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| le bouddhisme |
apprivoiser la mort, c'est apprendre à vivrene fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Sogyal Rinpotché : apprivoiser la mort, c’est apprendre à vivre
Apprendre à mourir c’est, paradoxalement, apprendre à vivre. Sogyal Rinpotché aborde les changements de conscience de ceux qui s’apprètent à quitter le plan matériel.
La condition idéale est d’entrer dans la mort en pleine conscience, mais on peut constater que la douleur physique précède et accompagne le mourant. De fait, il semble difficile de maintenir une conscience vigilante jusqu’au dernier soupir. La chose la plus importante est l’atmosphère autour du mourant. On doit s’efforcer de créer une atmosphère aimante, qui vous soutient, et souvent minimise la douleur. Un tel environnement favorise un type de conscience où le lâcher prise est nécessaire pour quitter, dans de bonnes conditions, son enveloppe physique. Il est évident que, pour un bouddhiste, le fait d’écouter parfois une cassette de messages spirituels contribue à créer un environnement mieux adapté. Je connais beaucoup de cas de personnes qui ont été aidées ainsi. Quant aux personnes sur le point de mourir, elles aussi, se sentaient très heureuses car, en dehors des souffrances physiques, il y a aussi beaucoup de souffrances émotionnelles. L’essentiel est de ne pas laisser distraire, de garder un esprit pur. Même si vous n’êtes pas capable de demeurer complètement centré (quelquefois les gens ne peuvent pas pratiquer) par l’amour et la présence on peut soutenir la personne. La chose la plus importante, ce sont les dernières pensées. Au moment de la mort, il est bon de demander le pardon, de demander la purification et d’unir son esprit avec l’esprit de sagesse du Bouddha, (du Christ ou de la Vierge Marie s’il s’agit d’un chrétien) et de demeurer dans sa présence. C’est le mieux que nous pouvons faire, je pense. Beaucoup de choses sont décrétées bonnes ou mauvaises au nom d’une morale, d’une tradition et les opinions dans un sens ou dans l’autre, sont très fortes. Il nous faut regarder la situation véritable de la personne mourante. Bien sûr, il y a des considérations qui sont liées à des croyances religieuses, mais le fait qu’il y ait une telle législation, signifie qu’on commence à prêter une véritable attention à la personne en train de mourir. Et çà, c’est une bonne chose. On parle beaucoup du transfert de conscience de certains maîtres spirituels d’un corps physique à un autre. Connaît-on le cas de maîtres qui ne se sont jamais réincarnés ? Il y a des récits de lamas qui disent qu’ils ne se réincarneront pas. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne se réincarnent pas. Simplement, ils ne veulent pas être reconnus comme tulkous. 20:33 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairela compassion, une énergie de guérisonne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
La compassion, une énergie de guérison
Pareils au prince Siddhartha, avant qu’il n’entre sur la voie du renoncement pour devenir l’Eveillé, un grand nombre d’entre nous vit, le temps d’un songe, dans un palais des illusions. Ses murs ne sont pas solides comme ceux que le père de Siddhartha fit ériger autrefois, en Inde, pour protéger son fils de la souffrance. Au début du XXI° siècle, ce sont les murs immatériels de l’amour de soi, poussé parfois jusqu’au fantasme d’un corps durablement jeune, lisse et siliconé, nourri de DHL. Retranchés derrière cette obsession de jeunesse, forme et santé, nous ne voyons pas à quel point sont fragiles les remparts de cet attachement à nous-mêmes - nous ne le découvrons qu’a posteriori, une fois qu’ils se sont effondrés. Cela se produit bien souvent avec l’annonce d’une maladie grave, pour nous-mêmes ou un proche. Nous sommes alors, de nouveau pareils à Siddhartha, sortant du palais des illusions, lorsqu’il rencontra la maladie, la vieillesse et la mort. Sans préparation, nous découvrons la réalité de la souffrance en tombant malades. Le médecin, lui, a fréquenté la réalité de la souffrance tout au long de ses années d’études et de pratique. Pour autant la connaît-il, l’accepte-t-il ? Grâce à des mécanismes de défense et blindage, il vit aux côtés de la souffrance, dans un déni de cette souffrance qui peut aller jusqu’à l’acharnement thérapeutique. Pourtant, face à la réalité de la souffrance, un chemin commence qui permet de progressivement l’accueillir, l’accepter et la transformer. Sur un tel chemin, les maîtres spirituels peuvent nous guider. Ils enseignent que la maladie est un cadeau de la vie. Lama Zopa Rinpoche va jusqu’à dire que tomber gravement malade, c’est comme entrer en retraite. Les murs de l’égoïsme s’écroulent, la souffrance, qui est en nous, nous relie à la souffrance hors de nous. Nous ne souffrons plus seuls, nous souffrons avec tous les êtres. Telle est la réalité de la souffrance qui nous introduit à l’universalité du cœur. Si, en ce temps d’épreuve où sont exacerbées les capacités de comprendre et d’aimer, nous avons la chance que nous soit enseigné tong len, chaque respiration deviendra une prière d’amour pour tous les vivants. En inspirant, nous prendrons sur nous la souffrance des autres et, en expirant, nous leur donnerons notre propre bonheur. Le rapport avec la souffrance, la maladie et la mort sont au cœur des enseignements bouddhistes. La méditation nous apprend à transformer notre souffrance et accompagner celle d’autrui. En tant que bouddhistes, c’est notre responsabilité d’être présents auprès des soignants et des malades. En cet instant, sur un lit d’hôpital, ou isolées, délaissées, de nombreuses personnes luttent contre le processus irréversible de la maladie et de la mort, qui est d’autant plus insupportable qu’on ne sait pas lui donner de sens. Faute d’une présence et sans aucun réconfort, des patients dont le pronostic vital est engagé, glissent vers une demande de suicide assisté. Les listes d’attente ne cessent de s’allonger, pour une euthanasie active, dans les cliniques du monde offrant un tel service. L’alternative qu’offrent les maîtres bouddhistes au désespoir devant la souffrance et la fin de vie, consiste à activer le potentiel immense de compassion, présent en chacun de nous, jusque dans le passage ultime du moment de la mort. La compassion est une énergie puissante de guérison qui peut, dans certains cas, soigner les maux du corps, mais qui, surtout, vient à bout de la maladie fondamentale de l’égocentrisme, prodiguant ainsi la guérison suprême et la joie. 20:29 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairetrouver l'espoir face à la mortne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Trouver l’espoir face à la mort
A 20 ans, Christine Longaker accompagne vers la mort son mari, atteint de leucémie. De cette épreuve et des enseignements de Sogyal Rinpoche, elle a tiré des leçons de vie et elle nous transmet le fruit de son expérience en abordant des questions telles que : Comment nous préparer spirituellement à la mort ? Ou comment accompagner les malades et les mourants ?
