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9/5/2008 - à bout de forces

question moral, ça va, bizarrement

j'ai eu une bonne note à un examen que je pensais avoir raté, ce qui me rassure un tantinet sur l'issue de mon année; le soleil illumine mon grand salon chaque matin.

l'ombre au tableau c'est mon poids, comme toujours.

pourtant tout le monde en ce moment me répète spontanément que je suis belle, que j'ai bonne mine, que je suis mieux comme ça.

mon plan cul m'idolatre, mon ex aussi, même un des meilleurs potes de mon nouvel ex a fait l'éloge de ma beauté, et de ma finesse d'esprit, etc...

je sais, je sais, c'est leur b--- qui parle.

 

mais moi je ne vois rien d'autre que ce chiffre sur la balance, ce chiffre augmenté de 7 KG depuis janvier. 7. 7. 7. 7.

soit 8 kilos de plus que le poids auquel je peux à peu près me supporter.

 

mais le pire, c'est la fatigue. plus que de la fatigue, c'est de l'épuisement.

je suis litteralement à bout de forces. 

c'est le comble! un corps entouré de graisse, et las.

les vomissements ne s'arrêtent plus, ils sont trop (TROP) fréquents, ils sont TROP intenses, ils me vident.

mes articulations me font mal, mes muscles tirent, mon coeur m'élance de plus en plus fortement. j'ai la migraine en permanence et un voile devant les yeux. et les crampes, et les fourmillements dans les jambes.

je n'en peux plus.

mais je n'arrive plus à m'arrêter. 

 

je dirige ma vie à la façon d'un chef d'orchestre, mais je suis incapable de maîtriser ça.

et j'ai honte de moi.

 

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7/5/2008 - 5 mai: life is a battle field

5 mai. Life is a battlefield

 

Après un an d’une relation plus ou moins bancale, mon copain de 10 ans mon aîné a décidé d’arrêter.

Alors me voilà seule. Enfin, jamais vraiment. Ce corps que je hais semble en faire fantasmer plus d’un.

Alors un petit coup de fil à R., mon ex de toujours, et un nouveau venu dans le tableau, à qui j’ai clairement signifié qu’il n’était qu’un plan cul.

Pourquoi m’encombrerais-je d’un plan cul me direz-vous, moi, inapte aux plaisirs des sens ?

Tout d’abord parce que j’y étais presque arrivée avec M., mon trentenaire. Avec lui, j’avais commencé à m’ouvrir, à apprendre l’abandon de soi, le laisser aller, à lâcher ce contrôle permanent de moi.

Mais il est parti. Parce que nous n’étions pas amoureux selon lui. Je continue  à m’interroger d’ailleurs sur sa définition de l’amour : nous étions ensemble plus de la moitié de la semaine, sans nous lasser, nous gardions toute notre liberté, tout en étant ensemble, installés dans une relation confortable. C’est peut-être ça qui lui a fait peur.

Mais moi, ça m’allait parfaitement.

C’était dimanche dernier. Et comme d’habitude, quand on me rejette, l’orgueil prend le pas sur les sentiments. Je deviens totalement indifférente. Alors moi de lui répondre avec un grand sourire : « je suis tout à fait d’accord. De toutes façons on reste amis. On a passé les premiers mois de notre relation comme des potes qui couchaient ensemble, alors ce sera la même chose sans le sexe ». Très convaincue étais-je alors des mots qui sortaient de ma bouche.

Mais à peine éloignée de lui, après une ultime embrassade, les larmes commencent à couler. Car j’ai beau être la plus forte en ce qui concerne les barrières à poser pour ne pas aimer, je me suis attachée, bien plus que je ne l’avais prévu. J’ai partagé un petit bout de vie avec lui. Et en une demi-heure, le silence.

J’ai pleuré toute la soirée. Suis allée à une soirée et ai beaucoup bu.

Puis j’ai passé la nuit chez moi avec ma meilleure amie.

Les réveils des trois jours suivants ont été difficiles. Le lundi, je me suis réveillée en pleurant. Les autres jours les larmes avaient disparu mais la boule au ventre était là.

Alors à contre cœur, j’ai rappelé mon ex, et ai pris rendez-vous avec F., le nouveau avec qui je n’avais de cesse de décaler les rendez-vous, ne pouvant me résoudre à tromper M.

Le jeudi j’ai retrouvé un peu de ma forme, j’ai moins pensé à lui.

Et je me suis débrouillée pour ne jamais être seule. La rupture est bien tombée. Pendant les vacances.

