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Le corps de K m’est moins familier que son visage. Le visage, j’ai réussi à ne jamais le perdre de vue. A travers son mûrissement – l’accentuation de certains traits et cette sorte d’opacité, de densité terne que j’ai reconnue sur le visage de /////// -, j’en ai toujours perçu la continuité essentielle, au point de pouvoir presque m’en croire l’auteur. Le corps m’appartient moins. Je sens bien qu’il m’est imposé. Il s’y passe trop de chose à mon insu. Il a ses aventures à lui, comme un chien fidèle qui de temps à autre fait une escapade, va avec ses congénères mener sa vie de chien. Tu as su cela très tôt, toi, grâce à Louis. Tu le savais sans le savoir, bien sûr, sans le comprendre, mais tu vois, rien ni personne, depuis, ne m’a démontré le contraire, c’est pourquoi aujourd’hui je peux te l’expliquer. Ce n’est pas que je sois mal dans mon corps. Je le trouve même plutôt confortable. Seulement je ne m’y sens pas complètement chez moi. Tu me diras qu’au fond c’est le cas aussi pour l’âme. Sauf que le petit point irréductible, sans étendue et sans épaisseur, l’insaisissable tête chercheuse qui dit je et qui regarde K dans la glace.
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