Les mourants veulent être considérés comme des personnes vivantes Que nous nous considérions comme athées, juifs, chrétiens, musulmans, hindous ou bouddhistes, que nous croyions à la renaissance ou non, le plus important est de développer un « bon cœur » en domptant nos tendances égoïstes et en veillant sans relâche à faire preuve de compassion et d’amour envers les autres et à leur accorder notre pardon. C’est en développant ce « bon cœur » tout au long de notre vie que nous serons capables de nous réconcilier avec les autres, d’apporter la paix dans ce monde agité et d’affronter la mort en étant libérés de la peur. Certes, il est possible de bien mourir sans les enseignements et les pratiques bouddhistes. Bien que mon chemin spirituel m’ait apporté espoir et inspiration, je n’ai aucunement l’intention d’imposer ces idées à qui que ce soit. Les vues et les pratiques spirituelles présentées ici sont destinées aux personnes qui désirent apprendre comment se préparer à leur mort de la meilleure façon possible et développer la confiance et le courage qui leur permettront d’apporter un soutien authentique autour d’elles. Lorsque vous vous occupez de personnes qui viennent de cultures ou de systèmes de croyance différents des vôtres, pensez toujours à les aider d’une manière appropriée à leur compréhension. Que vous puissiez ou non parler de spiritualité avec ceux qui souffrent ou vivent leurs derniers instants, vous pourrez toujours leur offrir en silence vos prières et vos méditations. Les mourants veulent être considérés comme des personnes vivantes, ils veulent être acceptés avec compassion dans leur vulnérabilité et leur souffrance tout en continuant à être perçus comme des personnes à part entière. Nous y parviendrons d’autant mieux que nous serons préparés à notre propre mort, notamment en pratiquant la méditation qui nous permet de nous relier à notre essence véritable. Puis, lorsque nous serons au chevet d’un moribond, nous saurons avec certitude qu’il est plus que sa souffrance, plus que tout ce qui se manifeste alors à la surface : la confusion, la colère, le déni, la folie... Nous pouvons reconnaître et honorer la bonté inhérente de chacun, même si cet aspect semble obscurci. Dès lors que cette compréhension fait partie de nous, nous ne sommes plus tentés d’exposer des bribes de connaissance philosophique ou des platitudes à une personne qui est sous l’emprise de la peur et de la confusion, et nous pouvons au lieu de cela lui offrir toute la richesse de notre cœur. L’accompagnement spirituel étant une expression de notre compassion et de notre sagesse inhérentes, il est notre manière d’être tout entière. L’accompagnement des malades du sida J’ai beaucoup appris des professionnels et des bénévoles qui apportent un soutien vital aux personnes séropositives ou atteintes du sida. Il y a toutefois un autre message que j’aimerais transmettre au sujet de l’épidémie du sida. On m’a souvent fait part du récit tragique d’homosexuels qui avaient été jugés et rejetés après avoir révélé le diagnostic de leur maladie à leur famille. Je peux aussi comprendre l’extrême difficulté à laquelle se trouvent confrontés certains parents affectés par le deuil de leur fils, surtout s’ils vivent dans un milieu où ils pourraient être frappés d’ostracisme en annonçant la mort de leur fils ou en montrant leur chagrin. J’aimerais tant que l’on reconnaisse la peur que suscitent en nous ceux qui choisissent un style de vie différent du nôtre, et que l’on s’efforce de la vaincre. Notre tâche dans la vie est d’apprendre à aimer. L’amour est fondé sur la compréhension et l’acceptation, et la compréhension naît d’un dialogue ouvert et franc. Chaque personne est digne de notre plus grand respect, car chacun de nous est un « enfant de Dieu » à même de devenir un bouddha, un être éveillé. Tous ceux qui ont besoin de notre soutien, que ce soit les personnes atteintes d’une maladie chronique ou incurable, les familles en deuil, les patients se remettant d’une crise cardiaque dans une maison de repos, tous ont aussi quelque chose à nous offrir. Lorsque nous nous relions vraiment aux autres, que nous leur accordons notre compréhension et notre amitié, nous recevons d’eux beaucoup plus que ce que nous leur donnons. Ce cadeau est plus satisfaisant pour l’esprit que le prestige, le pouvoir ou n’importe quelle somme d’argent. En offrant notre soutien, comme professionnel ou comme bénévole, à ceux qui sont malades, souffrent ou vivent leurs derniers instants, nous pouvons apprendre à mieux nous connaître, à dire la vérité avec bonté et à découvrir les meilleurs aspects de nous-mêmes. Nous devons surtout adopter une attitude ouverte, en comprenant que plus nous apprenons, plus il y a à apprendre. Chaque fois que nous pénétrons dans le monde de la souffrance, nous avons une occasion unique de découvrir les aspects inachevés de notre être et, ce faisant, de guérir et grandir. 20:25 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairetrouver l'espoir face à la mortne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Trouver l’espoir face à la mort
A 20 ans, Christine Longaker accompagne vers la mort son mari, atteint de leucémie. De cette épreuve et des enseignements de Sogyal Rinpoche, elle a tiré des leçons de vie et elle nous transmet le fruit de son expérience en abordant des questions telles que : Comment nous préparer spirituellement à la mort ? Ou comment accompagner les malades et les mourants ?
Les mourants veulent être considérés comme des personnes vivantes Que nous nous considérions comme athées, juifs, chrétiens, musulmans, hindous ou bouddhistes, que nous croyions à la renaissance ou non, le plus important est de développer un « bon cœur » en domptant nos tendances égoïstes et en veillant sans relâche à faire preuve de compassion et d’amour envers les autres et à leur accorder notre pardon. C’est en développant ce « bon cœur » tout au long de notre vie que nous serons capables de nous réconcilier avec les autres, d’apporter la paix dans ce monde agité et d’affronter la mort en étant libérés de la peur. Certes, il est possible de bien mourir sans les enseignements et les pratiques bouddhistes. Bien que mon chemin spirituel m’ait apporté espoir et inspiration, je n’ai aucunement l’intention d’imposer ces idées à qui que ce soit. Les vues et les pratiques spirituelles présentées ici sont destinées aux personnes qui désirent apprendre comment se préparer à leur mort de la meilleure façon possible et développer la confiance et le courage qui leur permettront d’apporter un soutien authentique autour d’elles. Lorsque vous vous occupez de personnes qui viennent de cultures ou de systèmes de croyance différents des vôtres, pensez toujours à les aider d’une manière appropriée à leur compréhension. Que vous puissiez ou non parler de spiritualité avec ceux qui souffrent ou vivent leurs derniers instants, vous pourrez toujours leur offrir en silence vos prières et vos méditations. Les mourants veulent être considérés comme des personnes vivantes, ils veulent être acceptés avec compassion dans leur vulnérabilité et leur souffrance tout en continuant à être perçus comme des personnes à part entière. Nous y parviendrons d’autant mieux que nous serons préparés à notre propre mort, notamment en pratiquant la méditation qui nous permet de nous relier à notre essence véritable. Puis, lorsque nous serons au chevet d’un moribond, nous saurons avec certitude qu’il est plus que sa souffrance, plus que tout ce qui se manifeste alors à la surface : la confusion, la colère, le déni, la folie... Nous pouvons reconnaître et honorer la bonté inhérente de chacun, même si cet aspect semble obscurci. Dès lors que cette compréhension fait partie de nous, nous ne sommes plus tentés d’exposer des bribes de connaissance philosophique ou des platitudes à une personne qui est sous l’emprise de la peur et de la confusion, et nous pouvons au lieu de cela lui offrir toute la richesse de notre cœur. L’accompagnement spirituel étant une expression de notre compassion et de notre sagesse inhérentes, il est notre manière d’être tout entière. L’accompagnement des malades du sida J’ai beaucoup appris des professionnels et des bénévoles qui apportent un soutien vital aux personnes séropositives ou atteintes du sida. Il y a toutefois un autre message que j’aimerais transmettre au sujet de l’épidémie du sida. On m’a souvent fait part du récit tragique d’homosexuels qui avaient été jugés et rejetés après avoir révélé le diagnostic de leur maladie à leur famille. Je peux aussi comprendre l’extrême difficulté à laquelle se trouvent confrontés certains parents affectés par le deuil de leur fils, surtout s’ils vivent dans un milieu où ils pourraient être frappés d’ostracisme en annonçant la mort de leur fils ou en montrant leur chagrin. J’aimerais tant que l’on reconnaisse la peur que suscitent en nous ceux qui choisissent un style de vie différent du nôtre, et que l’on s’efforce de la vaincre. Notre tâche dans la vie est d’apprendre à aimer. L’amour est fondé sur la compréhension et l’acceptation, et la compréhension naît d’un dialogue ouvert et franc. Chaque personne est digne de notre plus grand respect, car chacun de nous est un « enfant de Dieu » à même de devenir un bouddha, un être éveillé. Tous ceux qui ont besoin de notre soutien, que ce soit les personnes atteintes d’une maladie chronique ou incurable, les familles en deuil, les patients se remettant d’une crise cardiaque dans une maison de repos, tous ont aussi quelque chose à nous offrir. Lorsque nous nous relions vraiment aux autres, que nous leur accordons notre compréhension et notre amitié, nous recevons d’eux beaucoup plus que ce que nous leur donnons. Ce cadeau est plus satisfaisant pour l’esprit que le prestige, le pouvoir ou n’importe quelle somme d’argent. En offrant notre soutien, comme professionnel ou comme bénévole, à ceux qui sont malades, souffrent ou vivent leurs derniers instants, nous pouvons apprendre à mieux nous connaître, à dire la vérité avec bonté et à découvrir les meilleurs aspects de nous-mêmes. Nous devons surtout adopter une attitude ouverte, en comprenant que plus nous apprenons, plus il y a à apprendre. Chaque fois que nous pénétrons dans le monde de la souffrance, nous avons une occasion unique de découvrir les aspects inachevés de notre être et, ce faisant, de guérir et grandir. 20:25 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairetoutes les épreuves et les souffrances sont toujours des cadeauxne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Toutes les épreuves et les souffrances sont toujours des cadeaux