Et aujourd’hui, jour de la rentrée, j’y pense à peine ;

Maintenant, toute mon énergie va devoir se focaliser sur la réussite de mon année. J’en ai déjà perdue une à cause de la maladie, je ne veux pas gâcher celle-là pour un mec.

Tout le temps libre recouvré doit être transformé en temps de travail. Retrouver la dynamique du mois de novembre, avec la perte des six kilos en prime, et  ce serait parfait.

Je ne me détesterais jamais plus qu’après un nouvel échec universitaire.

Tellement pressée que cet enfer juridique soit fini. Car quand j’aurais ma maîtrise, si j’ai ma maîtrise, j’aurais fait ce qu’ils attendaient de moi. J’aurais ma sécurité. Et je pourrais faire ce pour quoi je suis faite, même ce quelque chose n’est pas encore très bien défini aujourd’hui (écriture, musique, …).

 

Globalement aujourd’hui un sentiment de force retrouvée, indépendamment de la boulimie qui me dévore plus que jamais.

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7/5/2008 - 17 avril: WASTE

Voilà quelques mois que je me voile la face. Que je m’éloigne de la blogosphère en pensant ainsi réussir à fuir mon mal.

 

Pour résumer, j’avais maigri, beaucoup, je me sentais forte, et ils avaient peur…. Petit retour en arrière ?

Puis, inévitablement, mon corps me lâche, ma tête aussi… et les partiels qui approchent.

Alors on remange, au début presque normalement, Ô joie ! Je suis guérie !

Mais non, voyons… après 5 ans tu n’as toujours pas appris ça ? Que tu ne guériras pas ?

 

La boulimie me reprend, pendant ma semaine de vacances, je passe tout le temps que j’ai à moi à vomir, à me vomir.

Puis les cours reprennent. Et depuis, je suis coincée.

Car si je ne suis pas guérie, un point s’est amélioré. Je veux un avenir. Et je veux l’avenir que j’ai choisi, que j’avais choisi avant tout ça.

Alors, contrairement à ces cinq dernières années, dès qu’une phase d’ano se fait sentir, je me force à manger. Qui l’eut crû ?

Parce que je ne peux plus être éteinte, j’ai besoin de mon cerveau.

Mais c’est une chimère bien sûr.

Tant que je mangerais, je vomirais.

 

J’ai passé le dernier mois à vomir. Rien à manger dans la journée, car il est difficile de vomir à la fac (trop de monde derrière les portes). Mais sur le chemin du retour, supermarché. Le menu de la crise dans mon sac, je rentre dans mon château vide, et je me lance dans un enchaînement de crises. Généralement quatre ou cinq. Puis, les yeux rouges et la gorge en sang, je m’en retourne à mon Droit.

Une dernière crise avant de dormir.

Et une nuit d’insomnie.

Un poids en hausse qui me hante. Un corps comme boulet.

Voilà ma routine.

 

Un dernier examen vendredi et je suis en vacances pour deux semaines.

La Boulimie commence à fatiguer, mon estomac aussi. Le coca light est à nouveau dans mon sac.

La ronde infinie continue. Mia laisse place à Ana.

 

Et moi, épuisée. Je gâche tout. Le temps passé à gerber, à tomber, à pleurer. Combien d’années ai-je perdu ? Est-ce qu’on pourra tout rattraper ?

Ce sont ces questions qui me tiennent éveillée la nuit.

Remplacez les heures passées avec mon mal par une étude acharnée de mes cours, et vous me verriez déjà en troisième année. Et l’avenir serait plus clair.

 

Je n’en vois pas le bout. Quel sera le déclic ? Qu’est-ce qui me guérira ? L’idée de guérison elle-même serait-elle un mensonge, une illusion qu’ils nous vendent pour faire baisser les statistiques morbides ?

Si je veux bien croire en la guérison de celles qui ne se sont pas retranchées derrière un mur de silence, et que l’on a pu traiter avant que les TCA ne s’installent, est-ce possible quand c’est devenu un mode de vie ? Quand vous n’avez plus aucun souvenir de ce qu’est la vie sans cette obsession ?

J’ai du mal à le concevoir.

 

Pessimiste, je sais. Le moral n’est pas en berne, c’est bien ça le pire. Mais je fais simplement le deuil de tout espoir de mieux. Résignation, acceptation…

La seule chose qui me fait encore réagir, c’est cette intolérable sensation de gâchis.

