   
2.3 Le swahili
Le swahili, appelé kiswahili au Kenya, n'est parlé comme langue maternelle que par 0,5 % de la population, mais c'est une langue seconde pour au moins 12 millions de personnes et la langue co-officielle du pays avec l'anglais. Autrement dit, la plupart des locuteurs du swahili au Kenya (et en Tanzanie) ne connaissent pas cette langue comme langue maternelle, car ils pratiquent d'autres langues africaines. Pratiquement toutes les communautés du pays parlent le swahili. C'est aussi la langue la plus parlée de l'Afrique noire. En effet, on estime que de 40 à 50 millions de locuteurs pratiquent le swahili, avec généralement des différences locales importantes.
Le swahili en tant que langue normalisée (standard) a été fixé en 1930 par le Comité sur la langue territoriale et il était basé sur le dialecte côtier de Zanzibar, le kiunguja, une variante linguistique parlée dans la ville de Kiunguja. En plus du kiunguja, mentionnons le kimakunduchi (ou kihadimu) et le kitumbatu (tous les deux parlés dans les parties rurales de Zanzibar), le kipemba (île de Pemba), le kimtang'ata (ville de Tanga et environs), le kimrima (le long de la côte de la Tanzanie), le kimvita (Mombasa et environs), le kiamu, le kipate, le kisiu, le kitikuu (l'archipel de Lamu et le long des côtes du Kenya), le kivumba (île de Wasini et Vanga), le kingwana (le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa), etc.
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À l'origine, la «côte swahilie» (voir le tracé en rouge indiquant un «couloir») s'étendait du sud de la Somalie au Mozambique en incluant l'archipel des Comores. Au cours du XIXe siècle, le swahili pénétra le continent tout au long des pistes marchandes et esclavagistes. La colonisation européenne favorisa encore son extension. Le swahili est aujourd'hui la langue africaine la plus enseignée dans le monde.
Au Kenya, cette langue était en grande partie utilisée dans la plupart des échanges sociaux, mais elle semble subir maintenant un net recul au profit de l'anglais. Ce n'est pas tout: depuis l'introduction en 1992 du multipartisme, le pays assiste à un réveil de l'identité ethnique. Les Kenyans ont à nouveau adopté les langues locales et le swahili a perdu sa place de langue officielle dominante. Le Kenya est en pleine mutation, et le swahili semble en payer les frais. |
De fait, il existe beaucoup plus de journaux diffusés en anglais qu'en swahili. De plus, on compte peu de livres publiés en swahili. On peut consulter une description sommaire de la langue swahilie en cliquant ICI, s.v.p.
2.4 L'anglais
L'anglais n'est la langue maternelle d'à peu près personne au Kenya, mais c'est l'une des deux langues officielles du pays. C'est présentement la langue dominante de prestige avec le swahili et elle s'impose davantage dans les milieux favorisés. C'est de plus en plus la langue de l'État aux dépens du swahili. Aujourd'hui, les Kenyans possédant un minimum de bagage culturel préfèrent parler l'anglais dans les communications interethniques. En principe, l'anglais serait la langue officielle, alors que le swahili (appelé le kiswahili) serait la langue nationale. Cela signifierait que la langue du gouvernement et de l'éducation sont en anglais, tandis que tout le reste a tendance à être en swahili. En réalité, la plupart des Kenyans parlent aussi ce qu'ils appellent leur langue maternelle, surtout dans les zones rurales.
Beaucoup de jeunes Kenyans de Nairobi parlent une langue bien particulière appelée le sheng. Il s'agit d'un mélange d'anglais, de swahili et de quelques langues locales. Le sheng est devenu un signe à la mode, de modernité et de cosmopolitisme. Le sheng emploie principalement la grammaire et la syntaxe swahilie, mais inclut des termes d'autres langues, surtout l'anglais, qui peuvent varier selon des contextes différents.
   
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