Extrait du livre La mort est un nouveau soleil, Press Pocket, 1990 La plupart des gens considèrent leurs conditions de vie comme difficiles, leurs épreuves et leurs tourments, leur terreur et toutes les pertes comme une malédiction, une punition de Dieu, quelque chose de négatif. Si seulement on pouvait comprendre que rien de ce qui nous arrive n’est négatif, et je souligne : absolument rien ! Toutes les épreuves et les souffrances, même les pertes les plus importantes, ainsi que tous les événements dont on dit par la suite : « Si je l’avais su avant, je n’aurais jamais cru pouvoir tenir le coup », sont toujours des cadeaux. Être malheureux et souffrir est comme forger le fer rouge. C’est l’occasion qui nous est donnée pour grandir. C’est la seule raison de notre existence sur terre. On ne peut pas grandir psychiquement en étant assis dans un beau jardin où l’on vous sert un succulent dîner sur un plateau d’argent. Mais on grandit lorsqu’on est malade ou lorsqu’on souffre, lorsqu’il faut faire face à une perte douloureuse. On grandit si l’on ne met pas la tête dans le sable, mais qu’au contraire on accepte la souffrance en essayant de la comprendre, non comme une malédiction ou une punition, mais comme un cadeau fait dans un but précis. 20:23 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairetoutes les épreuves et les souffrances sont toujours des cadeauxne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Toutes les épreuves et les souffrances sont toujours des cadeaux
Extrait du livre La mort est un nouveau soleil, Press Pocket, 1990 La plupart des gens considèrent leurs conditions de vie comme difficiles, leurs épreuves et leurs tourments, leur terreur et toutes les pertes comme une malédiction, une punition de Dieu, quelque chose de négatif. Si seulement on pouvait comprendre que rien de ce qui nous arrive n’est négatif, et je souligne : absolument rien ! Toutes les épreuves et les souffrances, même les pertes les plus importantes, ainsi que tous les événements dont on dit par la suite : « Si je l’avais su avant, je n’aurais jamais cru pouvoir tenir le coup », sont toujours des cadeaux. Être malheureux et souffrir est comme forger le fer rouge. C’est l’occasion qui nous est donnée pour grandir. C’est la seule raison de notre existence sur terre. On ne peut pas grandir psychiquement en étant assis dans un beau jardin où l’on vous sert un succulent dîner sur un plateau d’argent. Mais on grandit lorsqu’on est malade ou lorsqu’on souffre, lorsqu’il faut faire face à une perte douloureuse. On grandit si l’on ne met pas la tête dans le sable, mais qu’au contraire on accepte la souffrance en essayant de la comprendre, non comme une malédiction ou une punition, mais comme un cadeau fait dans un but précis. 20:23 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairel'essence condensée du Soutra du Bhagawanne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
L’essence condensée du Soutra du Bhagawan Bouddha de la guérison
"Le Joyau qui Exauce les Souhaits" NAMO GOUROU MOUNI INDRAYA Par la simple écoute de vos noms, Distrait par toutes sortes d’activités d’une importance inégale, Je prends refuge en le Lama-racine bienveillant, en les vénérables lamas de la lignée dont la nature rassemble des Tathagata des trois temps et des dix directions, pinacle de la Sangha Arya. les Bouddha de la guérison et leur entourage de déités. les protecteurs du Dharma et les gardiens dotés de la vision de sagesse. (3 fois) En le Bouddha, le Dharma et la Suprême Assemblée, Bien que le soi et les apparences soient de même nature que le dharmadatou, obtiennent le bonheur et les causes du bonheur, ne s’éloignent jamais d’un bonheur dépourvu de souffrance, et demeurent dans l’équanimité, sans attachement, aversion ni partialité. (3 fois) Dans une terre de joyaux, agrémentée d’arbres et de lacs Au centre d’un magnifique palais serti de joyaux, Ô compatissants protecteurs des temps dégénérés, sept Sougata, Lama-racine dont la bonté est sans pareille, Compatissants qui libérez les êtres accablés, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Grande assemblée de Bhagavan, je vous en prie, écoutez-moi ! Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé Gloire Renommée des Signes Excellents, je rends hommage, fais des offrandes et demande protection. (7 fois) Couleur d’or, dans le geste du refuge, Fleuri d’une profusion de marques majeures, immaculées, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par le fait d’entendre, de prononcer et de se rappeler le nom du Conquérant, Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé Précieux Roi du son Mélodieux, De la couleur jaune, dans le geste du don suprême, Magnifiquement orné du lotus et de la lune de joyaux, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par la force d’entendre, de prononcer et de se remémorer le nom du Conquérant, Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé Roi de l’Or De la couleur dorée, comme la rivière Dzambou, dans le geste d’enseigner le Dharma, Comme les eaux du Dzambou dont l’or surpasse tout autre Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par la force d’entendre, de prononcer et de se remémorer le nom du Conquérant, puissions-nous et tous ceux qui ont une vie courte obtenir la longévité. Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé Roi de la Gloire Suprême je rends hommage, fais des offrandes et demande protection. (7 fois) Passé au-delà des peines, vous savourez la suprême félicité, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par la force d’entendre, de prononcer et de se remémorer le nom du Conquérant, qui Libère de Toute Souffrance et, les réjouir. Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé Océan je rends hommage, fais des offrandes et demande protection. (7 fois) De couleur blanche avec des reflets rouges, dans le geste d’enseigner le Dharma, « Bannière de victoire du Dharma », Par le grand son du Dharma, il triomphe des adversaires, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par la force d’entendre, de prononcer et de se remémorer le nom du Conquérant, recevoir la transmission des instructions Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé roi de la Claire Lumière, je rends hommage, fais des offrandes et demande protection. (7 fois) De la couleur du corail, dans le geste du don suprême, Son esprit qui comprend la profondeur du dharma difficile à pénétrer, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par la force d’entendre, de prononcer et de se remémorer le nom du Conquérant, puissions-nous et tous les êtres distraits entendre ces noms et être vertueux. Au Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé Gourou de la guérison, je rends hommage, fais des offrandes et demande protection. (7 fois) De couleur bleu, dans le geste du don suprême, et resplendit du prestige des deux accumulations. « Lumière de Lapis Lazuli », Bhagavan dont la compassion est égale pour tous dès qu’on l’entend. Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Par la force d’entendre, de prononcer et de se remémorer le nom du Conquérant, la jouissance de la sagesse et des moyens habiles puissent ceux qui sont enclins à suivre des voies erronées et inférieures et y resplendir de leurs vœux. de la douleur causée par le manque d’éthique, aucune maladie, des biens en abondance. pour calmer leur faim, obtenir satisfaction en respectant la doctrine. les souhaits vertueux se réaliser, recevoir la transmission des instructions Roi de Lumière Lapis et, les réjouir. Au Fondateur, Bhagavan, Tathagata, Arhat, le parfait et pleinement éveillé, je rends hommage, fais des offrandes et demande protection. (7 fois) De couleur d’or, dans le geste de presser la terre, Né dans la lignée des Shakya par les moyens habiles et la compassion, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Bénissez-nous, les êtres sans protecteur, Suprême flambeau qui dissipe les ténèbres de l’ignorance, du samadhi et des souhaits, Par la grâce de la vérité du joyau du Saint Dharma, puissent tous les êtres et moi-même Les trente six mille fils des Sougata, ont proclamé les bienfaits de ce soutra. Protecteur mondain, chef des yakshas avec votre entourage, Le long mantra du Bouddha de médecine Le court mantra du Bouddha de médecine Lama-racine dont la bonté est sans pareille, Compatissants qui libérez les êtres accablés, Je vous présente toutes les offrandes réelles et imaginées, Tout ce qui n’a pas été accompli ou qui a dégénéré, Les agissements des êtres des temps dégénérés, Sous l’influence de l’avarice et du manque de connaissance, Les comportements cyniques et inconvenants, Tout ce qui était superflu ou inachevé, Restant uni à cette image, OM SOUPRATISHTA VAJRAYE SOHA A la manière du Héros Manjoushri Conformément à la suprême dédicace L’assemblée des déités de Sangyé Menla ses pieds nimbés d’une éblouissante lumière blanche Manjoushri et le grand abbé Shantarakshita, Ayant accompli un océan de suprêmes prières et invoqué la vérité Excellemment issus du lotus de la vaste langue du seigneur des Mouni, A la faveur des excellentes qualités accumulées Accomplie par la compassion des Sougata, le mantra, la foi, le samadhi 19:59 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentaireméditation de Powa pour le moment de la mortne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Méditation de Powa pour le moment de la mort
Eicie Hursthouse, disciple de lama Zopa Rinpoche, a créé un réseau de soins palliatifs, à Auckland, en Nouvelle-Zélande, qui propose, 24 heures sur 24, un service d’assistance médicale et d’accompagnement spirituel bénévoles aux personnes en fin de vie. Appliquant les enseignements de lama Zopa Rinpoche, elle a adapté la méditation du transfert de conscience, ou powa, dans le champ pur du Bouddha Amitabha*, de sorte qu’elle puisse être pratiquée, tant par des bouddhistes que par des non-bouddhistes. Tous en retirent ainsi des bienfaits et la sérénité au moment de la mort.
