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3/5/2008 - la stigmatisation

paix à tous les êtres  ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi

 

La stigmatisation de l'obésité, la dure vie des personnes en surpoids, l'angoisse de ceux qui craignent de le devenir!


La lutte contre le surpoids et l’obésité s’intensifie. Elle s’articule majoritairement autour des questions alimentaires et de l’activité physique, sans grand succès jusqu’alors, laissant en marge tous ceux qui n’entrent pas dans les normes de poids qu'il conviendrait de respecter pour être en bonne santé et pour espérer vivre le plus longtemps possible.

Dès le plus jeune âge, la crainte de devenir gros isole ceux qui dépassent les courbes admises, pointant d’emblée la différence.

Difficile de cacher ce qui se voit dans un monde qui valorise la minceur et qui le rappelle inlassablement dans les messages publicitaires et les mises en garde contre les facteurs de risque.

Ce qui n’est pas conforme devient hors la loi et facteur de discrimination de façon presque inconsciente pour tous.

On se met à regarder avec inquiétude toute courbe qui s’accentue en se demandant de quel côté va pencher la balance. Le gros devient celui à qui on ne veut surtout pas ressembler.

Les conséquences de cette exclusion sont peu décrites. Pourtant elles contribuent à majorer les difficultés que rencontrent certains, et participent sans doute à l’accroissement de l’obésité.



Dimensions sociales de la stigmatisation

La stigmatisation a été décrite par Erwing Goffman comme un processus de discréditation qui touche un individu considéré comme «anormal», «déviant». Il devient alors réduit à cette caractéristique dans le regard des autres.
Cette «étiquette» justifie une série de discriminations sociales, voire d’exclusion.
Le stigmatisé se construit alors en fonction de ces rejets en développant une dépréciation personnelle altérant l’image de soi et légitimant ces jugements négatifs de façon irréversible le plus souvent.

«Par stigmatisation, nous signifions le rejet et la disgrâce qui sont associés à ce qui est vu (l’obésité) comme une déformation physique et une aberration comportementale» (Cahnman, 1968).

De nombreux auteurs ont envisagé l’impact social de la stigmatisation en montrant comment un certain nombre d’attitudes négatives à l’égard des sujets obèses peuvent se transformer en véritables discriminations.
Des liens statistiquement significatifs ont été démontrés entre l’obésité et:
- l’accès à l’enseignement supérieur (Canning et Mayer, 1966),
- l’accès à l’emploi (Matusewich, 1983, Benson et coll, 1980),
- le niveau de revenus (McClean et Moon, 1980),
- la promotion professionnelle (Hinkle et coll, 1968),
- la vie domestique (Karris, 1977, Myers et Rosen, 1999).

Ce jugement apparaît de façon très précoce. Les enfants, dès l’âge de trois ans, portent des jugements stigmatisants. (Cramer et Steinwert, 1998).
Les études de Jean-Pierre Poulain confirment ces résultats, ainsi que celles de Jean-François Amadieu sur les discriminations dans l’emploi.


Ces attitudes négatives sont largement représentées même au sein du corps médical:
De nombreuses études américaines valident le processus de stigmatisation de la part du personnel médical et paramédical au sein des institutions de santé (Maddox et coll., 1968 ; Price et coll., 1987 ; Najman et Munro, 1982 ; Myers et Rosen, 1999), ou encore chez les étudiants en médecine (Blumberg et Mellis, 1985).
De nombreux témoignages concernant cette situation dans notre pays confirment cette orientation, quoiqu'un changement semble se dessiner existe depuis quelques années.
Le
discours épidémiologique dominant, qui labellise l’obésité en la considérant comme une déviance, encourage a stigmatisation de façon indirecte, mais importante.
Le discours de prévention, aussi bien intentionné soit-il, est massivement repris par les médias qui servent de chambre d'écho. On distille en permanence la peur des facteurs de risque liés à l’obésité, on valorise dans le même temps les images de minceur et de maigreur et on présente l’obésité de façon strictement négative.


Dimensions individuelles de la stigmatisation

Le rejet social induit chez la personne en surcharge pondérale une perte de l'estime de soi. Dans certains cas, la mise à l'écart a commencé tôt dans la vie de l'individu. Elle a induit ou majoré des troubles du comportement alimentaire et des perturbations identitaires.
Le professionnel à qui il est demandé de prendre en charge les personnes en souffrance avec leur poids et leur comportement alimentaire est vite aux prises avec les conséquences individuelles de la stigmatisation:

Honte et culpabilité
Manger est, dans notre culture, profondément lié à la culpabilité.
Le fait de ne pas être "aux normes", l'échec renouvelé des régimes amaigrissants, les pertes de contrôle qu'entraînent les privations, c'est-à-dire l'état de restriction cognitive, tout cela induit de la culpabilité.
Pour Serge Tisseron, (1992), cette culpabilité une forme d’intégration sociale car elle tient compte de l’infraction aux règles établies.
A l’inverse, la honte serait une forme de dés-intégration, qui crée une rupture dans la continuité du sujet. L’image qu’il a de lui-même est troublée.

"L’individu est renvoyé à une impuissance radicale (il n’a plus de prise sur rien, il ne peut plus rien maîtriser) qui est en fait la traduction mentale d’un effondrement qui peut toucher chacun des domaines de ses investissements psychiques narcissiques, sexuels ou d’attachement." (Tisseron. S.La honte. Psychanalyse d’un lien social. Dunod, Paris, 1992, p.3)
Cet auteur distingue la culpabilité, qui peut être confiée pour être expiée, et la honte qui ne peut qu’être niée ou dissimulée, même du sujet, donc difficile à atteindre.
Il considère la culpabilité comme une adaptation de la honte au même titre que la résignation, l’ambition, la dénégation et le déni, la projection et l’indentification projective.
Il propose d’aborder la honte avec :
- l’affect (avec les différents sentiments qui peuvent s’y entremêler);
- les perceptions actuelles qui l’accompagnent;
- les images ou traces mnésiques qu’elle mobilise chez le sujet honteux;
- les représentations verbales qu’il s’en donne à lui-même et qu’il peut éventuellement en donner aux autres;
- les possibilités d’action que la honte mobilise et qui incitent le sujet honteux à s’en dégager ou, au contraire, à s’y engager davantage.

Mais qu’est-ce que la honte ?
Elle apparaît chaque fois que le sujet est confronté à un regard extérieur remettant en question l’idée qu’il se fait de lui-même.
Vincent de Gaulejac (1996), évoque le sentiment d’illégitimité, le sentiment d’infériorité, un sentiment de déchéance privé ou public, le non-dit qui restreint les capacités de symbolisation, et l’inhibition. (de Gaulejac V. Les sources de la honte, Desclée de Brouwer,Paris, 1996).

Pour l’individu obèse, la honte est intériorisée. Elle devient durable et s’enkyste dans l’appareil psychique.
La honte peut débuter dans l’enfance ou l’adolescence et se consolider, envahissant l’ensemble de la vie psychique. Elle a des effets sur la confiance en soi et la construction de la personnalité.
L’intériorisation du sentiment de honte s’effectue par paliers jusqu’à former un "nœud socio-psychique". Nous sommes particulièrement vulnérables à la honte à certains moments du développement :
- le stade du miroir et le narcissisme,
- le stade oedipien ou la confrontation à l’interdit et à l’ordre symbolique,
- la fin de la période de latence et la découverte du monde social,
- l’adolescence et les choix sexuels et sociaux,
- ou l’entrée dans la vie d’adulte et la recherche d’une place dans la société.

Ces phases sont délimitées arbitrairement, sachant qu’il existe un continuum dans le développement de chacun, qui prend en compte les éléments internes et externes.
A chacune de ces étapes, l’individu cherche un équilibre entre un Idéal du moi plus ou moins grandiose et inaccessible, et une représentation de soi qui se construit de façon négative. Il est ici confronté à la fois à lui-même et au regard d’autrui.
La soumission au regard de l’autre est d’autant plus intériorisée qu’il correspond à la norme en vigueur.

La honte persiste alors que l’humiliation a cessé, par exemple même en cas d’amaigrissement.
Elle peut être réactivée à chaque nouvelle situation de rejet et se potentialiser.

L’estime de soi est remise en cause par la mésestime des autres.
Une tension particulière se développe en rapport avec un refus de soi qui fait écho à ce qui est perçu du jugement d’autrui.
La nature de la souffrance dans ce sentiment de honte est liée à la dignité.

