   
Données historiques du kenya seconde partie
3.3 La colonisation britannique
Les Britanniques commencèrent à exercer une influence déterminante à partir de 1873. John Kirk, consul britannique, encouragea le sultan à annexer à son empire la plaine agricole côtière. L'unification territoriale profita évidemment aux Britanniques qui se trouvaient en conflit avec les Allemands pour le contrôle de l'Afrique orientale. Les zones d'influence furent définies lors du congrès de Berlin en 1885: d'une part, les Allemands obtinrent la côte du Tanganyika (une partie de l'actuelle Tanzanie), ainsi que le mont Kilimandjaro, d'autre part, le Kenya revint aux Britanniques, ce qui leur permit d'imposer l'anglais comme langue officielle.
Aussitôt, le sultan d'Oman accorda une concession à l'Imperial British East Africa Company. Un chemin de fer fut construit à travers le Kenya pour désenclaver l'Ouganda et atteignit le lac Victoria en 1901. Des travailleurs indiens furent employés à la construction de cette ligne qui devait faciliter la conquête de l'intérieur du pays. Effectivement, les populations locales ne purent résister à l'extension du protectorat britannique. Pendant que les militaires et les administrateurs britanniques imposaient l'unilinguisme anglais, les missionnaires apprenaient le swahili afin de communiquer avec les populations locales. Johann Ludwig Krapf fut le premier missionnaire à décrire le swahili, à rédiger la première traduction de la Bible dans cette langue, ainsi que le premier dictionnaire et la première grammaire. Au cours du XVIIIe siècle, le swahili s'était répandu dans l'océan Indien, notamment aux îles Comores et à Madagascar, puis en Afrique du Sud, à Oman et aux Émirats arabes unis. Au siècle suivant, la langue s'est étendue à des pays tels que la Tanzanie, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Congo-Kinshasa, la République centrafricaine et le Mozambique.
À la fin de la Première Guerre mondiale, durant laquelle plus de 150 000 Kenyans furent enrôlés dans l'armée britannique, environ 9000 Britanniques s'établirent sur les hauts plateaux, qui devinrent une colonie européenne de peuplement. En 1919, la population autochtone fut gravement affectée par la famine; les Kikuyu, les Kamba et les Luo se révoltèrent à plusieurs reprises contre l'accaparement de leurs terres. En 1920, le Kenya devint officiellement une colonie de la Couronne britannique. Le nouveau statut colonial permit la création d'associations de Kikuyu, qui luttèrent contre la mainmise britannique. Il se créa aussi des mouvements indépendantistes.
3.4 Le combat pour l'indépendance
En 1952, éclata la révolte anti-britannique des Mau-Mau, une société secrète kikuyu. Ses membres revendiquaient par la violence la restitution de leurs terres et de leurs droits; leurs attaques visaient les colons ainsi que leurs collaborateurs. Non seulement la révolte fut-elle sévèrement réprimée, mais elle frappa l'ensemble des Kikuyu sans distinction: 13 000 d'entre eux furent massacrés, 80 000 internés, et l'État d'urgence ne fut levé qu'en 1960. Leur leader, Jomo Kenyatta, fut condamné à sept années de prison «pour complicité présumée» avec les Mau-Mau. Toutefois, les changements au Kenya étaient désormais incontournables, les autorités coloniales ayant favorisé la formation d'une classe moyenne africaine en encourageant les autochtones à s'engager dans les cultures d'exportation. En 1957, les petits planteurs africains furent autorisés à élire huit représentants au Conseil législatif de la colonie.
Durant ce moment, le mouvement indépendantiste se structura. L'Union nationale africaine du Kenya (Kenya African National Union ou KANU) fut fondée en 1960; Jomo Kenyatta en prit la direction après sa libération, l'année suivante. Tout en prônant la création d'un État centralisé, la KANU s'appuyait sur les deux principales ethnies: les Kikuyu et les Luo. Kenyatta alla représenter le KANU lors des deux conférences de Lancaster à Londres, qui devaient préparer la future Constitution du Kenya indépendant. L'indépendance devint effective le 12 décembre 1963. Jomo Kenyatta, dont le parti avait remporté les élections, devint président (à 74 ans) de la nouvelle république indépendante.
   
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