la Grèce. L'effondrement de l'URSS favorise l'ouverture vers les républiques turcophones kirghize, kazakhe, ouzbek, turkmène et azérie.
&amp;nbsp;
1999 : tremblement de terre meurtrier à Chalcédoine.
&amp;nbsp;
Mai 2000 : Ahmet Necdet Sezer succède à Demirel comme président de la République.
&amp;nbsp;
Août 2002 : abolition de la peine de mort et reconnaissance officielle des droits culturels du peuple kurde.
&amp;nbsp;
2004 : débats houleux sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.
&amp;nbsp;
</description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/84967/</link>
</item>

<item>
<title>La Turquie (Fin) - 1</title>
<description>
T U R Q U I E
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
A&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; LA TURQUIE EN QUELQUES TABLEAUX:
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 1. A vos pastels.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 2. A vos aquarelles.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 3. A vos fusains.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 4. A vos cadres:
- Travail
- Mosquée
- Repas
- Transport
- Télévision
- Une langue imprononçable 
&amp;nbsp;
B&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE, &quot;VISAGES ENFOUIS&quot;.
&amp;nbsp;
C&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE NATURE.
&amp;nbsp;
D&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE, MÈRE NOURRICIÈRE.
&amp;nbsp;
E&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE, EN QUELQUES VILLES / SITES.
&amp;nbsp;
______________
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
A&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; LA TURQUIE EN QUELQUES TABLEAUX
&amp;nbsp;
Pour vous sortir, peut-être des clichés…
Mais surtout parce que mon étourderie a volé ma mémoire écrite et photographié.
&amp;nbsp;
1. A vos pastels :

Il y a (avait) le ciel, le soleil et la mer. (Sacha Distel).
&amp;nbsp;
- Le ciel arrogant me cerne d'éclairs terrifiants avant de déverser en trombe tout son mécontentement. (Kumlumka)
&amp;nbsp;
- Le ciel et la terre se confondent. Vont-ils s'affronter ? La ligne qui les sépare est à peine plus teintée. 
(Golfe d'Antalya).
&amp;nbsp;
- Le soleil, à peine terre de Sienne se strie des lames de Jupiter. Des veines dégoulinantes lui lavent la face.
(Antalya).
&amp;nbsp;
- Le ciel a pris son air glacial et vous toise du museau. (Reynanli).
&amp;nbsp;
- L'Occident et l'Orient s'embrassent dans les Dardanelles ( Vers Gelibolu).
&amp;nbsp;
- Le Brouillard s'est déchiré; un déluge s'est abattu; (Vers Ayvacik).
&amp;nbsp;
- Le Soleil a jeté sa mauvaise humeur dans les fourneaux. (Edremit).
&amp;nbsp;
- La mer, endimanchée, guindée, stylée. (Port, Izmir).
&amp;nbsp;
- Le soleil a rendu l'âme (Yatagan).
&amp;nbsp;
- Elle a accroché ses dentelles (Kaç).
&amp;nbsp;
- La nacre ourle cette huître géante (crique, vers Sarköy)
&amp;nbsp;
- Pas tranquille du tout. Vient-elle vérifier que la terre est toujours là ? (Anamur)
&amp;nbsp;
- Elle est paisible la mer, lorsque l'on s'occupe d'elle. (Aydincik)
&amp;nbsp;
- Surprise (de surprendre) en plein délit de repos. (Au fond d'une crique, résidences, Buyukuceli)
&amp;nbsp;
- Ils l'ont (le soleil) enfumé avant qu'il ne soit même levé. (Industries vers Iskenderun)
&amp;nbsp;
- Le polisson a déjà plongé. ( Demke)
&amp;nbsp;
- La nuit profonde a déjà enseveli notre astre. (Analya)
&amp;nbsp;
- L'indiscipliné joue à cache-cache. (Göcek)
&amp;nbsp;
Enfin libre ! (vers Kalkan, en montagne)
&amp;nbsp;
En un mot comme en&amp;nbsp; &quot;sang&quot;, ils conjuguent leurs sentiments pour offrir à l'Humain, hélas indifférent, en mille et une nuits, en cent jours de 24 heures, la fiction qu'aucun d'entre eux ne parviendra à réaliser !
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
2. A vos aquarelles.
&amp;nbsp;
- Entre deux murets de pierres sèches, la fontaine gicle de bonheur. Un petit gobelet. Désaltérez-vous !
&amp;nbsp;
- Bon pied, bon œil, ils galopent sur les trottoirs; ils baillent à l'arrêt de bus.
Un retardataire le hèle. Tous, dans leur uniforme complet cravate ou leur jupe écossaise, tous préparent la Turquie de demain. Ce sont les écoliers d'aujourd'hui.
Mon allure d'occidentale les incitent à lâcher : &quot;Welcome, how are you, what is your name ? &quot;
Puis full stop. Ma réponse les intrigue ou les déroute : &quot;Meraba&quot;.
S'ils osent, ils s'agglutinent le temps de vérifier d'où je viens puis se volatilisent, leur curiosité satisfaite, dans des rires entendus, bras dessus, bras dessous.
&amp;nbsp;
- 6 heures ! Microbus, autocars, taxis, avalent avec gloutonnerie les travailleurs. A la queue leu leu, ils hoquettent, gémissent, éructent. Les carrosseries cabossées, peinturlurées, délavées, ne craignent même plus le semi-remorque qui les frôle. Ventre presque à terre, ils les recrachent devant l'usine, le champ de coton.
Chacun se redéplie, se secoue, recroquevillé qu'il était, se hâtant d'un pas leste de rejoindre son poste. 17 heures. La même chose en sens inverse.
&amp;nbsp;
- La lettre à Elise : si elle savait Elise – ou Chopin – que sa lettre est lue tous les matins, se sentirait-elle fière, honorée ou… passée à la moulinette ? C'est ainsi que les écoliers sont sommés de se mettre en rang devant leurs professeurs… Chaque matin.
&amp;nbsp;
- Au bout des champs, des parasols à géométrie variable. Dessous, alignés, superposés, proposés, les fruits et légumes: toute une palette haute en couleurs. En prime les sourires des maraîchers&amp;nbsp; et le &quot;tchai&quot; (thé).
En échange, mes petites histoires de pèlerine qui les font voyager plus loin que le bout de leur champ.
&amp;nbsp;
- Les stations essence: le service, assurément.
Invitation à une pause, pause thé.
Acceptation pour me loger… Arrière boutique, salle de restauration, salon clientèle, chambre de secours pour le personnel : ils ont presque tous compris, qu'à l'aurore, je repartais…
Conversation aussi. Les fauteuils, ici comme ailleurs, vous ouvrent les bras. Et, entre deux clients, on peut deviser sur les mobiles d'un voyage…
Cadeaux de l'amitié : mes barres de chocolat, des chamoisettes, des lingettes humidifiées pour le visage, des cartes… des emails pour donner des nouvelles.
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
3. A vos fusains.
- La ville, le soir, c'est dans le &quot;fog&quot; que vous la trouvez. J'en ai saisi la raison à ma première invitation en famille : les poêles sont alimentés, sur plusieurs étages d'immeubles, par du bois.
- Les odeurs âcres dont elle s'entoure ne parviennent pas que des combustions d'ordures ménagères ou industrielles, livrées à la liberté de chacun.
- La forêt, belle et verte, gérée pour le bois de chauffage et l'industrie… Hélas, sur 50 km en bord de côte, je l'ai vue calcinée, les bûcherons, plus noirs que ses cendres, assistés de leurs ânes, récupéraient au bout de leurs pattes les troncs jonchant le sol pentu à 30 ou 40 degrés. C'est dire que la côte, ici, n'est pas tendre avec l'Homme.
- La mer ? Du haut du col, je me suis crû arrivée… ou trompée par ma carte. Le soleil brillant glaçait le dessus des serres de son implacable lumière. Des hectares et des hectares de verre. En m'approchant j'ai observé la vie, la pollution.
La vie : de maigres habitations collées en queue de serre me démontrent que tout est investi dans l'outil de travail : temps et argent.
La pollution : Moussaient dans les rigoles de terre entre les serres des substances aux allures et odeurs étranges : les produits de traitement ?
&amp;nbsp;
4. A vos cadres (de vie).
- Travail : la Turquie me laisse l'impression d'un pays en perpétuel mouvement. Partout, on tape, on pousse, on frappe, on charrie. Il y a toujours des constructions en cours, des camions qui transportent d'un bout à l'autre du pays, des gens qui creusent et d'autres qui vident.
La Turquie est un jardin immense aux récoltes double ou triple selon les secteurs. Des milliers d'hectares d'oliviers, de fruitiers ajoutés à ceux de cultures maraîchères sous abri ou en pleine terre peuvent nourrir sa population et exporter une partie de sa production.
Jusqu'à quand ? L'irrigation est très largement installée et assèche les fleuves.
Pour avoir marché en bord de côte et donc avoir traversé ceux qui se jettent dans la Méditerranée ou la mer Egée, j'ai constaté avec tristesse qu'ils alimentaient rarement la mer.
La pollution ne tardera-t-elle pas à priver ce pays de l'essence même de son existence malgré son réseau hydrographique exceptionnel qui fait bien des envieux chez ses voisins ?
&amp;nbsp;
5. La Mosquée.
Dôme rond, vert ou blanc, simple ou multiple, minuscule ou grandiose, ancienne ou moderne. Elle est au cœur de la vie sociale, de travail, de famille. Parfois, les entreprises ont implanté des édifices directement contigus aux lieux de travail. Il en émerge dans tous les quartiers de la ville, du centre à la périphérie, quelquefois très proches les unes des autres.
Monsieur s'y rend 5 fois par jour si son emploi du temps le lui permet; Madame prie souvent chez elle. Mais j'ai aussi vu des chauffeurs, déroulant leur tapis en direction de la Mecque, prier derrière leur camion. Tout comme des familles, ensemble, se prosterner à la maison.
Le Coran dicte le comportement du musulman et l'imam le lui rappelle notamment dans son allocution du vendredi.
&amp;nbsp;
6. La Maison.
C'est le foyer, le lieu de la rencontre. La famille, les amis défilent. Il peut y avoir plusieurs pièces… La pièce principale est celle où l'on mange, discute, tricote, fume et dort en hiver car c'est là qu'est le poêle.
DE la maison de Erime, aux murs blanchis, au sol de terre battue recouvert de tapis épais, aux ouvertures peintes en bleu, et décorée de tissus, caches ou babioles chamarrés à celle de Seha très occidentale et 21ème siècle, elle reflète toujours l'âme de ceux qui y vivent et leurs préoccupations.
Pour les unes, la cuisine est grande et spacieuse et suffisamment équipée car la famille est nombreuse.
Pour les autres, celle-ci sera d'abord fonctionnelle et pratique, nantie de toute l'électronique de l'Occident.
Quelquefois, elle est un cube posé au milieu d'un jardin autour duquel s'articule la ferme familiale. 
Ici se reflète l'aisance due à un travail rentable.
Là, elle n'est qu'accessoire car l'essentiel est placé, justement, dans le travail. Pour survivre ou en attendant de vivre mieux.
Mais, partout il s'en dégage la fierté et le plaisir de recevoir : les tapis à terre sont épais, les coussins tout autour douillets, le poêle alimenté… au bois.
&amp;nbsp;
7. Les Repas.
Nappe dépliée au sol, assis en rond autour de l'immense plateau, chacun pioche dans toutes les coupelles qui y sont déposées. Avec les doigts, avec un morceau e pain plat fait maison le plus souvent. Arrosé de thé, de café ou d'eau fraîche.
C'est la ronde des couleurs, des senteurs, des goûts.
Quand tout est fini, on replie la nappe et on se réinstalle plus loin sur un coussin… Et cela dure ainsi des heures.
Avant de tout réaligner (dossiers et assises) au sol en guise de matelas, de tout transporter (couvertures) et de tous se coucher pêle-mêle pour une nuit plus ou moins longue…
&amp;nbsp;
8. Le Transport.
Le Turc ne marche pas beaucoup sauf pour aller sur le lieu de ramassage du personnel s'il travaille, ou à un arrêt de bus.
De la bicyclette à l'autobus, les minibus, les motos, les ânes, les voitures. Tout est bon pour faire un bout de chemin sans se fatiguer.
Souvent surchargé, le moyen de locomotion est un outil trop vite usé… J'ai photographié une famille (4 personnes) sur une moto !
Parce qu'il demeure cher à l'achat, il est rentabilisé ou provient de stocks d'occasion de l'Europe. Si vous voulez une voiture de collection ou une antiquité, c'est en Turquie qu'il faut vous rendre.
&amp;nbsp;
9. La Télévision.
OMNIPRÉSENTE = allumée dès le matin, même si personne ne la regarde. Allumée sur tous les lieux de travail, au bureau, dans les cafés, les restaurants, les stations essence, les administrations. Un meuble, une compagnie. Indispensable jour et nuit.
&amp;nbsp;
10. Une langue imprononçable ?
&amp;nbsp;
Sertifikah
Dekorasiyon
Kuaför&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; ö = eu (comme en allemand)
Banket
Hiper
Kolej
Polis&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Police
Turizm
Otomobil
Hoparlör
Pasaport&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Passeport
Otantik
Kontör
Kontinü&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; ü = u (comme en allemand)
Asansör
Katite&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; e = é
Banka&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Banque
Aksesuar&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; u = ou (comme en allemand)
Motosyklet&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; s = ss
Müse
Profesyonl
Autokuaför&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; faux ami : nettoyage et accessoires voiture
Gendarma
Ambalaj
Doktor
Otel
Bulvari&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; boulevard
Ergonomik
Dizayn&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; design
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
B.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE &quot;VISAGES ENFOUIS&quot;.
(Photos perdues)
&amp;nbsp;
- 100 mètres devant moi, elle court, elle court…un ballot sur la tête, réussirai-je à attraper son pas et filmer son allure ?
Carrefour, arrêt de bus.
Non, elle a déjà tout déposé à terre.
Elle se retourne. Une grand-mère. 70 ans ?
Si ce n'était les rides, je lui en donnerais la moitié.
Yeux clairs, cheveux dissimulés. Elle avait accepté le cliché. Sourire envoûtant. 
&quot; C'est dur mais j'aime la vie&quot;.
