Comment, dans de telles conditions, ne pas céder à ses pulsions meurtrières, jusqu'à se perdre et commettre un infanticide ? Comment ne pas agir ainsi en ayant vécu cloîtré dans cet immonde trou à rat ?
Il songea alors à l’homme qu’il était devenu après trente années de réclusion. Il le savait entre les mains de la police, en soin intensif, au sein d’un hôpital spécialisé et imaginait toutes les souffrances et les horreurs que ce pauvre gamin avait dû endurer durant tout ce temps. Trente longues et douloureuses années sans pouvoir espérer, un beau jour, revoir le bleu du ciel et entendre le chant d’un oiseau...
Louis inspecta chaque recoin de cette cellule, la peur au ventre.
Il s’aida pour se faire d’une des torches qu’il avait préalablement décrochée de son support et s’ingénia à fouiller parmi des choses peu ragoûtantes qu’il pouvait ramasser ça et là.
Il remarqua aussi des centaines d’entailles et d’inscriptions creusées à même la roche. En les scrutant de plus près, il put lire, parmi des dizaines de hachures et autres stries, des mots comme «danger» ou encore «repas». Il n’eut aucun mal à y décrypter le prénom de Thierry.
Et tandis qu'il fouillait ce cloaque, Louis n'avait de cesse de regarder par-dessus son épaule, avec cette crainte constante de voir se dessiner à nouveau la silhouette démoniaque de cette gamine aux cheveux noirs.