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L'humanité a été le témoin de phénomènes mystérieux et d'énigmes inexpliquées. Disparitions, apparitions, événements étranges, visites extraterrestres, esprits frappeurs... Ce blog n'a pas la prétention de prouver ou de démystifier ces faits mais seulement de les exposer sans parti pris et dans le seul but d'informer.


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Tempus Fugit

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Le mécanisme d'Anticythère


Une des pièces découvertes en 1900

En 1900, entre le Péloponnèse et la Crète, près d'une petite île appelée Anticythère, au sud de Cythère, l'épave d'un navire antique est découverte. 2000 ans de sédiments calcaires recouvrent l'épave mais parmi les objets découverts à bord par l'archéologue Valérios Staïs, un curieux mécanisme soulève bien des questions. La découverte est étrange, plusieurs morceaux de ce qui semble être un système d'engrenages composé d'une vingtaine de roues dentées sont mis en évidence et il faudra attendre 1955, au terme de nombreuses années de restauration, pour identifier des inscriptions astronomiques et des graduations qui recouvrent les rouages.


   

Deux autres parties du mécanisme

La forme des caractères viennent corroborer la première estimation qui fixe la date de création de l'objet à environ 100 à 150 ans avant J-C. Le musée d'Athènes se contente alors de classer l'objet dans la catégories des Astrolabes (petites cartes de navigation basée sur l'observation des étoiles).
En 1959, le docteur Solla Price, lauréat de l'université de Londres et docteur en physique expérimentale, se penche à nouveau sur l'étrange objet. Price se sert alors des dernières découvertes en matière de désoxydation par électrolyse pour peaufiner la restauration du dispositif et ainsi l'identifier comme étant une horloge astronomique.


Un schéma du mécanisme d'Anticythère.

Le mécanisme se compose donc d'une vingtaine de roues dentées mais aussi d'axes, d'aiguilles et de tambours, le tout protégé par des étuis de bronze et une boite en bois sur laquelle sont fixés trois cadrans métalliques recouverts d'inscriptions. Deux cadrans se trouvent d'un coté de la boite et le troisième à l'opposé. Ce dernier comporte une échelle fixe montrant les signes du zodiaque et un autre mobile affichant les mois. Il est ajusté parfaitement sur la roue principale qui entraine une aiguille à l'aide d'un tambour excentré. Il semblerait que ce cadran servait donc à indiquer les mouvements du soleil par rapport au zodiaque. Mais il permettait aussi, au travers de lettres clés représentées sur l’échelle  astronomique de montrer les mouvements des étoiles les plus brillantes et des constellations. Les cadrans sur l’autre face, ont un fonctionnement plus complexe, celui du haut est composé de quatre cercles concentriques et celui du bas trois. Chacun d’eux comprend un petit cadran à la manière de nos montres pour les secondes. Entre chaque cercle des symboles sont gravés, chiffres ou lettres, séparées tout les six degrés par un trait. Le cadran inférieur devait représenter les phses de marées lièes à la lune ainsi que les heures de lever et de coucher du soleil. Le cadran supérieur représentait les mouvement des planètes connues par les Grecs (mercure, Venus, Mers, Jupiter et Saturne). Le jeu d’engrenage était monté sur une plaque centrale en bronze, sur une des faces, on peut reconstituer les engrenages, leur nombre de dents et leurs positions. Sur l’autre face, l’exercice est plus difficile car elle est incomplète.



Le mécanisme dans sa boite avec ses dimensions en mm.

Le mouvement est actionné par un levier pénétrant sur le côté du boîtier. Il actionne une roue dentée, qui fait bouger la roue principale, opérant sa révolution en un an. Cette roue est connectée à deux trains d'engrenages, qui, respectivement, montent et descendent le long de la plaque de bronze. Par les axes transversaux, ils sont solidaires des roues de l'autre côté. Là, l'engrenage traverse un tambour excentré pour aboutir à un système actionnant les aiguilles. C'est le principe même du mouvement épi cyclique ou différentiel : quand on tourne le verrou d'entrée, toutes les aiguilles se meuvent à des vitesses différentes. On peut ainsi traduire en mouvement tangible les relations cycliques, qui sont à la base de l'astronomie grecque. On ignore, bien sûr, si l'appareil fonctionnait à la main ou automatiquement. Il aurait pu, par exemple, être tenu en main et actionné par une roue latérale ; ou bien fixé à une statue, être mis en mouvement par un dispositif hydraulique. Notons enfin une chose tout à fait remarquable. À savoir que tous les engrenages, montés sur des lames de bronze d'à peine 2 mm d'épaisseur, sont composés de roues ayant exactement les mêmes dimensions et les mêmes angles à 60°. Autrement dit, elles étaient standardisées et interchangeables.