&amp;nbsp;
- Une drôle de machine actionnée manuellement. L'homme remplit une cavité avec du béton (fait main). Actionne une presse verticalement, relâche l'engin, glisse une planche sous la cavité et transporte le moule sur un tas, le dégage ; un gâteau de parpaing. A sécher au soleil.
&quot; C'est pour ma maison&quot;. Il ne monte pas seulement les murs. Il en fabrique chaque élément.
&amp;nbsp;
- En haut des escaliers, les laines pendent au soleil. Contre le mur de la maison, un métier à tisser. La femme jette furtivement sa grosse aiguille de bois au travers des fils tendus de son métier à tisser. Zip, zoup. Aller, retour.
&quot; C'est moi qui fait le dessin; c'est ma laine&quot;.
&amp;nbsp;
- Comme toutes les grands-mères, elles tricotent. Ici, en plus, elles brodent le tour des foulards que les femmes portent dès qu'elles sont mariées..
Et en plus, elles font ça en chœur, sous les arbres, au bord de la route…
&amp;nbsp;
-Ils caracolent, avec leurs carrioles. A demi endormis, les enfants emmitouflés ont l'habitude du cliquetis de leurs sabots et du tintement de leurs sonnettes. Ils clignent d'un œil, le temps d'une photo.
Normal ce silence ?
&amp;nbsp;
- Elles sont belles dans leurs pantalons bariolés et leurs foulards fleuris, les ramasseuses de coton. Un sac de toile est pendu à leur taille. Le porteur le leur vide régulièrement. A ma vue, elle quitte l'intérieur du champ et vient à ma rencontre.
&quot; Quelques sous contre une photo ? &quot;
Pas le temps. Le contremaître la rappelle durement.
&amp;nbsp;
- Elles lisaient pour moi le Coran, en arabe. Visage grave et appliqué dans la couleur du soir.
&amp;nbsp;
- Les petites sœurs d'Efes/Meryemana avaient cet air serein de la certitude.
&amp;nbsp;
- Un trottoir, un hôtel. Dehors, on fume le narguilé 
&amp;nbsp;
- Ils étaient si contents de m'accueillir. Police et Mairie, un jour de fête nationale alors que personne, en général, n'est disponible.
&amp;nbsp;
- Elle a le visage de la mère épanouie. Son enfant à l'arrière sur son dos dort du sommeil du Juste…
De l'autre côté du buffet, un vieux, œil coquin et satisfait, m'a sorti une bouteille de bière… de dessous la table !
&quot; Cela vous tente ? &quot; ; &quot; oh ! musulman, vous ?&quot;
&quot; Oui, mais…&quot;
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;
C.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; TURQUIE NATURE.
&amp;nbsp;
- Une succession de raidillons au bout desquels des plats caillouteux piquetés de chênes et d'épineux. (vers Kas)
&amp;nbsp;
- Engorgé de limon, le &amp;nbsp;Demre que j'enjambe n'avance même plus vers la mer. Ses eaux captées en amont alimentent des km² de serres. (Demre)
&amp;nbsp;
- La montagne s'est drapée de noir. (Finike) (Rocher)
&amp;nbsp;
- D'au dessus de la Crête, je salue une dernière fois la Turquie et, déjà, embrasse du regard l'Orient. Demain j'y poserai le pied. (vers Gelibolu)
&amp;nbsp;
-Le ciel ensanglanté au-dessus de la péninsule signe la fin de mon parcours; dernier regard vers l'Occident. (Canakkale)
&amp;nbsp;
- Déluge et brouillard. La route serpente entre les pins à la recherche de la baie mais elle, timide, s'est dissimulée derrière une mantille humide.
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- Les oliviers ou les hommes sont montés à l'assaut de la montagne. (Dikili)
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- Quels sont ces énormes monstres qui font le dos rond (Golfe de Çandarli)
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- Les villages rues conduisent tout droit aux champs de coton. Quelques cubes empilés blanchis à la chaux, quelques toits hérissés de piliers. L'ouvrage ressemble à une sorcière en vol. (Yenikent)
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- Qu'ont-ils fait de la Terre que je leur ai confiée ? Les immeubles ont remplacé sa forêt. Elle a pris des teintes d'arc-en-ciel en plastique. Elle ne peut plus respirer. (vers Izmir)
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- Une courette de terre jaunie, une maisonnette toute basse qui se fait si petite et si humble qu'on doit se replier pour en franchir le seuil. A l'intérieur, elle est paix et bonheur, habillée de bleu, rouge et or. (Karaköy)
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- Elle s'est raccrochée au dernier arbre, juste avant de tomber dans l'oubli, la cabane du berger. (vers Mugla)
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- Elle vient leur lécher les pieds comme une maîtresse docile : les barques des pêcheurs dorment sur une mer tranquille. (Aydincik)
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- Des carreaux en terre, une terrasse recouverte de terre et de cailloux… c'est le début de la maison sophistiquée, après la grotte ! (après Tascucu)
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- Paysage à la &quot;Gapençaise&quot; (Hautes-Alpes, France) : la montagne s'ouvre sur la vallée qui déborde de pépinières, puis au loin, tranche de rouge, le blanc du Sülüklu. (Ortaga-Göcek)
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-Cela respire l'embonpoint = palmiers à gogo, maisons &quot;élaborées&quot; qui prouvent que les plantations de clémentines portent leurs fruits… (après Ula)
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-Sous les chênes, les ramasseurs de champignons se glissent, furtives, s'ils ne traînaient pas leur grand sac blanc derrière eux, je les aurais pris pour des voleurs. (Kumlumka)
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- Les hérons pataugent au fond de la lagune. Dans la cabane des petits nains sur pilotis, elle, vacille encore une lame lumineuse. Le pêcheur compte-t-il ses prises ? (vers Finike)
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- La mer a soupiré puis s'est retirée. La terre a respiré, puis suspendue à son souffle, elle a égrené ici et là quelques cônes de verdure rompant la perspective du delta. Tumulus ? (De Mersin à Ceynan, delta du Ceynan)
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- 40 km sauvages ! les maisons à peine posées sur le sol ou enfouies dans un repli de la colline; la forêt leur sert de cache-nez quand le vent trop indécis virevolte tout autour. Parfois, la côte lui ouvre une porte de sortie et il s'enfuit, vaincu. (Hacishakli)
&amp;nbsp;
- Sur la gauche, une masse impressionnante domine la plaine; dans la nuit naissante, les armées se heurtaient à ce monstre imprenable. (Toprakkale)
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- Le matin se mire dans les flaques d'eau. (Iskenderun)
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- La ville s'échappe de chaque côté de l'Oronte (Antakya)
&amp;nbsp;
- Les palabres sont terminées ! la montagne meurtrie a tourné le dos.&amp;nbsp; ( ???)
&amp;nbsp;
- Les moutons, les chèvres et même les vaches, parfois au bout de leur piquet, paissent là où 4 brins d'herbe ont surgi. Sont-ils à la fête au milieu des épineux, des joncs desséchés par l'été ?
&amp;nbsp;
- Montagne et mer. Il y a comme un air d'Alpes égarées dans une nature malmenée.
&amp;nbsp;
- Elles m'enveloppent de leur délicate fraîcheur. Certains matins sont des trésors de tendresse (avant Kemer)
&amp;nbsp;
- Grâces naturelles. La neige du Karamanbeyli éclaire ma route de solitaire. Non, pas tout à fait: u petit chien va m'accompagner. Par crainte d'un accident, je lui ai interdit de me suivre. Penaud, il a&amp;nbsp; s'est posé sur son postérieur, comme dans l'attente de quelqu'un qui l'aime.
&amp;nbsp;
- Les fauvettes jouent à la marelle d'un caillou à l'autre; les pintades, les acrobates sur les rochers.
&amp;nbsp;
&amp;nbsp;De la lande &quot;hostile&quot; ils ont fait un paradis touristique ! A qui profite le crime ?
On est passé d'un ghetto à l'autre. Les ouvriers acharnés, parqués pendant des mois pour sortir les équipements ont cédé leur place aux vacanciers fortunés qui n'iront jamais plus loin que l'autre côté de la Nationale. Et ne connaîtront pas la Turquie. J'ai surpris des joggeuses en tenue si légère que j'en étais honteuse pour moi-même. Inconscientes et irrespectueuses.
&amp;nbsp;
Suite sur prochain article.&amp;nbsp;
&amp;nbsp;</description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/84966/</link>
</item>

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<title>La Turquie (Suite 4)</title>
<description>Je me souviens de……
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Des collectivités, vecteurs de contacts.
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Des collectivités qui se sont si souvent mises à ma disposition, jusqu'à solliciter les hôteliers eux-mêmes assez généreux pour m'accueillir. Souvent, les mairies, en deux temps, trois mouvements, m'ont ouvert l'accès à leurs installations et, parfois, même commander un plateau repas.
Je me retrouvais la plupart du temps face à la mer, dans les lieux réservés à leurs hôtes privés. Cela pouvait être le bungalow d'un camping municipal, un hôtel, la maison d'hôtes, l'appartement des profs d'une école.
Les services de la police ont agi comme intermédiaires auprès des mairies quand il n'y avait pas d'accueil de nuit attenant à leur bâtiment, ou bien m'ont logée à l'hôtel.
La gendarmerie à laquelle je me suis adressée en campagne m'a, systématiquement, offert l'hôtel quand il n'y avait pas de mairie proche ou conduite chez des gens de leur connaissance.
C'est ainsi que j'ai fait la connaissance d'un jeune Français à la double nationalité (turque) revenu travailler chez son père. Ou d'une Hollandaise restauratrice dans un complexe touristique et qui m'a accueillie chez elle. 
Ou encore d'un diplômé de haut vol Turc qui a préféré se consacrer à la protection de l'environnement de son secteur. Marin pêcheur, directeur de la coopérative locale, il m'a décrit sa fierté d'avoir obtenu que &quot;SA&quot; côte soit classée.
Entre autres….car j'ai marché pratiquement 2 mois en Turquie…
Et, je n'ai jamais dormi dehors !
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Il y a toutes ces rencontres et celles qui sont :

Les grâces du chemin :
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1.MERYEMANA (la maison de Marie, mère)
Jusqu'au Sud d'Izmir, à la réponse de : &quot;pourquoi tu marches&amp;nbsp; ? &quot; – &quot; parce que je suis Hadji &quot; , chacun de mes interlocuteurs se connectait à Efes-Selçuk. Certains d'entre eux étaient montés là-haut et me décrivaient les lieux tout en précisant : &quot; oui, mais moi j'y suis allé en voiture &quot;.
Ce lieu de pèlerinage est commun aux musulmans et aux chrétiens qui vénèrent la mère du Christ. La petite maison est devenue église et aurait abrité la fin de vie de la vierge. Elle a curieusement été retrouvée sur les descriptions d'une stigmatisée allemande , pratiquement illettrée, qui ne s'est jamais déplacée hors de son village natal et de son couvent… mais qui a eu des visions du lieu où Marie s'est mise à l'abri des premières persécutions, amenée par Jean l'apôtre – bien aimé – du Christ.
L'on s'échappe du site touristique d' Efes avec tout ce que ça comporte de boutiques et de cars, pour emprunter une toute petite route qui nous conduit à celle permettant, lacet après lacet, d'accéder à une jolie clairière. Passé – là aussi – un îlot de touristes faisant commerce de tout (la municipalité, propriétaire des lieux, y trouve son compte). On débouche sur le sanctuaire baigné de Paix et de lumière. Cela n'a pas beaucoup changé depuis deux millénaires. La maisonnette de pierres sèches est appuyée sur un repli du sol. Frêle et gracieuse dans ses voiles, Marie devait – cruche sur l'épaule – aller puiser l'eau de la source toute proche. A l'extérieur, un mur où je me pose, pensive. C'est la deuxième maison de Marie sur mon chemin. La première, c'était en Italie, à Loretto, où j'étais arrivée par hasard. Les croisés l'avaient dépecée avant de la ramener de Palestine et de l'y reconstruire. La troisième, ce sera quand ? Mon voyage prend quelquefois des allures bibliques. Comme si je devais laisser du temps au temps de réflexion qui est el mien en ce moment.
Le Père supérieur de la communauté franciscaine, gardienne du lieu, se penche vers moi : &quot; D'où venez-vous ? &quot; – &quot; De France &quot;. Après quelques questions. &quot; Voulez-vous dormir ici ? &quot; Flash ! Les surveillants, à l'entrée de la clairière, avaient regardé leur montre en me voyant arriver. &quot; Il est tard. Où allez-vous dormir ? &quot;&amp;nbsp; A mon haussement d'épaules signifiant : je ne sais pas, ils ont répondu : &quot; Inch Allah &quot; et m'ont laissé passer.
Mon chemin est ainsi fait depuis des mois. Je ne m'inquiète plus de rien. Non par insouciance … mais pour laisser l'esprit et le cœur se fondre dans la prière. La question du prêtre, à défaut de m'étonner, me confirme la nécessité de remercier, de rendre grâce. Car, je reçois sans demander.
&quot; Il y a de quoi dormir. Nous avons ici aussi une petite communauté de 3 religieuses, juste à côté; je vais les informer. Elles pourront certainement vous recevoir. Dix minutes plus tard, la sœur de Philadelphie m'installe. Une chambrette, pignon sur la forêt. Au loin, dans le fond de la baie, le petit port d'où St Jean et les apôtres repartaient en mission après avoir rendu visite à la Vierge. Ce revers de montagne incite à la méditation. Sur le versant boisé et abrupt, Marie se souvenait de la passion de son Fils se rendant au Calvaire.
Les sœurs n'ont pas grand-chose, disent-elles, mais tiennent à partager leur dîner avec moi… et moi à prier avec elles dans leur minuscule chapelle.
Le lendemain matin, après la messe, quelques photos (perdues aussi, hélas) pour fixer les instants précieux. Les visages épanouis vous l'affirment : &quot; Quelle grâce de vivre ici ! &quot;
L'un des pères franciscains n'hésite pas à me ranger dans la catégorie : &quot; les folles de Dieu &quot;.
&quot; Pourquoi&amp;nbsp; ? &quot;, fis-je, crédule.
&quot; Vous êtes une femme, seule, c'est dangereux ! &quot;
A-t-il expérimenté la Providence, lui ?
Je ne peux que le rassurer d'un : &quot; Je ne suis pas une aventurière, ne fais pas n'importe quoi. On dit d'ailleurs : aide-toi et le ciel t'aidera &quot;.