 

 

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7/5/2008 - récap'

je n'ai toujours pas internet, mais j'ai ressenti le besoin d'écrire ces derniers temps, et les retranscrit en décalé dès que j'arrive à choper une connexion

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10/11/2007 - birthday
aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon entrée à l'hôpital on ne peut plus ironique quand on sait ce que m'a dit mon psy avant-hier... étant donné ma rechute, il m'a non seulement pris rendez vous avec mon médecin de l'époque (pire step back tu meurs), mais en plus demandé de réflechir à une hospitalisation dans un centre spécialisé pour la fin de l'année scolaire, donc le mois de juin, et juillet, etc... ma première hospitalisation était en hôpital psychiatrique, j'étais sous contrat alimentaire, mais ils traitaient surtout la dépression et les idées suicidaires... et déjà là-bas je me sentais en prison je ne supporte pas ces environnements cohercitifs j'ai pété les plombs et suis partie contre avis médical et voilà où j'en suis... si je vais là-bas ce sera pire, encore plus fliquée, encore moins de liberté... mais si je m'enfuie, à nouveau, je risque de me retrouver dans deux ans au même point non? mais ne serait-ce qu'y aller... je ne peux me faire à l'idée... et eux, qui pensent que tout est fini... comment leur dire?! ou ne rien dire, faire croire à un voyage... ça n'est pas encore le moment d'y penser j'ai encore quelques mois pour ralentir la cadence, minimiser la rechute... rendez-vous avec mon vieux docteur le 11 décembre.... un mois pour aller mieux, pour faire remonter tout ça... et je dis ça avec un ventre creux et la jouissance d'avoir vu un kilo de moins sur la balance ce matin...
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3/11/2007 - stuck

et voilà trois jours que je n'ai rien dans le ventre 50g de carottes rapées, deux verres de jus d'orange et de l'alcool je suis sortie mercredi soir et depuis, 2,5 kg de perdus me mère a eu peur ce matin en me voyant sortir de ma chambre elle ne m'avait pas vu depuis mercredi "tu as maigri! depuis hier! qu'est ce qu'il se passe?" rien maman, je profite juste de l'occasion pour retomber mais ce soir je suis chez lui et il m'a fait à manger je n'ai fait que grignoter un peu de mon assiette, mais je me sens si lourde et aujourd'hui je sais que je n'aurais pas le choix je vais devoir me purger, chez lui, à 2 metres à peine de lui en priant pour qu'il mette la musique assez fort pour ne pas m'entendre en m'efforçant de faire ça assez vite pour qu'il ne se doute de rien la certitude que je ne pourrais pas garder le peu qu'il y a en moi ça me dégoute, de lui faire ça, de me faire ça, ici je devrais profiter, etre là, profiter de lui, de cette soirée mais je ne le pourrais pas ce soir je baptiserais sa salle de bain
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26/10/2007 - wordless

je voudrais écire... ce qu'il s'est passé ce dernier mois, mon état actuel...

mais je ne trouve pas mes mots, non pas que ce soit trop dur, rien de plus que la bonne vieille routine...

donc je présente toutes mes excuses à l'avance pour la maigreur de ce texte, sans mauvais jeux de mots

 

j'ai repris les cours, intensément... la deuxième année de droit est un supplice... trop de boulot, de pression... la guerre est déclarée entre les étudiants... les places en troisième année sont chères... j'ai très peur de ne pas y arriver, mais j'essaye de donner tout ce que je peux... c'est encore ma seule issue... mes études... une fois tout ça finit, je pourrais me recentrer, essayer de me soigner, pour de vrai...

terrible... je n'envisage pas de guérison avant la fin de cet enfer universitaire...

tout simplement parce que cette bataille demande trop d'énergie... énergie que je n'ai pas...

 

ce dernier mois, j'ai vomi, beaucoup... j'ai repris un rythme comparable à celui de mes premières années de TCA, avant l'anorexie...

je fais un yoyo permanent, je perds trois kilos dans la semaine, puis en reprend deux la semaine d'après... une semaine je me sens forte, l'autre je me hais...

j'avais réussi à éviter le check up, mais là j'en arrive presque à le désirer... par curiosité... malasaine... je veux voir où j'en suis, si je suis dans un aussi sale état qu'il y a deux ans à la même période... malsaine parce que je sais déjà que plus les résultats seront mauvais, plus je serais contente au fond...

une partie de moi voudrait qu'ils le voient... mais je sais que je le regretterais... je m'en suis bien mordue les doigts la première fois... ça fait seulement quelques mois qu'ils ont arrétés de me fliquer...