L’accompagnant lit ce texte à haute voix à la personne bouddhiste - pour le non-bouddhiste, on utilisera des termes appropriés comme Jésus ou le Ciel. Au-dessus du sommet de ta tête, sur un trône de lotus, surmonté d’une lune et d’un soleil, est assis le bouddha Amitabha, dans la posture vajra. Son corps céleste irradie de lumière rouge rubis. Il a un visage et deux mains qui font le geste de l’égalité méditative. Il tient un bol de nectar empli de l’élixir d’immortalité et porte les vêtements de couleur safran symbolisant la pureté morale. L’accompagnant peut substituer la description du Christ en gloire, entouré des anges, Ô mon maître, seul Vainqueur allé au-delà de toute faute, doué de toutes les vertus, L’accompagnant s’adresse à la personne mourante : Avec un sentiment de dévotion né à la source de ton coeur, concentre-toi sur le guru Amitabha - ou Jésus Christ. Prière guidée, Au moment où le messager de la mort arrive,
L’apparence pareille au mirage me parvient, Lorsque l’eau s’absorbe dans le feu : L’apparence pareille à la fumée me parvient, Lorsque le feu s’absorbe dans l’air : L’apparence pareille aux lucioles me parvient, Lorsque l’air s’absorbe dans la conscience : L’apparence pareille au grésillement de la lampe à beurre me parvient, Puisse le resplendissant crochet rouge, Cependant si je dois quand même errer dans les états intermédiaires à cause de la force de mon karma négatif, et voit tous les lieux comme des paradis !
Visualisation guidée,
Du coeur du guru Amitabha - ou de Jésus Christ - une tige de lumière blanche resplendissante descend jusqu’au sommet de ta tête et forme un lien indestructible et puissant. Un passage est maintenant ouvert entre ton esprit très subtil, la goutte d’énergie de lumière rouge et blanche au centre de ton coeur, et le coeur pareil au miroir, du guru Amitabha - ou Jésus. est émané du coeur du guru Amitabha - ou Jésus. Il descend le long du passage et saisit fermement ta goutte d’énergie de claire lumière, pure et délicate. Considère la goutte d’énergie comme le voyageur, la tige de lumière blanche comme la voie, et le guru Amitabha - ou Jésus - comme ta destination. Ta conscience est la goutte d’énergie de félicité. Portée par la force de ta dévotion, elle vole comme une flèche, pénètre et se fond dans le coeur de sagesse claire, non-duelle et resplendissante du guru Amitabha - ou Jésus. attire la goutte d’énergie jusqu’à lui, comme un aimant attire la limaille de fer.
Ô guru, Bouddha Amitabha - ou Christ en gloire - essence de la vérité parfaite des Trois Joyaux, tu es le triomphant qui libère tous les êtres sensibles de l’esclavage de l’existence mondaine et les délivre dans le royaume de béatitude suprême du Vainqueur à la lumière infinie ! des difficultés et des peurs du processus de la mort, puis des états intermédiaires suivant la mort. Veuille bien guider (nom de la personne) jusqu’à ton coeur de sagesse en donnant à (nom de la personne) le courage de renoncer à l’attachement pour l’existence mondaine. je te prie de l’emmener (nom de la personne) dans ta terre pure !
Prière de dédicace : Par le mérite de ces actions vertueuses,
* Amitabha, le bouddha Lumière infinie. Dans un lointain passé, un roi, du nom de Dharmakara, fit le voeu de produire une terre pure de bouddha où les êtres prendraient naissance une dernière fois avant de s’éveiller. Il émit le souhait que l’évocation de son nom soit le moyen de se rendre en cette terre pure et que, de son corps, émane une lumière infinie. La puissance de sa compassion lui permit de se transformer en le bouddha Amitabha. 19:47 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairela vie est une opportunité pour la pratiquene fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
La vie est une opportunité pour la pratique
Une attitude joyeuse consiste à accueillir ce qui arrive, quoi qu’il arrive, la façon dont cela arrive
Bienvenue au jour qui vient. Une attitude joyeuse consiste à accueillir ce qui arrive, quoi qu’il arrive, la façon dont cela arrive. L’idée qu’il y ait quelque chose à obtenir ou à devenir nous entraîne dans un état mental dans lequel nous sommes perpétuellement en train de sélectionner, trier, choisir. État dans lequel nous pouvons osciller entre le désir des objets sensoriels et le désir de connaître plus, le désir de s’en tirer au mieux, de progresser. Ces désirs sont souvent un réel obstacle pour ceux qui méditent. Nous désirons plus de clarté, plus de paix, plus de compréhension, nous ressentons constamment le besoin de quelque chose qui nous fait défaut. Par conséquent nous nous asseyons et pratiquons de façon à obtenir quelque qualité que nous ne possédons pas pour l’instant. Mais la façon dont se comporte l’esprit actuellement conditionne ce que l’on expérimentera dans le futur. Si l’on laisse l’esprit dans cette attitude de besoin, de désir d’être quelque chose, alors tout ce que l’on pourra jamais expérimenté sera ce besoin et ce désir d’être autre. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille simplement s’asseoir et attendre la mort ! La question est juste d’essayer de changer notre attitude envers la vie. Alors les choses se transforment naturellement et mûrissent à leur propre rythme. En essayant de se détacher des pulsions aveugles il est possible de mettre en place les conditions permettant à la paix, à la tranquillité de s’installer. Non pas pour obtenir la tranquillité d’esprit, mais pour apaiser cette frénésie du gain, cette nervosité, cette impatience et ce sentiment d’incomplétude, de manque. L’attitude d’accueil est également utile lorsque l’esprit résiste. Nous ne voulons pas affronter les choses. « Ceci est un problème, un obstacle, il faut s’en débarrasser, cela gêne ma pratique. ». Le nombre de choses susceptibles d’entraver la pratique est très vaste. Ainsi est-il utile de développer cet état d’esprit d’accueil, d’ouverture à ce qui est. Alors la pratique évolue à partir de ce qui est, plutôt que d’essayer de le changer pour coller à nos conceptions de la vie ou de ce que nous sommes. 19:44 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairen'être personnene fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
N’être personne
La première année que j’ai pratiqué, j’étais livré à moi-même et je pouvais entrer dans des états d’esprit hautement développés, ce que j’aimais beaucoup. Puis je suis allé à Vat Pah Pong, où l’accent est mis sur le mode de vie selon la discipline du Vinaya et la règle de vie. Là, chacun devait quêter sa nourriture chaque matin, participer aux chants récitatifs du matin et du soir. Si vous étiez jeune et en bonne santé, on attendait de vous que vous alliez faire de longues tournées pour aller quêter votre nourriture ; il y en avait de moins longues, réservées aux moines à la santé déclinante. En ce temps-là, j’étais très vigoureux et j’allais faire ces longues tournées dont je revenais fatigué ; ensuite il y avait le repas et, l’après-midi, nous avions toutes les tâches domestiques à faire. Il n’était pas possible dans ces conditions-là de rester concentré. La plus grande partie de la journée était occupée par la routine quotidienne. Alors j’en eus assez de tout cela ; je suis allé voir Luang Pô Chah et je lui ai dit : « Je ne peux pas méditer ici. » Et il a commencé à se moquer de moi et à raconter à tout le monde « Sumedho ne peut pas méditer ici ! » J’avais expérimenté la méditation de la façon dont j’ai parlé tout à l’heure et je l’avais pleinement appréciée. Maintenant Luang Pô Chah insistait de manière ferme sur le côté ordinaire de la vie quotidienne, le fait de se lever tôt le matin, la tournée d’aumônes, le travail quotidien, les corvées domestiques ; tout cela servait à développer l’attention. Et Luang Pô Chah ne semblait pas du tout enclin à m’encourager dans mes penchants à me priver d’impressions sensorielles en n’accomplissant pas ces petites tâches quotidiennes. Il ne semblait pas être d’accord avec cela. Aussi ai-je fini par me conformer à cela et par apprendre à méditer dans la quotidienneté de la vie. Et, à la longue, c’est ce qui a été le plus utile. Cela n’a pas toujours été ce que je souhaitais, tant il est vrai que l’on désire toujours quelque chose d’exceptionnel. On aimerait voir apparaître une lumière brillante, avoir de magnifiques états intérieurs en Technicolor, une béatitude incroyable, être transporté par l’extase... Cela ne nous suffit pas d’être content et calme, on veut aller plus loin que la lune. Mais si l’on réfléchit à cette forme