Mais je vois bien qu'il me prend pour une loufoque… Pourtant, il a dû en voir passer, ici, des pèlerins.
Ceux-là qui montent en autobus, justement un groupe de France, diffèrent mon départ d'une heure. Ils me font signe d'assister à la messe avec eux. &quot; C'est en français &quot;, insiste la sœur américaine. A l'issue de celle-ci, une dame vient vers moi. &quot; Merci d'être restée prier avec nous. Je prierai pour vous et soyez sûre que je ne vous oublierai pas…&quot;
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2. Le Jardin de la Tolérance.
&quot; Par là, impossible, il n'y a pas de route &quot;.
&quot; Ah ! par ici, oui, c'est sauvage mais vous allez vous perdre &quot;. Comment me perdre en suivant le bord de mer ? Tant qu'elle est à ma droite, je suis dans le bon sens… Un germanophone me précise : &quot; suivez l côte, vous allez trouver un restaurant. Il y a une barque qui vous fait passer le bras de l' Aksa &quot;.
Ainsi, je me suis hasardée au milieu des constructions d'hôtels, palaces, résidences. Un immense chantier où la boue retient vos chaussures, où les engins mugissent et où les hommes risquent leur peau, car sans protections en cas d'accident… L'un des habitués me 'défie' d'aller plus loin. Je le brave. Le passeur est là. Et ses amis de la péniche, de l'autre côté, voudront m'offrir le thé et le repas.
Il me faut mettre de côté mes principes d'hygiène car les équipements sont sommaires. Mais, par moment, ce serait &quot;pécher&quot; car blesser, que de refuser….
Après une heure de pause, je dois tout de même poursuivre, car je suis au fond du delta et il n'ya guère âme qui vive ici.
&quot; Passez par là, c'est tout droit, vers Belek &quot;. A l'Ouest, Belek, c'est le pendant de Beldibi, au Sud d'Antalya où des kilomètres de lagunes sont dévoués au tourisme de luxe.
Pendant un temps, le sentier reste tracé dans les dunes, ponctué de drôles de cabanes dont il ne reste que les bras décharnés de la charpente et la coiffe déchiquetée, avachie, décolorée ; l'automne a dévoré l'été.
Les pins se densifient, ne me donnent plus le choix. Je dois pénétrer la forêt recouvrant les dunes. Ils m'intimident, ces arbres immenses, plantés en rang d'oignons, seulement animée d'une lumière rare et de quelques aboiements. D'une maison de garde chasse sort un homme en treillis.
&quot; Belek, c'est par ici ? &quot; Après quelques secondes, interdit sur son pas de porte, scrutant les alentours, il se décide à me répondre, le font plissé et encore incertain de ma nature.
&quot; Prenez plutôt cette petite route, c'est tout droit. Mais il faudra passer un pont&quot;.
De pont, que nenni ! Il faut traverser un puis deux villages. Les murs s'enfoncent dans le sable; les ruelles serpentent. Et les gamins, yeux brillants, tournent autour de mon trolley. 
&quot; Je ne parle pas le turc&quot;. Comme ils insistent, je lâche : &quot;je suis Hadji &quot;.
Ils quémandent un peu d'argent. D'une voix que je veux convaincante, je lance : &quot; tourist, no; Hadji; OK ? Ben Hadji!&quot;
Une voiture me sauvera peut-être des facéties d'une flopée d'enfants un peu trop curieux. Après que j'ai refusé de monter auprès d'elle, la conductrice les a dispersés…
Entre des bout de forêts et des bouts de route, les serres abritent les cultures, prolongeant l'été : tomates, concombres, courgettes…
J'ai quitté la forêt d'arbres pour une forêt de verre et de plastique. Mais…
DE pont, que nenni ! Quand j'interroge, c'est toujours à 1 km: par ici, vous n'êtes pas loin. J'allais faire demi tour. A point nommé, un 4 x 4 dépose deux messieurs en costume et attaché-case. Si étrange dans ce décor !
&quot; Oui, il y a un pont. Suivez-nous &quot;. Le trolley s'embourbe, bien que prenant soin de rouler sur les feuilles de légumes abandonnées à terre. On contourne une, puis deux, puis trois serres. A peine séparées les unes des autres.
Enfin &quot; le pont&quot;. Une armature métallique juchée au dessus d'escaliers à claire-voie qui ne m'inspirent guère confiance. Je fais signe : &quot; merci, mais non &quot;. Les messieurs, le sourire aux lèvres, empoignent ma monture.
&quot; On y passe tous les jours. Il n'y a pas de problème &quot;. Un autre véhicule les attend de l'autre côté. Pour nous extirper de ce demi marécage. &quot; Vous montez ? &quot; – &quot; Normalement, non mais je n'ai pas d'autre choix &quot;.
&quot; Il y a un village à 3 km. Voici notre carte. Si vous voulez venir y manger, vous êtes la bienvenue. C'est un ranch avec restaurant. Je suis allé à Paris deux fois. &quot;
Ainsi, j'ai rejoint le pays civilisé. Il y a comme cela, en Turquie, des milliers de compartiments. Vous franchissez une rue, une vallée, une route et vous êtes au cœur du XXI ème siècle ou au début du précédent. Comment les Turcs, eux-mêmes vivent ces situations si différentes, pensai-je souvent ?
Les enfants vont à l'école où les installations sont modernes, par exemple, et rentrent&amp;nbsp; à la maison, au sol battu, recouvert quelquefois de tapis, l'eau à l'extérieur.
Une Turque m'a répondu : &quot; Il y a différentes vies. Et elles sont bien séparées. Un enfant ne fait pas de distinction. A la maison, c'est ainsi, à l'école c'est comme ça &quot;.
Et quand ils passent devant les palaces ? Que dessinent leurs rêves ? Car ils ont vu leurs pères revenir harassés d'une journée ou d'une semaine de labeur intense, pendant des mois… le temps de les faire sortir de terre.
Tout est prévu pour celui qui vient séjourner. Même la pratique de sa religion.
&quot; Le Jardin de la Tolérance a été créé dans un esprit d'unité &quot; me précise la jeune femme responsable des implantations touristiques. &quot; Au milieu du parc, il y a un temple, une mosquée, une église. Nous recevons des vacanciers de toute confession, d'où l'idée de leur faciliter l'exercice de leur foi dans un lieu unique, les invitant à la Paix entre eux &quot;.
Je suis arrivée là, encore par hasard, et au croisement d'une route. J'allais m'engager sur l'autre chaussée lorsque j'ai d'abord été attirée par une immense croix sur un toit puis par un panneau : &quot; Garden of tolerance &quot;.
Je marchais pour ma paix intérieure. Depuis que je suis en Turquie, je marche pour la paix entre les peuples… Elle passera par la paix ou, au minimum, par la tolérance entre les religions…Car chacun invoque Son Dieu, pour défendre sa terre, avant de vivre sa foi.
Cette initiative m'a paru si heureuse que je me suis risquée à demander asile pour la nuit. Mon voyage raconté, mon interlocutrice me prie d'accepter l'invitation du groupe et me fait conduire au village (Belek).
Le lendemain, nous aurons encore un entretien et après la prière du vendredi – la plus conséquente pour l'Islam – l'imam me décrira son travail d'information, les rites de prière et leur signification, et ses études de théologie à Ankara. Nous partageons le repas et nous nous quittons, convaincus que la paix n'est pas seulement tolérance mais aussi dialogue et rencontre. Car, &quot; Quand on s'ignore, on se fait peur. Et, si on a peur, on se fait la guerre ! &quot;
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3. ANTIOCHE (Antakya).
C'est l'une des dernières étapes. Alors que je prévois de repartir le surlendemain, le père étonné me propose : &quot; Pourquoi déjà ? Vous pouvez rester pour Noël ; c'est bientôt et la chambre est libre &quot;.
&quot; Je ne veux pas abuser de votre hospitalité &quot;.
&quot; C'est comme vous voulez : mais cela me fait aussi plaisir que ce soit habité de ce côté ci. Quand je passe la porte, je sais qu'il y a vie. Et puis, quand j'accueille les pèlerins, je ne les presse jamais de repartir &quot;.
Comment résister ? Le petit monastère auquel est attaché une église est un havre de paix. A la manière de Saint Paul, on est dans le monde, sans être &quot;du&quot; monde.
Derrière l'ensemble des bâtiments&amp;nbsp; se &quot;tient le mur&quot; avec une petite mosquée très ancienne et n'est pas trè loin du temple. Ici encore, on parle de &quot; rencontre '.
Noël est fêté le même jour chez les orthodoxes et les catholiques d'Antioche. Par souci d'œcuménisme.
C'es samedi. La messe dominicale sera célébrée comme un repas : l'autel siège en plein centre de la petite église du couvent ; décorée comme une table de fête, de fleurs fraîches et de verdure. Les enfants l'entourent au plus près. Ne sont-ils pas les premiers invités selon l'Evangile que le Père va leur demander d'expliquer ?
De même, il seront sollicités au moment de la prière communautaire où chacun exprime ses intentions.
Il ne s'agissait pas d'une &quot;cérémonie&quot; à proprement parler. Devant mes yeux était une communauté avec des convictions comme au début de l'Eglise dont l'histoire a retenu celle d'Antioche comme étant la première de la chrétienté.*Le &quot;Credo&quot; affirmant la foi des croyants est si saisissant dans la langue turque qu'il est impossible d'échapper à une telle densité, une telle certitude.
Quand les chants accompagnés de guitare et tambourin se sont élevés, je n'avais plus d'autre choix que de laisser mon âme les rejoindre, à défaut de ma voix.
S'il ne s'agissait des affaires de Dieu, je dirais que j'étais envoûtée. Alors, j'y ajoute : de bonheur ! Car, à ce moment là, j'ai réalisé que ma prière dans la mosquée souffrait d'un manque de support. C'était comme si le seul face à face avec mon Créateur fut-ce, à travers les psaumes de David, tout à coup, m' insuffisait. Nos communautés chrétiennes prient aussi ensemble et à haute voix. Et, par-dessus tout, ont un médiateur de choix : le Christ, qui en étant notre égal dans notre humanité nous a rendu notre Dieu plus proche.
Cette prise de conscience se révèle peu anodine là, précisément où Saint Pierre annonçait &quot;la Bonne Nouvelle&quot;. Une grotte, un peu à l'extérieur d'Antioche, abritait les premiers chrétiens qui y recevaient son enseignement. La célébration de la naissance du Christ, ici, marque mon retour aux sources de la Foi dans laquelle j'ai été baignée, dès ma naissance, par mes parents.
Aujourd'hui, c'est moi qui fait ce choix.
Demain, au bout du chemin, elle sera mienne.
A l'église d'Antioche, il y aussi M.G. : une jeune femme, posée là, finalement. Son métier de journaliste lui a fait parcourir le monde. Elle a trouvé ici comment épanouir sa vie spirituelle. : une antenne CARITAS, entre autres activités, de catéchiste, notamment. Avec son amie toute proche, j'ai pu visiter les restes du Monastère de Saint Siméon le Jeune…imitant l'Ancien. En haut d'une stèle &quot; pour y être plus proche de Dieu&quot;, il prêchait quand il n'y priait ou ne jeûnait pas. Cela a duré une quarantaine d'années.
Au bout de cette terre d'Islam, qui m'a si chaleureusement &quot;voulue&quot; dans ses foyers, que penser lorsqu'une musulmane convertie m'affirme : &quot; J'ai découvert un Dieu Père et Amour. L' Evangile du Christ propose une vie d'Amour&quot;. C'est pourquoi j'ai demandé le baptême.
Mes interrogations s'effacent. Ainsi, j'avais ce cadeau au fond de moi et je ne le savais pas !
&amp;nbsp;
Voilà pour les rencontres.
Il y a d'autres flashs. Ils prendraient leur sens dans le contexte d'une description. Mais ils me rassurent en même temps : je n'ai pas oublié ceux-là non plus. Mon chemin, c'est comme un collier de pierres précieuses : l'une resplendit par rapport à sa voisine. Sa teinte, sa forme est différente. Elle est incomparable.
Comme nous, d'ailleurs, nombreux mais uniques.
&quot; Quel pays, quel peuple, quelle ville, préférez-vous ? &quot;
Je n'ai pas de préférence au sens strict du terme. J'ai apprécié, j'ai admiré, j'ai aimé. Chaque fois, dans le contexte. Les comparaisons sont vaines et injustes. A Lui, à vous, je dis seulement &quot; merci &quot; de m'avoir dit &quot; oui &quot;.
</description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/83643/</link>
</item>

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<title>La Turquie (Suite 3)</title>
<description>Je me souviens de……
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De ces moments inattendus,qui arrivent au bout de la confiance et de l'abandon.
&amp;nbsp;
1. J'ai précipité mes pas dans l'obscurité, après m'être délectée sur une route un peu moins bousculée. Deux motards s'arrêtent, me réclament mes papiers. Quand je m'informe de la prochaine étape, ils répondent : &quot; Là, sur l'autoroute, il y a une station essence, vous pourrez y dormir. Avant, pas de village…&quot;
Un calcul mental rapide après avoir redépliée ma carte m'avise mieux que ces deux là. Ils avaient l'air pressés de rentrer au bercail. Je suivais l'autoroute parallèle pendant 10 km pour aller jusqu'à sa sortie, à peu près autant pour revenir jusqu'à la station. Décidément, ceux qui circulent en engin à moteur n'ont ni la notion des distances, ni du temps nécessaire au marcheur… ni de la sécurité.
Le village est en effet à 10 km, mais en retrait de 3 km supplémentaires à ma trajectoire. On acquiert des réflexes. Sortie d'autoroute, donc station essence très probable… Les chiens sont les pires ennemis dans la nuit qui me lorgne. Ils aboient parfois et surgissent toujours derrière vous. Celui-là sera plus surpris que moi. La pierre que je lui ai lancée à côté des pattes l'a fait détaler plus vite que prévu… Je poursuis un point rouge sur ce qui devrait être l'horizon.
Une voiture e police fait le plein. J'accélère assez pour la héler juste avant, qu'elle aussi, ne détale. Assurés de n'être pas en face d'une vagabonde, les deux policiers sollicitent les jeunes pompistes.