 

pour la petite histoire à ce propos, ma cousine m'a prise en flagrant délit de vomissement... elle ne m'a pas adressé la parole de toute la soirée, puis me l'a avoué... j'ai sorti la première excuse à ma portée, à savoir que quand j'ai l'impression d'avoir un peu trop mangé, je vomis juste le surplus, mais très occasionellement. elle a eu l'air de me croire.... jespère...

 

ça sent la fin avec mon copain, pas parce que l'on se détache, mais parce que notre relation est basée sur notre indépendance... il se concentre sur sa musique, moi sur mes études, "nous" c'est en plus.

mais je commence à avoir un rythme infernal et il est sensé décrocher un contrat de DJ résident dans une boite... s'il finit 4 soirs par semaine à 5h du mat', ça risque d'être compliqué de tout concilier...

ça me fait peur, mais sans plus... depuis le début je me prépare à la rupture, comme toujours, m'empêchant de m'attacher, tournant les moments de tendresse en sexe, pour ne pas m'habituer au confort...

mais c'est juste que pour la première fois, j'ai une relation avec un mec normal, ni psycho, ni phobique de l'engagement, ni salaud, ni obsessionnel... alors j'ai envie de profiter au maximum de ce calme avant que ça ne s'arrete.

 

j'étais partie pour ne pas écrire grand chose, et en fait je viens de faire un bon résumé de ces dernières semaines, dont la majeure partie à été passée entre la cuisine, les toilettes, et ma fenêtre, à revasser en fumant mes cigarettes magiques... en attendant un jour meilleur...

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21/9/2007 - nothing's priceless
larmes. il suffit d'avoir le ventre plein pour que ces yeuxc qui semblaient à sec retrouvent l'abondance des larmes inexplicables. ce soir j'ai mangé. et aucune possibilité de me purger. soirée avec mon "copain" et ses potes, que des mecs, qui ne comprendraient donc pas que je m'éclipse pour un quart d'heure. alors la douleur. lui, de bonne humeur, nous préparant une bonne compile hard rockl et une vodka ananas corsée, le tout supplanté d'un petit joint. lui, sourire aux lèvres, inconscient du drame déclanché. en sa présence, je ne peux pas vomir. il a un studio. toute tentative serait découverte. et toute diète suspecte, car il connait mon passé. alors je mange normalement devant lui. aujourd'hui je ne suis pas rentrée chez moi, alors aucun moyen de me vider de mes pechés. mon ventre est une entité à part entière. il pèse, est présent. je n'en ai plus l'habitude. ses cris de famine, ses crampes, sont aujourd'hui si communes qu'elles en paraissent insignifiantes. mais ce gonflement, cette sensation de satiété, je n'y suis plus habituée. et je souffre en silence. il pense que j'écris simplement mes pensées. mais c'est bien plus que ça. j'écirs ma maladie. et ma peine. j'ai mal d'être moi. j'éprouve mon coprs. ses capacités. et j'en suis fatiguée. je voudrais tourner la page. fermer le livre. je voudrais oublier. ou plutôt me souvenir. ce qu'est la vie sans cet automatisme. ce que l'on ressent après avoir remplit son estomac, cette sensation bienfaisante dfe satiét , et non cette culpabilité, cette angoisse qui vous tire des larmes. c'esdt peut-être à cause de la chanson. elle m'a rappelé la mort... je ne la désire plus. suis sensée faire un check up. mais j'ai peur. car je sais que je n'ai jamais cessé de foutre en l'air, d'une façon ou d'une autre. je suis foutue. mon corps est un déchet. objectivement et autre. je ne peux plus rien attendre. je me suis vidée de vie. et maintenant je dois en payer le prix. même si à présent il me semble ridiculement haut.
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25/8/2007 - back from heaven

me voilà de retour, après ce petit séjour en espagne, comme toujours.

ce pays me va bien... je l'aime pour sa folie, sa gaieté, sa liberté...

 


 

ma sensibilité est mon enfer. il n'est rien de pire que cette maladie. une perception trop intense des choses. trop douloureuse. même la beauté vous prend au coeur, aux tripes, et vous tire des larmes, et vous brise.

 

là où vous devriez être le plus heureux, parce que lieu de votre adolescence, au paysage paradisiaque, vous ressentez ce vide. ce vide, ce néant, que rien ne peut combler. la perte d'une chose inconnue.

puis encore des larmes, brûlantes et irrationnelles, venues de nulle part. aucun mot, aucun évènement  particulier pour justifier la fêlure.

