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vendredi 24 août 2007
Me voilà de retour dans ma ville,
nouveau parmi les anciens. La première chose que je vois est la grisaille. La
grise mine du ciel se reflète sur le mental. Je crois que j'en suis là, je
remarque que, de mon passage au sud, le bonheur m'enlève une bonne inspiration.
Le malheur attire le malheur. Je crois que cette ville, ce lieu où j'habite est
mon inspiration éternelle, tellement magnétisante, je ne sais de quelle façon,
et inspirante.
Mais,
parce qu'il y a toujours un "mais" dans ces occasions, j'ai fait
d'incroyables choses dans le sud, j'ai découvert beaucoup de choses, paraissant
peut-être simples ou anodines mais qui est une source d'accrochage de vie pour
moi.
Je
suis allé dans une famille incroyable, celle que tu n'oses même pas imaginé.
Non, pas celles que tu vois dans les séries ou dans les films américains où les
parents sont beaux, forts, musclés, souriants, heureux de leurs vies, sûrs
d'eux, etc… Pas cette famille où les enfants sont tout aussi beaux que leurs
parents, bons à l'école, qui (paraissent) toujours gentils, propres sur eux,
incroyablement gentils et serviables.
Non, ce n'est
pas çà, c'était assez inexplicables. Tu rentrais dans cette maison et au moment
même où le seuil de la porte était franchi, une sorte de chaleur venant d'on ne
sait où, une sorte de brume amicale nous entoure de ton son être. Les parents
ne sont pas spécialement beaux, ils sont blancs. Leurs fils pourrait assez être
un stéréotype, beau petit blond à yeux blonds, mais a une flamme dans ses yeux,
une sorte de lucidité avide, il est de couleur blanche. La mêre appelle un
deuxième garçon, il arrive.
"Ton fils
a amené son copain?
-
Non, c'est son frère."
Ledit frère est noir, nous
croyons avoir fait une boulette, les parents en rigolent : "Tout le monde
nous le fait, y'a pas de problèmes, on a l'habitude."
Après ce style de bourde, le
cerveau ne retrouve plus ses fonctionnalités habituelles et il y a eu un regard
gêné échangé entre tout les protagonistes de la pièce. Les yeux amusés et
pétillants des parents sont de plus en plus ronds et par pur sentiment
d'éclaircissement de la situation, ils nous précisent : "Nous l'avons
adopté."
Effectivement, vu sous cet angle,
tout s'explique.
Ensuite, nous ne parlons même pas
de cet enfant. Ils sont originaires de ma ville, la fameuse, et je peux enfin
me permettre de détruire cette ville qui ne m'est tellement pas chère à mes
yeux. La détruire dans le sens verbal, non pas avec des mots durs, mais avec
des arguments réfléchis et qui en plus sont approuvés par ladite famille, bien
heureuse d'être parti pour s'installer dans le sud.
Ils
sont partis car ils avaient besoin de changements. PAF ! Et une claque dans ma
gueule, une ! Donc çà existe vraiment ces familles non-casanières,
"nomades", qui partent juste parce qu'elles ont envie?! Je trouve çà
très beau cette action, ce sentiment de liberté qu'ils se donne. Ils étaient
comme tout bons "imbéciles heureux nés quelque part" (©Brassens), ils
avaient peut au début de partir, peut rassurés par les non-encouragements de
leurs proches et de leur famille. Tout çà m'a fait penser à une image, un peu
comme si tu étais en enfer (malgré que je ne crois pas à la vie après la mort)
et que tu es envie d'aller au paradis mais que des petits diables, alors que tu
es en pleine ascension vers la purification, te retenait par le pied en te
redescendant dans les sous-sols de l'enfer (je la trouve bien cette
expression).
Ils
ont tout de même réussis à battre ces démons et je crois que c'est le plus beau
dans cet histoire. Car nous sommes entourés de petits diables qui, chaque jour,
nous tirent un peu plus vers le bas de manière totalement discrète et tellement
peu visibles qu'on ne se rend compte. Il faut savoir faire le tri entre nos
diables et nos anges, tri parfois (trop) difficile et qui nous fait un grand
vide, tellement on se rend compte du nombre incroyable de ces diables.
Ils y sont arrivés par un courage
immense et respectable, peu de personnes sont capables de se remettre
totalement en question et de changer de vie d'un coup. Nous sommes tellement
enfermés sur nous-mêmes, ne pensant jamais qu'une vie ailleurs serait peut-être
meilleure.