Gentiment, ceux-ci m'installent des plaques de polystyrène sur le sol : &quot;voilà, nous, on veille toute la nuit. Ici, vous ne craignez rien &quot;. Coincée entre le mur et le frigo, l'évier au dessus de mes pieds, je m'apprête à récupérer un peu de mes 40 km.
Mais j'ai la bonne idée d'aller manger une salade en face. Le restaurateur loue les lieux du propriétaire des stations qui bordent cette route. Nous bavardons un peu, puis il s'inquiète : &quot; mais où dormez-vous ce soir ? &quot;
&quot; Là, de l'autre côté &quot;.
&quot; Mais où ? Il n'y a rien &quot;.
&quot; Non, mais par terre &quot; et d'expliquer comment.
&quot; Venez, je vais vous montrer ma petite chambre; il n'y a pas de problème, ce soir je rentre en ville. Cela sera quand même mieux. En face, ce sont mes copains. Je vais le leur dire &quot;.
L'endroit, en haut d'un petit labyrinthe d'escaliers et de fausses terrasses, s'ouvre sur des coussins et des tapis comme j'en ai vu des quantités : colorés et tissés main. Mon trolley fait des cabrioles en montant et redescendant à l'aube. Peu m'importe. La nuit fut réparatrice et je fus sous bonne garde. Partout en Turquie, les entreprises sont surveillées la nuit.
Deux heures plus tard, en sens inverse, le jeune homme qui va prendre son service klaxonne et s'arrête. Je peux le remercier de vive voix.
&quot; Vous serez partie demain ? &quot;
&quot; Oui, un hadji, ça marche tous les jours… mais pourquoi ? &quot;
&quot; Je vous aurais accompagnée à Meryemana. Cela grimpe, vous savez ? &quot;
Gentillesse, spontanéité, hospitalité… Voilà avec quoi la Turquie accueille. Et ce ne sont pas des vains mots.
&amp;nbsp;
2. Si je ne m'arrête pas ici, la longue côte boisée ne m'offrira plus rien..
Des hommes et des femmes m'observent depuis l'arrêt de bus ou de derrière leurs fenêtres. Quel est cet étrange engin derrière elle ? Il faut dire que, en raison de l'humidité ambiante, j'ai endossé ma grande cape. Du coup, mon équipage à demi dissimulé inquiète : comment ça tient ?
Ce matin là, j'ai l'impression d'avoir changé de pays. Mes salutations ne sont pas reçues avec le même empressement d'y répondre. Fais-je peur ? Y compris à cet homme qui, pourtant, d'un signe, m'invite à approcher de son restaurant. Ma demande à peine voilée ne donne aucun écho. Et ce ne sont pas les enfants qui tournent autour de moi qui les encouragent. D'un : &quot; bonsoir, je dois marcher plus loin, sinon il va faire nuit &quot;, je salue la compagnie. Il ne me retient guère sauf de lâcher : &quot; Il y a une mosquée par là &quot;. 
&quot; Ah ! et où ?&quot;
&quot; A 4 km, c'est par là &quot;.
&quot;Merci, mais j'en viens &quot;.
Cent mètres plus haut, deux hommes sur le pas de leur porte attendent les clients… Je ressens alors comme un appel du pied… et ose mon sésame : &quot; je suis Hadji &quot;. Après quelques secondes de consultation, ils me montrent une salle qui n'a pas encore été aménagée pour la restauration. Le plus jeune des deux monte à l'étage pour recueillir l'accord de sa famille.
Puis, nous discutons un peu. Il est fiancé et, au printemps prochain, ses noces seront célébrées. Ils travaillent tous les deux ici ensemble, dans cet établissement tout neuf. Il ne voudra pas que je règle l'addition. &quot; Non, vous êtes chez moi ici et je suis heureux de bavarder avec vous.&quot;. Cela, au nez et à la barbe du Monsieur précédent venu aux nouvelles. Du regard, il m'avait suivie comme je tardais à ressortir de l'immeuble, sa curiosité trop insupportable l'avait poussé jusqu'ici. Sa tête dodeline; son menton hoche; ses mains trahissent ses questions à mon hôte. &quot; Tu ne la connais pas. Elle logera ici ? Elle nous avait demandé &quot;.
Sa crainte n'aura aucun effet sur l'autre et il rentrera bredouille tandis que le futur jeune marié me souhaite une bonne nuit et bon voyage….. Ses clients sont arrivés.
&amp;nbsp;
3. La Turquie, c'est déjà l' Europe.
Les capitaux étrangers ont déjà Sali la côte. : des milliers d'immeubles et leurs nuisances la rende étrangère aux tucs eux-mêmes. La nature rose devient grise. La population gaie devient triste et âpre au gain. La liberté devient prison : de derrière les hauts murs des palaces et des résidences, on ne sait plus où est le ghetto ! Ceux qu'on éloigne d'ici ou ceux qu'on fait venir ici ?
C'est la seule grande ville, belle à croquer, palmiers exhibés, ruines relevées, qui m'évitera, qui m'éconduira, même. Le poli : &quot; il n'y a rien ici &quot; de la secrétaire filtrant les intrus après le sas de la mairie est sans appel. Je dois redescendre les quatre marches montées en dépit des agents dits de sécurité…
La police dévouée aura – c'est sûr – une idée – frondai-je. Je déambule entre les belles voitures dont l'avenue se charge en cette fin de journée ensoleillée. Les services de police doivent être sur les dents, pensai-je !
Cendriers archi-pleins, mouvements rapides entre salles, tasses de thé valsant du bureau au gosier, téléphones portables et fixes stridents ou chantants, nerveusement décrochés…
C'es tout juste si on fait attention à moi. Ah si ! sauf le grand patron. Un officier ouvre béante la porte de son bureau salon (table de ministre, fauteuils bateaux, table basse métal et verre fumé). &quot; Notre patron voudrait vous recevoir &quot;.
Celui-ci, rondouillard, assouvi t sa curiosité en me posant les questions habituelles et en vérifiant (mon âge) mon passeport &quot; C'est incroyable, félicitations ! &quot;J'ai cru momentanément à son réel intérêt pour mon voyage quand il m'a demandé ce que j'attendais de lui. &quot; Il n'y a rien ici. Rien n'est prévu. C'est dommage &quot;.
Son subalterne sauve la face. &quot; Il y a l' église. Je peux téléphoner &quot; . &quot; C'est ça, c'est ça. Sinon, il n'y a rien &quot;. Et de lever le camp, me serrer la main et me souhaiter bonne chance en rouvrant la porte et me faisant ressortir. Le policier tentera ma chance pour rien.
Après 2 heures qui me laissent l'illusion qu'on cherche quelque chose, je suis poliment priée de quitter les lieux. Comme dehors, il fait nuit, j'insiste pour être gardée à l'intérieur. &quot; Non, ce n'est pas prévu. Vous devez partir &quot;. Un peu colère, je l'avoue, je leur dis qu'ils sont les seuls de toute la Turquie parcourue à me jeter ainsi. Pour ceux-ci, le règlement c'est le règlement. J'avance donc vers l'intérieur de la ville après avoir encore frappé à une mosquée. Mais l'imam n'est pas là. Un vieux monsieur voudra bien me mettre à l'abri et me prêter sa couche au dessus de son magasin de 4 m², mais je n'ai envie, ni de l'en priver ni de rester seule avec lui. Car, celui-ci vit et travaille sur le même lieu. C'est alors que, deux heures plus tard, je surprends en banlieue une autre mosquée encore allumée. Des hommes sont en train d'en sortir. En me voyant, l'un d'entre eux, vient vers moi et me demande en anglais : &quot; Qui êtes-vous ? Avez-vous besoin d'aide ? &quot; 
Les téléphones portables vont bon train. En dix minutes, l'un me propose: &quot; Venez avec moi, j'ai une voiture pour porter votre trolley. Nous allons vous ramener en ville. L'un de nos amis va vous héberger dans son hôtel &quot;. Quel soulagement ! La journée a été si longue. Levée à 4 heures, il est déjà 21 heures…. Je n'avais pas mangé grand-chose non plus…. Et je fus mise devant une assiette dont rêvent tous les coureurs de fond.&amp;nbsp; &quot; Vous êtes notre invitée; reposez-vous et priez pour nous &quot;.
Au matin suivant : l'une des surprises qui ont jalonné ma route : je suis en bord de mer sur une côte presque vierge. J'y verrai même les seuls joggeurs de toute la Turquie.
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4. La montagne aux drôles de chimpanzés.
De loin, mon imagination, bien sûr, travaillait les formes (des pierres). J'ai un peu traîné, photographié… Cela grimpe pas mal par là. Et ma carte me joue quelquefois des tours : les kilomètres annoncés ne sont pas les mêmes que sur les panneaux…. U orage m'a poursuivie. Presque toute la journée, sans se décider à passer à l'acte. Mon optimisme imperturbable a fondu net quand deux coups de tonnerre terrifiants ont sonné le glas de mon après-midi bucolique.
D'abord arrosée puis bien trempée, j'ai trouvé refuge dans un tunnel. Cela a duré un bon moment. Dans le courant d'air entre l'entrée et la sortie, j'ai commencé à faire sécher ma cape. Pas de voitures par un temps pareil. Tant mieux car les trous dans la chaussée offrent de belles perspectives : des gerbes d'eau projetées vers vous, capables de vous glacer jusqu'à l'os. L'orage dure et je commence à grelotter.
Un détaillant en vin, dans une petite camionnette, s'arrête 50 mètres après la sortie du tunnel, fait marche arrière, ouvre sa portière et crie : &quot; Qu'est-ce que vous faites ici dans la montagne ? Une femme toute seule par un temps pareil &quot;. Il se rapproche et insiste : &quot; Venez, vous ne pouvez pas rester ici. La ville est encore loin et vous n'arriverez pas avant la nuit. En plus, ici, c'est dangereux avec l'orage. Il n'y a rien &quot;.
J'hésite : &quot; je veux marcher, je suis hadji &quot;.
Et lui insiste : &quot; C'est stupide. Vous voulez vraiment arriver là bas ? Alors, montez votre trolley &quot;.
Re calcul mental… En effet, qu'est-ce qui serait stupide ? Que je craque ou que je fasse 10 km en voiture ?
Quand j'ai vu le ruban d'asphalte se délier devant nous avec des pentes à 18 ou 20%, j'ai compris quelle aurait été ma stupidité ! Les montagnes russes, en général, n'usent pas que mes semelles, mais aussi mon énergie. Le monsieur m'a conduite jusque devant la mairie : &quot; au moins ici vous serez en sécurité &quot;.
Encore dégoulinante, n'osant pas marcher plus loin que le tapis d'entrée, j'explique en langage déchiqueté – car je suis gelée – qui je suis et ce que je fais. Aussitôt, une attachée administrative arrive et m'invite. &quot; Buvez d'abord ce thé. Ensuite, nous vous conduirons à notre maison d'hôtes&quot;.
Auparavant, quelques photos seront prises pour leurs annales par l'homme préposé à ce job…
La maison d'hôtes est magnifique, construite tout en haut de la ville, à l'orée des installations scolaires et du restaurant municipal. C'est mieux qu'un hôtel 3 étoiles.
A chaque fois que je suis reçue dans un lieu similaire, je prends soin d'expliquer à mes hôtes qu'en ma qualité de Hadji, le plus important est d'avoir un toit pour bien dormir et repartir reposé le lendemain.
&quot; En conséquence, j'utilise mon propre matériel et je tiens à ce qu'il n'y ait pas de frais supplémentaires pour le fonctionnement de votre maison à cause de ma présence &quot;. Alors, je déplace délicatement le linge de literie et de toilette et remets tout en place à l'identique avant mon départ.
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<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/83639/</link>
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<title>La Turquie (Suite 2)</title>
<description>Je me souviens de……
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De ceux qui se mettent en quatre pour moi.
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1. Du côté de Cine, sur la côte Ouest, un chef de la police a vite expédié ma demande de logement. Il me laisse dans les bras de ses subordonnés après m'avoir, du menton, montré mon logis de la nuit : &quot;là, devant le poste de police, sur le banc, vous ne craignez rien ! &quot; Puis, me saluant d'un &quot;bon voyage&quot;, il s'engouffra dans sa voiture. Ses enfants l'y attendaient… On peut comprendre sa hâte.
Ses hommes, sur le pas de la porte, se concertent. Ces bons musulmans ne supportent pas l'idée de me voir déplier mon campement dans les premiers froids de novembre… Il y a bien le salon de la police mais le règlement l'interdit. Alors, nous allons sillonner la ville. A la mairie, une seule salle, enfumée avec va et vient d'employés municipaux de nuit et de fauteuils délabrés. Dans un hôtel foyer, pas de place. Dans un hôtel d'étudiants, je suis hissée au sommet de l'immeuble par un escalier boyau. Foule, bruit, distribution de pâtes… et fermeture à 24 heures. Un jeune me propose de partager ses 2 m² de chambre… Un poing sur la poitrine, je le remercie d'avoir le cœur sur la main.
&quot; Hélas, je dois absolument dormir quelques heures avant de repartir… Dans le bruit et la promiscuité, je récupère difficilement, pardonnez-moi; mais merci, merci vraiment &quot;.
Les policiers, charmants, se consultent encore une fois.
&quot; Là, vous ne craignez rien. Vous êtes l'invitée de l'hôtel et de la police &quot;. Un jeune homme empoigne mon trolley et, quasiment avant d'avoir eu le temps de prendre l'adresse de ces hommes généreux, le van redémarre.
&quot; Hé, hé ! Où puis-je vous écrire ? Je vous dirai si tout s'est bien passé et vous enverrai une carte postale. Pour vous remercier surtout… car, sans votre aide, je ne peux rien faire &quot;.
&quot; Inch Allah, priez pour nous &quot;.
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2. J'ai fait le tour des églises dans cette ville tentaculaire. Mais rien n'est vraiment prévu pour le pèlerin. Je suis tout de même triste lorsque reçue comme un chien dans un jeu de quilles. Pas tant pour moi. Mais parce que j'avais été conduite là par un musulman, plus persuadé que moi que ce serait possible d'y dormir.
Dans leur Coran, il est écrit qu'ils doivent venir en aide aux gens dans le besoin. A ceux de leur communauté, en tout cas. Mais les centaines de kilomètres déjà parcourus ici me démontrent que les turcs débordent largement le cadre de leur groupe. Je suis donc triste et pas très fière lorsque celui-ci me dit en allemand : &quot; Tu as vu, tu lui as dit que tu avais fait tout ce voyage à pied depuis Paris et il ne t'a même pas offert une chaise &quot;.
