| Difficile de faire parler Don S Davis de
lui-même, cela l’amène immanquablement à faire l’éloge de quelqu’un
d’autre ... à dire son admiration pour les gens avec qui il travaille
ou d’évoquer le talent de ses amis. C’est plus fort que lui.
Que GateWorld lui demande s’il est fan
de science fiction, il répond qu’il ne l’est devenu que sur le tard, à
cause ... de ses amis. Alors qu’à lire entre les lignes, on s’aperçoit
vite de sa culture étendue, y compris dans ce domaine. Il commente avec
humour et intelligence son parcours d’amateur éclairé « ... Je n’ai
jamais vraiment aimé la science fiction au cinéma ou à la télévision.
Car lorsque j’avais votre âge, il faut bien l’avouer, c’était plutôt
kitch ! Pas réaliste pour un sou, souvent grossier et à la limite
crétin ! Je préférais de loin lire des auteurs comme Assimov et
imaginer moi-même des choses bien plus merveilleuses. Comme avec Wells,
ou tant d’autres. ... En fait c’est grâce à mon fils, qui devait avoir
4 ou 5 ans, que je me suis à nouveau intéressé au sujet. Il a fait des
pieds et des mains pour que je l’emmène voir Star Wars ...sur le moment, ça ne m’a pas plu ...
GateWorld : Vraiment ?
Don : Vraiment ! Pareil avec Star Trek,
franchement, je trouvais ça plutôt nul. Bien que depuis, beaucoup des
acteurs soient devenus mes amis. J’avais vraiment du mal ... avec ces
programmes, conçus à la va vite et donc un peu bâclés ... vous
comprenez, j’ai enseigné l’art pendant vingt ans et tenter de donner à
mes étudiants les moyens de faire des choses fouillées, travaillées,
avec un certain « sens du beau » ... alors quand je voyais ce genre de
trucs, et spécialement des films qui ressemblaient à des bidouillages
fait par des gamins de deux ans ! Non, ça ne me plaisait pas.
GW : Pourtant, vous avez dit plus tard que vous aviez apprécié les nouvelles moutures de Star Trek. Comme Next Generation, je suppose ?
Don : Oh oui, et quelques autres maintenant. Tout cela s’est nettement
amélioré. Un de mes shows favoris à la télévision, était une production
canadienne du nom de Lexx. C’est tout simplement magnifique. Dans le domaine de la science fiction j’aime bien Doctor Who, et Le Guide de l’Auto stoppeur pour la Galaxie. C’est d’enfer ! J’ai tous les DVDs à la maison.
Je vous l’ai dit, j’y suis venu sur le
tard. Un de mes auteurs préféré, est encore une fois un canadien,
Spider Robinson. Si vous voulez lire un truc vraiment chouette lisez Les Chroniques Callahan.
Sa femme elle aussi est une grande écrivaine. J’adore les romans
policiers. Et elle écrit des histoires où science fiction et enquêtes
policières se mêlent. Pleines de talent et d’humour. Un jour j’en
lisais une dans l’avion et l’hôtesse s’est émue de mon comportement. Je
passais du rire aux larmes en quelques minutes. Ils ont tellement
d’imagination l’un comme l’autre. Ce sont des gens formidables !
Mais oui, en fait, j’aime bien la
science fiction. Je lisais Ray Bradbury au moment où John F Kennedy a
été abattu. Les gens qui ont vécu ce moment disent tous qu’ils se
souviennent exactement de ce qu’ils faisaient à cet instant. Il se
trouve que moi, j’étais en train de lire Ray Bradbury.
GW : D’accord. Eh bien. Alors on peut dire que vous êtes tout de même attaché à la science fiction.
Don :
Bien sûr. Voyez vous, j’ai grandi avec de grands auteurs de science
fiction. Toutes les histoires d’HG Wells, Ray Bradbury et encore une
fois, Isaac Assimov. Juste de grands écrivains.
GW : A l’heure où la science fiction se fait voler la vedette par des histoires comme le Da Vinci code, ça fait plaisir de voir qu’il y a aussi des auteurs comme Greenburg et Wright, et Glassner, alors.
Don : (en riant) vous pouvez le dire.