Le schéma de droite montre la complexité du système

Ce cadran est le seul spécimen que l’antiquité nous ait laissé mais il est impossible qu’il ait pu être créé sans prototypes ou systèmes ne fonctionnant que partiellement. De plus, cet objet est totalement différent des objets que la Grèce antique nous ait fait parvenir. Les Grecs anciens connaissaient bien sur le principe de l’engrenage, ils avaient des cadrans solaires et des clepsydres mais ils n’utilisaient jamais ces accessoires d’une manière si poussée et complexe. La plupart des systèmes d’engrenages n’excédaient pas quelques roues dentées. Leur mentalité était plus abstraite et phylosophique que technique. Les instruments qu’ils élaboraient étaient ingénieux d’un point de vue mathématique mais leur aversion envers le travail manuel ne leur permettait de réaliser que des mécanismes rudimentaires.

 

Selon le Dr Price, Le mécanisme d'Anticythère est plutôt une horloge mécanique ou un ordinateur analogique, du fait qu'il met en œuvre des mouvements simples pour réaliser des calculs fastidieux. Le système ressemble encore plus aux horloges astronomiques de la Renaissance.

Il y aurait donc un lien ininterrompu reliant l'horloge d'Anticythère à celles du Moyen Âge que nous ont apportées les Arabes après avoir relu les textes grecs. Dans ce cas, l'horloge d'Anticythère ferait partie d'un courant important dans la civilisation hellénistique, mais que l'Histoire aurait contribué à nous cacher.

Ou alors, elle provient d'une technologie aujourd'hui perdue, mais qui valait la nôtre dans le domaine de la fabrication d'instrument. Revenons pour cela aux inscriptions gravées sur les parois du boîtier. Le soleil y est souvent mentionné, des termes font allusion à la position des planètes, l'écliptique, calculée par Eratosthène en - 250 est mentionnée. Une des lignes cite 76 et 19 années, allusion au cycle Calippique de 76 ans, qui vaut quatre fois le cycle Métonique de 19 ans, ou 235 mois lunaires ; et enfin le chiffre 233 se réfère au cycle des mois lunaires pour le calcul des éclipses. En fait, ce genre de théorie arithmétique basée sur les mois sidéraux et synodiques est le thème central de l'astronomie babylonienne des Séleucides, transmise aux Grecs durant les derniers siècles avant J.- C. Il est tout à fait différent de la théorie géométrique des cycles et épicycles essentiellement grecque. Ce n'est que Claude Ptolémée qui, au IIe siècle, unifia les deux théories. L'horloge d'Anticythère serait alors la contrepartie arithmétique des modèles solaires géométriques plus familiers, connus de Platon et d'Archimède et qui ont mené au planétarium.


Une des nombreuses radiographies du mécanisme

Anticythère : un ancètre du planétarium? L’idée est plaisante… Mais la notion de rotation de la terre sous une voûte céleste fixe était loin d'être admise... On comprend dès lors que le Dr Price se soit exclamé : "Trouver une chose comme celle-là équivaut à découvrir un avion à réaction dans le tombeau de Tout-Ankh-Amon !" Un livre retraçant les recherches et ses rebondissements existe, il est intitulé "Gears From The Greeks : The Antikythera Mecanism, A Calendar Computer From Circa 80 BC". Les études et les radiographies des quatre fragments de base furent renforcées par le hasard, encore une fois, de la redécouverte d'une partie supplémentaire, trouvée dans les réserves du Musée National d'Athènes. Le Professeur Ch. Karakolos se chargea de le radiographier également : ainsi fut révélé le rouage "D", pièce circulaire dentée quasiment intacte, qui permit une identification plus fine du nombre de dents - 64 - et, par voie de conséquence, le déchiffrage du nombre de dents des autres rouages en fut d'autant plus accessible.

Le dernier fragment était donc le chaînon manquant qui donna le coup de pouce nécessaire à Solla Price et dont voici les conclusions définitives. Les rouages de la mécanique, dès identification des composantes, travaillaient sous forme de "trains de rouages" autorisant la marche avant et arrière, ou si vous préférez, l'addition et la soustraction de données programmables. Au point de vue purement mécanique, les diverses manœuvres étaient optimisées par un véritable différentiel qui n'a rien à envier à ceux qu'on trouve actuellement dans les ponts arrière de nos voitures. C'est aussi là que de Solla Price put constater le réel savoir des constructeurs du calculateur : "Le différentiel est certainement la particularité mécanique la plus spectaculaire de l'appareil d'Anticythère, à cause de sa sophistication extrême et l'absence de tout précédent historique."


