
Lorsque les nazis prirent le pouvoir en Allemagne, les arts dits "décadents" comme la peinture abstraite ou le théâtre d'avant garde furent bannis. Il en fut de même pour le jazz, musique considérée comme "négro-judéo-anglo-saxonne". Une légende tenace veut qu'il en fut de même en France lors de l'avènement du vichysme. JAZZ ET SOCIETE SOUS L' OCCUPATION permet de rétablir quelques vérités et de mettre à mal des idées reçues. Il convient tout d'abord de savoir que si les dirigeants allemands refusaient le jazz sur leur territoire et dans leurs programmes de radio, le Dr Goebbels, chef de la propagande, ne le censura pas dans les émissions destinées à l'étranger, sachant que cette musique était prisée dans les états alliés. En France même, des musiciens comme Django Reinhardt put continuer sa carrière sans être inquiétés, des offciers allemands assistant même à ses concerts. Afin de détourner la censure, les titres américains furent "francisés", "Lady Be Good" devenant ainsi ""Madame Soyez Bonne". Même les journaux collaborationnistes accueillirent des articles favorables aux musiciens de jazz, par le biais de critiques vichystes. Le swing, pâle succédané de la musique noire américaine, eut pignon sur rue durant les quatre années d'occupation. Ces différents points concernant le jazz en France mais aussi en Belgique sont quelques uns des éléments de cette brillante étude qui ravira historiens et musicilogues.
JAZZ ET SOCIETE SOUS L' OCCUPATION de Gérard Régnier L' Harmattan 298 pages 28 €
Retrouvez A L' ECOUTE DES LIVRES chaque mercredi à 18h30 sur Radio Massabielle (97.8 Mhz et 101.8 Mhz) |