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La music du moment : Femi Kuti : "Day by Day"


Découvrez Femi Kuti!

2/9/2007 - de retour

vendredi 24 août 2007

 

Me voilà de retour dans ma ville, nouveau parmi les anciens. La première chose que je vois est la grisaille. La grise mine du ciel se reflète sur le mental. Je crois que j'en suis là, je remarque que, de mon passage au sud, le bonheur m'enlève une bonne inspiration. Le malheur attire le malheur. Je crois que cette ville, ce lieu où j'habite est mon inspiration éternelle, tellement magnétisante, je ne sais de quelle façon, et inspirante. 

           

            Mais, parce qu'il y a toujours un "mais" dans ces occasions, j'ai fait d'incroyables choses dans le sud, j'ai découvert beaucoup de choses, paraissant peut-être simples ou anodines mais qui est une source d'accrochage de vie pour moi.

 

            Je suis allé dans une famille incroyable, celle que tu n'oses même pas imaginé. Non, pas celles que tu vois dans les séries ou dans les films américains où les parents sont beaux, forts, musclés, souriants, heureux de leurs vies, sûrs d'eux, etc… Pas cette famille où les enfants sont tout aussi beaux que leurs parents, bons à l'école, qui (paraissent) toujours gentils, propres sur eux, incroyablement gentils et serviables.

           

Non, ce n'est pas çà, c'était assez inexplicables. Tu rentrais dans cette maison et au moment même où le seuil de la porte était franchi, une sorte de chaleur venant d'on ne sait où, une sorte de brume amicale nous entoure de ton son être. Les parents ne sont pas spécialement beaux, ils sont blancs. Leurs fils pourrait assez être un stéréotype, beau petit blond à yeux blonds, mais a une flamme dans ses yeux, une sorte de lucidité avide, il est de couleur blanche. La mêre appelle un deuxième garçon, il arrive.

"Ton fils a amené son copain?

-         Non, c'est son frère."

Ledit frère est noir, nous croyons avoir fait une boulette, les parents en rigolent : "Tout le monde nous le fait, y'a pas de problèmes, on a l'habitude." 

Après ce style de bourde, le cerveau ne retrouve plus ses fonctionnalités habituelles et il y a eu un regard gêné échangé entre tout les protagonistes de la pièce. Les yeux amusés et pétillants des parents sont de plus en plus ronds et par pur sentiment d'éclaircissement de la situation, ils nous précisent : "Nous l'avons adopté."

Effectivement, vu sous cet angle, tout s'explique.

Ensuite, nous ne parlons même pas de cet enfant. Ils sont originaires de ma ville, la fameuse, et je peux enfin me permettre de détruire cette ville qui ne m'est tellement pas chère à mes yeux. La détruire dans le sens verbal, non pas avec des mots durs, mais avec des arguments réfléchis et qui en plus sont approuvés par ladite famille, bien heureuse d'être parti pour s'installer dans le sud.

            Ils sont partis car ils avaient besoin de changements. PAF ! Et une claque dans ma gueule, une ! Donc çà existe vraiment ces familles non-casanières, "nomades", qui partent juste parce qu'elles ont envie?! Je trouve çà très beau cette action, ce sentiment de liberté qu'ils se donne. Ils étaient comme tout bons "imbéciles heureux nés quelque part" (©Brassens), ils avaient peut au début de partir, peut rassurés par les non-encouragements de leurs proches et de leur famille. Tout çà m'a fait penser à une image, un peu comme si tu étais en enfer (malgré que je ne crois pas à la vie après la mort) et que tu es envie d'aller au paradis mais que des petits diables, alors que tu es en pleine ascension vers la purification, te retenait par le pied en te redescendant dans les sous-sols de l'enfer (je la trouve bien cette expression).

            Ils ont tout de même réussis à battre ces démons et je crois que c'est le plus beau dans cet histoire. Car nous sommes entourés de petits diables qui, chaque jour, nous tirent un peu plus vers le bas de manière totalement discrète et tellement peu visibles qu'on ne se rend compte. Il faut savoir faire le tri entre nos diables et nos anges, tri parfois (trop) difficile et qui nous fait un grand vide, tellement on se rend compte du nombre incroyable de ces diables.

 

Ils y sont arrivés par un courage immense et respectable, peu de personnes sont capables de se remettre totalement en question et de changer de vie d'un coup. Nous sommes tellement enfermés sur nous-mêmes, ne pensant jamais qu'une vie ailleurs serait peut-être meilleure.