humaine, c’est simplement ainsi ; c’est être capable de rester assis calmement et de se lever calmement, d’être content de ce que l’on a ; c’est cela qui fait de cette vie, qui est une expérience de chaque jour, quelque chose de joyeux et non quelque chose qui fasse souffrir. Car c’est ainsi que nous vivons la plupart du temps : vous ne pouvez vivre dans des états extatiques de transport et de béatitude et faire la vaisselle, n’est-ce pas ? J’ai lu la vie de saints, qui étaient tellement emportés par leurs extases qu’ils ne pouvaient plus rien faire de pratique. Peut-être le sang avait-il jailli de leurs mains, ou s’étaient-ils arrangés pour que quelque chose d’extraordinaire se produise, mais à chaque fois que les choses en venaient à être pratiques ou réalistes, ils étaient incapables d’agir. Cependant, quand on considère la discipline du Vinaya, on voit que c’est un entraînement de l’attention ; il faut de l’attention pour faire les robes, recueillir les aumônes de nourriture, pour manger, s’occuper de son kutî, pour savoir que faire dans telle ou telle situation. Ce sont des conseils très pratiques pour la vie quotidienne d’un moine. Un jour ordinaire de la vie du moine Sumedho ne consiste pas à entrer en extase mais à se lever, à aller aux toilettes, à enfiler ses robes, à se laver et à faire ceci ou cela ; c’est bien d’attention dont il s’agit quand on vit selon cette convention et que l’on apprend à s’éveiller à la manière dont les choses sont, au Dhamma. C’est pour cela que chaque fois que l’on contemple la cessation de la souffrance, on ne cherche pas la fin du monde mais juste la fin d’une expiration ou la fin du jour, la fin d’une pensée ou d’une impression. Pour se rendre compte de tout cela, il nous faut être attentifs au flux de la vie, nous devons vraiment nous rendre compte de comment est la vie plutôt que d’attendre quelque expérience fantastique de lumière merveilleuse descendant sur nous ou nous foudroyant ou bien quoi que ce soit d’autre. Maintenant contemplez juste votre respiration ordinaire. Vous noterez que quand vous inhalez l’air, il est facile de vous rassembler. Quand vous remplissez vos poumons, vous avez une sensation de croissance, de développement et de force. Quand vous dites que quelqu’un est prétentieux, c’est qu’il est probablement en train d’inspirer. C’est difficile de se sentir important quand on expire. Gonflez votre torse et vous avez l’impression d’être quelqu’un de grand et puissant. Cependant, la première fois que j’ai prêté attention à l’expiration, mon esprit ne semblait pas aussi important qu’à l’inspiration, on faisait juste ceci pour pouvoir arriver à l’inspiration suivante. Maintenant, réfléchissez. On peut observer la respiration. Qu’est-ce qui peut observer ? Qu’est-ce qui observe et connaît l’inspiration et l’expiration ? Ce n’est pas la respiration, n’est-ce pas ? Vous pouvez aussi observer l’état de panique dans lequel on est quand on ne peut pas inspirer ; mais l’observateur, celui qui sait, n’est pas une émotion, n’est pas atteint de panique, ce n’est pas une expiration ou une inspiration. Ainsi notre refuge dans Bouddha, c’est d’être cette connaissance ; d’être le témoin plutôt que l’émotion, ou la respiration, ou encore le corps. Alors vous commencez à voir une manière d’être attentif, de porter de l’attention aux choses faisant partie de la routine et aux expériences de la vie. Dans ma chambre, j’ai une jolie petite reproduction que j’aime beaucoup : un vieil homme tenant une tasse de café à la main, regardant par la fenêtre un jardin anglais, sous la pluie qui tombe. Le titre est « L’attente ». C’est ainsi que je me vois ; un vieil homme tenant sa tasse de café, assis à la fenêtre, attendant, attendant. regardant tomber la pluie ou regardant le soleil. Je ne trouve pas cette image déprimante mais plutôt paisible. Cette vie parle d’attente, n’est-ce pas ?... 19:39 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentaireles démons dans le désertne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Conte : Les Démons dans le Désert
On doit toujours avoir assez de sagesse pour ne pas se faire avoir par les mensonges et les fausses apparences
Cette histoire se déroule il y a très longtemps. C’est l’histoire de deux marchands, deux très bons amis. Tous les deux se préparaient à partir en voyage d’affaires afin de vendre leurs marchandises et décidèrent de voyager ensemble. Comme ils avaient chacun 500 chariots et qu’ils allaient au même endroit par la même route, ils savaient qu’il y aurait trop de monde en même temps sur cette route. Le premier décida qu’il valait mieux partir en premier. Il se dit : « Comme je serai le premier à partir, la route sera en bonne état, mes chevaux mangeront toute l’herbe qu’ils veulent, nous trouverons les meilleurs fruits et les meilleurs légumes, mes compagnons de voyage seront tous très contents et, une fois le voyage terminé, je pourrai gagner beaucoup d’argent en négociant et en vendant ma marchandise au meilleur prix. » Le deuxième marchand réfléchit longuement et réalisa qu’il y a beaucoup d’avantages à partir le deuxième. Il se dit : « Comme mon ami part le premier, nous n’aurons pas à dégager la route, mes chevaux mangeront de la nouvelle herbe bien tendre, nous cueillerons les fruits et les légumes nouveaux et nous nous régalerons. Mon ami aura déjà négocier le prix de la marchandise et je n’aurai plus qu’à faire des profits. » Ainsi, il décida de laisser partir son ami en premier. Le premier marchand était tout heureux car il était convaincu qu’il avait réussi à avoir son ami – ainsi le lendemain, il partit le premier. Le premier marchand et ses compagnons de voyage arrivèrent à un endroit appelé le « Désert sans eau » qui, selon les gens qui habitaient la région, était hanté par des fantômes et des démons. Une fois arrivés au milieu de ce désert, nos amis rencontrèrent une autre caravane venant en sens inverse. Les chariots de cette caravane étaient couverts de boue et de gouttes d’eau. Ils étaient chargés de lotus et de plantes aquatiques. Le guide de cette mystérieuse caravane s’adressa alors au marchand : « Pourquoi transportez-vous tous ces tonneaux d’eaux si lourds ? Dans peu de temps, vous arriverez à l’oasis que l’on voit là-bas à l’horizon et vous y trouverez de l’eau et de quoi manger. Vos chevaux ont l’air si fatigués de tirer tous ces chariots avec tous ces tonneaux. Alors renversez toute cette eau inutile et ayez pitié de vos pauvres animaux essoufflés. Et bien que les gens de la région les avaient prévenus, le marchand ne voyait pas que ces personnes n’étaient pas des humains mais les fameux démons déguisés en voyageurs et qui cherchaient à les dévorer. Mais comme c’était un homme qui aimait faire confiance aux autres, notre marchand décida de suivre leurs conseils et de vider tous ses tonneaux. Continuant leur chemin, nos amis n’arrivèrent pas à trouver l’oasis, ni d’ailleurs la moindre goutte d’eau. Certains d’entre eux finirent par comprendre qu’on leurs avait menti et que ces voyageurs étaient sûrement les fameux démons dont les habitants de la région avaient parlé et ils commencèrent à accuser le marchand de s’être fait avoir. A la fin de la journée, tous nos amis étaient extrêmement fatigués. Les chevaux, qui n’avaient rien bu depuis si longtemps, n’arrivent même pus à tirer les chariots. Les hommes aussi bien que les animaux s’arrêtent et finirent par s’allonger et s’endormirent. Mais au milieu de la nuit, les démons, qui avaient repris leur apparence terrifiante , vinrent et attaquèrent nos pauvres amis sans défense. Et au petit matin, il ne restait plus que des chariots vides et des os dispersés à gauche et à droite. Pas un seul survivant. Quelques mois plus tard, le deuxième marchand commença son voyage sur la même route. Arrivant devant le même désert, il rassembla ses compagnons de voyage et leurs donna ce conseil : « Mes amis, nous sommes arrivés dans une région très dangereuse. Les gens d’ici l’appellent le « Désert sans eau » et on raconte qu’il est hanté par des fantômes et des démons. Alors faîtes très attention. » Alors tous ensemble, ils continuèrent leur voyage et traversèrent le désert. Arrivés à la moitié du chemin, ils rencontrèrent eux aussi la mystérieuse caravane rempli de lotis et de plantes aquatiques, les fameux démons déguisés en voyageurs. Ces étranges voyageurs leurs expliquèrent à eux aussi qu’il y avait tout près une oasis avec de quoi boire et de quoi manger. Mais le deuxième marchand se méfia. Comment pouvait-il y