&quot; Ils sont en travaux &quot; ai-je répondu, penaude, &quot;tout est sale et ils n'ont rein de disponible &quot;.
Dans le même temps, je mettais en parallèle, non comment je suis reçue, mais comment moi-même je suis disposée face à l'étranger. Je me comparais aux turcs. Du thé, une chaise. Après, on parle. L'invitation à demeurer, comme un cadeau d'Allah, une nuit chez eux, ne tarde pas.
Ce monsieur, la jambe malade a parcouru 3 km avec moi, se renseignant des adresses des églises. Mais après le thé et quelques &quot;simi&quot; (des rondelles de pain gâteau saupoudrées de sésame), je devais le quitter pour investiguer plus loin.
&quot;J&quot;irais bien à Erès avec vous. C'est beau là-bas. Priez pour moi à Meryemana ! &quot;
Pas seulement. Je lui ai envoyé une carte.
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</description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/83638/</link>
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<title>La Turquie (Suite 1)</title>
<description>Je me souviens de……
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De ces belles conversations – Rencontres.
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1. Le Lycée.
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La police a sillonné avec moi la ville pour me trouver un hébergement. Il faut dire que la nuit tombait.
Un photographe d'Efes m'a tenu la jambe pendant trois quarts d'heure… J'ai eu beau accélérer la cadence, le soleil, lui, n'a pas freiné la sienne.
Dernière suggestion de ma part : &quot;Y a-t-il un pensionnat ?&quot; Un coup de volant un peu brutal, 3 km hors agglomération, le lycée de la petite localité se dresse, obscur et flanqué de quelques loupiottes nous évitant de trébucher.
Le Surveillant Général fait demander la Direction. D'une escorte d'élèves, se détache l'un d'eux à l'anglais presque parfait. Il fait les présentations, me fait l'honneur de son lycée, fait office de traducteur. Le Directeur m'amène dans son bureau et m'offre le traditionnel thé.
&quot; Vous serez installée dans&amp;nbsp; l'infirmerie. Cela vous convient ? &quot; Quelle question ! Bien sûr….Un toit me suffit. Et, ce soir là, j'aurai bien plus.
Une vingtaine de jeunes vont se relayer pour me questionner sur ce voyage. D'abord intéressés par les questions d'ordre pratique ( pays, km, repas, logement), ils vont peu à peu m'interroger sur mes impressions : &quot; aimez vous la Turquie, les Turcs ? Qu'est-ce que vous appréciez le plus chez nous ? &quot; Puis, le ton devient grave lorsque la question de la paix est abordée. &quot; L' Occident nous a abandonnés. Les pays arabes ne nous aiment pas. Nous sommes seuls face à cette guerre, au bout de notre pays (Kurdes / Irak). Mais, vous verrez, nous nous en sortirons car nous sommes un peuple fier et courageux ! &quot;
Bien sûr, je n'ai pas d'opinion à émettre car tout ce que nous connaissons en France de ce problème, ce n'est qu'à travers les medias et, peut être une censure. Je ne peux les assurer que de ma prière pour qu'ils trouvent leur voie à travers les difficultés. Quand arrive le sujet : &quot; Et l'Europe ? &quot;, il faut être fin limier. &quot; Votre Président ne nous aime pas. Il ne veut pas de nous. Il a peur des musulmans…&quot; A quoi je rétorque qu'il n'y a qu'un seul M. Sarkozy, qu'il est en place pour 5 ans seulement.. et que nous sommes 60 millions de français dont beaucoup sont musulmans et dont beaucoup ne craignent ni l'Islam ni les Turcs.
Un certain nombre d'entre eux sont d'ailleurs contre l'entrée de leur pays dans la CEE. Ils craignent d'y perdre leur intégrité et leurs traditions. D'autres imaginent l' Europe comme un&amp;nbsp; bouclier&amp;nbsp; contre ceux qui ne les aiment guère ou comme une manne financière salutaire.
Parfois, je partage le même point de vue mais attire leur attention : &quot; Votre pays est riche d'histoire. Vous avez à nous ré enseigner nombre de valeurs qu'en Europe nous avons égarées à cause du modernisme. Nous, nous vivons chacun pour nous. Vous, vous vivez ici, ensemble, dans l'entraide, l'hospitalité, le service. Votre foi est vive et vous priez Allah; nous, nous l'avons mis à côté de nos vies ou carrément de côté. Si vous rentrez dans l' Europe, prenez garde que la haute technologie n'efface de vos mémoires ce qui, à mes yeux, est si beau chez vous. L' Europe est belle car variée, démocratique, diverse, moderne et libre. Mais il y a le revers de la médaille. Parce que nous possédons, nous nous protégeons. Or, si nous nous protégeons derrière nos portails, nos banques, nos codes secrets, c'est que nous avons peur. Si nous commençons à avoir peur, nous ne communiquons plus, nous nous ignorons , nous ne nous aimons plus. Et c'est tout le contraire de ce que je vis chez vous ! Ce serait dommage de perdre tout cela. Pour vous d'abord. Pour nous ensuite.
A ceux qui voudraient entrer dans la CEE, je dis : d'accord, mais sans être belliqueux, soyez forts pour protéger ce que vous avez de noble. Car, l' Europe est une machine énorme qui, parfois ne profite qu'aux plus riches. Les capitaux servent souvent les intérêts. Et ceux-là ne sont pas là où nos dirigeants les imaginent, le plus souvent &quot;.
A ceux qui préfèrent l'indépendance à une tutelle européenne, je confie mon avis : &quot;La perspective d'une adhésion à la CEE a fait progresser votre pays vers la démocratie. Cette machine là aussi est en route et, parce que vous y avez pris goût, vous ne voudrez pas revenir sur vos pas. Les capitaux occidentaux sont déjà chez vous par le biais des usines, des installations touristiques. Vos entreprises peuvent croître à leur rythme. Et vous avez encore le temps de mûrir ce projet ou ce refus européen en devenant assez forts et assez indépendants pour être capables de marquer vos choix sans être avalés par le système. Votre nation est belle. Elle travaille dur. J le vois tous jes jours de mon parcours. Pas un lopin de terre n'est à l'abandon. Des milliers de gens s'activent dans tous les coins. Vous faites mon admiration. Travaillez maintenant à votre indépendance pour pouvoir vous faire entendre demain au Monde qui vous connaîtra et vous reconnaîtra comme un Etat démocratique et en marche. C'est mon vœu pour vous. &quot;
&quot; Et ça avancera d'autant plus vite que notre pays sera en paix. Car la guerre coûte cher. C'est autant d'argent qui n'est pas libéré pour l'éducation de notre jeunesse.&quot;
&quot; Vous avez raison car vous êtes – ce n'est pas un secret – l'avenir de votre pays à qui je souhaite cette paix. Du fond du cœur. &quot;
&quot;Souvenez-vous de nous. Dites en France que nous ne sommes pas un peuple mauvais. On dit tellement de mal de nous.&quot;
&quot;Voyez-vous, la raison – à pied – de mon voyage , vous me la donnez ce soir. En avion, je ne vous aurais pas rencontrés. Je suis très touchée de vos confidences. Et je vous emporterai demain avec moi, dans mon cœur et avec vos rêves et vos espoirs de jeunes.&quot;
&quot; Vous allez vous convertit musulmane ? &quot;
&quot; Allah seul le sait. Pour l'instant, je le rencontre à travers vous. Une religion même si elle est belle, est-elle plus importante que la Foi, finalement ? Mon avis, aujourd'hui, c'est qu'il y a plusieurs routes pour accéder à sa maison. Et, aujourd'hui encore, ma route vers lui, c'est de marcher. Ne priez pas pour que je devienne musulmane&amp;nbsp; mais pour que je reconnaisse ce qu'il attend de moi. Et moi, je prie pour la Paix dans vos familles, votre école, votre pays.&quot;
Le gardien, à 6 heures du matin, a vu passer un OVNI devant sa loge. Arc-bouté sur son bureau, le cendrier n'en peut plus de ses mégots; lui, il n'en peut plus de&amp;nbsp; compter les moutons. De larges cercles &quot;beurre ranci&quot; donnent à son masque des yeux de mort vivant. Il lui a manqué une&amp;nbsp; page. Celle que j'ai vécue la veille au soir. Son livre n'a plus de sens. Pas d'importance, en fait… car il va aller se coucher et déjà oublier cet étrange personnage à deux pattes et deux roues qui lui a filé sous le nez. Sans rien n'y comprendre non plus !
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2. Au Nord de la mer de Marmara.

Il a plu toute la journée et, sur le bord de mer quand le ciel et la terre se joignent les mains, l'humain s'enfonce la tête entre les épaules, se courbe et échappe à toutes les sollicitations. Drapée de ma protection soi-disant imperméable, je lui parais encore plus étrangère. D'un trottoir à l'autre en sautant chaotiquement par-dessus le muret médian de la route, je fais fuir mes informateurs. Je n'ai guère le temps d'ânonner mes quatre mots de turc pour demander où je pouvais dormir, qu'ils se sont déjà évanouis au bout de mon bâton…. Un petit poste de police. Dégoulinante, je ne franchis le seuil que de la tête : &quot; tiens, une femme ! &quot; Avec quelques mots d'anglais elle m'attire vers la mosquée. Dans la courette, une femme sobrement vêtue et deux gamins pieds nus qui, déjà du regard, fouillent mon sac. Un monsieur passe par là. Celui-ci s'exprime en allemand. Nous passons une heure ensemble. D'abord au chaud (tchaï, thé) thé et gâteaux dans la boulangerie d'à côté. Puis il m'entraîne dans une tente installée par la ville : &quot; Ici nous avons distribué vivres et vêtements pendant le Ramadan. Des gens y ont même dormi. Est-ce que ça vous irait ? &quot;
Devant ma moue dubitative (il fait plutôt froid et je me vois mal déplier mon matelas à même le sol sale. (Question de ne pas attraper n'importe quoi et de mettre toutes les chances de mon côté pour la suite de mon voyage, pensais-je ! ) Donc, devant ma moue dubitative, le monsieur me ramène à la mosquée : &quot; ici, il y a une pièce un peu encombrée. Mettez-y votre sac et, lorsque l'imam viendra, je lui parlerai.&quot; L'homme me promet de revenir une heure plus tard. A l'issue de la prière, en effet, il ressort de la mosquée avec ses collègues, contant à l'imam mon aventure. Celui-ci, une homme d'une soixantaine d'années, se prend d'amitié pour moi. Me voici encadrée, l'un devant muni de tapis en raphia, l'autre derrière traînant mon trolley et marchant vers un petit appartement situé sous la mosquée.
&quot; C'est un logement qui a été libéré il y a 2 mois. Nous allons y faire une école du Coran. Vous pourrez vous y reposer. C'est sécurisé. Cela vous va ? &quot;
Mais avant de me quitter, nous discutons dans la pénombre (l'électricité est coupée) et dans le couloir, durant deux heures. Eux aussi – non qu'ils veuillent s'informer sur moi – mais ils veulent déceler les raisons de ce voyage. Je leur explique le chaos de ma vie, mon suicide manqué, ma période de maladie et l'appel reconnu d' Allah pour chercher ma route, dorénavant, vers lui. &quot; Je suis née catholique, comme je suis née française. Je n'ai rien demandé, rien choisi. J'ai été éduquée en ce sens mais, à 20 ans, j'ai mis Allah hors de ma vie car je me suis crue libre… Je crois que dans ma profonde solitude, il m'a tapé sur l'épaule et il m'a dit : je suis là. J'ai d'abord marché pour faire quelque chose. Maintenant, je marche pour la paix de mon âme, pour me nourrir de la foi de ceux qui me reçoivent. Si, au bout du chemin, je veux demeurer catholique, je saurai pourquoi. Et je voudrais servir Allah du mieux que je peux. Le but n'est pas l'essentiel. Mais bien la route qui m'initie et m'enseigne.&quot;
&quot; Tu n'as pas peur ? &quot;
&quot; De quoi ? de quoi aurais-je peur ? Si j'ai peur, je dois rentrer chez moi. Si j'ai peur, c'est que je n'ai pas confiance en Allah. Or, s'il veut que je fasse ce voyage, jusqu'à quand et jusqu'où, je ne sais pas… Il me le fera comprendre… Je suis dans ses mains et je prie. Toute la journée. Que voulez-vous qu'il m'arrive ? &quot;
&quot; Tu voudras être musulmane ? &quot;
&quot; Lui seul décidera. J'ai traversé la France où l'on ne prie plus comme autrefois; la Suisse qui a toute une variété de protestants; l'Italie où c'est très, très catholique et la Grèce où les orthodoxes sont certains d'être dans la ligne du Christ. J'aborde votre pays complètement vierge de toute connaissance de l'Islam. J'ai acheté le Coran à Istanbul et j'ai commencé à le lire et à prier avec vous dans les mosquées…. Plaise à Dieu que je trouve ma voie vers Lui. Musulmane ou catholique ? A l'instant, c'est ma foi et ma confiance en Lui qui importent. Et votre témoignage est la preuve qu'Il m'accompagne. Voyez, je ne parle pas encore le turc mais il vous a placés sur mon chemin ce soir et nous pouvons échanger dans une langue commune…&quot;
Le soleil est à peine dévoilé lorsque je reclaque la porte sur cette conversation. La pluie s'est tue. Et l'aurore m'invite, aux premiers appels du Muezzin, à me prosterner devant notre Créateur. &quot; Allah, bir &quot; (Dieu est un) avait été notre point d'accord. Unique, et notre Créateur ont-ils renchéri.
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3. Plein Sud, un homme de Paix.
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Un homme de Paix dont la vie et la famille sont brisés par la guerre. Il est kurde et il emploie des hommes dont les pays subissent les avanies de leurs leaders. Ils sont là, une dizaine, à vivre ensemble au sous-sol d'un immense magasin de linge de maison. Immense salon TV, dortoir contigu à une cuisine de restaurant. C'est l'hiver, donc inutilisé : les touristes sont plutôt rares.