GW : Parlons en justement. Reprenons depuis le début, Don. Comment êtes vous devenu le Général Hammond ?
Don : Il
y a quelques années je suis venu au Canada pour enseigner à
l’Université de Colombie Britannique. J’ai enseigné pendant dix ans,
j’ai même été publié. Je disposais de mes étés en entier ! Cela
m’arrangeais de pouvoir travailler un peu durant cette période. Mais
les règles étaient strictes, je n’avais le droit de pratiquer qu’une
activité artistique. J’ai choisi le théâtre et un des mes amis prof qui
enseignait l’art dramatique, et faisait lui-même quelques apparitions
au cinéma et à la télévision, m’a convaincu de rencontrer son agent !
Pour gagner un peu d’argent nous faisions de la figuration sur les
séries télé qui se tournaient à Vancouver. Je suis devenu doublure,
puis cascadeur ... j’ai commencé comme « motard qui se fait tirer
dessus ». On m’avait affublé d’un mélange peu ragoûtant à base de
spaghetti et de fromage fondu qui donnait vraiment l’impression que le
gars d’en face m’avait bel et bien fait sauter la cervelle ! Et puis
j’ai été la doublure d’un tel, puis de l’autre ... et quelques années
plus tard, je suis devenu la doublure du second rôle dans Mac Gyver.
Quand Ils ont tourné Mac Gyver,
le patron de Richard Dean Anderson était joué par Dana Eclar. Et ils ne
trouvaient pas de doublure ayant « la stature » de Dana. Ou quiconque
qui lui ressemble, d’ailleurs. De plus il leur fallait un vrai
cascadeur. Et le monde des cascadeurs est tout petit. Alors un jour,
l’un d’entre eux leur a dit « Moi j’connais un gars en ville qui vous
fera ça au poil ! C’est fou ce qu’il lui ressemble. On dirait son
propre frère ! Et c’était parti !
Je suis devenu sa doublure « lumière », puis très vite sa doublure pour les scènes d’action !
Vous devinez aisément la suite. Michael Greenburg et Rick me connaissaient depuis longtemps. Quand ils ont eu le feu vert pour Stargate,
ils m’ont appelé pour lire le script en me proposant le rôle d’Hammond.
Voilà comment je l’ai eu. Pas parce que j’ai du talent, ou parce que
j’aurais tué quelqu’un pour l’avoir ! Non, ces deux gars sont juste des
types plein de loyauté. Et puis, ils savaient qu’ils pouvaient me faire
confiance.
Loyauté, amitié, confiance. Des mots qui reviennent inévitablement dans la bouche de Don quand il évoque « la famille Stargate », comme la nomme lui aussi Richard.
GateWorld : Vous avez toujours été plus
ou moins considéré comme « la figure paternelle » de l’équipe. Et cela
paraît évident à quiconque vous a rencontré dans les conventions, à
vous écouter parler d’eux, que vous êtes attachés à ces personnes.
Don S Davis : C’est évident.
GW :
Pouvez vous nous en dire un peu plus sur vos sentiments à l’égard de
chaque membre de la distribution régulière, comme Teryl, par exemple ?
Don : Eh
bien, tout le monde sait que Teryl est comme ma propre fille. En fait,
elle appelle ma femme « Maman ». C’est une personne vraiment très
spéciale. Bourrée de talent. Amanda et elle sont tout aussi belles à
l’intérieur qu’à l’extérieur. Elles sont vraiment, vraiment, toutes les
deux pleines de talent.
Michael, ah, lui ... Je pense que
Michael ... je ne sais pas comment dire cela avec délicatesse : Michael
se rend un très mauvais service s’il ne cesse pas bientôt de faire de
la télé pour se consacrer bien vite au cinéma. Il est exceptionnel !
Chris Judge ah ! Lui, c’est « le plus
gros cœur » que j’ai jamais rencontré ! Je n’avais jamais vu un type
aussi à l’aise ... peu importe qu’il soit au milieu d’un parterre de
célébrités, qu’il se trouve avec des gens importants comme des
ambassadeurs ou des diplomates, ou qu’il soit avec des enfants ... ou
qu’il croise quelqu’un dans la rue : il vous adresse un sourire. Il a
une telle aura, c’est ce qu’il y a de mieux dans la vie !