avoir une oasis dans une région appelée le « Désert sans eau ». Et d’ailleurs, ces voyageurs avaient l’air étrange avec leurs yeux rouges sang. C’est pourquoi le marchand décida de continuer sa route tout en gardant ses tonneaux remplis d’eau. Il se contenta juste de dire aux étrangers : « Nous sommes des marchants. Nous ne jetons rien. Ni même de l’eau. » Voyant que ses propres compagnons de voyage ne comprenaient pas pourquoi il ne voulait pas écouter les conseils de ces voyageurs, le marchand leurs expliqua : « Ne les écoutez pas. Gardons cette eau avant d’être sûr de trouver l’oasis. D’ailleurs cette oasis qu’ils nous montrent à l’horizon n’est peut-être qu’une illusion, un mirage. Avez-vous déjà entendu parlé d’un *Désert sans eau » avec une oasis ? Si nous jetons toute notre eau, peut-être qu’après nous n’en aurons pas pour boire et préparer à manger – nous serons alors affamés et assoiffés – ce sera alors facile aux fantômes et aux démons de nous attaquer et de nous dévorer ! C’est pourquoi vous ne devez pas gaspiller la moindre goutte d’eau avant d’en trouver ! » La caravane continua alors de traverser le désert et, à la nuit tombée, nos amis arrivèrent à l’endroit où la première caravane avait été attaquée par les démons. Là, il ne restait que des chariots vides et des os dispersés à gauche et à droite. Le marchand et ses amis décidèrent de passer la nuit à cet endroit et de monter la garde chacun son tour. Le lendemain matin, après avoir pris le petit-déjeuner et avoir nourri les chevaux, nos amis chargèrent dans leurs chariots ce qui restait de la première caravane et en fin de journée, ils terminèrent leur voyage. Après avoir tout vendu, chacun rentra chez lui et retrouva sa famille. Moralité : On doit toujours avoir assez de sagesse pour ne pas se faire avoir par les mensonges et les fausses apparences. 19:32 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairerecherche du bonheurne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Il n’y a rien à faire pour la recherche du bonheur
Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté mais réside là, tout près, dans la détente et l’abandon. Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir
LE BONHEUR Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire. Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance parce que n’a aucune réalité. Ne t’y attache pas. Ne te juge pas. Laisse le jeu se faire tout seul, s’élever et retomber, sans rien changer, et tout s’évanouit et commence à nouveau sans cesse. Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir. C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper. Parce qu’il n’existe pas, qu’il a toujours été là et t’accompagne à chaque instant. Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises ; elles sont comme des arcs-en-ciel. A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain. Dès lors qu’on relâche cette saisie l’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable. Alors profites-en. Tout est à toi, déjà. Ne cherche plus. Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l’éléphant qui est tranquillement à la maison. Rien à faire. Rien à forcer Rien à vouloir. Et tout se fait tout seul. 19:28 - 25/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairele pélerinage et le voyage de la viene fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Le pélerinage et le voyage de la vie
Nous n’avons pas eu la chance de rencontrer le Bouddha. Nous allons à sa rencontre sur les lieux de pélerinages. Il est possible de transposer les motivations positives du pélerinage à notre vie quotidienne.
Les pélerinages Dans le bouddhisme, il est aussi question de pèlerinage. Dans certaines traditions non bouddhistes, on trouve l’obligation d’entreprendre un tel voyage au moins une fois dans la vie. Dans d’autres, on prétend que le pèlerinage est tout simplement une chose bonne à faire. En ce qui nous concerne, nous bouddhistes, nous pouvons regarder ce que le Bouddha en a dit. Tout à la fin de la vie du Bouddha, la question lui fut posée : "Que se passera-t-il plus tard ?", "Où trouverons-nous encore le Bouddha ?". A ces gens qui s’en remettaient à lui, d’après les textes, il répondit ceci : "A quatre endroits vous pourrez rencontrer le Bouddha ; au lieu de sa naissance, au lieu où il a atteint l’illumination, au lieu où les premiers enseignements furent donnés, à l’endroit de sa mort. Visiter ces quatre endroits plein de confiance, signifie me rencontrer", ainsi les paroles du Bouddha. Le premier endroit, le lieu de naissance du Bouddha, est situé à Lumbini sur la frontière indo-népalaise. Il est dit que le Bouddha est né là il y a 2.500 ans. La date exacte fait encore l’objet de discussions. Certains parlent de 2.540, d’autres de 2.548. Finalement, peu nous importe ces quelques années éventuelles de différence car l’essentiel c’est de savoir qu’il naquit à cet endroit. Le deuxième endroit se situe à Bodhgaya au Bihar. Nous savons qu’il a entrepris, depuis sa vingt-neuvième jusqu’à sa trente-cinquième année toutes sortes de pratiques et qu’il a atteint l’illumination complète à cet endroit précis en Inde. Les textes nous disent que Bodhgaya et Varanasi sont les endroits les plus importants car les mille bouddhas de cette ère atteindront l’illumination en ces lieux. En conséquence, ces lieux sont et restent importants pour nous bouddhistes. Vers les trente-cinq ans, le Bouddha a quitté Bodhgaya pour Sarnath où il donna le premier cycle des enseignements. Cet endroit est également important pour la raison suivante : il existe trois éléments de référence dans le bouddhisme qui sont le Bouddha, le dharma et la sangha ; on dit qu’en ce lieu ces trois éléments de référence furent réunis pour la première fois. Dans sa quatre-vingt et unième année le Bouddha est passé outre. Comme on dit, il est entré dans le nirvana à Kushinagar. Ces quatre endroits sont cités dans le bouddhisme comme des endroits à visiter lors d’un pèlerinage. Outre ces quatre premiers lieux, on en cite souvent quatre autres. Sravasti, l’endroit où le Bouddha a passé la plus longue période de sa vie en raison de la saison des pluies. Durant de nombreuses saisons des pluies, la communauté entière est demeurée là ensemble, à cet endroit. Le lieu est cité fréquemment pour une autre raison encore : c’est là que les influences négatives, les esprits négatifs, ont été maîtrisées, dominées en quelque sorte. En ce lieu, toutes les résidences étaient aménagées pour les moines, les moniales et le Bouddha. Il existe un autre lieu lié à l’endroit où la mère du Bouddha décéda, sept jours après l’avoir enfanté. Elle naquit ensuite dans le ciel au milieu des êtres divins. Lorsqu’il eut quarante et un an, il se rendit en ce lieu où il enseigna également. On se lamenta sur le monde en disant : "Les êtres humains ne peuvent pas atteindre le niveau des êtres divins mais le contraire est possible ; par conséquent, il semble nécessaire que le Bouddha nous revienne". Alors, il fut demandé à Mangalputra de faire connaître ce souhait. Ce dernier était un des plus proches disciples du Bouddha et était très expert en matière de forces surnaturelles. Il se rendit à l’endroit où le Bouddha enseignait et il reçut le signe annonçant la descente du Bouddha le jour suivant. Sitôt ce signe parvenu aux oreilles du roi Bimbisara ; le monarque décida d’élever une construction afin de faciliter la descente du Bouddha. Les récits affirment qu’un escalier confortable fut construit et reçut une décoration d’or, d’argent et de lapis lazuli. Le Bouddha n’avait pas vraiment besoin de cet escalier, mais il l’emprunta en tout cas. C’est pourquoi cet endroit fut considéré comme le lieu de la descente du Bouddha sur terre. Rajghir, un autre endroit, est également situé en Inde. Il semblait y avoir une contestation entre moines. Le Bouddha y intervint afin de susciter le retour de l’harmonie dans les discussions et conversations. Le nom de cet endroit tire son nom du processus de mise en harmonie des contraires. Enfin le huitième endroit est connu sous le nom de Nalanda. Le rayonnement international de cette université est bien connu. Les résultats de tout ce qui a été découvert ces dernières années sur place nous donne déjà une idée de la vie à l’époque. Un grand nombre d’érudits et de yoguis y ont résidés. Au total, il existe huit lieux importants. On peut les relier au fait qu’il y a huit différentes sortes de Chortens ou stoupas. Pour chaque type d’endroit est prévu un type de stupa. Ils constituent