&quot; Je suis un peu leur papa. &quot;
Chacun occupe son poste scrupuleusement. Il y a le vendeur de fruits de mer, dehors, qui se gèle les doigts et qui m'a fait signe de venir m'abriter lorsque, subitement, l'orage a éclaté. A l'intérieur, un autre vous sert café turc ou nescafé, au choix, pendant qu'un troisième vous prépare une cuisine snack. Puis il y a les vendeurs. Celui qui parle russe et vous vante la qualité de la soie des draps ou des couvre-lits; celui qui vous passe au fil de l'épée les tapis et autres sacs tissés manuellement. Enfin, il y a les préposés – à tour de rôle – aux tâches ménagères de la collectivité (nettoyage, repas vaisselle).
&quot; Où pourrais-je dormir ? &quot; demandais-je en anglais, lorsque, séchée et réchauffée, je m'apprêtais à repartir.
&quot; Mais, ici ! &quot;
&quot; Où, ici ? &quot; fis-je, en parcourant du regard l'espace de vente. &quot; Vous avez des clients tard puisque votre magasin est ouvert jusqu'à 23 heures.&quot;
&quot; En dessous, il y a des canapés. &quot;
Comme je lui précise que je suis &quot;Hadji&quot; et que je dois dormir séparément des hommes, il me montre un lit de démonstration.
&quot; Et là ? C'est un bon matelas, vous savez.&quot;
C'est ainsi que j'ai déballé mon campement au milieu de tout ce qu'il y avait de plus chic. En matière de cotonnades, soieries, tapisseries, bijoux anciens.
&quot; Notre clientèle est surtout russe et américaine; nous expédions en Europe…&quot;
A avoir traversé les champs de coton, j'imagine sans mal les usines battant et triant le fil sur des métiers infernaux. A avoir fréquenté les troupeaux de moutons et de chèvres, je sais les laines épaisses et colorées, propres à vous dorloter. A avoir observé tous les acteurs de la fabrication de ces articles, je connais leur sueur, leur volonté. Leur espoir ou leur manque d'espoir. Le travail manuel est difficile, ingrat et ne rapporte pas grand-chose… Ici, plus qu'ailleurs, en effet !
Notre kurde n'ignore rien de tout cela. Il a tout quitté. Il n'a pas vu sa mère depuis 6 ans. Sa famille est dispersée aux 4 coins de la Terre. Il tente une autre vie avec ses compagnons.
Nous avons conversé tard dans la nuit.
&quot; Pour moi, il n'y a que la nationalité 'humaine' qui existe. Tout le monde imagine le mal qui est dans l'autre. Moi, je crois l'homme bon. C'est l'usage de ce que Allah nous donne qui nous rend bon ou mauvais. Je déteste la guerre. Nous étions un peuple en paix et nous étions – en Turquie -. Des turcs comme les turcs. Mais il y a des chefs qui se donnent el pouvoir de nous monter les uns contre les autres. Dites en France, dites leur, quand vous rentrerez, que nous ne sommes pas tous des assassins.&quot;
Dans la matinée, il a tenu à m'accompagner en ville pour traduire mes désirs chez les commerçants. Et quand, vers midi, je l'ai quitté, le ciel avait retrouvé la clémence de la veille. Dans ses yeux, il y avait un&amp;nbsp; &quot;merci d'être passée par ici&quot;. Comme un je ne sais quoi de &quot; au revoir&quot;. Pas &quot; adieu &quot;. Mais &quot; au revoir, à bientôt&quot;. Nous avions partagé les mêmes sentiments de fraternité universelle.
C'était après Kulumka, quelque part dans la montagne.
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4. Conversations insolites.
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Le soir ou en route, quand mes jambes se doivent d'être déliées de leurs douleurs, il y a toujours quelqu'un qui m'adresse la parole…
Parole un peu curieuse, au départ; parole un peu interdite sur ce qu'il considère comme un exploit. Parole administrative, aussi.
Ce chemin là exerce l'humilité. L'exceptionnel, je l'ai déjà dit, c'est la rencontre fortuite qui me permet d'avancer.
&quot; C'est vous tous qui cheminez un instant avec moi. Je vous l'assure : travailler est plus exigeant que marcher &quot;. Je ne cesse de le répéter. &quot; J'ai connu de nombreuses situations, comme chacun de vous : travail, chômage, maladie, famille avec et sans problème, assez ou pas assez d'argent pour vivre, avoir une maison ou ne plus pouvoir la louer… La vie la plus simple, c'est bien celle que je mène en ce moment. Ce n'est qu'un passage de ma vie. Mais c'est le moins difficile de tous. Je sais que ça ne durera pas… et que, ce cadeau, c'est vous qui me l'offrez. &quot;
&amp;nbsp;
Ainsi :
&amp;nbsp;
A : Les deux jeunes gens, qui m'ont entraînée aussitôt finie la dernière prière à la mosquée. Nous sommes allés boire un thé dans l'un de ces bistrots mal éclairés où les hommes devisent et jouent aux cartes. Pas foule, mais foule de questions. Deux, trois ont fait volte face quand je suis entrée. &quot; Bienvenue, bienvenue &quot;. Et d'attirer une chaise près d'eux. Nous étions assis en rond…
&quot; Tu es catholique ? Pourquoi tu marches ?&amp;nbsp; La plus belle religion, c'est l'Islam.&quot;
&quot; J'en suis sûre, mais avez-vous une connaissance des autres religions ? En tout cas, moi, non. C'est pourquoi ce voyage est comme une école . J'y apprends les moyens d'aller vers Allah. Est-ce que vous avez choisi votre religion ? Moi, non. Et, aujourd'hui, je veux décider de cela…&quot;
Je vois bien que les mains balaient la table et que les yeux clignent de questionnement personnel. Peut-être ne se sont-ils jamais posés en dehors du cadre qui est le leur depuis la naissance.
&quot; Mais le Coran est le dernier Livre Saint et rien n'y a été changé. Tandis que dans les autres,&amp;nbsp; juifs ou chrétiens, les textes ont été modifiés à des fins de pouvoir (temporel) sur les peuples &quot;.
&quot; Cela, je l'ignore. Je sais une seule chose : je marche pour apprendre. Quand je rentrerai en France, j'étudierai. Et à ce moment là seulement, j'aurai mon opinion &quot;.
&quot; Et puis, il n'y a qu'une seule vérité aussi : Allah, bir (Dieu est un) &quot;.
L'index pointé vers le ciel, les yeux à demi élevés vers le plafond, la lèvre ferme, ils ont signé le point final de notre échange.
&amp;nbsp;
B : Les 2 policiers, avec lesquels j'ai partagé ma boîte de conserve et eux, leurs paquets de gâteaux. Ils étaient jeunes; c'était la veille de leur jour de congé. Ils étaient un peu &quot; relax&quot; car les collègues les avaient relayés devant l'écran et le téléphone. Eux, ils étaient préoccupés – cela va de soi – par les questions de sécurité, logement, repas, aussi.
&quot; As-tu une famille, un mari, des enfants ? Comment prennent-ils la chose ? Est-ce que tu marches la nuit ? Fais-tu partie d'un groupe ? &quot;
Je m'empressais de les rassurer. &quot; Je mange et, comme tout le monde, je m'approvisionne dans les magasins. Bien sûr, j'ai une famille mais je vis seule, sinon je ne voyagerais pas aussi longtemps. Mes enfants sont autonomes et travaillent : pour la vie quotidienne, ils n'ont plus besoin de moi.
&quot; Tu leur téléphones ? &quot;
&quot; Pas tous les jours. Il y a Internet, c'est pas trop cher. Et puis, je ne fais pas n'importe quoi. J'évite les petites routes car ma santé n'étant pas parfaite, je préfère avoir quelques magasins ou lieux où me reposer si nécessaire. La nuit, je ne marche jamais. Il faut bien que je dorme aussi. Comme vous…. Marcher avec un groupe ? Non. Quelques jours, c'est bien, mais des mois, c'est impossible. La marche en solitaire, c'est l'assurance de se mettre à l'écoute d'Allah. Si je suis avec des copains, copines, je vais discuter avec eux. Et je vais oublier de regarder autour de moi et dans mon cœur. Je ne fais pas du tourisme. Je prie, je dors, c'est tout. Visiter une ville après 30 ou 40 km de marche, c'est trop fatigant. Il faudrait, à chaque fois, rester un jour ou deux. Mais alors, mon voyage va durer 10 ans. Je voudrais aussi voir ma petite fille grandir.&quot;
&quot; A 2 ou 3, ne serait-ce pas plus sécurisant ? &quot;
&quot; Peut-être. Mais, dans chaque situation, il y aurait 3 avis différents. Il faudrait peut-être aller aussi vie que les autres si on ne veut pas gêner ou ralentir pour les attendre…. Tout cela est possible mais pas pour un très long voyage. Et puis, comme je cherche Allah, j'ai décidé de me mettre entre ses mains. Je n'ai besoin que de lui. Et lui, il place devant moi ceux qui m'aident, ceux qui l'aiment. Par exemple, vous êtes de la Police, et pourtant jamais je n'aurais imaginé être assistée comme je le suis par vos collègues. Vraiment, j'ai un très grand sentiment de sécurité ici… Grâce à vous aussi &quot;.
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C. En terrasse. En ce début décembre, les touristes locaux ont déserté la petite vallée boisée débouchant sur un bord de mer un peu maltraité. Les serres au milieu des immeubles mal construits apportent tout leur lot de pollution – du plastique aux caisses de conditionnement… ici, on n'est pas trop sensible à la beauté de la nature - .Tout au bout de la ville, j'ai déjà marché 5 heures. On profite encore des rayons du soleil sous l'auvent d'un café terrasse. Cela fume toujours autant… mais c'est moins incommodant.
Le bistrotier m'apporte un &quot;tchaï&quot;. Un homme en pantalon &quot;turc&quot; (serré le long des jambes et ample à partir des genoux) tourne en rond à 2 pas de moi. Celui-là voudrait bien entamer la conversation. Je lui demande alors à combien de kilomètres se trouve le prochain bourg.
&quot; Deutsch ? Tu parles allemand ? &quot;
C'est que dans ce quartier de la Turquie touristique, les Germains ne sont pas rares. En outre, ma taille, la couleur claire de ma peau… tout concourt, selon eux, à ce que ma patrie soit celle de Charlemagne.
&quot; Non, française, mais je peux parler allemand si ça vous convient &quot; .
&quot; Où vas-tu ? Pourquoi ? T'es seule ? &quot;
Et de redécliner mon identité de pèlerin.
Un autre &quot;tchaï&quot; m'arrive. Cette fois, le serveur pousse le menton dans le sens d'un autre homme assis au fond.
&quot; C'est lui qui te l'offre &quot;.
Puis, les langues se délient, les chaises pivotent, les dos se retournent.
&quot; Eux, là, ils sont 'Hadji' (c'est-à-dire pèlerins de la Mecque) &quot;.
D'un geste circulaire, ma main se pose sur ma tête pour leur montrer que j'avais remarqué leur bonnet les distinguant des autres musulmans. Blanc ou noir, lisse ou ajouré, c'est une fierté démontrée d'avoir (pu) accomplir le pèlerinage.
&quot; Pourquoi, tu es 'Hadji' toi aussi ? Tu es musulmane ? &quot;
&quot; Non, mais dans la religion chrétienne, c'est comme chez vous, nous avons des villes saintes. Je suis allée à Rome, par exemple et en Espagne. En Turquie, je suis montée à Meryemana. Nous avons en commun la mère de Isa (du Christ). Donc, comme vous, je suis 'Hadji'. &quot;
&quot; Pourquoi pas en avion ? C'est plus facile ? &quot;
&quot; Plus facile, mais je ne vous aurais pas rencontrés et je n'aurais peut-être pas prié…&quot;
En Grèce comme en Turquie, ça paraît incroyable de marcher aussi longtemps… Le climat y est peut-être pour quelque chose ? Ou le relief ? habitués qu'ils étaient à vivre en autarcie, chacun dans sa vallée.
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Cette route si sauvage, surplombant la mer, se traînant entre quelques mamelons, s'échappant vers quelques criques. C'était si étrange après l'agglomération de Alanya où les immeubles ont détruit – comme sur la Côte d'Azur en France – la montagne rose.
Les villages se réduisent à quelques habitations que je perçois en dehors de mon tracé. Un poste de gendarmerie, pourtant &quot; garde&quot; les lieux. Je demande si quelqu'un parle anglais. Une jeune recrue (service militaire) me conduit immédiatement auprès de son supérieur. J'avais eu l'occasion d'observer sous cape quelques uns de ces militaires dans d'autres détachements. Parfois affables, le plus souvent très courtois, quelquefois imbus de leur grade, claquant des doigts pour réclamer une assiette ou un paquet de cigarettes.
Ici, je vais faire connaissance d'un artiste Il travaille sans filet (de protection); il est avenant, cultivé, curieux dans le bon sens du terme. Il va m'instruire sur tous les prophètes, sur le Coran. Il connaît la Bible, le Torah.
D'abord manger. &quot; Il faut manger pour marcher &quot;. Mon histoire a planté le décor de son accueil. Devant son bureau, une table de salon va recevoir deux grands plateaux repas. Comme je ne prends pas de vin, il fait apporter du coca, du café et du thé. Il vit chez ses parents et n'a pas sa propre famille. Autour de la quarantaine, c'est plutôt rare. Mais rare est le personnage. Il me raconte aussi ses voyages, ses hobbies. Il me sort de ses tiroirs des papiers manuscrits sur lesquels il a noté des pensées, des anecdotes… Il gribouille quelques unes de mes réflexions. Pendant 3 heures, ses hommes vont et viennent à nos petits soins. Le jeune traduit en anglais quand nos gestes et dictionnaires ne suffisent plus.
Il est tard. Et il réalise tout à coup que, sur place, il n'y a pas de logement &quot;possible&quot; ( interdit par le règlement); Alors, il se met en quête et téléphone à droite, à gauche. 
&quot;Voilà, vous êtes attendue à Anamur &quot;.
&quot;Anamur, mais c'est à 35 km ! &quot;
&quot; Je vais faire arrêter un bus et le chauffeur vous guidera.&quot;
C'est ainsi que j'ai dû déroger à mon vœu de ne faire ce voyage qu'à pied.
&quot; Avant, il n'y a rien. La montagne, la mer, la montagne. C'est tout. Pas de village, pas de mairie, pas d'hôtel.&quot;
Nous discutons encore un peu autour de cette marche à pied.