Mais
revenons à notre famille, suite à ce départ, ils se sont rendus compte de la
différence des mentalités, de la façon de vivre. La femme travaillait à
l'office de tourisme et m'a raconté l'histoire d'une espagnole venu dans cette
ville pour étudier. Elle me dit que l'étudiante, après un mois resté, était
dégoûtée par le manque d'ambiance et de dynamisme de la ville.
"Mais
oui, mais de toute façon, c'est une ville vieillissante qui est en train de se
replier sur elle-même, qui ne s'ouvre à rien. Les jeunes ont aucun avenir ici. Alors
quand j'entends des amis à moi (cette expression est due aux quelques coupes de
champagne) qui me disent qu'ils voient pas l'intérêt de bouger de cette putain
de ville, je les comprends pas, mais qu'est-ce qu'ils vont devenir à part pas
grand chose.
-
Tout à fait d'accord, les gens sont d'un ennui mortel
je trouve, nous régressons de plus en plus …"
Pas la peine de me parler plus, cette femme est une perle.
Je jouis des moments passés par la suite, petite perle de destruction verbale
de notre monde. Le plus est que dans cette famille, en plus de parler, ils
agissent. Parce que quand ils disent que nous sommes en train de pourrir notre
planète, ils ont un vélo, vont au boulot avec, trient les déchets, ont beaucoup
d'objets recyclables, n'achètent que bio …
La parole
plus le geste, c'est incroyable. Ensuite il fallait en venir à ce petit enfant
noir, plein de malice. Les yeux comme celui de son frère, pas bleus, mais
pétillants de malice, d'ingéniosité et de découvertes. Le parcours fait pour
l'adopter, pour l'aimer et pour l'appréhender mais fait remonter le cœur et me
bouleverse, tellement d'épreuves ont été passées pour récupérer un peu d'amour.
Ces deux
frères étaient deux anges échappés du Paradis, sur lequel veillez deux
personnes tellement respectables que j'en serais venu à les jalouser, ces
enfants. Cette découverte de l'autre qu'a dû faire le petit enfant blanc en
accueillant un enfant noir et vice-versa.
Il y a
des jours, on n'aimerait être astronaute, président, star … ce jour-là,
j'aurais juste voulu être de cette famille. Un tel apaisement dans ce foyer, un
tel amour a donné. Bien sûr que non, les parents n'étaient pas parfaits et
l'avouaient; bien sûr que non les enfants n'étaient pas des anges et ils le
disaient. Seulement il y avait ces regards, ceux que je n'ai plus beaucoup,
avec cet amour et cette lueur, ceux qui s'échangent quand nous somment heureux
de ce qu'on a, que rien ne nous sépare de l'autre, que nous sommes fidèles et
attachés et respectueux; ces regards que je n'ai jamais eut avec mes parents.
C'est alors que je me suis senti tellement reboosté, au contraire d'être
démoralisé, je me suis dit que si un jour, famille j'avais, je voudrais une
telle ambiance, une telle philosophie du plaisir simple. Ce que nous avons ne
nous suffit largement.
De telles
personnes existent donc vraiment, et c'est grâce à des personnes comme çà que
je continue à croire en l'humain plus que tout.
Désolé
pour la longue description mais je n'ai pu raccourcir ces propos.
Sinon, parlons musique un peu (ne vous inquiétez pas, çà
va être plus court !!), j'ai acheté l'album de Feist et de Ariane Moffatt. A
conseiller tout les deux, des bombes !!!
Les deux
ont un peu les mêmes ingrédients, quelques chansons incroyablement joyeuses et
la plupart du temps des mélodies profondes et incroyablement magnifiques.
La
première chantant anglais, les paroles ne sont pas très compréhensibles mais la
musique nous envahit tellement et la voix de velours nous caresse les tympans
de manière si douce qu'il se suffit de se laisser bercer.
La seconde chante français et c'est un peu une sorte de
Camille, avec des textes parfois encore plus beaux et des musiques assez
incroyables.
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Moi j'ajouterai "la vie" a cette expression.
Le fait de changer de ville, de decouvrir autre chose.
Moi j'ai tout quitté à mes 18 ans. Ma ville, ma famille, mes amis... j'ai tout laissé derrière moi sur un (quasi) coup de tete. J'ai 900 kilometres dedistance entre mon passé et moi.
Et 4 ans plus tard rebelotte.
Les départs, c'est comme une seconde chance. On efface (sans vraiment effacé, disons qu'on laisse derriere) et on recommence une nouvelle vie. En essayant de faire mieux.
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