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Je marche vers la gare pour retourner dans mon village, comment le ciel
de cette saison peut-il être si innocemment clair ? Et comment la douleur de cette période peut-elle être encore si vive ? La douleur ne sait pas vieillir. C’est parce que l’espérance de quelque chose qui pourrait le guérir est aussi vive et tenace. Cet hiver, je réunirais les enfants du village et je ferais avec eux un immense bonhomme de neige dans un champ vide.
Pour que les ondes atteignent l’étoiles de cette femme qui a quitté la
terre il y a plusieurs jours, il faudra y planter une antenne, faite
d’une longue branche mais les enfants ne savent-ils pas avant quiconque
que les gens ne deviennent pas étoiles après la mort ?
Ceux qui ont disparu en emportant une douleur laissent à ceux qui les
connaissent une petite lumière, comme une cicatrice. Peut-être le bonheur n'est-il que dans les gares ? (G. Perec)
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