&quot; Oui, mais vous n'avez pas d'autre choix. Je vais vous donner l'adresse où vous allez dormir; c'est un bâtiment municipal. Le chauffeur vous déposera devant la police et celle-ci vous y emmènera . Voici encore mes coordonnées. Pour la police &quot;.
J'étais presque à &quot;MARINA les pieds dans l'eau&quot; sur le petit port, à 3 km de la ville. J'ai été l'invitée de la maison d'hôtes fréquentée par le corps enseignant en transit et fonctionnant comme un hôtel.
Quand le commandant de gendarmerie m'a mise dans le bus, il m'a seulement dit : &quot; Souvenez-vous de nous. Moi, je ne pourrai jamais oublier une femme comme vous. Bon voyage. Inch Allah ! &quot;
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5. Avec les imams:
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Qui ont pris le temps de m'écouter puis de m'expliquer la prière – non les rites – récitées à chacune des réunions quotidiennes. Cela avait commencé avec celui-ci, juste en arrivant à Istanbul. Cela a continué avec celui-là pour qui j'étais traduite de l'allemand (Un homme aux yeux bleu ciel, peut-être originaire de cette tribu grecque dont j'ai visité le village). Il se prête volontiers à l'exercice. Il s'excuse de ne pouvoir faire &quot;aussi bien&quot; dans les deux sens. Il y a plus de 20 ans qu'il n'a pas parlé cette langue.
L'imam au visage rond de bon enfant me remet un livret en français; avant de repartir, le matin, il me fait cadeau d'un cadre : la parole d'un poète y est inscrite.
&quot; Cette phrase, issue du Coran, vous accompagnera dans votre voyage. Elle a la même portée que le 'bon œil' (une pierre bleue sertie) &quot; me précise-t-il.
Un autre imam d'Eres trouvera dans le Coran la sourate correspondant.
&quot; J'en comprendrai donc le sens puisque j'ai le livre en français dans mes bagages &quot; fis-je, en le remerciant.
Les uns et les autres, tout en m'invitant à rester un jour de plus ou en me trouvant un hébergement pour une seule nuit comprennent ma démarche.
Un jour :
&quot; Venez prier avec nous, en bas &quot;.
Or, il est de tradition que les hommes restent dans la plus grande salle de la mosquée et soient séparés des femmes. Le temps de la prière, soit par un rideau, soit à l'étage, soit à l'extérieur.
&quot; Je vous remercie de votre accueil mais je respecte vos us et coutumes; certains de ces messieurs pourraient ne pas comprendre le sens de votre démarche d'accueil &quot;.
&amp;nbsp;
Une autre fois :
&quot; Allez à Paris, il y a une école d'un disciple de Mahomet. C'est un homme saint. Il est malade et, pour cette raison, habite les Etats-Unis. Mais il a ouvert de nombreux centres à travers le monde. Il prêche la tolérance et surtout le travail, outil d'aide aux défavorisés &quot;.
Et à chaque occasion : &quot; priez pour nous&quot;.
&amp;nbsp;
</description>
<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/83546/</link>
</item>

<item>
<title>La Turquie</title>
<description>T U R Q U I E&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 4/10 – 28/12/2007.
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24 novembre. MANAVGAT.
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Ce matin là était plein de tendresse. J'avais quitté Ismaël, l'imam de Serik, sur un sourire, sur une prière à la mosquée où il m'avait logée (Ecole de Coran). Un regard plein de chaleur et un &quot;aurevoir, priez pour nous&quot;.
La route à 4 voies est presque calme. C'est le week-end et les vendeurs qui ne font pas ça à la sauvette – ici – vous proposent tout le long du chemin des petites choses à grignoter, cuites ou réchauffées sur leurs poêles ambulants. Certains vous attirent avec du thé. D'autres envoient, en avant-garde, leurs frimousses à peine sorties des jupons de leur mère.
Il règne une douce odeur de marrons grillés; il plane une auréole bleutée entre les fruitiers ramassés. Ce matin là, encore, fleure la gaîté et la nonchalance d'un jour sans turbin..
Si ce n'était les tours de type HLM à la française, on y verrait du Cézanne. Car, parfois, la nature reprend le dessus dans cette large plaine arrosée par le fleuve Manavgat.
Je me suis sentie heureuse. Jusqu'au soir.
Les policiers qui prennent en compte ma demande, un peu moins. Bien que m'ayant installée devant la TV dans leur immense salon et salle de pause, ils ont l'air un peu empêtrés. Chefs et sous-chefs défilent, me font raconter mon voyage, m'inondent de tasses de thé. 3 heures plus tard, ils m'accompagnent à l'hôtel. &quot;Pour une seule nuit, n'est-ce pas ? On est d'accord ? &quot;
L'impétuosité de l'ordre vaut bien que je me confonde en remerciements lorsqu'ils me quittent pou sur un : &quot;Priez pour nous&quot;.
La journée avait été belle, mais ma soirée ternie. Au déballage de mon sac, je découvre avoir &quot;égaré&quot; tous mes carnets de pèlerin, adresses, documents et, surtout, écrits de voyage !
Ma tête tourne et retourne chaque geste et chaque lieu traversé depuis l'avant-veille, car, probablement, cette perte remonte à 48 heures…..
Ame en peine, pèlerine en berne, revenue sur mes pas en autobus, j'ai tout passé au peigne fin et questionné des dizaines de personnes. Mais rien. Rien de retrouvé. Un seul espoir : que le paquet soit renvoyé en France… Mon adresse figurait sur un chèque prêt à poster pour régler mes impôts.
Toute une semaine de larmes et de cœur gros d'espoir, implorant maman pour qui plus aucun secret n'existe.
&quot;Tu nous a appris à dire merci ! Vois comme je me sens triste de ne pouvoir remplir ma promesse en adressant à chacun une carte à la fin de mon voyage&quot;.
Il ne s'agit pas – à cet instant – d'être dans le détachement. Je me sens tellement liée à ceux et celles qui m'accompagnent depuis le début, d'un regard, d'un gîte, d'un repas??? Comment leur dire que grâce me fut donnée de les rencontrer et que, sans leur &quot;oui&quot; de bienvenue, je ne serais pas arrivée.
Comment ? Je vais devoir apprendre à vivre dans le non-dit. D'autant plus difficile qu'il sera ssorti d'une promesse non tenue.
Pour vous aussi, je rassemble mes souvenirs. Paysages et événements se bousculent.
Le nez sur une carte neuve, je tente de redessiner mon parcours…. Je vous en propose quelques tableaux plus impressionnistes que réalistes, un peu comme une vieille dame qui, soudain, déniche quelques visages au fond de sa mémoire. Quelques traits, quelques couleurs. A vous d'imaginer le reste et de pardonner mon insécurité… dans cette forme d'écriture.
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&quot; Je me souviens de &quot;
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De ces belles familles turques : Elles ont cet art joyeux d'aimer.
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1. La première, c'est du côté d'Izmir. 
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La famille était.. elle est dorénavant écartelée entre l'Amérique où la jeune fille a étudié un master et le Sud de la Turquie où le fils vit avec son épouse architecte et son petit garçon. Madame, Avocate. Monsieur, Scientifique. Dans la cinquantaine à peine. Les deux sont en retraite. Sauf que Monsieur a réinvesti et son temps et son argent dans une station essence et que Madame voudrait bien prendre le temps de vivre un peu. De bons vivants, la blague au coin des lèvres, la certitude ficelée au bout de leurs études. &quot;Je suis athée, tout s'expliquera un jour&quot; m'assure Monsieur. Madame est plus nuancée et ne porte aucun signe d'appartenance à une foi quelconque. Elle est belle. Ronde dans ses gestes pour me donner la recette de la confiture d'orange. Sucrée dans son regard pour m'inviter à mieux me servir : &quot;vous ne pourrez pas goûter ma cuisine, mon mari m'a donné trop peu de temps pour préparer le repas&quot;. Lui, volubile, me raconte sa vie d'hier dans la ferme de ses parents avec ses très nombreux frères et sœurs. Lui montent aux joues les couleurs de Bacchus lorsqu'il me narre comment il presse son raisin dans la baignoire pour faire son propre vin. Il voudrait faire du mousseux. Je lui conseille le ratafia plus facile et moins dangereux. (moût frais de raisin additionné d'alcool de fruit). A bâtons rompus, nous échangeons sur tous les sujets qui nous gratouillent, franchi notre âge : la politique, l'écologie, la religion. Nous tombons d'accord sur le dernier verre de vin. C'est délicieux et… c'est le sien.
La lune va virer juste avant que Madame me borde dans un lit à froufrous et dentelles. La fenêtre donne sur une terrasse minuscule mais quel plaisir de voir toutes les plantes prêtes à s'y endormir avant l'hiver. 
Le &quot;Petit Prince&quot; berçant et cajolant sa rose m'apparaît dans la pénombre. C'est beau d'aimer. Ce couple heureux de vivre m'offre une belle espérance de l'ouverture de la Turquie.
D'emblée, alors que je m'informais de la route à prendre à l'entrée de Menemen, le Monsieur m'avait invitée, en anglais, à me poser pour un thé. Dix minutes plus tard, il téléphonait en anglais (délicate attention à mon égard) à son épouse: &quot;Chérie, ce soir nous avons invité la France. Peux-tu préparer la chambre ?
Je devrai même passer par Köycegiz, dix jours plus tard, au Sud. Leurs enfants m'y attendront. C'était promis. Ce fut fait.
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2.&amp;nbsp; Burek et sa femme, c'est la nouvelle génération.
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Leur petit garçon, comme tous les enfants du monde trimbale ses galipettes sur les fauteuils du salon. A peine plus âgé que ma petite fille, son caractère bien trempé, il a aussi conscience qu'elle d'être le centre du monde. Sa nounou, sa maman, son papa, ses joujoux. 
Le couple habite une maison jumelée, sur 3 niveaux. Moderne, équipée, recouverte de tapis épais et colorés. Vue sur le lac. J'en ferai un petit tour. Au fond, des sources chaudes qui guérissent des rhumatismes. Au matin, le romantisme est à son apogée : le soleil y trace le début de sa course. Je reste en extase derrière la grande baie vitrée. Baigne déjà dans sa lumière la chambre mansardée&amp;nbsp; tout de bois vêtue. Les violets de l'eau ondulent jusqu'à ce que les ors les ensorcellent.
Ces jeunes gens ont, ensemble, ouvert un cabinet d'architecture. L'une dessine, l'autre assume l'ingénierie.
&quot; Nous voulons travailler différemment des autres c'est-à-dire gagner notre vie mais pas faire de l'argent. C'est plus difficile mais plus enrichissant.&quot;
Berek a tout de son père : les yeux pétillants du plaisir d'offrir, la tête pleine de projets, le désir d'aider à portée de la main.
Elle, la maman attentive qui chaque matin affronte le dilemme de toutes les mères : laisser son enfant derrière elle pour s'épanouir – aussi – dans une profession. &quot; Même si je sais qu'il est bien soigné avec notre nounou à domicile, je suis toujours un peu inquiète &quot;. Blonde et la peau laiteuse, elle a encore le trait tiré par son incertitude. Son front trahit une fatigue &quot; réflexionnelle &quot; interne.
Vous verrez, Madame, tout s'apprend, pensais-je ! Et de la convaincre d'un : &quot; votre petit garçon y gagnera en autonomie &quot;.
C'est début de week-end. La Mercedes rouge – modèle de collection – ronfle dehors. Ils vont bientôt foncer chez les parents. Auparavant, Berek va transporter dans la maison d'en face et la literie et mon sac: &quot; Vous pouvez vous rester ici, pas de problème. Reposez-vous avant de repartir &quot;.
Invitation fortuite : deux jours durant il va pleuvoir à torrents. J'en profite pour écrire… Mais 15 jours plus tard, je perdrai tout. Le côté positif de l'histoire. Etre repartie par grand beau temps.
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3. Expatriée deux fois.
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Mürüet ou la Turquie en marche. 
Sur la route d'Izmir, si polluée, une fleur toute fraîche est venue à ma rencontre.
&quot;Tout à l'heure, vous m'avez saluée de la main quand vous êtes passée devant mon BUFE (Boufé) &quot;. &quot;D'où venez-vous ? &quot; Interpellée alors que je suis en train d'acheter un morceau de pain, je me retourne sur un bout de femme avec un foulard et tout sourire. &quot;De France&quot;. &quot;Oh ! de France. Mais je parle français. Venez avec moi. Venez manger quelque chose.&quot;
La voici qui me raconte sa première émigration de Turquie vers la France. Très jeune, ses parents l'emmènent avec eux en Moselle ( à l'Est, près de l'Allemagne) où ils travailleront de nombreuses années. Mais quand elle attrape l'âge d'être mariée, ils la renvoient en Turquie afin d'y épouser un musulman.
Elle n'était pas encore &quot;de France&quot;; elle n'est plus &quot;de la Turquie&quot;. Scolarité tronquée. Sans famille car ses frères sont restés en France. &quot;Mais j'ai un bon mari. Il travaille, ne boit pas, ne me bat pas ! &quot;
Cet homme là est bon, en effet. Féru d'histoire aussi. Il va dresser pour moi le tableau de la naissance du Coran, apporter des précisions et des anecdotes sur les lieux que j'ai ou je vais traverser.
Jusqu'au milieu de la nuit, Mürüet va traduire les propos de son époux dont les prunelles éclatent de fierté : sa femme parle français malgré les 20 ans qui la séparent de son retour de là-bas.
Ce jour là, je n'ai dû marcher que 15 km seulement.
Mürüet, après m'avoir fait avaler un sandwich au pied de sa guitoune de 2m² au sol et 1.8m de hauteur a fermé boutique. &quot;Aujourd'hui, c'est fête. Nous allons chez moi boire le café. Vous repartirez demain.&quot;
Chez elle, c'est un petit immeuble de 3 niveaux. Construit jour après jour pendant 10 ans, de ses mains et de celles de son époux. L'étage au-dessus d'elle, en tout point identique à celui qu'elle occupe, est loué &quot;pour payer le crédit&quot;.
&quot;Beaucoup de françaises en apprécieraient le confort et l'équipement&quot;, l'assurai-je, quand elle me demanda mon impression.
&quot;Vous voyez, jour après jour, nous avons économisé. Et puis mon BUFE, c'est parce que je veux avoir mon indépendance&quot;.