            Mais revenons à notre famille, suite à ce départ, ils se sont rendus compte de la différence des mentalités, de la façon de vivre. La femme travaillait à l'office de tourisme et m'a raconté l'histoire d'une espagnole venu dans cette ville pour étudier. Elle me dit que l'étudiante, après un mois resté, était dégoûtée par le manque d'ambiance et de dynamisme de la ville.

            "Mais oui, mais de toute façon, c'est une ville vieillissante qui est en train de se replier sur elle-même, qui ne s'ouvre à rien. Les jeunes ont aucun avenir ici. Alors quand j'entends des amis à moi (cette expression est due aux quelques coupes de champagne) qui me disent qu'ils voient pas l'intérêt de bouger de cette putain de ville, je les comprends pas, mais qu'est-ce qu'ils vont devenir à part pas grand chose.

-         Tout à fait d'accord, les gens sont d'un ennui mortel je trouve, nous régressons de plus en plus …"

Pas la peine de me parler plus, cette femme est une perle. Je jouis des moments passés par la suite, petite perle de destruction verbale de notre monde. Le plus est que dans cette famille, en plus de parler, ils agissent. Parce que quand ils disent que nous sommes en train de pourrir notre planète, ils ont un vélo, vont au boulot avec, trient les déchets, ont beaucoup d'objets recyclables, n'achètent que bio …

            La parole plus le geste, c'est incroyable. Ensuite il fallait en venir à ce petit enfant noir, plein de malice. Les yeux comme celui de son frère, pas bleus, mais pétillants de malice, d'ingéniosité et de découvertes. Le parcours fait pour l'adopter, pour l'aimer et pour l'appréhender mais fait remonter le cœur et me bouleverse, tellement d'épreuves ont été passées pour récupérer un peu d'amour.

            Ces deux frères étaient deux anges échappés du Paradis, sur lequel veillez deux personnes tellement respectables que j'en serais venu à les jalouser, ces enfants. Cette découverte de l'autre qu'a dû faire le petit enfant blanc en accueillant un enfant noir et vice-versa.

            Il y a des jours, on n'aimerait être astronaute, président, star … ce jour-là, j'aurais juste voulu être de cette famille. Un tel apaisement dans ce foyer, un tel amour a donné. Bien sûr que non, les parents n'étaient pas parfaits et l'avouaient; bien sûr que non les enfants n'étaient pas des anges et ils le disaient. Seulement il y avait ces regards, ceux que je n'ai plus beaucoup, avec cet amour et cette lueur, ceux qui s'échangent quand nous somment heureux de ce qu'on a, que rien ne nous sépare de l'autre, que nous sommes fidèles et attachés et respectueux; ces regards que je n'ai jamais eut avec mes parents. C'est alors que je me suis senti tellement reboosté, au contraire d'être démoralisé, je me suis dit que si un jour, famille j'avais, je voudrais une telle ambiance, une telle philosophie du plaisir simple. Ce que nous avons ne nous suffit largement.

            De telles personnes existent donc vraiment, et c'est grâce à des personnes comme çà que je continue à croire en l'humain plus que tout.

 

            Désolé pour la longue description mais je n'ai pu raccourcir ces propos.

 

Sinon, parlons musique un peu (ne vous inquiétez pas, çà va être plus court !!), j'ai acheté l'album de Feist et de Ariane Moffatt. A conseiller tout les deux, des bombes !!!

            Les deux ont un peu les mêmes ingrédients, quelques chansons incroyablement joyeuses et la plupart du temps des mélodies profondes et incroyablement magnifiques.

            La première chantant anglais, les paroles ne sont pas très compréhensibles mais la musique nous envahit tellement et la voix de velours nous caresse les tympans de manière si douce qu'il se suffit de se laisser bercer.




La seconde chante français et c'est un peu une sorte de Camille, avec des textes parfois encore plus beaux et des musiques assez incroyables.

 

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3/9/2007 - Une autre ville, une autre vie
Posté par JouRNaLDeK
Les voyages forment la jeunesse...
Moi j'ajouterai "la vie" a cette expression.
Le fait de changer de ville, de decouvrir autre chose.

Moi j'ai tout quitté à mes 18 ans. Ma ville, ma famille, mes amis... j'ai tout laissé derrière moi sur un (quasi) coup de tete. J'ai 900 kilometres dedistance entre mon passé et moi.
Et 4 ans plus tard rebelotte.
Les départs, c'est comme une seconde chance. On efface (sans vraiment effacé, disons qu'on laisse derriere) et on recommence une nouvelle vie. En essayant de faire mieux.

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