un point d’appui pour aider l’émergence de souvenirs particuliers ou bien pour favoriser la concentration sur certains aspects significatifs. Nous trouvons des lieux de ce genre en différents pays, en Birmanie, en Afghanistan, en Thailande et au Sri Lanka. Il y a un consensus, même parmi les historiens, à propos de ces huit lieux. La raison pourquoi ces endroits sont visités par les bouddhistes lorsqu’ils entament un pèlerinage. La motivation Lorsqu’on part dans un climat intérieur de confiance et de dévotion, accompagné par une joie intérieure, on développe la patience et la tolérance pour passer au travers les difficultés qui pourraient surgir en chemin. Ces lieux sont également fréquentés par des personnes malades ou par des personnes ayant perdu un être proche. On constate donc que diverses motivations, mais toutes positives, ont été à la source de tels voyages. C’est le niveau de conviction qui détermine l’importance que la personne attribuera à ce voyage, ainsi que la force que la personne en retirera. Par contre, si l’intention est seulement de visiter sans plus, alors ce voyage sera ni plus ni moins qu’une excursion touristique. Comme toujours, les choses deviennent vraiment importantes en fonction de l’intérêt qu’on y attache. Il s’agit presque d’un pléonasme. Il en va de même avec les pèlerinages. Quoi qu’il en soit, il est un fait que chaque personne qui se rend en ces lieux expérimente un grand calme, une sensation de joie intime. Pourquoi ? Parce que ce sont des lieux particuliers, car là, des êtres sages emplis d’amour et de compassion ont atteint l’illumination. Ce n’est pas rien. N’importe qui peut sentir qu’il se passe quelque chose à ces endroits. Il n’y a rien l’ésotérique à cela. Ce sentiment ne nous est pas étranger. Il est identique au sentiment que nous éprouvons en pénétrant dans une maison où règne la paix et l’harmonie. On peut ressentir autre chose lorsque nous pénétrons dans une maison où règne un climat orageux. Naturellement, il ne suffit pas de prendre le départ. Nous devons aussi veiller à apporter une aide sur place, apporter de l’aide aux gens et à la région. Cette aide peut consister à se montrer généreux, à faire des offrandes ou à développer un comportement éthique... ou bien à poser des actes vertueux de manière consciente ou encore à essayer de développer une stabilité mentale. En bref, il s’agit de poser des actions qui sont en concordance avec ce qui se passe lorsqu’on entame un pèlerinage. Une attitude bien pauvre consisterait à se rendre en de tels lieux et faire simplement « acte de présence ». On peut viser un peu plus que cela. Pour qu’il ne reste pas uniquement des traces de notre passage en ces endroits, mais quelque chose se soit déclenchée en nous aussi. En pratiquant de manière vertueuse, nous devons aussi saisir l’occasion de développer des idées positives. Sur le plan karmique, une trace est ainsi posée qui fait de ce voyage une expérience intense. Des pélerins Au Tibet, il y avait aussi des endroits de pèlerinage, comme à Lhassa, la grande statue du Jowo ou la résidence du Dalaï-Lama vers laquelle tous les visiteurs se rendent. En langue tibétaine, on dit : "Dans cette vie, je dois au moins une fois voir le Jowo et au moins une fois le Potala". Ainsi, des Tibétains provenant de toutes les provinces viennent en pèlerinage, certains en se prosternant. Parfois, un tel voyage dure une année. Je connais un Français qui pensait qu’il s’agissaient là d’une sorte d’arpenteurs qui se livraient à un quelconque calcul de kilomètres tout en se prosternant. Ce n’est bien sûr pas tout à fait cela ! En général, au Tibet, les pèlerins ne doivent se faire aucun souci quant à leur logement et à leur alimentation en cours de route. Là où ils passent ils reçoivent de la nourriture. On fait ceci pour toutes sortes de raisons. Des familles ayant un malade ou un décès pensent, par cet acte vertueux, recevoir bonheur, prospérité et guérison. Ces pèlerins n’avaient aucune raison de ressentir de la honte lorsqu’ils quêtaient leur nourriture. On leur en donnait volontiers. Dans ce contexte, on dit communément : si la maladie mortelle apparaît, alors tu dois te préparer à mourir ; si tu es brouillé avec ceux de ta maison ou avec ton patron, alors pars en pèlerinage. Peu importe si tu es pauvre ou riche. Il y a donc des raisons en suffisance en faveur des pèlerinages et apparemment on se porte mieux après l’avoir entrepris. La vie Nous retrouvons quelque chose de similaire dans la tradition chrétienne. Lorsqu’une personne part pour Israël ou Lourdes, il est dit que ce pèlerin en reviendra meilleur. Dans ce domaine, tout repose sur la conviction et la confiance. Cette force joue un rôle considérable. Cependant, peu de pèlerins en reviennent guéris tout de suite ou tout à fait. Il n’empêche que la condition fondamentale demeure présente : on entreprend un pèlerinage en s’appuyant sur une motivation joyeuse. Grâce à une telle attitude, un pèlerinage est toujours une expérience porteuse de sens, si ce n’est à court terme, sûrement à long terme ou profondément en nous. Bien sûr, aller sur place et ramener de belles photos peut être un but pour certaines personnes, mais alors elles n’en ramèneront que des impressions superficielles. D’autant plus si quelqu’un part en pèlerinage avec une motivation négative. Il est possible de transposer les motivations positives du pèlerinage à notre vie quotidienne. En fait, notre vie se déroule de la même manière qu’un pèlerinage. Il est inutile de se faire du soucis à propos des petits détails qui surgissent sur notre route. Il est important de garder à l’esprit les choses essentielles et de les considérer comme des lignes de force dans la vie quotidienne. Une personne qui décide pour elle-même de vivre sa vie d’un point de vue positif, altruiste et bienveillant se rendra compte que son existence devient plus riche de sens. Elle se rendra compte que ses actes mûriront et que les résultats de ses actions laisseront des traces. En bref, actualiser le sens profond de la vie, voilà ce qui importe. Nous pouvons garder de bons exemples devant les yeux : ceux du Bouddha, du Christ ou de Gandhi, écouter leurs paroles et analyser leurs conduites. Si nous atteignons ce niveau et si nous avons mené une vie riche de sens, alors les lieux que nous avons fréquentés deviendront peut-être des lieux de pèlerinages : les bars où nous sommes attablés, les restaurants où nous avons mangé, les lieux où nous avons dormi pour ne donner que quelques exemples ! Si nous observons les exemples cités plus haut, alors nous constatons que leur conduite se caractérise avant tout par un souci du bien-être d’autrui. Ce qu’on a retenu de Jésus - ou de Bouddha - n’est pas qu’il aurait construit une maison par exemple. Ils ont laissé derrière eux d’autres souvenirs que cela. Ne se soucier que de faire construire une maison pour avoir un témoignage de notre présence sur terre pourrait bien être une erreur de jugement. Les oiseaux aussi construisent un nid. Construire son logement est donc une activité banale. Il est plus important non seulement de s’occuper de ses petits, mais de s’élever au-dessus de préoccupations personnelles et de savoir montrer de l’amour, de la compassion et de la bonté qui dépassent le cercle étroit de ceux que nous aimons ou qui nous entourent. Nous devons faire bénéficier de ces sentiments tous les êtres vivants. C’est ce qui est si merveilleux. Ici et maintenant Nous n’avons pas eu la chance de rencontrer le Bouddha. C’est pourquoi il est parfois difficile de s’en faire une idée. Nous pouvons regarder autour de nous et peut-être ainsi trouver de bons exemples dans la famille, chez les amis ou connaissances. Il s’agit de gens dont nous pouvons nous inspirer et suivre leur exemple en toute certitude. Surtout parce que ceci nous rendra heureux : puisque, lorsque nous sommes gentils envers quelqu’un, nous serons en même temps heureux un moment. Il n’est pas suffisant de dire : je ne voudrais plus connaître la souffrance ou bien je voudrais être heureux. Ne dire que cela est dépourvu de sens, c’est insuffisant. Si nous ne voulons plus connaître la souffrance, alors nous devons éviter soigneusement d’activer les causes qui provoquent l’arrivée de la souffrance. De même, il faut activer les causes qui provoquent l’arrivée du bonheur. Si on fait ceci, alors les résultats ne manqueront pas de se produire. Et c’est sûrement vrai ici, parce que vous êtes nés en tant qu’êtres humains et en Occident : ici en Occident, tous les