Pour faire du shopping (première
causé évoquée) mais c’était beaucoup plus pour m‘évader, pour voir autre chose
qu ces murs qui me font fassent ou que ce mêmes têtes que je croise chaque
après-midi.
J’y suis allé et prit le train.
Arrivée Part-Dieu, le temps d’adaptation fût assez long. Je
prends alors le métro pour me rendre en centre-ville. La foule me parait
légère, frivole, tous se mélangent.
Rendez-vous au MacDo place Bellecoure, j’entre, un mec me
pousse directement dans une file pour commander, les gens sont entassés telle
une rentrée à l’usine pour pointer et être à l’heure. Ma carte de crédit ne
marche pas pour acheter ma salade, rien qui fasse. Putain. Je paye en liquide
en regardant la caissière qui me dit un « Merci » sans conviction
aucune.
Je m’assois sur un tabouret, mange, regarde mon portable,
hésite, je lui écris ?
« Je suis à Lyon, je pense à toi … ». Je
n’attends pas une réponse directe de toute façon. Ma journée continue, sans
difficultés, reprend le métro pour aller au grand centre commercial.
Icil’ambiance n’est
pas la même, tout est oppressant, les gens sont pressés, crient, hurlent, ne
parlent pas bas, se bousculent sans même regarder.
Une masse, c’était une masse de fourmis, de petits insectes titubant
à la recherche d’un objectif, aveuglés …
Je comprends mieux maintenant l’envie de certains de devenir
célèbres, fondu dans cette masse, je n’avais qu’une envie : m’en
différencier. Partir d’un côté différent du leur et me montrer, sortir,
ressortir.
Il devait être 16h30 environ, je lui re-écris « Prquoi
tu m’obsèdes otant ?Je r^v 2te voir dans lemétro, à la partdieu, partt. Je
peu plu résister, je veu t’avoir entre mé m1. »
Réponse : « N’Spère pas me croiser, je suis a
st-T.dsl de pas tavoir rep hier, GT complètment défonC. »
Belle connerie …
Je n’en peux plus d’être enfermé là, avec ces hommes, ces
animaux… je suffoque, je dois sortir. De toute façon mon train va arriver en
gare, il faut que je parte.
J’y monte, sur la ligne pour retourner au Puy, après avoir
changé à St-Etienne, une prof de français (me rappelant vaguement quelque
chose) parle avec une dame qu’elle connaît de son fils, il veut être professeur
de musique. Elles parlent de l’éveil à la musique, de leurs enfants jouant la
musique, de leurs révélations face à de grandes œuvres… leurs voix sont douces
et réconfortantes, je les écoute de l’oreille droite pendant que la gauche se
laisse bercer par CocoRosie et tout doucement mes yeux se closent …
Je me réveille, à un quart-d’heure de l’arrivée, les femmes
sont toujours en train de parler de leurs voix réconfortantes, « Promise
Me » est diffusé de l’autre oreille.
Mes yeux se dirigent dehors et je vois, ce paysage, triste,
assombri par ces maisons de pierre boueuses, ces routes perdues, ce paysage que
trop campagnard.
Je n’en peux plus, je veux partir, j’aurais aimé parler avec
vous Mademoiselle Bulle, ce soir, ce m’aurait remis dans le droit chemin de
vous voir, j’aurais été réconforté par votre sourire ou vos problèmes… Ce n’est
que parti remise.
Je n’en peux plus de cette campagne, partir au plus vite,
mais pour se fourrer où ? dans cette fourmilière abondante ? dans
cette foule sans noms, sans identité qui ignore les signes de pauvreté
extérieur d’habitude ?
Je suis tiraillé, mon cœur bat à 100 à l’heure. Où vais-je
m’arrêter ?