Elle au carrefour du social et du psychique.
Elle est formée d’émotions, d’affects, de fantasmes, liés les uns aux autres: rage, culpabilité, amour, haine, colère, agressivité, peur, sidération… Pour celui qui l’éprouve, elle est une souffrance psychique particulièrement douloureuse.
Tous les registres de l’existence sont contaminés, ainsi que toute l’identité dans ses aspects personnels et sociaux.
Chez autrui, elle suscite la pitié ou la compassion, la gêne ou le mépris. Le plus souvent elle isole, car elle est difficile à dire, mais aussi à entendre.


Psychopathologie de l'exclusion

La psychopathologie de cette exclusion n’est pas spécifique. Elle rejoint toutes les situations de rejet et de mise à l’écart.
Pierre Mannoni parle d’abdiction et de conduites abdictives avec comportements de retrait ou d’éloignement de l’objet.
L’estime de soi est défaillante. Un sentiment de honte diffus se construit au fur et à mesure des situations de rejet (regards significatifs dans les lieux communautaires, quolibets, injures).
La culpabilisation d’être gros s’entretient et se potentialise en induisant des jugements dévalorisants souvent très paralysants, et qui s’inscrivent comme des blessures, de façon définitive.
Certains luttent pour dépasser ce système de fausses valeurs tandis que d’autres, allant d’échec en échec, s’enferment , contractant de véritables phobies sociales qui les mettent en marge de tout partage social.
La violence perçue et intégrée peut être retournée contre soi, avec des passages à l’acte majorant ou induisant l’addiction et les troubles du comportement alimentaire.
Une auto-dépréciation de soi empêche parfois les relations sociales et la construction d’une relation d’amour.
Cela peut conduire à une forme de deuil de soi.

La stigmatisation ne crée probablement pas le surpoids et l’obésité, mais elle l’aggrave et l’entretient, dans un cercle vicieux difficile à vaincre et à stabiliser.
Elle désocialise le rapport à l’alimentation, accroît l’anxiété du mangeur, ce qui brouille les signaux internes de faim et de satiété, et favorise les conduites de compensation.

En somme, la stigmatisation des obèses aggrave leurs troubles du comportement alimentaire et les conduit à prendre du poids!




Prévention et stigmatisation implicite

Face à la question préoccupante de l’obésité et de son développement:

Les épidémiologistes tirent la sonnette d’alarme et cherchent des solutions pour enrayer ce phénomène.

Les hommes politiques,
en réponse à la préoccupation générale, examinent ce problème de santé publique prioritaire afin de légiférer.

Les médecins
compétents en la matière, qui ne peuvent faire autrement que de constater que les solutions univoques ne correspondent pas à la réalité clinique, sont partagés entre la poursuite des solutions proposées jusqu’alors (et qui n’ont rien réglé) et la remise en question de la médicalisation systématique du surpoids et de l’obésité.
Une minorité s’interroge sur le bien-fondé des solutions classiquement proposées, et sur les conséquences de leur généralisation à toute la population. Cette minorité, dont nous faisons partie, s'oriente alors vers une prise en charge d’emblée bio-psycho-sociale.

Les sociologues
qui étudient les conséquences de ces luttes pour combattre l'obésité, de ce désir effréné de minceur dans nos sociétés, constatent de façon unanime combien ils peuvent induire une stigmatisation des obèses, qui, on l'a dit, entretient et majore les problèmes de poids.

Des associations d’usagers
offrent un espace démédicalisé de reconstruction sociale en organisant des activités liées à l’estime de soi et à la lutte contre l’isolement.
Certaines associations vont dans le sens d’une acceptation du poids. Elles considèrent en effet que le remède a souvent été pire que le mal, et qu’il convient à chacun de choisir entre la poursuite de la course à l’amaigrissement ou bien l’acceptation de son poids et la recherche d'une stabilisation.
D’autres associations développent une information à destination des personnes en difficulté avec leur poids afin de les rendre plus autonomes, et se centrent sur la réparation de l'estime de soi.
D’autres encore accompagnent les usagers dans leur quête d’amaigrissement, se centrant parfois sur une méthode spécifique.


Comme on le voit, les intérêts et les actions des différents acteurs sociaux sont disparates. Comment, dans ces conditions, parvenir à harmoniser les efforts des uns et des autres afin de proposer des solutions efficaces et qui n’aggravent pas les problèmes?

Et ce d'autant plus que les actions de prévention peuvent être en elles-mêmes des facteurs de stigmatisation. Ainsi en est-il des personnes qui ne sont pas en mesure de maigrir, d’entrer dans des normes,de tous ceux qui ont grossi de façon irréversible au fil des tentatives d’amaigrissement.
Le problème de la stigmatisation est donc indissociable des mesures préventives proposées pour lutter contre l’obésité.



Comment lutter contre la stigmatisation de l'obésité?


Jeffrey Sobal propose un modèle pour "faire face à l’obésité" qui s’articule sur quatre étapes (Sobal 1991):
— La reconnaissance. Il s’agit de permettre l’identification et la prise de conscience des mécanismes de la stigmatisation.
— L’anticipation.
Elle prépare les obèses aux effets de la stigmatisation, leur permettant de repérer les différents contextes sociaux où elle se manifeste et certaines catégories de personnes qui sont les acteurs concrets de la discrimination ("les grands stigmatiseurs" de Goffman).
— La réaction.
Elle rassemble différentes attitudes psychosociales et techniques comportementales immédiates et à long terme, permettant de mieux assumer la stigmatisation.
— La réparation.
Elle cherche à faire reconnaître, par la société et les autorités sanitaires et administratives, le phénomène de stigmatisation et tente de promouvoir les actions de communication, voire des réformes législatives susceptibles de transformer les attitudes sociales envers l’obésité.
(Propositions reprises par le sociologue Jean-Pierre Poulain (Jean-Pierre Poulain, Rossana Proença, Sandrine Jeanneau et Laurence Tibère. "T’as vu comme t’es gros? Faire face à la stigmatisation sociale des obèses", p 11 et 12)

La lutte contre la stigmatisation peut être envisagée sous 2 angles :
— Assistance et accompagnement des sujets obèses en vue de les aider à mieux supporter la stigmatisation et d’y faire face.
— Actions auprès des acteurs sociaux dans le but de leur faire prendre conscience des mécanismes de la stigmatisation et d’en limiter les effets.

Les actions peuvent se situer au niveau de :
— Communication/publicité:
via les orientations de santé publique.
— Ecole/enseignants
/ surtout professeurs de gymnastique. L'exercice physique pourrait constitue un levier d’intégration des enfants obèses et pourrait contribuer à leur valorisation, plutôt qu'à leur dévalorisation.
— Milieu médical:
il y a, de ce côté là, sans doute beaucoup à faire…
— Grand public:
on pourrait par exemple envisager d’intervenir dans le processus social qui organise, légitime et propage les représentations qui sous-tendent la stigmatisation. Pourquoi pas des campagnes de communication de masse, des actions de soutien aux organisations de défense des obèses, voire, comme vient de le décider l’Espagne, l’interdiction de la diffusion d’images de mannequins et de top models au look trop anorexique et dont l’IMC est inférieur à certaines valeurs?


"Un gros espère toujours un peu malgré ses innombrables échecs. Le regard de l’autre lui demande d’espérer. Un regard lourd à porter, beaucoup plus lourd que notre poids."
Anne Zamberlan (co-fondatrice d’Allegro Fortissimo)






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3/5/2008 - ne pas maigrir idiot

paix à tous les êtres  ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi

 

Les alternatives aux régimes ou
Comment ne pas maigrir idiot


Petite question préalable : Maigrir un peu, beaucoup ou pas du tout

— Il n'est pas sans intérêt de se demander si maigrir est un jeu qui en vaut la chandelle. Il y a beaucoup de candidats, mais peu d'élus.
— On se demandera ce qu'on attend de l'amaigrissement, ce qu'il changera dans notre existence, si on ne pourrait pas se contenter de perdre seulement une partie de son surpoids, voire ne rien perdre du tout.
— Sauf dans le cas d'un problème de santé majeur,
MAIGRIR N’EST PAS OBLIGATOIRE : C’EST UN CHOIX.
— On peut aussi choisir d’assumer son surpoids et profiter de la vie pendant qu’il en est temps. Si on fait ce choix, tous les problèmes ne seront cependant pas résolus : il faudra faire face à une société intolérante, apprendre à faire en sorte qu’elle n'empêche pas d’être heureux et de vivre pleinement son existence. Il faudra veiller aussi à sa santé, faire une minimum d'exercice physique, manger aussi sainement que possible, se soigner si on a de l’hypertension artérielle et des problèmes cardio-vasculaires, du diabète, des problèmes articulaires ou d’autres problèmes. Le fait de choisir de rester gros n’annulera pas par magie ses difficultés psychologiques: pourquoi ne pas se faire aider dans ce domaine aussi, si nécessaire ?