Et Rick ... vous savez, vous oubliez
peut-être ... ou les gens ont oublié, combien il a été célèbre, et
unique. Il est dans les livres sur l’histoire de la télévision ! Et si
ça se trouve il est déjà dans le dictionnaire !
GW : Mac Gyver ...
Don : Eh oui. On est sur le point d’ajouter « Mac Gyver »
au langage courtant en Amérique ! C’est le synonyme de débrouillard !
Mais aussi de courageux. Son personnage lui ressemble. Il est si fort !
Et il a recommencé avec O’Neill, le bougre ! Il a « repris » le
personnage qu’un autre grand acteur avait incarné dans le film, Kurt
Russel. Et il lui a imprimé une toute autre direction. Il a étoffé le
personnage au point de transformer un nain en géant. Et je suis un
grand fan de Kurt Russel ! J’ai travaillé avec lui. C’est un homme
charmant. Pas comme moi, qui semble minimiser son talent ... Mais c’est
juste que Rick a fait avec ce personnage ce qu’il avait fait avec Mac
Gyver. Un mythe. L’Air Force a fort apprécié l’image qu’il a renvoyée
de ses hommes et lui a même décerné une médaille !
GW : Oui ! Il a été nommé Brigadier Général d’Honneur.
Don : Exactement !
GW : C’était impensable.
Don : Et pourtant ...
GW : A ce propos, vous avez dit que votre propre expérience dans l’Armée a influencé votre façon d’interpréter Hammond.
Don : Eh
bien, vous savez, je dois l’avouer, je fais partie de ces gens qui
n’auraient pas eu la vie qu’ils ont aujourd’hui si je n’avais pas fait
mon service. Je n’ai jamais pensé que la guerre du Vietnam était
justifiée. C’était un mensonge. Tout cela était bâti sur un mensonge.
Je pense que le problème iraquien, c’est pareil ! Mais ce ne sont pas
les militaires qui déclarent les guerres. Ce sont les politiciens qui
le font. Soit pour se remplir les poches, soit parce qu’ils sont
idiots. Et les militaires sont là pour protéger et défendre le pays,
alors, un jour, il faut bien qu’ils « y aillent » ...Je suis atterré et
triste quand je vois tout ce gâchis de vies humaines. Ce que les uns et
les autres sont forcés de faire est ignoble...
Et Don part dans une plaidoirie pour ces militaires toutes générations
et guerres confondues, qui se retrouvent tour à tour bourreaux ou
victimes ... et sans les juger ou les encenser, blâme « les
hypocrites » qui les envoient « à l’abattoir » ...
« Un des problème de l’humanité ... »
poursuit-il, « c’est qu’il est encore un animal, et se comporte souvent
en animal ... c’est sa nature. Mais il existe dans toute cette
« meute » des gens bien, qui cherchent à défendre leurs congénères ...
et oui, souvent, ils doivent prendre les armes... »
Don : ouah, ça va m’attirer des problèmes ! (en riant)
Et GateWorld de changer de sujet : que pensez vous de la saison 9, Don ?
Don : je
suis honteux d’avouer que je n’ai pas regardé la télé depuis un bon
bout de temps, mes problèmes de santé d’abord puis mes autres activités
ensuite, m’ont accaparé. Mais pour ce que j’en sais, le show se porte
plutôt bien et la nouvelle distribution est talentueuse, je leur fais
confiance, pour porter la série encore quelque temps...
GW : mais vous allez bien aujourd’hui, et vous êtes heureux ?
Don : Je le suis.
GW : Dans les années à venir, si Stargate
continue à se transformer et à grandir, que voudriez vous que les fans
retiennent de votre implication dans le show ... l’empreinte que vous
laisserez, si vous préférez, dans cette franchise ?
Don :
Juste qu’Hammond est un homme bon qui prend soin des gens qu’il
commande, parce qu’il les aime. Ce qui je crois est un portrait assez
juste.
Ce qui, je crois, est un portrait assez
juste de celui qui l’incarne : Don S Davis. Que tous les fans
apprécient, pour sa bonhomie et sa gentillesse, pour son franc parler
aussi, et pour sa sincérité. Et son immense talent. Respect, mon
Général.
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