 

et l'associabilité soudaine. au milieu de cette foule, au milieu de ces gens qui sont ceux qui comptent, la solitude oppressante.

les cris morts, un appel au secours muet, un SOS qui s'éttouffe contre le mur construit, frontière invisible entre ce moi hurlant et les autres.

 

tous les moyens sont alors bons pour "désensibiliser" cet être.

tous les moyens sont bons pour devenir comme eux. pour pouvoir vivre au milieu de tout, sant pour autant ressentir jusqu'à la moindre parcelle de ce qui vous entoure.

ce détachement est nécessaire pour la survie.

car c'est de survivre qu'il s'agit.

 

depuis longtemps maintenant, la tête est lucide. les yeux grands ouverts, ils voient tout.

tout ce qui au bout d'un temps nous persuade d'arrêter. le jeu n'en vaut pas la chandelle.

 

mais le coeur, lui, est resté attardé dans l'enfance. il garde toute la candeur de cet âge, et donc l'espoir.

ce coeur perçoit des beautés que les coeurs d'âge mur ne voient plus.

c'est cette beauté là qui fait pleurer.

l'instant se fige. le manège tourne toujours, mais pendant ce moment béni, nous en descendons.

les fous eux, ont la sagesse de ne pas remonter.

ils restent là. hors du temps, seuls dans leur contemplation.

mais nous, plus arrogants, nous décidons de retenter un petit tour.

peut-être que cette fois-ci, je parviendrais à rentrer dans leur musique...

 

je ne veux plus ressentir. plus rien. je me voudrais imperméable. car ces moments sont trop forts, me prennent tout entière, et me laissent, vidée de toute énergie vitale.

ces émotions trop fortes pour vous laisser indemne, je n'en veux plus. je veux me foutre de tout, et des gens, et de la vie, et du monde. une reine de glace.

 


 

je suis rentrée à paris jeudi soir. directement repartie vendredi à la campagne, je ne me replongerais véritablement dans le quotidien que lundi.

et j'ai peur... peur que cette "quasi-normalité" des vacances ne soit chassée par les vieux démons.

peur car mon état ne tient qu'à un fil. un rien me fera retomber, et je crains d'avance cet élément perturbateur.

mais ne pas voir tout en noir, se dire qu'on a passé de bonnes vacances, tenter d'oublier les deux kilos pris, et ne pas craindre l'avenir, pas plus que le passé, essayer de goûter au présent. je ne suis pas très douée pour ça, mais je me lance un petit défi

 


 

 

 

 

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19/7/2007 - silliness

une simple remarque de mon père...

et me voilà repartie dans la course infernale.

depuis une semaine, tout aliment non-nécessaire à mon corps déjà affaiblit ne traverse pas les lèvres scellées.

si par hasard obligée de manger, le recours à la bonne vieille méthode, les doigts qui s'enfoncent dans la gorge, on se purge...

 

de plus en plus, l'estomac redevient difficile.

la privation en a aiguisé la sensibilité.

il ne supporte plus grand chose, à mon grand bonheur malsain et empreint de culpabilité.

 

je replonge en toute conscience...

en sachant pertinemment que ça n'est pas la solution.

en sachant pertinemment que le résultat, quel qu'il soit, ne sera jamais bon.

 

je sais tout. de mon corps, de ma tête, de cette maladie. quelles sont ses limites, ce qu'il se passe lorsque l'on va plus loin, trop loin...

 

mais ma tête n'a plus ici aucun rôle à jouer. le corps décide seul, en parfait automate.

mes tentatives de sagesse sont vaines, malgré moi je suis menée vers les toilettes, la tête penchée au-dessus de la cuvette bien trop familière.

une partie de moi crie au secours, mais les doigts sont déjà dans la gorge, étouffant le cri de ma raison...

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14/7/2007 - daddy I hate you
il a tout relancé il est venu à paris... qd il est sans elle c'est mon père... mais des qu ellle est ds les parages, vu qu ellle ne me porte pas trop dans son coeur, il change d attitude soudain la peur revient... qu elle le manipule tellement qu il pourraiit etre convaincu lui aussi, et penser que je ne suis pas sa nouvelle famille alors depuis quelques jours, l appetit est parti, la couverture chaude de ma haine me recouvre à nouveau
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20/6/2007 - damn it, damn everything

une gastrite a relancé la machine

 

je vomis tout ce que je mange depuis trois jours à cause de ça, mais je ne prends pas mon traitement, je veux la pousser au bout, qu'elle reste le plus longtemps possible... car elle me permet de faire mes conneries sans culpabiliser... "c'est pas de ma faute si je ne supporte aucun aliment en ce moment, c'est la faute à la gastrite".