— Quoi qu’il en soit, on n'a qu'une seule vie et pas de temps à perdre : mieux vaut vivre tout de suite, ne pas attendre une minceur idéale et trop souvent mythique.

— Qu'on décide de maigrir ou de s'assumer tel qu'on est, il est toujours bon de comprendre les tenants et les aboutissants de ce à quoi nous sommes confrontés :


Une autre approche de l'amincissement

On mange trop pour ses besoins parce qu'on ne tient pas compte des signaux que nous adresse notre corps.
— L'incapacité à percevoir ou prendre en compte les sensations alimentaires qui renseignent sur ses besoins physiologiques est un facteur d'obésité dont il faut tenir compte. On ne sait pas reconnaître la sensation de rassasiement, ou bien on la néglige parce qu'on ne mange pas par faim, mais pour des motifs d'ordre psychologique.
— Cet élément est particulièrement important dans la mesure où la pratique des régimes aggrave ces troubles de la perception des signaux alimentaires. Ainsi, les régimes à répétition, au lieu d'améliorer la situation, aggravent la maladie-obésité.

Pour parvenir à maigrir durablement, il faut :
— Se réconcilier avec les aliments, cesser de leur faire la guerre, réapprendre à manger de tout un peu.
— Apprendre à faire face à ses difficultés de vie autrement qu'en mangeant.



Changer de perspective face à la nourriture


Manger en toute conscience
— 
Les nourritures les meilleures sont aussi, le plus souvent, les plus nourrissantes.
— Mais il n'est pas très rationnel de reprocher à la nourriture d'être nourrissante.
— Il vaut mieux manger ce qu'on aime, en profiter pleinement, sans culpabilité. On mangera donc de la viande et du poisson, des légumes et des fruits, du pain, du riz et des haricots, mais aussi des frites, des gâteaux et des biscuits, du chocolat et du foie gras.
— On dégustera ces aliments et on s'intéressera à leur goût, leur vrai goût, les sensations qu'ils procurent en bouche, pour en profiter pleinement.
— Que constate-t-on? Quand on a faim, ils paraissent délicieux. Plus on mange, et moins ils sont bons
au goût:
c'est le signe qu'on est rassasié.
— L'objectif est de devenir capable d'écouter son corps et de s'arrêter de manger quand on a suffisamment mangé.
— Les sensations de faim et de rassasiement sont le plus souvent niées et mises de côté chez les personnes qui font des régimes et qui mangent selon des plans rigides et préétablis. Il s'agit donc là d'une véritable rééducation du comportement alimentaire.




Perdre de la nourriture pour perdre du poids
— 
Manger des bonnes choses est bien, à condition de ne pas en manger trop. Maigrir, c'est être capable de déceler la part de nourriture qui est en trop et savoir se contenter de celle qui est suffisante pour satisfaire ses besoins.
— Abandonner une partie des aliments qu'on a à sa disposition, y renoncer et en faire son deuil sont des actes difficiles pour la plupart des personnes en surpoids, qui nécessitent là encore une rééducation du comportement alimentaire et des progrès psychologiques.




Progresser sur le plan psychologique


La réponse alimentaire face à un problème de nature non alimentaire:
— 
La consommation de nourritures en excès est très souvent une modalité de défense contre des difficultés psychologiques variées.
— Par exemple, trop manger anesthésie et évite d'avoir à affronter des pensées déplaisantes, des émotions auxquelles on ne parvient pas à faire face.
— On finit par manger pour ne pas avoir à s'appesantir sur les ratages amoureux et professionnels, les angoisses du lendemain et du surlendemain, les sentiments de culpabilité, les colères, les haines, les rancœurs, les frustrations, les insatisfactions de tous ordres.
— On en vient à entretenir ses difficultés avec son poids et son alimentation comme un démon familier: sa présence est certes douloureuse, mais elle nous protège d'autres démons, qu'on suppose pires encore.
— Pour parvenir à maigrir durablement, il convient de régler ses différents problèmes, faute de quoi on ne parviendra pas à diminuer ses prises alimentaires et juguler les compulsions.
— Une démarche psychologique doit être envisagée d’emblée dans le traitement des troubles du comportement alimentaire.


Quelques situations classiques qui peuvent conduire à manger en excès

Je ressens une faim intolérable, une impression de malaise. Si je ne mange pas, je vais perdre connaissance.
Je sais que des aliments que j’aime sont à portée de main.
J’ai du travail à faire et j’ai besoin de manger pour parvenir à me concentrer et à travailler.
J’ai eu une " contrariété " et je mange pour l’annuler.
Les émotions fortes, le bonheur comme le malheur, me font manger.
Je mange pour lutter contre mon anxiété ou une sensation de malaise général.
Je mange dans les moments d’ennui, de vide.
Je mange quand je ressens un sentiment d’insatisfaction de ce que je suis, de ma vie en général.
Je mange pour me punir.
Je mange pour faire plaisir, ne pas peiner quelqu’un qui m’offre de la nourriture, pour participer à l’ambiance générale.
Je mange par révolte, lorsque je subis trop de contraintes.
Je mange pour m’opposer à quelqu’un (mon conjoint, mon parent, mon médecin) qui voudrait me faire maigrir et qui surveille ce que je mange.




Par qui se faire aider ?

Somaticien ou psy ?

— Un médecin généraliste, un médecin nutritionniste ou un diététicien qui ne considèrent l'obésité que sous son aspect diététique envisagent le problème dans une optique à court terme. Ils ne permettront, dans le meilleur des cas, que des résultats à court terme.
— Un psychologue ou un psychiatre qui ne considèrent que la dimension psychologique n'apportent eux aussi qu'une aide partielle. Les personnes en difficulté avec leur poids et leur alimentation ont souvent besoin d'une aide psychologique, mais celle-ci ne suffit pas à ce que le comportement alimentaire se modifie.
— Un thérapeute qui envisage le problème à la fois dans ses dimensions alimentaires et psychologiques, ou bien deux thérapeutes travaillant en coordination seront souvent plus efficaces.



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3/5/2008 - maigrir en prenant des médicaments

paix à tous les êtres  ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi

 

Peut-on maigrir durablement en prenant des médicaments ?
 
 
 


Le "bon" médicament amaigrissant


Les médications amaigrissantes sont décevantes : soit elles se révèlent inefficaces, tenant davantage du placebo, soit elles permettent un amaigrissement, mais se révèlent alors dangereuses pour la santé.
Il est dans la nature même des médicaments d’avoir un effet qui ne dure que durant qu’on les prend. On regrossit donc dès qu’on les arrête. Il n’est pas rare qu’on reprenne plus de poids qu’on n’en avait perdu. Ceci a en particulier été observé avec les extraits thyroïdiens et les coupe-faim.
La tendance au surpoids et l’obésité sont des problèmes à considérer sur la durée. Le médicament idéal serait donc celui qu’on pourrait prendre la vie entière. Il faut pour cela qu’il soit totalement dénué de toxicité. La recherche continue…



Les extraits thyroïdiens


Les hormones thyroïdiennes accélèrent le métabolisme et provoquent ainsi une rapide combustion des réserves énergétiques et donc une perte de poids. Malheureusement, cette perte de poids correspond certes à une perte de graisse, mais aussi à une perte de tissus maigres et de muscles.
Lorsqu’on arrête le traitement, comme la réduction du volume musculaire entraîne une baisse des dépenses de l’organisme, les besoins en énergie sont considérablement abaissés. Dans ces conditions, la reprise d’une alimentation normale se traduit par une prise rapide de graisse et, dans la grande majorité des cas, par un poids supérieur à celui qui avait motivé la prise d’hormones. En définitive, le traitement aura conduit à échanger du muscle contre de la graisse, avec un bonus pondéral supplémentaire.
Les extraits thyroïdiens provoquent en outre des bouffées de chaleur et des sueurs, des palpitations, des signes de nervosité. Ils peuvent entraîner aussi des troubles cardiaques, mortels dans certains cas.
Ces médicaments, dangereux et inefficaces sur le moyen et long terme, ne sont plus prescrits comme produits amaigrissants. Il arrive encore cependant que certains médecins prescrivent pilules et crèmes à base d’hormones thyroïdiennes, non plus directement, mais généralement dissimulées parmi d’autres prescriptions, et arborant souvent, de façon parfaitement abusive, l’étiquette de "prescription homéopathique".




