La capilliculture – comme disait Desproges – Sujet SENSIBLE par excellence (enfin pour moi en tous cas..., j'sais pas pour vous)
Qui n’a jamais été déprimé en sortant de chez le coiffeur, voyant le
sacrifice d’une chatoyante, brillante et ondulante touffe chevelue
massacrée par un(e) coiffeur(se) qui semble avoir eu son ‘baccalauréat’
coiffure dans une pochette surprise (savez, celle qu’on achète à
Intermarché ou au Prisunic ou aux mammouths (le magasin, pas l’animal)
dans les temps anciens ou ils prospéraient encore ) juste devant la
caisse et même qui y’en a des bleues pour les garçon et des roses pour
les fifilles… Si si, je suis sûre que ça vous est déjà arrivé… mentez po quand même, cher lecteur… Enfin vous vous demandez peut être pourquoi je parle de ça… Alors attention la partie « jeracontemavie.com » va débuter…
Pendant mes vacances (qui furent courtes, mais ça c’est un autre
sujet…), ma mère a eu la bonté d’âme… que dis-je la noblesse de cœur,
de me payer le coiffeur… elle en avait apparemment marre de mes cheveux
longs difformes, que j’avais pris l’habitude de couper moi-même (devant
l’état limite « interdiction bancaire » de mon compte en banque)
Me voilà donc partie gaiement, mercredi dernier à 11h – c’est pas
humain de se lever aussi tôt pendant des vacances – chez un
capilliculteur qui nous fut chaudement et capillairement recommandé par
une collègue en blouse de ma môman. L’homme est d’un abord sympathique,
et de l’autre bord également, mais cela ne nous regarde pas…
Une sympathique et non moins -blonde- coloriste (c’est comme ça
qu’on nomme les coiffeuses débutantes qui ne sont bonnes qu’à faire des
colorations capillaires) me prit en charge (et quelle charge !!) pour
le choix de la couleur et sa réalisation (que de responsabilité sur le
dos d’une blonde) J’optais donc pour un joli brun-violet qui je pense, m’irait à ravir… (crus-je ! quoi c’est pas français « crus-je » ?)
S’attelant à la tâche de recouvrir ma touffe velue (je parle de
mes cheveux là !!!), elle commença bien sûr à me parler du temps… La blonde : « On a vraiment eu un été pourri, l’année dernière, le temps n’était pas si mauvais en août » Moi : « Oui » La blonde : « Mais apparemment, nous aurons plus de chaleur pour la fin de l’été » Moi : « Ah…C’est bien »
Puis de ma vie… (Il faut savoir que la coloriste-blonde se fout
totalement de la vie de ses clientes, mais elle se sent obligée de
faire la causette) Moi j’avais envie de lui dire… « Mais ferme ta boîte à camembert et fais gaffe à ce que tu fais, Poufniaise… » Vivi, je deviens vite associale quand je me retrouve chez le coiffeur… Donc v’la qu’elle me sort : « Et vous faites quoi de beau dans la vie ? » Je lui répond vite fait – mal fait… elle du comprendre que j’avais pas envie de tchatcher…
La coloration bien étalée sur mes tifs, elle me met sous «
l’engin de torture »
la-machine-qui-chauffe-très-très-beaucop-et-qui-te-fait-suer-mais- qu’apparemment-ça-fait-plus-mieux-pénétrer-la-couleur- dans-les-poils-capillaires
J’y passe 30 minutes, je sue, je coule, je fond, j’ai la tête qui
tourne, les neurones qui flagellent, les cheveux qui piquent, le crâne
qui cuit… bref… Ô JOIE !! Puis comme un autocuiseur, la-machine-qui-chauffe-blablabla… sonne… je suis cuite…
Je passe donc au bac (comme ils appelent ça…) je me pose la tête
dans leur évier… et je me dis en mon très très for (et fort) intérieur…
« Enfin un moment de détente » Mais j’sais pas pourquoi, j’ai
super trop top mal au cou… en plus y a le fauteuil qui vibre et qu’est
censé faire des massages…mais ça fait qu’accroître mon mal au cou… Le pire shampooing de ma vie… Pour voir, qu'en plus, la couleur n'a pris que sur mes racines... C'est magnifique des racines violettes-rougeatres... Enfin, ça se finit, le joyeux (j’ai pas dit gay) capilliculteur me reprend en charge pour la coupe.
Je lui montre un modèle de coupe mouderne et chatoyant (j’aime ce
mot) qui me fera ressembler à coup sûr à une Jennifer Lopez si elle se
faisait couper les cheveux cette saligote… Mais voilà : Le coiffeur : « Les cheveux plus courts vous affineraient le visage » Moi : « Ah, vous croyez » Le coiffeur : « Vi, vi, c’est sûr » Moi : « Je vous fais confiance » Le coiffeur : « Vous m’en direz des nouvelles » Le voilà lancé dans son ouvrage…, il ne manque pas bien entendu de me parler du temps, de l’installation de son salon… Comme dit un de mes chanteurs favoris, qu’il est connu que de moi, et qu’il s’appelle Gerald Genty :
Donc, il dit, enfin il chante ceci :
« Je préfère que le coiffeur
Parle peu
Je préfère qu’il s’concentre
Sur les ch’veux
Je coupe court
À ses discours
Sur le temps, le soleil, et l'amour
Alors, j'dis rien, rien
Muet comme un saumon
Un saumon c'est plus fort qu'une carpe
Quand ça tient bon
Et je me tais, me tais
Fidèle à ma tactique
Je concède laconique
Un oui, un non
Et il croit qu'je suis timide
Alors qu'je suis lucide
Absorbé par l'enjeu
De ma coupe de ch'veux »
Et le capilliculteur, même s'il parle trop, il coupe ce gus, il coupe, il coupe même court… Et voilà, son « œuvre capillicole innovante » est terminée… Et là, j’ai envie de fermer les yeux devant la cata.
C’est la caca-c’est la cata-c’est la catastrophe… J’ai plus de
ch’veux, c’est pas dieu possible ! Mais c’est capillairement possible !
Ensuite il me fait un brushing-de-derrière les fagots. Je sens
les larmes monter. Non, non je ne veux pas craquer devant le
capilliculteur… Je paie sagement puisque que le ‘satisfait ou
remboursé’ n’est pas appliqué chez le coiffeur… MERDE, NON JE SUIS PAS
SATISFAITE !! Bon diou de bon diou… Je franchis le seuil de la boutique capillaire et là, je fond en larmes… Et après ça, me suis faite traiter de « fille superficielle » par certains de mes proches… Mais merde quoi, c’est quand même de mes cheveux qu’on parle… M’enfin bon, ya pire dans la vie… ya le prix du baril de pétrole qui flambe… m’en fout… j’prend le métro moi… Capillairement vôtre, Lili
|
Lien Permanent