 

je passe en 2ème année, j'ai repris mon boulot habituel de l'été et aie démissionné du café. mes amis sont toujours là, pas vraiment de copain, dirais plutôt un "fuckfriend", et ça me va très bien comme ça, aucune envie de m'attacher, et même si je le voulais, je suis trop peureuse pour en être capable.

 

voila, aujourd'hui j'ai revu le sang, aujourd'hui on m'a redit que j'étais pâle, aujourd'hui mes articulations me font mal, et je n'arrive pas à écouter la raison dans ma tête...

 

pas fière de moi...

et malheureusement presque résignée... cette maladie m'habite, elle est devenue une partie de moi... c'est comme si je ne pouvais plus m'imaginer sans elle.... plus me rappeler de la vie avant elle....

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28/5/2007 - trying to start a new life
j essaye de refouler mes idées noires. j essaye de faire baisser le rideau devant l écran. parfois la douleur revient. elle me tenaille. et je sais qu une fois à nouveau seule, je ne saurais plus la faire partir. ne plus y penser. essayer de profiter de l acalmie. essayer de vivre, non de survivre. pour l instant ça va, ne pas penser au reste. ne pas penser a Ana. guérie... une partie de moi semble l etre. mon comportement face a la nourriture a changé. je peux compter les vomissement du dernier mois sur les doigts d une main, je suis bien en chair, comme dirait l autre, je mange au meme rythme que les autres, comme les autres mais les pensées n ont pas changé. toujours le sentiment de culpabilité, toujours l atroce conscience de mon corps détestable, toujours cette rage lorsque l on me complimente sur mon physique. alors la question inévitable: suis-je guérie? ou est-ce seulement une trève? un moment de répis que mes démons m accordent? est-ce dû à la reprise des anti dépresseurs? ou est-ce simplement ça la guérison? un mieux partiel, physique. mais la condamnation à vivre, jusqu'au bout, avec les petites voix qui ont élu domicile dans ma tête depuis maintenant cinq ans... elles ne font plus que chuchoter à présent, mais elles sont là, toutes les deux. une sur trois s en sort complètement... je perds peu à peu l illusion d être celle-là....
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29/3/2007 - fatty fat

envie de lacérer ce corps.

de le martyriser. de le détruire. de le gommer.

qu il n en reste rien.... plus qu une ombre.

je le sens en permanence. comme un objet lourd et encombrant que je devrais traîner derrière moi.

pire encore, j imagine et je sens le regard des autres sur lui.
ils disent que je ne suis pas grosse. ils mentent.

je sors d une phase de boulimie, raison de mon absence dans la blogosphère, alors la haine est là.
violence en moi.

envie de briser tous les miroirs.

je n ose meme pas affronter ma balance.

bien trop peur du verdict.

par moments j ai tellement mal d etre moi, d etre dans ce corps, que je me mets à pleurer tout d un coup, sans prévenir, n importe où, n importe quand.

 

j ai repris les antidépresseurs sur les conseils de mon psy. personne ne le sait, pas même ma mère. c est mieux comme ça. c est déjà dur d assumer cet échec en n ayant pour seul témoin que moi même. devant eux je ne pourrais pas.

et puis à quoi bon?
au mieux ils essayeront de m aider, une nouvelle fois, en vain...

au pire, ils me quitteront parce qu ils auront peur du noir...

 

je voudrais repeindre ma chambre....

je voudrais qu elle me ressemble....

je la voudrais rouge....

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4/3/2007 - at the end of me

je ne veux pas que ça recommence.

les TCA, je peux gérer. ça fait quatre ans que ça dure. plus longtemps finalement, mais quatre ans que j ai mis un nom sur cette maladie, et que je me bats contre elle.