Les diurétiques


L’eau pesant un kilo par litre, la prise de diurétiques se traduit donc par une perte de poids lisible sur la balance, pouvant aller jusqu’à deux à trois kilos au maximum. Il n’est pas possible de perdre davantage d’eau. Les diurétiques ne permettent pas de perdre de graisse ou de cellulite.
Dès l’arrêt des comprimés, l’organisme asséché retient l’eau qui lui fait défaut et les kilos "perdus" réapparaissent comme par miracle. Afin de maintenir cet abaissement pondéral artificiel de un à deux kilos, il est donc nécessaire d’avoir recours aux diurétiques de façon permanente.
Or ces prises répétées provoquent une déshydratation, une chute de la tension pouvant conduire à un état de fatigue permanente, des vertiges et des syncopes. La fuite de potassium dans les urines peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, parfois mortels.



Les laxatifs


Certaines personnes pensent que les laxatifs peuvent contribuer à leur amaigrissement en soustrayant les nutriments au processus de digestion. C’est vrai en cas de prise importante: la diarrhée provoquée est alors telle que bon nombre de nutriments n’ont pas le temps d’être absorbés.
La prise de laxatifs en quantité importante et régulière aboutit à une perte d’eau et de sels minéraux, en particulier de potassium. On risque alors une déshydratation entraînant chutes de tension, fatigue, vertiges et syncopes, ainsi que des problèmes cardiaques, s’avérant parfois mortels. Les personnes boulimiques sont fréquemment sujettes à la frénésie laxative.
Des prises moindres, outre qu’elles n’ont aucun effet sur le poids, rendent l’intestin paresseux : les laxatifs finissent par constiper.


Les anciens coupe-faim


LE DINITROPHÉNOL. Le dinitrophénol est un produit chimique largement utilisé en chimie. Il provoque des troubles graves en cas d’intoxication (éruptions cutanées, cataracte, fièvre intense, mort). Il a été commercialisé en tant que produit amaigrissant dans les années 1930, puis interdit dans les années 1940.

L’ÉPHÉDRINE.
Cet alcaloïde est extrait des éphédras, plantes qui poussent à l’état sauvage en Chine, au Tibet et au Pakistan. Il est alors commercilisé sous le nom de ma huang. Il est aujourd’hui produit par synthèse. Il est utilisé en ophtalmologie pour dilater les pupilles, et entre dans la composition de médicaments antiasthmatiques ou pour traiter le rhume en raison de son pouvoir vasoconstricteur sur la muqueuse des voies respiratoires. Il est aussi psychostimulant, stimulant cardio-vasculaire et considéré comme dopant.

La PHÉNYLPROPANOLAMINE a sensiblement les mêmes effets que l’éphédrine.

Attention: ces médications, qui avaient été abandonnées avec l'arrivée des coupe-faims amphétaminiques réapparaissent dans les prescriptions magistrales (compositions que le pharmacien doit composer en officine) de certains charlatans amaigrisseurs!

Les coupe-faim amphétaminiques et leurs rejetons


L’AMPHÉTAMINE. L’amphétamine agit sur le cerveau et, activant le centre de l’éveil, provoque un état d’excitation physique et intellectuelle. On s’est également rendu compte qu’elle diminuait la prise de nourriture, essentiellement en retardant la survenue de la faim et en réduisant la taille des repas.
L’AMPHÉPRAMONE.
Certains dérivés de l’amphétamine conservent l’effet de coupe-faim, mais ont une action excitante réduite, cinq à six fois moindre. Parmi eux, l’amfépramone a été l’anorexigène le plus prescrit dans le monde. Ce médicament engendre bouche sèche et nervosité dans près de 10 % des cas, et plus rarement insomnies, constipation, fatigue, vertige, somnolence ou impression de tête vide. Plus exceptionnels sont les accidents d’ordre psychiatrique: dépression sévère, psychose paranoïde.
L’action psychostimulante n’est pas sans inconvénient: l’euphorie et l’hyperactivité sont suivies d’une période dépressive… qui appelle une nouvelle prise d’amphétamine et engendre une dépendance. Comme l’effet psychostimulant s’épuise, on augmente progressivement les doses. À la longue, on observe des états dépressifs et des troubles psychiatriques graves. Depuis peu, on a aussi constaté que les amphétamines et leurs dérivés étaient responsables d’hypertension artérielle pulmonaire, une maladie rare, mais mortelle. Ces complications expliquent que ces produits soient désormais prohibés.
FENFLURAMINE et DEXFENFLURAMINE.
La fenfluramine n’a pas d’effet excitant sur le système nerveux. Du point de vue de l’efficacité, son effet est comparable à l’amfépramone et elle permet une perte de poids moyenne proche de deux kilos en huit semaines. Là encore, la reprise pondérale est de règle à l’arrêt du traitement. La fenfluramine est elle aussi responsable d’hypertension artérielle pulmonaire. Les médicaments à base de fenfluramine sont donc eux aussi abandonnés.


Vraie et fausse homéopathie


L’arsenal pharmacologique classique, qui propose des remèdes qui combattent directement la cause du mal, est appelé par certains allopathie. L’homéopathie repose sur un principe différent : on préconise de soigner les malades au moyen de substances données à doses très faibles, infinitésimales, obtenues par dilutions successives. La substance choisie est celle qui, à dose plus élevée, provoquerait des symptômes semblables à ceux observés chez le malade. Ainsi, l’homéopathie vise à stimuler les défenses et l’organisme du malade, afin qu’il combatte lui-même sa maladie. Il n’existe pas de preuve scientifique de l’efficacité de l’homéopathie, mais son positionnement de "médecine naturelle" lui vaut un nombre croissant d’adeptes, tant dans les rangs des médecins que des patients. Aujourd’hui, la grande majorité du monde scientifique s’accorde à penser que les granules d’homéopathie ne sont que le support de l’aura du médecin et que les effets observés sont dus à la foi du patient en l’efficacité du traitement.
La médecine homéopathique propose donc divers granules qui sont censés faciliter l’amaigrissement. Mais le plus souvent, les médecins homéopathes, prudents, conseillent dans le même temps à leurs patients de suivre un régime. Enfin, méfions-nous de certains charlatans de la maigritude, pseudo-homéopathes, qui camouflent hormones thyroïdiennes et diurétiques sous un fatras d’extraits de plantes ou de substances prétendument homéopathiques. Les ordonnances bourrées à craquer de noms latins compliqués, à confectionner chez un pharmacien bien spécifié, sont les plus susceptibles d’être faussement homéopathiques.


Plantes amaigrissantes


THÉ ET CAFÉ. Les effets psychostimulants et coupe-faim de la caféine et de la théine sont connus depuis longtemps. Le thé contient aussi de la théophylline et de la théobromine, qui ont des vertus diurétiques, psychostimulantes, mais relaxantes des fibres musculaires lisses On a aussi vanté l’action des tanins et des flavonoïdes du thé, qui agiraient en mobilisant les graisses, en augmentant la thermogénèse et en diminuant la digestion des lipides et des glucides.
Rien de tout cela ne suffit à faire sensiblement perdre du poids.

LE SÉNÉ.
A des vertus laxatives. Voir laxatifs.

L’ORTHOSIPHON, LA REINE DES PRÉS, LA RACINE DE SASSAFRAS, LA FEUILLE DE FRÊNE OU DE CASSIS.
Plantes diurétiques. Voir diurétiques.

MA HUANG.
Voir Ephédrine

HOODIA GORDONII
: il s'agit d'extrait d'un cactus, connu comme excitant par les Bushmen d’Afrique du Sud, et ayant des effets coupe-faim. Présente tous les inconvénients des coupe-faim.


Le rayon des nouveautés



L’ORLISTAT (en France, Xénical®, laboratoire Roche). Ce nouveau médicament inhibe certaines enzymes utiles pour la digestion des lipides, les lipases pancréatiques. Les graisses non digérées sont évacuées dans les selles, qui deviennent fréquemment quelque peu graisseuses et nauséabondes. Cet effet déplaisant devrait, selon le laboratoire, encourager à manger moins de graisses… En somme, on ne doit prendre de l'Orlistat que si on est capable de suivre un régime hypolipidique. Mais alors, pourquoi prendre de l'Orlistat? Quoi qu'il en soit, l’effet sur le poids reste malgré tout modeste.
Le médicament nécessite une prescription médicale, n’est pas remboursé par la Sécurité sociale (prix pour environ 1 mois de traitement: 89,94 euros).



