Essai - 01:38, 27/12/2009 |
§ 1 Une
sorte de Wunderblock, comme si
j’étais encore capable de parler. § 2 Je
n’ai plus besoin de faire semblant de parler tout seul, je ne parle plus. J’ai
passé mon temps, ma vie, en somme, à tenter de dissimuler ma détresse. « L’ombre
d’un homme appelait de ses vœux le coucher du soleil pour devenir plus grande,
raconte Leon Battista Alberti. Quand elle comprit qu’elle allait périr avec
lui, elle souhaita, trop tard, qu’il fût au zénith. » § 3 Le
spectateur n’est pas inexistant. — Ils ne veulent rien du tout. § 4 Le « respect »
nous obligerait-il à dépérir avant d’avoir pu nous dégager du legs
catastrophique de nos parents ? Je ne fais qu’observer. § 5 J’ai
fini par découvrir le lieu que j’occupe provisoirement : ma détresse. § 6 Le jardin des délices. — J’ai
dans la tête quelques « détails » (ils appellent ça des
« détails »). Je lis Hans Belting, je relis Michel de Certeau. Quand
j’arrive à respirer, j’essaie de m’occuper. § 7 J’ai
appris à me taire. C’est là toute mon éducation. Je ne suis doué que pour
sentir : souffrir et deviner la beauté. Après avoir lu Leon Battista
Alberti, je regarde ma chambre comme un tableau à peindre, que naturellement je
ne peindrai pas. « Le peintre fera œuvre de peu de valeur s’il prend pour
guide les œuvres d’autrui », disait Léonard de Vinci. § 8
Je ferais mieux
d’« imiter » ma voix.
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