 

mais la douleur au creux du ventre. ce poids qui rend tout intolérable. ce vide qui ronge de l intérieur jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. les crises de panique inexplicables, qui surviennent n'importe où, n'importe quand.

les larmes qui coulent si facilement, trop facilement, pour rien, pour tout.

les envies éphémères. les espoirs trop vite abandonnés parce que l'on sait déjà qu'on n'aura pas la force de les concrétiser.

et ma mère. qui voit mais qui n'a plus la patience de la première fois. mes meilleurs amis aussi. ils m'ont vu tomber une fois, m'ont aidé à me relever. et ne comprennent pas pourquoi je tombe à nouveau. aucune raison à la rechute. ils disent que je me laisse aller, et je ne peux que me taire parce que je n'ai pas de contre argument.

ils pensent que je suis faible. ça me tue qu'ils pensent ça. parce que si je pouvais seulement l'empêcher, si je pouvais agir contre ça, s'il suffisait de sécher mes larmes, de lever la tête et de marcher pour que tout s'apaise.... je l'aurais déjà fait. je l'ai déjà fait. et rien n'a changé.

certains disent qu'ils finissent par se complaire dans leur mélancolie. un spleen comme couverture, pour se réchauffer du noir.

mais moi je n'aime pas ça.

d'accord, j'aime me priver, je trouve même parfois un certain plaisir en vomissant, parce que voir le sang, sentir les crampes dans le ventre qui crie à l'agonie... me rend vivante. l'espace de quelques minutes, je me ressens, je ne sais pas comment le dire autrement. je m'éprouve. et surtout, je me sens invicible.

 

mais la mélancolie, les larmes sans raison aucune, les crises d'angoisse au milieu d'une foule.... je ne le supporte pas, plus... je pensais que c'était fini.... je voudrais tellement en finir...

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3/3/2007 - strange mood

le vide au creux du ventre se comble, mais seulement pour quelques minutes.

ces quelques minutes, je m'étourdis pour les grapiller.

toujours sortir, ne jamais rester seule. l alcool et la drogue pour s évader, pour voler quelques instants au mal-être.

 

on me demande aujourd hui de construire mon avenir. l année noire étant passée, je dois rattraper le temps perdu, réparer ce que j ai gâché. et moi je n ose pas leur dire que devant moi tout est encore noir.

je n arrive pas à leur dire que je ne vois toujours rien, que je n ose toujours rien espérer.

alors je fais semblant d y voir clair. je fais semblant de me contenter de la vie tranquille que m offre cette année de redoublement. mais je n y arrive toujours pas. je m en veux, j essaye. mais plus je colle mes oeillères, plus le flash de lucidité est intense et douloureux. je ne l aime pas la lucidité. et elle, sournoise, me prends toujours par surprise, d assaut. l angoisse irrépressible, la panique, et les larmes, en torrent.

le désespoir et l envie de se laisser tomber là, par terre, tout arrêter, se laisser tomber.

 

elle me punit pour mes infidélités. ces jours et ces nuits où j ai cherché à lui échapper, où j ai collé mon sourire, où j ai séché mes yeux, levé la tête et marché. où j ai voulu me persuader que c était fini. que j étais sortie de l enfer. qu aujourd hui tout allait commencer. juste le meilleur, parce que j ai déjà eu le pire.

 

mais je me sens toujours aussi seule. je sais qu on m aime, mais je crois aussi que personne ne m aimera jamais assez pour me garder.

et la solitude me prend, je n ai plus qu une seule solution. rappeler Ana. avec elle j étais bien parce qu indéfférente. leur amour ne comptait plus. seul le sien importait. elle n a jamais faillit.

retrouver cette légèreté, cette sensation de flottement permanent, la tête toujours un peu étourdie. et la conscience d être sur la limite. de frôler la mort. de frôler la vie. être dans cet entre-deux réconfortant d incertitude. ne plus penser qu à ça. les autres peuvent bien m abandonner alors ça m est égal.

 

c est paradoxal. vouloir être bien, et dans le même temps, vouloir retomber.

c est simplement que j ai compris. mon meilleur ami me l avait dit un jour.

et ça m avait fait mal. parce que c était vrai: "tu es sombre".

il fait noir en moi. et il fera toujours noir. je ne l ai pas toujours été, sombre, mais la vie a fait que...

alors je cherche le courage de l accepter. d enfin me coucher. d enfin me reposer. je m épuise dans cette bataille contre un démon qui n est que moi-même.

 

je voudrais tellement apprendre à être seule. parce qu au bout du compte, on finit toujours seul face à soi-même. et pour ça je veux la rappeler?? alors que je connais les suites.... perte de poids, angoisses, fatigue physique, morale, entourage sur le dos, et inévitablement la reprise des précieux kilos perdus...

mais j ai toujours cette illusion qu une fois au bout tout ira mieux. que la dernière fois je me suis approchée du bout mais que je ne l ai pas atteint, c est pour ça que ça n allait pas mieux, il ne fallait pas les écouter, il fallait continuer...

incroyable comme l utopie du bonheur a pu s ancrer dans mon cerveau. étonnante cette faculté qui est la mienne de toujours croire, malgré tout ce que je sais à présent, qu une fois le but atteint je saurais être heureuse.
parce que le bonheur s apprend.