LA SIBUTRAMINE (en France Sibutral®, laboratoire Knoll). Il s’agit d’une molécule sans doute plus intéressante. Dans les années 1980, on espérait en faire un antidépresseur, mais ce sont les effets coupe-faim qui ont retenu l'attention des pharmacologues: la sibutramine, en agissant sur les neuro-médiateurs du cerveau (noradrénaline et sérotonine) permet à la satiété d’apparaître plus rapidement et conduit donc certaines personnes (pas toutes: il y a de bons et de mauvais répondeurs) de manger moins.
Le Sibutral est indiqué chez les personnes ayant un IMC supérieur à 30, ou un IMC supérieur à 27 associé à d’autres facteurs de risque.
Il existe des contre-indications : hypertension artérielle (le Sibutral augmente la tension artérielle), certains troubles cardiaques, problèmes hépatiques ou rénaux, hyperthyroïdie, femmes enceintes ou susceptibles de l’être. Le médicament a des effets psychostimulants, est contre-indiqué chez les personnes ayant une appétence toxicomaniaque, ou des troubles psychiatriques, peut provoquer des insomnies. Le médicament ne doit pas être prescrit avant 18 ans et après 65 ans.
On ne connait pas ses effets à long terme et on déconseille un traitement d'une durée supérieure à un an.
En ce qui concerne les troubles du comportement alimentaire, le Sibutral est contre-indiqué en cas d’anorexie mentale ou de boulimie ; concernant l’hyperphagie boulimique, il n’existe pas de données.
Les laboratoires Knoll commercialisent le Sibutral sous deux dosages : gélules à 10 et 15 mg.
Le médicament nécessite une prescription médicale, n’est pas remboursé par la Sécurité sociale

NOTRE AVIS: Pour les sujets répondeurs (chez qui le Sibutral a un effet positif sur le comportement alimentaire) que se passe-t-il au bout d'un an? L’effet du Sibutral ne se maintient évidemment que tant qu’on le prend. Et donc, comme pour tout médicament, le considérer comme une réponse suffisante aux problèmes de l’obésité et du surpoids relève de l’ordre de pratiques magiques. Prendre un médicament ne dispense pas de prendre en considération les difficultés de relation à la nourriture, les difficultés psychologiques et sociales, émotionnelles et relationnelles, en relation avec les problèmes pondéraux.


Note supplémentaire du 10 avril 2002. ATTENTION!
La Sibutramine ayant provoqué des effets indésirables graves ainsi que 2 décès, les autorités italiennes ont suspendu la commercialisation du produit. La Sibutramine reste à ce jour commercialisée en France, mais le laboratoire Knoll rappelle que le médecin doit impérativement mesurer la pression artérielle et prendre le pouls tous les 15 jours durant les 3 premiers mois, tous les mois durant les 3 mois suivants, puis tous les 3 mois, et arrêter le traitement sur le pouls et la pression artérielle augmentent respectivement de 10 battements/minute ou 10 mm Hg.



Que penser du RIMONABANT? (en France: Acomplia, laboratoire Sanofi)
Le Rimonabant est commercialisé par le laboratoire Sanofi-Synthelabo sous le nom d'
«Acomplia».
Il s’agit d’une nouvelle molécule, d'abord proposée comme un anti-tabagique qui éviterait de prendre du poids à l’arrêt du tabac. Mais les réultats des études n'ayant pas été homogènes, le laboratoire a renoncé à le proposer comme anti-tabagique. qui pourrait aussi aider à l’amaigrissement des non-fumeurs.
Il s’agit d’un produit antagoniste du récepteur cannabinoïde central CB1, qui bloque les récepteurs de ces molécules endocannabinoïdes (des molécules synthétisées par les cellules nerveuses, analogues à celles du cannabis). Les endocannabinoïdes ont pour action de stimuler les centres de la faim, et le rimonabant combattrait cet effet.
Une étude portant sur 1036 sujets obèses, conduite sur un an, a montré que le groupe des personnes associant Rimonabant et régime hypocalorique avait perdu en moyenne 8,6 kg, alors que le groupe placebo et régime hypocalorique perdait en moyenne 2,3 kg. D'autres études montrent une perte de poids moyenne supérieure de 4,9 kg chez les patients sous Acomplia.
Le médicament sera remboursé en France par la Sécurité sociale à hauteur de 35% aux conditions suivantes: pour les patients obèses (IMC>30) avec un diabète de type 2, insuffisamment contrôlés par un traitement de metformine ou par un sulfamide, et dont l'HbA1c est comprise entre 6,5 et 10%. La prescription doit être effectuée sur une ordonnance spéciale, de médicament d'exception. L'Acomplia peut être prescrit en dehors de ce cadre, mais n'est alors pas remboursé.
Parmi les effets secondaires possibles, notons la survenue de dépression, ainsi que d'anxiété. Ce qui se conçoit chez un médicament interagissant sur les circuits du plaisir. L'Acomplia est d'ailleurs contre-indiqué en cas de dépression, d'antécédent de dépression, de prise de traitement antidépresseur.

NOTRE AVIS: les produits miracles n'existent pas. Aucune molécule ne résoud magiquement toutes les difficultés de la vie, et les problèmes auxquels les personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire sont confrontées sont complexes. Peut-être un jour un médicament pourra-t-il aider, mais il ne pourra pas faire disparaître la totalité des difficultés (comportementales, psychologiques, affectives, relationnelles) de façon magique. Mieux vaut donc ne pas attendre passivement que le médicament résolve ses problèmes.




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3/5/2008 - les régimes amaigrissants

paix à tous les êtres  ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi

 

Ce qu'il faut savoir sur les régimes amaigrissants

 

 

 

                                                                                                                     



Des privations alimentaires répétées font grossir


Ce qui est VRAI : faire des régimes carencés fera regrossir dans un second temps

Des périodes durant lesquelles l'apport en protéines et en vitamines est insuffisant aboutissent, si elles sont répétées, à une perte de muscles. Cette fonte tissulaire se traduit certes par une perte de poids visible sur la balance, mais aussi par une baisse du métabolisme : moins de muscles signifie moins de besoins en énergie de l'organisme. Au fur et à mesure que le métabolisme de base diminue, la perte de poids ralentit. La baisse de consommation d'énergie de cette sorte de chaudière interne qu'est le métabolisme des cellules conduit aussi à limiter les dépenses physiques, ce qui contribue encore davantage à freiner la perte de poids.
— Comme parallèlement on se sent de plus en plus fatigué, sans force, vient un moment où on ne peut plus maintenir ses efforts d'amaigrissement : on se remet à manger comme auparavant, voire nettement plus qu'avant son régime, et on reprend ses kilos. Il est fréquent qu'on reprenne davantage de poids qu'on en a perdu, du fait d'un métabolisme abaissé. En définitive, si on fait le bilan de l'opération, tout cela aura conduit à échanger du muscle contre de la graisse, donc à être encore plus obèse...


Ce qui est VRAI : faire des régimes sévères fera regrossir dans un second temps

L'idée de maigrir en deux phases, une de régime sévère, suivie par une autre dans laquelle on réintroduirait progressivement les aliments qu'on aime, s’avère souvent un échec. Maigrir n'est pas une course, ou alors si c'en est une, c'est un marathon. L'important n'est pas d'aller vite, mais de durer.


Ce qui est VRAI : faire des régimes interdictifs fera regrossir dans un second temps

—  Lorsqu'on s'est longtemps privé des aliments qu'on aime, quand on y retouche, on perd fréquemment le contrôle et on mange en excès.
— La solution ? Il s'agit, DÈS LE DÉPART, de mettre en place une façon satisfaisante de se nourrir, de maigrir en mangeant les aliments qu'on aime (les pommes de terre frites, le fromage, les gâteaux et biscuits...) mais en quantité moindre. Quand on aura atteint un poids satisfaisant, on poursuivra la même stratégie.


Ce qui est FAUX : une fois qu'on aura minci, on pourra passer à la phase de stabilisation et remanger les bonnes choses qu'on avait supprimé lors de la période de sevrage.

Certains croient que maigrir n'est qu'un mauvais moment à passer. Dans cette perspective, ils entament un régime sévère, conçu comme une phase de sevrage, de désintoxication qui leur permettra de rompre avec les anciennes habitudes.
— Ils se trompent : on ne peut pas vivre toute sa vie comme si les aliments qu'on aime le plus avaient cessé d'exister. Et, après s'en être privé, dès qu'on y touche, on en mange en excès, souvent de façon compulsive. C'est pourquoi la "phase de stabilisation", durant laquelle on conseille habituellement de réintroduire les aliments précédemment interdits dans la "phase d'amaigrissement" est un mythe.





 

En quoi consiste un régime ?


Les régimes amaigrissants sont devenus la manière institutionnelle de s'imposer une restriction cognitive.