gens sont débrouillards et intelligents. Vous, les Occidentaux, vous avez utilisé vos aptitudes pour arriver jusqu’à la lune. Ce ne doit donc pas être si difficile d’utiliser ces prodigieuses qualités dont vous faites preuve dans la bonne direction afin d’évoluer positivement. Cela vaut vraiment la peine de se concentrer un moment sur ce qui est vraiment significatif dans la vie et de l’actualiser. A un moment donné, nous serons tous face au dernier jour de notre vie. Si à ce moment nous pouvons dire que nous avons essayé de faire au mieux de toutes nos forces, sans garder un sentiment de regret, tant mieux. Nous n’éprouverons pas une pensée semblable si nous contentons à ce moment d’énumérer les maisons ou les voitures, que nous possédons. Ni même si nous devons constater d’en avoir fait un fatras, de notre vie. Si nous nous retrouvons plongés dans un constat amer en contemplant notre lamentable passé, alors nous ressentirons un sentiment douloureux. Tout ce temps perdu ! Par conséquent, il est judicieux de découvrir les lignes de forces et le sens de notre existence. Le "comportement juste" peut se vivre en tout lieu et de toutes les manières possibles. Il n’est pas indispensable de donner de l’argent ou de poser une action en particulier. La signification de l’expression "conduite juste" n’implique pas ces choses. Le "comportement juste" consiste à faire ce que nous faisons d’une manière appropriée. C’est certainement votre cas. Vous entrez fréquemment en contact avec autrui. C’est là exactement que cela se fait. Prenons le cas d’une personne dont la profession est de fournir des renseignements à d’autres. Il existe plusieurs façons de le faire. Nous connaissons des personnes qui donnent, corps et âme et minutieusement, les renseignements utiles à la personne demandeuse. Une telle personne qui s’acquitte de cette tache avec bonne humeur communique son humeur joyeuse à son interlocuteur. Par contre, il y a des personnes qui se trouvent derrière un comptoir ou un guichet et qui exhibent une façade de statue lorsqu’on leur pose une question. Il ne se passe pas grand chose lors d’un tel entretien. Dans le bouddhisme on dira qu’il ne faut pas tarder à être chaleureux, qu’il vaut mieux agir tout de suite. Nous ne devons pas attendre, mais agir sans délai. Une personne qui attendrait ressemblerait à celui qui reste pensif tandis que ces cheveux sont en train de brûler au lieu de s’activer immédiatement pour éteindre les flammes. Une dernière remarque Faire un pèlerinage avec quelqu’un crée une relation particulière avec cette personne. Au Tibet il existe une manière coutumière de considérer le pèlerinage. Prenons un cas extrême : une personne qui a commis un acte tout spécialement odieux comme l’assassinat de son propre enfant par exemple. Il existe une expression au Tibet qui dit : "Quel que soit l’acte qu’elle a commis, nous avons ensemble posé notre tête contre le Jowo." En d’autres mots, je suis allée à Lhassa avec cette personne, j’ai fait un pèlerinage avec elle, voilà ce qui est le plus important. Nous pouvons extrapoler ceci à notre vie quotidienne. Peu importe combien c’est difficile, le plus important est d’être né ici et d’y vivre ensemble. Nous avons des amis ou de la famille qui parfois font des petites remarques à notre égard. Il ne faut pas y accorder trop d’importance. Mettons donc notre attention sur les choses importantes de la vie qui pèsent plus lourd dans la balance. 16:49 - 24/4/2008 - commentaires {0} - poster un commentairepardon et réconciliation dans le bouddhismene fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent à toi paix à tous les êtres
Pardon et réconciliation dans le bouddhisme
La notion de Karma transforme notre notion de la faute et du pardon
Le pardon et la réconciliation dans le boudhisme ont un sens sensiblement différent que celui qu’il a dans les monothéismes. D’abord, selon les érudits, le mot même de pardon n’a d’équivalent exact ni en sanskrit ni en pali. La faute ou la blessure infligée à autrui s’inscrit dans un nombre d’existences infini et non pas une seule et unique, le caractère du pardon revêt donc un caractère moins dramatique. Selon le bouddhisme, si nous sommes renés dans cette existence conditionnée, c’est en raison de nombreuses fautes et de notre manque de sagesse. Mais, puisque nous avons obtenu la précieuse existence humaine, en raison aussi de grands mérites. La loi du karma, loi de causalité, naturelle, que l’on constate mais qui nest pas une justice divine, veut que tout acte ait sa rétribution, sous forme de bonheur pour les actes positifs, sous forme de souffrance pour les actes négatifs. Cette rétribution est automatique, nul ne peut y échapper. Néanmoins, l’énergie engagée dans les actes, positifs ou négatifs, n’est pas infinie, elle s’épuise. Doù l’impermanence. Nous ne connaissons pas notre karma et ne sommes donc jamais sûrs d’obtenir ni conserver une existence favorable. Notre karma évolue en fonction des actes nouveaux que nous accomplissons. Il n’est pas une fatalité. A ce sujet, le Bouddha a dit : Si vous voulez connaître vos existences passées, considérez votre situation présente ; si vous voulez connaître vos existences futures, considérez vos actes présents (ceux du corps, de la parole et de l’esprit). Le but, l’éveil, est l’extinction du karma, non pas l’accumulation dactes positifs pour obtenir une bonne renaissance, toujours aléatoire, mais bien de se libérer du cycle des existences conditionnées. Cette libération exige la compassion universelle, au point que les bodhisattvas subordonnent leur entrée en nirvana à la libération de tous les êtres. Nous sommes au cœur de la question. Si l’on réagit par la haine ou la violence à l’injure, au crime, à la souffrance qui nous sont infligés, nous nouons et renforçons des liens karmiques négatifs qui iront croissant sans cesse, aussi bien pour nous que pour le coupable. C’est l’entraînement assuré vers les renaissances inférieures. La vengeance relève de la haine-aversion, l’un des trois poisons fondamentaux de l’esprit, les deux autres étant le désir-attachement et la stupidité. Dun côté, l’exigence de pardon et de réconciliation est moins dramatique dans le bouddhisme que dans les religions du Livre puisque tout acte peut toujours être transcendé. D’un autre côté, il a des conséquences incommensurables, pouvant s’étendre à un nombre infini d’existences et, de plus, être contagieux. Le pardon est donc la seule solution raisonnable, rationnelle. Le coupable subira la rétribution de son acte. Nul n’y peut rien. Mais, s’il est pardonné, la chaîne des actes négatifs consécutifs à la faute sera rompue. Quant à celui qui aura pardonné, non seulement il évitera toute conséquence négative pour lui-même, au contraire, il développera sa compassion qui relève de sa nature ultime de Bouddha, et se rapprochera de l’Eveil. En se vengeant, il subirait par entraînement les conséquences douloureuses de son acte et accroîtrait les démérites du coupable. A ce sujet, le Dalaï-Lama a dit : Se venger est comme se gratter où ça vous démange. D’abord, ça fait du bien, puis la démangeaison s’accroît et l’irritation se généralise. Pour Odon Vallet, le pardon est comme un antibiotique qui préserve la communauté de la contamination. Le Bouddha Sakyamouni, comme tous les fondateurs des grandes religions, a été confronté à la question. Son neveu Devadatta, jaloux de son prestige, avait tenté de l’assassiner. Si le Bouddha ne lui avait pas pardonné, il se serait peut-être produit un schisme dans le sangha, car Devadatta avait de nombreux partisans. Dans le vajrayana, la méditation sur les yidams offre la possibilité de purifier son karma en allant directement à notre nature de Bouddha. Il est question aussi de transmutation des émotions négatives dans le mahayana, dont le vajrayana est une section. Lilian Silburn, dans sa somme intitulée Le Bouddhisme, (Fayard, p. 282), écrit : « Asanga, dans un long passage d’abord cité (st.11), va plus loin encore puisqu’il suggère que c’est par l’attraction que l’on se libère de lattraction. Pour se libérer des inclinations, le bodhisattva ne les subit pas, ne les refoule pas, ne les corrige pas à l’aide de vertus, mais prend l’initiative à leur égard en les situant dans la nature absolue (...) Par le renversement du support, l’attraction replongée en sa source sélargit à l’infini et recouvre l’efficience sans que rien n’ait été vraiment éliminé : elle se transforme même en une profonde tendresse, un insatiable dévouement qua |