2/11/2009 - Actualités : Les écoles de hackers, une défense contre le cyber-terrorisme ? - VEZARD Laurent
Le cyber-terrorisme définit l’action
de dégrader, de modifier voir même de détruire un flux de données, d’informations
ou encore le système informatique d’un pays. Ces attaques sont souvent perpétrées
à l’encontre d’un pays afin de le paralyser ou de causer un maximum de dégâts
aux données dont il dispose.
Les raisons de telles
actions sont de différentes natures. Certaines sont idéologiques comme le
montre l’attaque de l’Estonie en mai 2007 qui avait pour but de protester
contre le retrait d’une statue commémorative de la seconde guerre mondiale dans
le centre ville de la capitale. Il y a également des raisons politiques et on peut
cette fois penser à l’attaque perpétrée par des nationalistes russes contre le
site internet duprésident ukrainien Viktor Yushchenko en octobre 2007 [1].
Selon un rapport
de l’institut de recherche américain, The Computer Science and Telecommunications
Board, "Le voleur moderne peut voler
plus avec un ordinateur qu'avec un fusil. Le terroriste de demain peut causer
plus de dégâts avec un clavier qu'avec une bombe".[2]
Cette
affirmation permet de se rendre compte de l’impact du cyber-terrorisme et du
danger qu’il représente. En effet, notre société est de plus en plus dépendante
de l’informatique et de l’environnement
internet. Les transactions bancaires, les dispositifs de santé, les réseaux de
transports sont des exemples de domaines dans lesquels l’informatique
tient un rôle primordial. Il est au cœur de notre société et une attaque
cyber-terroriste pourrait causer d’importants dégâts et paralyser de nombreux
services. En effet, les cibles sont nombreuses et il est compliqué de se
défendre contre de telles attaques. Comme l’indique Mr Patrick Chambet [3], on
peut par exemple penser aux installations de gestion des télécommunications, aux sites de distribution d'énergie (centrales
nucléaires, EDF), aux installations de régulation des transports ( réseau aérien,
maritime ou routier) ou encore aux institutions financières, bancaires et aux services
gouvernementaux (sécurité sociale, assurance maladie, sites institutionnels).
Aussi, la question qui se pose est la suivante : comment se
protéger et se défendre contre un ennemi invisible ?
En effet, les attaques cyber-terroristes
peuvent venir de n’importe quelle partie du globe. Une attaque cyber-terroriste
coûte bien mois cher qu’une bombe. De plus, il est beaucoup plus compliqué d’en
retracer l’origine avec certitude. Une riposte est donc difficilement
envisageable. De plus, les force armées utilisent souvent des systèmes GPS pour
se localiser ou encore les réseaux de télécommunications pour communiquer
lorsqu’elles sont sur le théâtre d’une opération militaire. Une cyber-attaque
aurait donc encore plus de poids dans le sens où elle perturberait la réponse
militaire du pays cible. Ainsi, de nombreux pays n’arrivant pas à faire
entendre leurs opinions et/ou n’ayant pas les moyens de se défendre militairement
pourraient avoir recours à des attaques cyber-terroristes (avec des effets
décuplés comme le soulève la citation du The Computer Science and Telecommunications
Board).
Ainsi, devant de telles menaces,
certains pays comme les États-Unis ou la Grande Bretagne réagissent en créant
des écoles ayant pour but de former des hackers afin de protéger le pays d’éventuels
attaques. Les États-Unis ont ainsi lancé un concours visant à recruter 10 000
jeunes talents pour renforcer son potentiel de défense [4] [5] . De
la même façon, la Grande Bretagne va ouvrir une "Hacker Academy" [6] afin
de former des hackers aptes à défendre leur pays. L’initiative anglaise va plus
loin dans le sens où les élèves pourraient être recrutés par des entreprises
dans le but de sécuriser leurs dispositifs informatiques.
La tendance semble
donc être de former des hackers surdoués afin de défendre le pays contre des
attaques potentiels. De plus, le Conseil de l’Europe, élaborée à Varsovie le 16
mai 2005, a adopté une nouvelle convention visant à accroitre l’efficacité dans
la lutte contre le terrorisme. On peut s’interroger sur l’efficacité de telles
mesures.
Sources :
[1] : Définition du
cyber-terrorisme sur wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyberterrorisme
[2] : La revue de presse du Net :
http://redurand.chez.com/annee_2002/numero_135_20020119.html
[3] : Publication de Mr Patrick
Chambet sous forme pdf :
http://www.chambet.com/publications/Cyberterrorisme.pdf
[4] : Le cyber challenge
américain :
http://infowar.romandie.com/post/11928/164354
[5] : Site américain du cyber
challenge américain :
http://csis.org/uscc/
[6] : Article du monde sur la
Hacker Académy
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/10/14/la-grande-bretagne-lance-sa-hacker-academy_1253678_651865.html#xtor=RSS-651865
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