— Tout d'abord, qu'entend-on par « régime » ? Quand un médecin prescrit une diète, il édicte un certain nombre de règles qui aboutissent à limiter ou exclure certains aliments, ou bien qui en recommandent d'autres qu'il faudra consommer de façon exclusive ou en plus grande quantité. On distingue par exemple des régimes sans sel, des régimes lactés, des diètes végétales, des diètes hydriques, etc. Dans le cas d'un régime amaigrissant, certains aliments ou groupes d'aliments deviennent prohibés, tandis que d'autres deviennent plus ou moins obligatoires.
— En définitive, faire un régime consiste à cesser d'obéir à ses penchants, ne pas manger ce vers quoi nous porte spontanément notre appétit, nos goûts, avoir au contraire une alimentation raisonnée.

La restriction cognitive consiste à nier les sensations de faim et de rassasiement de son organisme.

— La restriction cognitive consiste à manger sans tenir compte des informations que nous fournit notre organisme par le moyen des sensations de faim et de satiété. On mange selon des plans préétablis, dans des quantités préétablies. Ainsi que l’ont montré les travaux de J. Polivy et Herman à partir des années 1975, on ne mange donc plus par faim et on ne s’arrête pas de manger parce qu’on est rassasié, mais on se fie à ses croyances concernant les aliments mangés, le côté plus ou moins "grossissant" qu’on leur prête.
— On ne fait donc plus confiance à son corps et à ses systèmes de régulation. Comme on mange moins afin de maigrir, la faim et l’appétence pour les aliments riches en calories s’en trouve exacerbée, ce qui oblige à une lutte permanente contre ses désirs alimentaires, ce vers quoi nous porte nos goûts.


On se force à manger moins… jusqu'à ce qu'on perde le contrôle et qu'on mange plus !

— On assiste à la mise en place d'un système de contre-régulation: une personne en restriction cognitive mangera moins qu'une autre après avoir mangé une petite quantité d'aliment "grossissant" ; mais si elle dépasse un certain seuil de consommation de cet aliment, elle abandonne alors ses efforts de restriction et mange nettement plus qu'une autre personne dans les mêmes circonstances.
— C'est ce qu'on appelle l'effet de transgression de l'interdit (Abstinence Violation Effect) : une personne qui s'hypercontrôle sur le plan alimentaire bascule dans la perte de contrôle et consomme alors sans limite ce qu'elle s'interdisait auparavant.


On instaure des tabous alimentaires

— Il est de tradition dans la quasi-totalité des régimes, de diaboliser certains aliments dits "grossissants", et d'idéaliser certains autres, qui sont censés faire maigrir ou en tout cas ne pas faire grossir. La tendance aujourd'hui est de s'en prendre aux aliments gras, alors qu'il y a une vingtaine d'année, on interdisait plutôt les aliments sucrés.
— Mais le tabou institué sur certains aliments ne fait que les rendre plus attirants.
— L'institution de tabous alimentaires favorise la perte de contrôle : dès lors qu'on aura consommé une petite quantité d'aliment tabou et qu'on aura transgressé l'interdit qu'on s'était fixé, on mangera sans limite. La règle du "tout ou rien" gouverne l'alimentation.


Restriction et perte de contrôle : deux états de conscience fondamentalement opposés

Faire barrage à ses désirs alimentaires oblige à étouffer ses émotions et sensations, ses pensées personnelles, qui risqueraient de nous détourner de notre effort. Cette coupure avec son monde intérieur va de pair avec un centrage de l'attention sur le monde extérieur et les autres.
— La restriction s'accompagne donc d'un état d'hypervigilance mobilisateur, qu'il n'est pas possible de maintenir en permanence. Les moments de perte de contrôle servent de soupape et permettent de renouer avec un monde de sensations et de plaisirs corporels.
— La consommation des aliments interdits est vécue comme un moment de folie dont on n'est pas véritablement responsable, une parenthèse dans une alimentation par ailleurs sous contrôle.
— L’état mental “incontrôlé” est autant soi que l’état “hypercontrôlé”. Il s’agit en fait du côté pile et du côté face de la même médaille.




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3/5/2008 - l'obésité

paix à tous les êtres  ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi

 

L'obésité


Ce qui est VRAI : un adulte sur 5, en France, est en surpoids.

— Aux États-Unis, le surpoids concerne un adulte sur 3. La surcharge pondérale est devenue un problème préoccupant pour le monde occidental dans son ensemble.
— Le surpoids est un facteur de risque du point de vue de la santé. Ou du moins, une surcharge en graisses au niveau de l'abdomen (obésité dite androïde car plus fréquente chez les hommes, ou en pomme) est néfaste de ce point de vue. Mais un excès de graisses au niveau des cuisses et des fesses (obésité dite gynoïde ou en poire, plus fréquente chez les femmes) ne semble pas avoir le même retentissement. L'obésité dite androïde favorise les troubles cardio-vasculaires et l'hypertension artérielle, le diabète ainsi que, peut-être, les cancers du sein, de la prostate et du côlon. Ce type d'obésité diminue l'espérance de vie. De plus, la personne en surcharge pondérale souffre le plus souvent d'inconfort physique, ainsi que de problèmes articulaires.
— Le surpoids est un facteur de rejet social : les gros sont considérés comme laids et peu attirants, comme des personnes manquant de volonté, avides de relations et envahissantes. Ils sont clairement pénalisés à la fois dans leur vie professionnelle et dans leur vie privée.


Ce qui est FAUX : quand on est en surpoids, on doit impérativement maigrir.


— Les personnes ayant un surpoids modéré (c'est-à-dire un Indice de masse corporel, ou IMC, inférieur ou égal à 27 kg/m2) peuvent certes estimer que leur corps ne respecte pas les canons de la mode de notre époque, mais leur surpoids modeste n'a pas de conséquence néfaste sur leur état de santé. Une obésité moyenne (IMC supérieur à 27,8 pour un homme et 27,9 pour une femme) peut avoir des conséquences sur la santé et la longévité, mais ce sont surtout les personnes ayant une obésité dite massive (IMC à partir de 31,1 pour un homme et 32,3 pour une femme) qui souffrent de leur obésité sur le plan biologique. Pour ces dernières, devenir un "obèse moyen", c'est-à-dire un individu un peu enveloppé (sans devenir mince pour autant) améliorera considérablement leur état de santé.
— Avant de chercher à maigrir, il faut savoir que perdre du poids durablement est une entreprise difficile: si 75 % des personnes qui font des régimes maigrissent effectivement dans un premier temps, seulement 5 à 15% des personnes ne reprennent pas le poids perdu (évalué sur une durée de 5 ans).
— Les régimes amaigrissants font généralement dans bien des cas, sur le long terme, PRENDRE du poids dans la mesure où ils sont habituellement suivis d'un rebond pondéral plus ou moins important selon l'intensité de la restriction calorique.
— La restriction que les personnes en surpoids s'imposent pour maigrir, non seulement ne les font pas maigrir, mais favorisent fréquemment l'apparition de troubles du comportement alimentaire, de baisse de l'estime de soi, de dépression, voire de troubles de la personnalité.



Génétique : tendance ou fatalité ?


Ce qui est VRAI : certaines obésités sont fortement influencées par la génétique.

— Un enfant dont les deux parents sont obèses a un risque d'obésité trois fois supérieur à celui d'un enfant ayant deux parents minces. Lorsqu'un seul des parents est obèse, l'enfant a 40 % de chances de le devenir et si les deux parents le sont, le risque est alors de 80 % ! Il chute à 10 % si les deux parents sont minces.

— Cette prédisposition héréditaire à l'obésité se traduit par une augmentation du rendement métabolique: l’organisme parvient à fabriquer de la graisse avec un minimum de nourriture, puis économise ces réserves, ne les utilisant qu’avec parcimonie. Il est probable que cette caractéristique génétique a représenté un avantage pour ses aïeux : les faibles consommateurs de nourriture, ceux à qui un rien profite, devaient vraisemblablement mieux survivre en période de famine que les individus gaspilleurs de calories. Mais en période d'abondance, ce rendement métabolique performant aboutit à un stockage excessif de graisses de réserve.




Ce qui est FAUX : si on est porteur d'une hérédité défavorable, mincir et rester mince sont impossibles.

Être génétiquement prédisposé à prendre du poids ne signifie pas qu'on ne peut pas être mince et le rester, mais que cela demandera qu'on porte une attention particulière à sa façon de s'alimenter, à ses dépenses énergétiques, à toutes les situations qui pourraient conduire à manger plus que nécessaire.

