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Vendredi 17 Octobre 2008
~ And Nothing Else Matter - Metallica ~

Gold. Une prof d'art. Mme Gold.
Je l'aurais inventée, qu'on ne m'aurait pas cru. J'entends déjà les cris perçants : "affabulatrice." Et pourtant, c'est tellement chouette d'affabuler.
Se laisser couler dans la foule, se laisser couler dans la masse, se laisser couler et faire comme si tout cela n'existait pas.
Cette chaleur un peu humide, un brin cuisante, cette odeur légèrement dégueulasse. Tout cela n'existe pas.
Je suis fondue dans une mer d'azur et d'argent. Je suis la princesse laide d'un conte réaliste. Je ne suis plus rien dans tout ce trop.
Le Bus bondé et leurs corps intolérable contre le mien. Mon espace vital réduit àé néant, brisé, déchiré. Son regard, un jour de décembre je crois.
Je n'ai jamais existé.
Se prendre la pluie dans la face et devenir une flaque ambulante.
Tomber sur "Belle" et rire aux éclats, parce que je suis trempée, parce que mes chaussettes doivent déjà déteindre sur mes pieds, parce que c'est du Jack Johnson juste après du Billy Talent, parce que c'est bon la pluie qui ruiselle sur mon visage.
Le grand ciel d'octobre qui s'embrase sur le toit du monde. Et un manque toujours le même.
Et une jalousie, ardente. dévorante, toujours la même, toujours plus puissante.
Je suis la princesse laide du conte enchanté.
Et le conte enchanté se termine. C'est long une semaine non? Tellement long et tellement court à la fois. Oh belles semaines qui s'envolent loin de moi.
Un répit? J'ai tellement envie de chuter. Un an bientôt. Un an.
J'avais désappris à aimer aussi longtemps. Je me croyais définitivement guérie.
Il n'y a pas de vérité. Il n'y a que la vérité de mes yeux perdus dans les tiens, de mon regard sur ta peau. Il n'y a de vérité que l'éphémère qui reste gravée dans mon esprit.
À jamais.
(J'ai écrit Dune un mardi, j'ai écrit Dune un mardi, j'ai écrit Dune un mardi)
(Ce n'est pas ça qui compte)
(Nos regards. Rien. Nos regards.)
Je suis l'auteur fou, la princesse laide, destinée à aimer dans l'ombre, à aimer dans le néant, à aimer pour le seul acte terrible d'aimer, sans attendre de retour.
À aimer pour expérimenter la douleur et la peine d'aimer.
À aimer parce que ça n'a aucun sens mais aussi parce que c'est le seul sens qui reste.
(Parce que ça ne veut rien dire. Tes yeux. Ne plus exister.)
Je ne veux pas te dire au revoir.
(Goodbye)
Je ne vis que pour un au "revoir".
(goodbye)
Te voir. Vraiment. En crever.
(Goodbye!)
Dis-moi que ces choses ont vraiment existé?
Me pencher contre la lumière oblique qui tombe sur ta nuque et, par elle, te faire parvenir mon murmure.
Goodbye. Have a nice week.
À bientôt,
Macha
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