Une représentation schématique du différentiel utilisé dans le mécanisme.

En effet, ce mouvement différentiel dont résulte la combinaison de deux mouvements produits par une même force, ces deux mouvements étant la somme et la différence, est de loin plus évolué que celui que nous pouvons approcher avec Vitruve. Cela dit et grâce aux trains d'engrenages et au différentiel, il s'avère que le calculateur offre deux "raisons" ou proportions, l'une annuelle et l'autre approximativement mensuelle. Solla Price ajoute : "Les deux choix astronomiques évidents et auxquels on ne peut se dérober, seraient associés avec le fait que le mouvement synodique de la lune, le cycle des phases de la nouvelle lune à la pleine lune, est la différence entre les mouvements apparents du soleil et de la lune sur l'arrière-plan des étoiles fixes. Le soleil semble tourner à travers les étoiles du zodiaque en environ 365 jours tandis que la lune change de place en une période d'environ 27 jours 1/3 et change de phase durant son cycle en environ 29 jours 1/2." Il est, par ailleurs, confirmé que les divers rouages introduisent des nombres compatibles avec le calendrier grec du cycle de Méton dans lequel 19 années solaires correspondent exactement à 235 lunaisons ou encore à 254 (235 + 19) révolutions sidérales de la lune ; c'est le même cycle dit de Méton qui est utilisé à Stonehenge !

Solla Price dit encore : "L'appareil contient des rouages qui correspondent très bien avec les nombres premiers de 19 et 127 qui sont utilisés dans le cycle métonique." d'où le différentiel est nourri par 254 révolutions d'un rouage et 19 révolutions inverses d'un autre rouage, cela dès que l'on tourne la roue principale de 19 tours, ce qui donne pour résultat 235 demi révolutions pour le différentiel complet et tous les rouages y attenant. Les nombres repris ci-dessus s'accordent aux dents des rouages. D'autres implications du différentiel sont offertes aux lecteurs du livre de Solla Price. Ce dernier s'attarde aussi aux considérations touchant l'inventeur d'une telle mécanique : "Pour Anticythère, je pense qu'il est nécessaire d'évoquer l'existence d'un génie."

Evidement certains archéologues refusèrent longtemps de considérer la pièce comme un objet ancien. Ils croyaient plutôt au vestige d'un naufrage récent, entraîné là par des courants marins. Même au cours de la Renaissance, disaient-ils, on utilisait encore le grec ancien comme langue scientifique. Mais, selon le spécialiste en épigraphie, Benjamin Dean Meritt, les formes des lettres sont bien du premier siècle avant J.-C. : elles ne peuvent être plus anciennes que l'an - 100, ni dater de notre ère non plus. Les mots utilisés et leur sens astronomique sont tous de cette période. Ainsi, l'inscription la plus complète est un fragment de Papapegma (calendrier astronomique), similaire à celui d'un certain Gerninos de Rhodes, qui vécut vers - 75. L'horloge ne pouvait donc être beaucoup plus ancienne au moment où elle fut montée à bord de la galère.



Le mécanisme reconstitué

Tout laisse croire que ce mécanisme est l’œuvre d’une intelligence supérieure, terrestre ou extra-terrestre. Pourquoi n’est-elle que l’unique pièce qui nous soit parvenue jusqu'à aujourd’hui ? Pourquoi l’histoire à cherché à minimiser l’importance de ce mécanisme en le reléguant au rang de simple « compas » évolué ? Quels moyens ont été mis en œuvre pour réaliser un tel ouvrage à une époque où la technologie en était à ses balbutiements ? Autant de questions qui restent sans réponses et qui viennent s’ajouter à la longue liste des mystères de notre histoire.

Le mécanisme d’Anticythère pose plus de questions qu’il n’en résout. Cet appareil est trop complexe pour surgir d’un coup d’un désert technologique.
L’hypothèse du génie solitaire est tentante mais même un génie se réfère à des acquis.

On sait que cet appareil décrivait les mouvements astronomiques. C’est bien la seule certitude que l’on ait.

L’écrivain Arthur C.Clarke décrit bien la situation en soulignant que "si la perspicacité des Grecs de l’Antiquité avait été à la hauteur de leur ingéniosité, la révolution industrielle aurait commencé 1 000 ans avant Christophe Colomb"...




Posted: 16:45, 2/7/2006

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