— Les gènes s'expriment avant tout quand ils interagissent avec l'environnement. Ainsi, par exemple, dans des conditions de sédentarité et de suralimentation, des individus génétiquement prédisposés développeront un surpoids. Entre des individus prédisposés et des individus qui ne le sont pas, l'environnement est le même (sédentarité et suralimentation), les gènes sont différents mais c'est l'interaction gène-environnement qui va produire des effets différents sur des individus génétiquement différents. Si on ne peut agir sur ses gènes, on a par contre toute latitude pour agir sur son environnement (lutte contre la sédentarité, alimentation, problématique psychologique…)

Un environnement qui pousse à manger en excès


Ce qui est VRAI : il est facile de devenir gros dans une société pléthorique, où de nombreuses nourritures appétissantes sont aisément disponibles.

— Un environnement riche en nourritures toutes aussi délicieuses les unes que les autres procure de multiples tentations. Nombre d'entre nous se comportent en nouveaux riches qui, après avoir manqué, veulent "tout, tout de suite".

— Une société qui privilégie les aspects quantitatifs au détriment de la qualité, qui considère que plus est forcément mieux, crée un état d'esprit favorable à la surconsommation.


Ce qui est FAUX : pour ne pas céder à la tentation, le plus simple est de ne plus toucher du tout à certains aliments décidément « trop bons ».

— Certains tentent de faire comme si leurs aliments préférés avaient cessé d'exister, comme s'ils étaient un poison pur et simple. Si les gâteaux n’existent pas ou sont du poison, on cesse d’en avoir envie.

— Une telle stratégie s'effondre dès lors qu'on consomme une bouchée des aliments dont on nie l'existence. On en mange alors tant et plus.

— C'est donc "en faisant la paix" avec ses aliments préférés, c'est-à-dire en devenant capable d'en manger en fonction de son appétit du moment, qu'on sortira du piège du "tout ou rien", du cycle privation-excès. Un travail sur le comportement alimentaire s'impose comme nécessaire dans nombre de cas.

Manger pour masquer ses difficultés psychologiques et relationnelles


Ce qui est VRAI : on peut manger en excès en raison de difficultés psychologiques et émotionnelles.

— Les problèmes psychologiques et relationnels peuvent entraîner des modifications quantitatives et qualitatives dans la façon de manger, et ceci parfois à l'insu même de la personne qui peut ne pas avoir conscience de ce changement.

— On mange aussi en excès pour s'anesthésier, étouffer des pensées, des émotions, des sentiments douloureux. Certains se plaignent d'une sensation douloureuse de vide intérieur, tandis que d'autres (ou les mêmes) parlent plutôt de trop-plein. Manger devient alors un moyen de ne pas penser, de masquer les problèmes.

— Manger procure un plaisir facile et immédiat, qui permet de combattre tout à la fois le vide interne, une insatisfaction globale, l'anxiété, un état de dépression.

— Manger représente aussi une manière de dissimuler son agressivité sa violence. Des expressions comme " je l’aurais bouffé " ou "j’ai ravalé ma haine " illustrent bien le passage dans le corps d’émotions inexprimables.

— Les problèmes psychologiques et relationnels que l'on se masquait en mangeant sont plus que jamais présents du fait qu'on ne recourt plus à ce système de défense.

— Être mince, c'est être au pied du mur : on n'a plus d'excuse pour ne pas séduire et avoir une vie affective plus riche, réussir sur tous les plans.


Ce qui est FAUX : une psychothérapie approfondie et de longue durée est absolument nécessaire pour parvenir à maigrir durablement.

— L'aide psychologique doit être adaptée au niveau des difficultés rencontrées. Il peut s'agir d'un soutien psychologique, d'une thérapie cognitive et comportementale de moyenne durée, d'une psychothérapie faisant référence à la psychanalyse, aux thérapies projectives, à d'autres écoles de pensée.

— Certes, presque toujours, maigrir durablement est difficile et nécessite une remise en question qui déborde le champ alimentaire, mais vu sous cet angle, c'est aussi une aventure qui peut enrichir la vie.



Lorsque les problèmes de poids se compliquent de troubles du comportement alimentaire, et vice-versa


— Toutes les personnes en surpoids n'ont pas de troubles du comportement alimentaire comme des boulimies ou des compulsions alimentaires incontrôlables. Mais ces troubles ne sont pas rares, surtout chez les personnes en surpoids qui s'imposent des privations ou qui mettent en place des interdits afin de contrôler leur poids.

— La pratique des régimes amaigrissants favorise la restriction cognitive, avec des pertes de contrôle alimentaires qui, elles-mêmes, entraînent des prises de poids. On est donc clairement dans un cercle vicieux!

— Lorsque des troubles du comportement alimentaire sont présents, leur traitement est prioritaire, avant tout effort d'amaigrissement. Dans de telles situations, les méthodes amaigrissantes ne peuvent qu'échouer et aggraver les boulimies et autres compulsions.

 

 

 


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23/4/2008 - névrose d'angoisse

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Névrose d’angoisse

 

De quoi s’agit-il ?

La névrose d’angoisse est une névrose peu structurée qui se caractérise par un sentiment pénible d’attente, de danger imminent et une peur sans objet. L’angoisse n’est pas en soi un phénomène pathologique car elle est constitutive de l’existence même (l’angoisse existentielle) mais c’est sa répétition, son caractère irrationnel, son intensité qui la rende pathologique. Appelée aussi « trouble anxieux généralisée » dans sa forme diffuse et chronique (plus de 6 mois), elle peut prendre parfois un caractère paroxystique dans l’attaque de panique.

 

Quelles en sont les causes ?

Les causes de la névrose d’angoisse sont multiples mais il existe une prédisposition constitutionnelle aux manifestations de l’angoisse. Mais un sentiment d’insécurité ressentit durant l’enfance comme des ruptures relationnelles précoces peut participer à la mise en place d’une névrose d’angoisse. Il existe manifestement des familles d’anxieux où le conditionnement familial dans les comportements intervient sans doute autant que le sentiment d’insécurité éprouver par l’enfant. Selon la théorie psychanalytique, l’anxiété serait liée à la crainte de la castration, c’est à dire de manquer ou de perdre quelque chose ou quelqu’un d’important pour soi. Il existe aussi des réactions anxieuses transitoires suite à un événement traumatisant ou à l’accumulation de stress et de fatigue qui rendent l’appareil psychique plus vulnérable au sentiment d’angoisse. Enfin certaines maladies de la thyroïde ou du cœur peuvent se manifester au départ par de l’angoisse mais l’absorption de substances comme la caféine, la nicotine ou autres excitants peuvent favoriser aussi l’expression d’un sentiment d’anxiété.

 

Comment la reconnaître ?

Les symptômes de la névrose d’angoisse sont à la fois psychiques et somatiques. Parmi les symptômes psychiques, on retrouve le sentiment pénible d’attente, d’insécurité, de danger imminent, une incapacité à rester calme, un état d’excitabilité généralisé avec des réactions de sursaut excessives, des difficultés de concentration, une irritabilité, une anticipation négative de l’avenir. Les symptômes somatiques sont très variés, touchant diverses régions de l’organisme, comme les palpitations ou l’accélération du rythme cardiaque pour le cœur, la sensation d’étouffement, d’oppression pour les poumons, des nausées, des douleurs abdominales, de la diarrhée pour l’appareil digestif, une envie fréquente d’uriner, des mains moites, une sécheresse de la bouche, des bouffées de chaleur, de la transpiration, une sensation d’étranglement, de vertiges, des fourmillements dans les pieds et les mains, une tension musculaire, des tremblements, des troubles du sommeil. Ces symptômes peuvent s’inscrivent dans le cadre d’une personnalité anxieuse avec un fond permanent d’anxiété, une recherche permanente de reconnaissance des autres, une hyperémotivité, un indécision répétitive, un manque de confiance en soi.

 

Quelle peut être l’évolution ?

Dans leurs formes aiguës et chroniques, les névroses d’angoisse peuvent conduire à des décompensations dépressives par épuisement, ou vers des névroses plus structurées comme une névrose phobique ou obsessionnelle (cf. termes). Dans sa lutte contre l’angoisse, le malade sera éventuellement tenté par des substances apaisantes comme des médicaments, l’alcool, des stupéfiants le conduisant parfois à un alcoolisme ou une toxicomanie. Les manifestations somatiques de l’angoisse feront parfois l’objet d’investigations médicales multiples et coûteuses voire d’interventions chirurgicales inutiles.

 

Quel traitement peut-on proposer ?