Le soir, en rentrant du travail, son mari lui rapporte les livres d'école de la Mairie qui l'emploie.
&quot;J'ai encore 4 années de scolarité à rattraper&quot;
Le jeune fils de 14 ans supplée parfois. Intelligent, vif, bien campé, il va volontiers à l'école. Un beau jeune homme doux et patient.
&quot;Dis, je voudrais aller en France. Mais ils ne donnent pas de visas.
Monsieur emmène sa progéniture à l'école, Madame va rester au bout du chemin et nous saluer jusqu'au dernier virage. Elle m'a donné le foulard dont elle m'avait couvert la tête, la veille, au moment de prier : &quot;Comme ça, tu prieras comme une musulmane. Et c'est rouge comme ton pull.
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5. Famille nombreuse.
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Il fait froid, il fait nuit. L'imam n'est pas là. Un homme passe avec 2 enfants. 3 mots, 4 gestes, 150 mètres, 2 escaliers, 1 porte.
&quot;C'est là. Toute la famille est là ce soir&quot;.
Perturbée et attristée car je n'ai pas retrouvé mes documents, je me laisse conduire/ Dans cette petite ville, deux jours auparavant, je m'étais fait mordre par un chien. Instant de non vigilance. Je l'ai vu mais je n'ai pas pris garde. Le gardien de la mosquée n'a pas voulu que j'y dorme une nouvelle fois ( ces étrangers qui, parfois, posent problème !) Dépitée, car Ismaël, l'imam, m'avait si gentiment accueillie. Et le cœur gros. Si cette famille ne m'avait pas récupérée, j'aurais posé armes et bagages et pris un bus pour regagner la France.
Ce soir là – et peut être le seul de tout mon voyage – je me suis sentie loin et seule. Trop loin, trop seule.
La porte à peine refermée sur mon trolley, une ribambelle d'enfants, yeux pétillants et menottes se tortillant de curiosité et de timidité m'interrogent. Il y avait là un grand-père et une partie de sa descendance. Certaines des femmes travaillent ainsi que leurs époux dans des établissements de luxe de la côte. D'autres sont à la maison.
Les neveux et nièces réciproques osent une phrase en anglais : &quot;à pied &quot; ? et de se faire comprendre en se relevant et marchant, l'index et la tête pointées vers les pieds. Regard baissé en diagonale pour cueillir ma réponse. C'est qu'on est tous assis en rond, autour du thé, parterre. &quot;Pourquoi pas l'avion ? Es-tu musulmane ? Est-ce que tu pries ? Es-tu obligée ? &quot; Il faut savoir que le rêve du musulman est de se rendre au moins un fois dans sa vie, en pèlerinage à la Mecque (s'il en a les moyens), ce qui lui ouvre le ciel pour l'éternité.
A cette question, je réponds : &quot;les chrétiens font souvent un pèlerinage pour remercier. Pas pour gagner le Paradis. Eux, ils ont le Christ et celui-ci, en mourant, le leur a ouvert….Ils doivent seulement ne pas le perdre.&quot;
La main sur la poitrine, après un va et vient circulaire, le grand-père hoche la tête en manière de dire : &quot;c'est de moi, tous ceux-là&quot;. Et les lèvres ourlées d'un sourire déposent une grande fierté sur son visage fripé.
Un monsieur traduit en anglais : &quot;nos femmes ne peuvent pas vous imaginer sur al route. Elles demandent où vous dormez, comment vous mangez, si vous avez peur…&quot;
&quot;J'ai la même vie que vous. Vous, vous partez travailler 8 heures par jour, moi je vais marcher. Vous allez au supermarché, moi au mini-market. Vous, vous rentrez chez vous…moi je suis accueillie chez vous, à la mosquée, dans une station essence, au poste de police. C'est ça la seule différence. Peur ? Non, je suis dans les mains d'Allah. Il ne peut rien m'arriver. Je prie toute la journée. Pour vous – demain en vous quittant – pour la Paix de votre pays. Je prie en marchant, je marche en priant et je dors. C'est tout mon travail. Ce n'est pas difficile. Pour le reste, inch Allah. Pourquoi pas en avion ? Parce que je veux vous rencontrer et rencontrer Allah à travers vous. On prend ce qu'on doit prendre et on rentre chez soi. Je prends mon temps en marchant et j'espère, aussi, donner quelque chose…Dans vos mosquées, j'apprends votre foi. Vos imams m'ouvrent leurs portes et ils m'enseignent la tolérance. Votre prière commence par une mise en condition: les ablutions. Etre physiquement propre entraîne une démarche intellectuelle : faire le vide dans son esprit pour être plus proche de Dieu. Eh bien j'adopte et adapte vos rites à ma propre prière. Si je fais ce voyage en avion, je n'ai pas le temps d'intégrer tout cela. Je rentre chez moi et 2 jours après j'ai tout oublié. Oublié Allah aussi, comme pendant 30 ans avant de commencer cette marche ! &quot;
Je devine les conversations aux mouvements des mains et aux angles des regards. Je crois surprendre quelques questionnements au sein même de leur propre foi…Peut être n'y avaient-ils pas pensé ?
Qu'Allah les éclaire sur leur propres routes. Moi, j'essaie seulement d'affiner mes réponses… car les mêmes questions reviennent quotidiennement. Elles me forcent à réfléchir et à creuser mon propre &quot;pourquoi ce voyage ? &quot;
Quand les uns et les autres reprendront chacun leurs enfants, nous resterons seulement à 6. Au matin, la jeune fille et son petit frère déjeuneront avec moi juste après que maman se soit glissée au dehors, vers le palace de son gagne-pain. &quot;C'est promis, je t'écrirai ! &quot;
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6. Point commun.
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&quot;Puis-je photographier ces fruits suspendus ? &quot;
A moins de 20 km de la frontière syrienne, une ultime tasse de thé. &quot;Viens, entre. &quot; Comme j'explique que je veux arriver avant la nuit pour des raisons de visa, la dame me rassure : &quot; 10 minutes, c'est tout. &quot;
Deux heures plus tard, j'y suis, j'y reste.
Cela commence par le thé puis continue avec du café. &quot; Il est syrien, on l'achète de l'autre côté, vous allez voir. &quot; Et de goûter. Un arôme incomparable, une finesse subtile s'en dégagent en effet. Devant mes mimiques – seuls moyens de communication – l'hôtesse est satisfaite. Le petit déjeuner suit : un repas tisse les liens d'amitié. Il y a là 8 enfants. Certains travaillent. Mais deux, surtout, retiennent mon attention. Un garçon, l'aîné de 22 ans que je ne verrai pas. Il termine une peine de prison de 4 années à Antakya. Une fille, l'aînée aussi, de 17 ans ½ qui travaille comme une mère.
Tout d'abord, je l'ai prise pour une aide extérieure. Rompue au service des invités et tâches ménagères. Elle n'a pas arrêté une minute pendant que sa mère et moi bavardions. Plus tard, celle-ci m'a précisé : &quot; elle doit le faire car moi j'ai des problèmes de cœur, mon fils aîné est absent et il y a tous ces enfants.. Il faut bien nourrir les bêtes, faire le fromage, le pain, etc…&quot; Plus tard encore, elle me fait faire le tour de sa maison. Un immense cube compartimenté. On accède à chaque pièce en passant par la précédente. Une grande cuisine, une buanderie toilette et des dizaines de couvertures empilées les unes sur les autres, oreillers et couettes confondus.
&quot; C'est ici que je couds. C'est moi qui fait tout. Quand les familles viennent chez nous, il en faut beaucoup pour dormir.&quot;
Dans l'après-midi, les voisins, les cousins ont défilé… Alertés par les téléphones mobiles, ils sont venus ici voir le &quot;phénomène&quot;.
Ainsi, c'est seulement vers 23 heures que je quittais les coussins et la salle enfumée pour une des chambres où, cette fois, les couvertures avaient été alignées. La mère m'a recouverte de quatre épaisseurs; j'avais des petits de chaque côté, des jeunes filles aux pieds…On devait être au moins 8 dans cette pièce….A 4 heures du matin, les discussions d'avec les copains ont cessé. Et moi, j'étais debout à 5h½.
Premier matin avec des gelées blanches. Un peu de coton sur les arbres. Emballée dans le foulard écharpe bleu ciel que la maman m'a donné ( &quot;là, maintenant tu ressembles à une vraie Hadji –pèlerin -.) Je hâte le pas pour ne pas perdre la chaleur accumulée dans la nuit. Mon hôtesse est un peu déçue car il est tôt et j'ai l'estomac vide… Mais les formalités à la frontière pourraient être longues….alors je dois décliner son invitation.
Elle n'est plus qu'un tout petit point sur la ligne droite lorsque je me retourne. Mais elle est encore là, ne perdant pas une miette de la bénédiction d'Allah.
Car, c'est ainsi que je suis accueillie. Pas comme une obligation, en réponse à la loi du Coran. Mais comme une bénédiction.
D'ailleurs, le mari leva les yeux au ciel et remercia Allah lorsqu'il apprit ma date de naissance….car, ma dernière soirée en Turquie, je l'ai passée avec mon jumeau… d'à 5 000 km de distance. Cela n'arrive qu'une fois un hasard pareil.
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&amp;nbsp;
7. Viens chez moi, j'habite chez ma sœur.
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Ce n'est pas loin d'Iskenderun. En province d'Hatay… Pour les forts en histoire, il s'agit d'une terre donnée à la Turquie par l'Occident au siècle dernier… et arrachée à la Syrie. Les cartes géographiques de ce pays stipulent : frontière temporaire…. Et ça dure depuis 90 ans !
La route qui longe la bande côtière est peu avenante. Je toussote autant que les cheminées crachotent les lourds nuages chargés des résidus industriels. C'est un grand centre sidérurgique. Tout à coup, je réalise – à voir les montagnes de ferrailles stockées dans tous les coins – vers où tous les camions se dirigeaient, tantôt plein de carcasses de véhicules, tantôt plein d'épaves en tout genre.
Les boutiques ressemblent plus à des hangars où tout se dépèce. La fumée âcre qui se dégage de partout me fait forcer la pas. La pluie des deux derniers jours a transformé en boue glissante la poussière qui, jour après jour, se dépose partout. C'est ainsi que j'arrive à la mosquée : assez sale et pataugeant.
Je ne me déchausse pas, reste sur l'estrade devant la porte et commence à prier. Regard furtif d'un petit garçon. Les hommes vont bientôt m'entourer, émettre chacun leur idée, s'en remettre finalement à l'imam.
Quand, un autre, sans m'avoir même dit un mot, se dirige vers lui et lui glisse à l'oreille : &quot;Hadji. Je l'emmène chez moi &quot;. L'imam me fait signe que je peux avoir confiance. L'homme m'indique que c'est le petit garçon qui lui a signalé ma présence. Plus tard, il me précisera : &quot; après l'école, il m'attend ici. C'est pourquoi il a entendu votre conversation &quot;. Le gamin, une petite dizaine d'années, empoigne mon trolley mais quelques mètres plus loin, c'est tellement gluant que nous nous échangeons mon bâton et le trolley. A travers ce qui me semble dans la nuit être des terrains vagues et revenir sur mes pas, nous nous dirigeons vers des immeubles de la côte. Au matin, je découvrirai un nouveau quartier en construction et en bord de mer. Au troisième étage, un grand appartement moderne et moquetté. Salons amples et profonds. Deux dames, ses sœurs, nous accueillent. &quot; Elle est française, je l'ai amenée ici pour la nuit. Elle vient de Paris &quot;. Surprises et heureuses. &quot; Bienvenue, bienvenue &quot;. Thé, re questions, mêmes réponses. L'une est célibataire, l'autre est la mère de l'enfant. Son époux, mon hôte, gardien de nuit, apparaîtra pour prendre le repas avec nous, juste avant d'aller travailler. On regarde un peu la TV, meuble indispensable à la vie en Turquie. Puis, la troisième sœur arrive avec son mari et sa petite fille… un peu exigeante. Le couple a l'air en extase devant la môme qui en profite bien. Par moments, le monsieur qui m'a amené ici sort du dictionnaire et, juxtaposant les mots, essaie de traduire une réflexion métaphysique. Je comprends surtout que l'Islam est la religion par excellence. Le garçonnet va chercher ses livres d'anglais et me fait la lecture de la dernière leçon.
Photos, adresses, promesses…
Je les supplie de ne pas bouger quand je partirai le lendemain. &quot; Et le petit déjeuner ? &quot; &quot; Non, non, ne bougez pas.. Je ferai une pause plus tard &quot;. La tête ébouriffée, à travers la fente de la porte, le monsieur en pyjama me dit au revoir. Je constate que sa chambre a été mise à ma disposition et qu'il a dormi dans le salon. Généreuse Turquie ! Merci !
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<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/83468/</link>
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<title>Je me souviens de.......</title>
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TURQUIE&amp;nbsp;&amp;nbsp; (Les rencontres)
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INTRODUCTION&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; MANAVGAT
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Je me souviens de……
·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; De ces belles familles turques:
1.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La première du côté d'Izmir.
2.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Burek et sa femme.
3.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Expatriée (2 fois).
4.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Autoproduction.
5.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Famille nombreuse.
6.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Point commun.
7.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Viens chez moi, j'habite chez ma sœur.
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·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; De ces belles conversations rencontres:
1.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Lycée.
2.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au Nord de la mer de Marmara.
3.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Plein Sud, un homme de la Paix.
4.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Conversations insolites
A: Les 2 jeunes gens.
B: Les 2 policiers.
C: En terrasse.
5.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Avec les Imams.
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·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; De ceux qui se mettent en quatre pour moi :
1.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Du côté de Cine.
2.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'ai fait le tour des Eglises.
3.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La grande ville
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;
·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; De ces moments inattendus qui arrivent au bout de la confiance et de l'abandon :
1.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'ai précipité mes pas.
2.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si je ne m'arrête pas par ici.
3.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La Turquie, c'est déjà l'Europe.
4.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La montagne aux drôles de chimpanzés.
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·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Des collectivités locales, vecteurs de contacts.
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Les grâces du chemin :
·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; MERYEMANA.
·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Jardin de la Tolérance.
·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; ANTIOCHE (Antakya).
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Outsiders
·&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; ISTANBUL.
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<link>http://www.bloghotel.org/CanterburyJerusalem/83467/</link>
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