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Un aperçu de ma collection de CDs et disques + mes chroniques (textes protégés par le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés)

Chronique de l'album "Murmur" de REM (1983)12/10/2017


Il y a des groupes qui partent avec plusieurs longueurs d’avance sur tout le monde, et qui gardent ce niveau jusqu’au bout de leur carrière, en arrivant même à s’améliorer, à toucher aussi bien le grand public qu’un public plus spécifique et plus exigeant, puis à engendrer des chefs d’œuvre marquant l’histoire du genre musical. C’est relativement rare, mais cela existe, et REM fait partie de ces groupes. Quelque part entre l’influence punk encore récente et la résurgence des décennies passées, « Radio Free Europe » se tient à égale distance de l’agressivité revigorante et du plaisir de la mélodie. Voilà donc une formation qui, avant toute chose, marque les esprits d’une signature définitive. Avec ses échos comme venus du fin fond du studio d’enregistrement, « Pilgrimage » commence à la manière d’un titre d’Unknown Pleasures de Joy Division, permettant à l’auditeur d’imaginer l’espace acoustique de la chanson, puis suit son propre chemin, au prix d’interruptions et de regains de présence. Ce n’est pas la facette la plus convaincante de leur talent. On verra que la continuité leur va mieux : des musiciens entiers se doivent de délivrer de la musique entière. « Laughing » rapproche le rythme rock d’une certaine douceur mélancolique que le titre du morceau ne laisse pas forcément deviner. Ici encore, répétition et intensité vont de pair. Déjà à son rythme de croisière, l’album se promène entre émotion et réflexion au gré de « Talk About the Passion ». Plus rapide, « Moral Kiosk » confirme une logique d’alternance. « Perfect Circle » démarre lentement et continue d’assumer cette lenteur grâce à une interprétation posée, faisant la part belle aux sonorités acoustiques. « Catapult » ne porte pas trop mal son nom, mais il ne faut pas s’attendre à du hardcore chez REM, même si la voix ne manque pas de relief ; du reste, les variations mélodiques sont à la fois efficaces et agréables, aussi pourquoi s’en plaindrait-on ? C’est l’un des grands points forts du disque. « Sitting Still », contre toute attente, sonne tout aussi rock, avec une voix plus présente, parfois dominante, dans un dialogue d’égal à égal avec la batterie, dialogue servi par l’arbitrage loyal de la basse et de la guitare, qui s’effacent et reviennent toujours au bon moment. Est-ce parce qu’il ne reste plus que trois morceaux après lui que « 9-9 » s’approche davantage encore de la polarité punk, dans l’idée d’entretenir la flamme jusqu’au bout ? Le titre est, en réalité, aussi aérien qu’entraînant : on plane à vive allure. « Shaking Through » demeure dans le rock, un rock aimant les accords de piano : l’idée est bien de faire durer la flamme. Voilà le deuxième grand temps fort, pour une bonne ponctuation. « We Walk », comme son nom le laisse presque deviner, remonte plus loin dans le passé de la chanson populaire. C’est du REM insouciant et joyeux, de l’Out of Time avant l’heure, au stade encore embryonnaire, tandis que « West of the Fields » a l’honneur du sprint final. Avec Murmur, REM ancre le post-punk dans le terroir américain, mais on sait déjà que leur road movie légendaire ira beaucoup plus loin, sans se douter à quel point. Note : 8/10.


D. H. T. (12/10/2017)

http://www.dh-terence.com


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