Devant des manifestations somatiques de l’angoisse, le médecin s’assurera d’abord de l’absence de maladies organiques par un examen clinique (prise de la tension artérielle, auscultation, palpation abdominale...) et il demandera éventuellement une prise de sang pour bilan biologique, un électrocardiogramme ou autre examen complémentaire au moindre doute de la présence d’une maladie organique. Puis il évaluera le degré d’anxiété, les circonstances d’apparition, l’ancienneté de ces manifestations anxieuses. Les antécédents familiaux seront aussi notés ainsi que les événements de vie traumatisants. Enfin il écoutera attentivement ce que dira spontanément son malade anxieux pour tenter de mieux le comprendre et de le rassurer (soutien psychologique). Le cas échéant devant une anxiété sévère, le médecin pourra proposer des séances de relaxation, une réduction des sources d’angoisses par un changement d’hygiène de vie, une thérapie comportementale et/ou cognitive favorisant l’affirmation de soi et la maîtrise des affects, une psychothérapie d’inspiration analytique quand les racines de la névrose d’angoisse plongent dans l’enfance. Un traitement médicamenteux phytothérapique ou anxiolytique pourra être prescrit selon d’importance du trouble anxieux sur une courte période (un mois) dans le cadre d’un suivi psychothérapique. Les attaques de panique sont parfois traitées par des antidépresseurs.

 

Que devez-vous faire ?

La prévention passe par une bonne hygiène de vie avec une réduction du stress et des contraintes, un sommeil suffisant, une réduction des excitants nerveux, un exercice physique régulier. Les enfants doivent bénéficier, autant que possible, de conditions de vie sécurisante avec une loi parentale qui définit un cadre rassurant, un environnement affectif suffisant. Même en cas de séparation des parents, l’enfant doit être préservé de chantage affectif et avoir le sentiment d’un amour inconditionnel de la part de ses parents. Enfin en cas de traumatisme psychique, le partage des affects ressentis avec quelqu’un de l’entourage ou un professionnel de santé peut permettre une bonne prévention de l’anxiété chronique par un travail d’élaboration sur ce qui a été vécu. Donc réduire les stress et les contraintes quand c’est possible. S’assurer d’une bonne hygiène de vie avec un sommeil suffisant (au moins 8 heures pour les adultes), une activité physique régulière qui réduit les tensions et une réduction des excitants nerveux. Se relaxer autant que nécessaire, prendre un traitement phytothérapique sous forme de tisanes sédatives (camomille, passiflore...) ou de comprimés.

 

 

 

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23/4/2008 - Régime miracle ?

paix à tous les êtres  ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi

 

Un rayon de soleil, la perspective d’une jolie robe ou d’un maillot… Et, ça y est, on a toutes des fringales de régimes ! Mais quelle est la méthode miracle ? Fricker, Dukan, IG, chrononutrition, hyperprotéinée, Weight Watchers, Atkins, Mayo, Low carb, Montignac ? Pour vous, elles se sont tous mis à table !

 

 

 

 

 

1. Le régime IG (Indice Glycémique)

Il permet de manger de tout, sauf des mauvais glucides ! En clair : les aliments à index glycémique élevé (pouvoir d’un aliment à augmenter le taux de sucre dans le sang) sont interdits car ils favorisent le stockage des graisses et la prise de poids. Le pain blanc, les barres chocolatées, les corn-flakes sont proscrits. En revanche, légumineuses, spaghettis al dente et légumes verts ou céréales complètes sont au menu.
Ça fonctionne ? C’est efficace et rapide à condition de ne pas abuser des cacahuètes, des rillettes ou de la mayonnaise...
Combien de kilos perd-on ? 2 à 4 par mois.
Est-ce pour vous ? Parfait si vous ne voulez pas compter les calories, ni vous restreindre sur les quantités. Il n’y a pas de risque à suivre ce régime plusieurs semaines

 

2. Le régime Fricker

Préconisé par le médecin nutritionniste Jacques Fricker, ce régime n’exclut aucune famille d’aliments et permet de mincir en mangeant équilibré. Il privilégie les aliments riches en protéines (poissons, volailles, viandes peu grasses, œufs, yaourts...) et les fruits et légumes à volonté au détriment des graisses (très limitées). La place des féculents varie selon la formule choisie TGV ou Classique.
Ça fonctionne ? Dès la première semaine !
Combien de kilos perd-on ? 2 à 5 par mois pour une femme, et 3 à 6 pour un homme.
Est-ce pour vous ? Ce régime équilibré convient à tout le monde.

 

 

3. La chrononutrition

Défendue par le Dr Alain Delabos, la chrononutrition vise à rééquilibrer les apports nutritionnels en fonction de vos besoins physiologiques réels (selon l’auteur). Certains aliments comme le fromage et le beurre sont autorisés le matin. Les protéines (viandes, poissons, œufs…) doivent être au menu du midi, et le goûter est un passage obligé. Le dîner, en revanche, se veut léger… voire très léger.
Ça fonctionne ? Ce régime permet une perte de poids rapide les premières semaines…
Combien de kilos perd-on ? 1 à 3 par mois.
Est-ce pour vous ? Pas toujours facile à concilier avec une vie de famille. Heureusement, il est possible de faire des repas "joker" deux fois par semaine… tout en continuant à maigrir

 

4. Le régime Dukan

Mis au point par le Dr Dukan, ce régime repose sur plusieurs phases. D’abord, une phase d’attaque durant laquelle on ne mange que des protéines plus ou moins maigres (bœuf, poulet sans la peau, yaourt à 0 %...) mais à volonté. On ajoute ensuite des légumes (attention, pas de féculents) en alternance, avant de consolider la perte de poids par un long retour à la normale, puis une stabilisation… à vie !
Ça fonctionne ? Oui, et on perd rapidement durant la phase d’attaque !
Combien de kilos perd-on ? 2 à 5 kilos par mois.
Est-ce pour vous ? Comptez 10 jours de stabilisation par kilo perdu. En clair, si vous perdez 10 kilos, il vous faudra vous stabiliser durant 100 jours

 

5. Le régime Weight Watchers

Weight Watchers est un régime hypocalorique. Poids lourd du marché minceur, c’est une méthode équilibrée. Son plus : rien n’est interdit ! On peut prendre des fruits et légumes à volonté, certaines viandes, poissons, féculents et laitages tous les jours, et se faire plaisir avec du chocolat... Compliqué ? Même pas ! Chaque type d’aliments correspond à un nombre d’unités. Il suffit de ne pas dépasser son quota.
Ça fonctionne ? Plus de 25 millions de personnes auraient minci dans le monde grâce à cette méthode...
Combien de kilos perd-on ? 1 à 4 kilos par mois.
Est-ce pour vous ? A condition de bien vouloir étaler vos problèmes de poids en groupe ! La réunion hebdomadaire peut être contraignante à moins d’opter pour le suivi individuel

 

6. Le régime dissocié

On connaît ce régime sous les noms de Montignac, Shelton ou Antoine. Tous fonctionnent sur le même schéma : on peut manger de tout ou presque, mais pas en même temps. Montignac interdit le mariage glucides/graisses et les fruits aux repas. En clair : du fromage sans baguette, des pâtes sans beurre… Shelton proscrit des associations comme protéines et sucres selon un classement complexe. Quant à Antoine, il est déséquilibré et repose sur une répartition quotidienne. Le lundi est par exemple dédié au poisson, le mardi aux légumes…
Ça fonctionne ? Ils sont efficaces à court terme.
Combien de kilos perd-on ? Entre 1 et 3 kilos par mois.
Est-ce pour vous ? Si vous n’avez peur ni de la monotonie, ni des carences !

 

7. Le régime hyperprotéiné en sachets

On le trouve en pharmacie, parapharmacie et même en grande surface. Il vise à remplacer la quasi-totalité de l’alimentation par des protéines en poudre ou sous forme de boisson. Au menu : chocolat, vanille, mais aussi couscous ou paella... La plupart des marques conseillent trois semaines de cure durant lesquelles vous vous nourrissez de sachets, cannettes, barres et de fruits et légumes à volonté.
Ça fonctionne ? Sous la surveillance d’un médecin, il fait fondre rapidement. Attention, jamais plus de huit semaines ! Cette diète expose à des fontes musculaires et ennuis cardiaques.
Combien de kilos perd-on ? Environ un par semaine…
Est-ce pour vous ? Oui, si vous avez cinq kilos minimum à perdre et le courage d’ingurgiter des potions peu appétissantes !

 

8. Le nouveau régime hyperprotéiné !

Né dans les années 60 aux Etats-Unis, il met l’accent sur les aliments riches en protéines (viandes maigres, volailles, laitages à 0 % de matières grasses, poissons, œufs…) et exige qu’on limite glucides (pain, pâtes, riz…) ou lipides. L’organisme puise alors dans ses réserves de graisses.
Ça fonctionne ? Oui, mais à condition d’être suivi par un médecin (risques rénaux notamment…).
Combien de kilos perd-on ? Deux à trois kilos par semaine au départ, un kilo par la suite. Comptez deux mois et demi pour mincir de 10 kilos, + 100 jours de stabilisation…