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13/2/2007 - so low

il me hait... M. me hait... parce que je lui ai dit que je ne pouvais pas lui apporter ce qu il attendait de moi... parce que je ne me crois pas capable d autant d amour, ou en tous cas de l exprimer...

et maintenant il me hait... je le dégoûte... et c est la chose la plus horrible qu il ne m ai jamais dite...

et aujourd hui pour la première fois depuis longtemps j ai ressenti ce sentiment Ô combien familier... cette envie de s endormir et de ne pas se reveiller... envie de me faire du mal aussi, beaucoup...

alors j ai vomi, jusqu au sang, jusqu à ce que mes genoux flanchent...

 

pas fière...

 

bibi

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6/2/2007 - let's back to the fight

hier quasimment rien mangé, une demi heure de stepper. je tente l'heure aujourdhui.
jusqu'ici un yaourt nature et un verre de vin dans le ventre. je sais pathétique le verre de vin seule sur mon canapé à midi...

bref... ma vie sentimentale est un chaos sans noms. me sens mal. la seule chose qui me fait tenir, qui mempêche de crouler sous les angoisses, c'est ça. de savoir qu'au moins ça, ça ne dépend que de moi. en espérant retrouver ma silhouette d'avant, avant qu'ils ne se jettent sur moi avec leurs contrats de poids et autres conneries. je ne veux pas redevenir maigre, je veux simplement être bien.

enfin je crois...

 

hier suis allée voir "à la recherche du bonheur". tout dabord le film est excellent, et will smith épatant. mais d'un côté, ce film me donne de l'espoir, je me dis que si je veux je peux, que je ne dois pas écouter ceux qui me disent que mes rêves resteront des rêves. une autre partie de moi, l "acide sand" comme dirais la fée flaque, est trop désillusionnée pour croire que des choses comme ça puissent arriver dans ce monde. ce monde est moche. I don't belong here...

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3/2/2007 - hell

j alterne sans m arrêter les crises de BV et de BNV, au moment où j'écris j'attends que le quart d'heure soit passé avant de pouvoir aller vomir.

et je me sens seule, terriblement seule. parce que la soeur de ma meilleure amie est revenue vivre avec elle, et maintenant elle n'est plus aussi présente qu'avant pour moi, parce que sa soeur passe avant. ce que je peux comprendre. mais moi je n'ai pas de soeur. personne pour qui MOI je passerais avant, à part ma mère bien sûr. et moi je vais mal, et j'ai besoin d'elle, et je ne peux pas lui dire parce que ces derniers temps ont été durs pour elle, et maintenant qu'elle peut enfin respirer, je ne veux pas etre uun nouveau poids. d'autant que je l'ai déjà été il ya un an. je ne veux plus qu'ils me voient comme un petit oiseau fragile à protéger de tout. je ne veux plus non plus être la raison de leurs angoisses.

je dis ça et en meme temps j'aimerais tellement qu'ils voient. que je ne fais que jouer.

j'aurais aimé qu'elle devine que ce soir, en ne me proposant pas de passer la nuit avec elle et sa soeur, et en me laissant rentrer seule chez moi, que j'allais m'enfiler la bouteille de vin, tout en avalant un petit lexo. pour oublier. pour sombrer. pour ne pas penser.

c 'est trop penser qui me tue...

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1/2/2007 - ...

et me revoilà... un nouveau déménagement... parce qu'overblog ne me convenait plus... et oui, c est qu elle est difficile!

je mettrais le lien de l ancien blog, pour ne pas avoir à me raconter pour la énième fois...

 

après ces quelques mots de bienvenue, les confessions...

c est comme si j étais enfermée dans un cercle, dans une routine infernale... sur tous les plans je n arrive pas à me débarasser de mon passé... je recommence tout, à l identique, les mêmes erreurs, les mêmes conneries, et quelques innovations qui ne font qu ajouter leur pierre au travail de ma destruction...

toujours M. et R., le choix impossible alors je fais du mal à M. tout en sachant que R. ne me fera jamais de bien...

je ne mange rien tout en sachant que c est le meilleur moyen pour que je finisse par gerber...

je sors trop pour ne pas être seule, tout en sachant que c est quand je suis au milieu de tout ce monde que la solitude est la plus dévorante...

je me shoote pour oublier le vide, tout en sachant qu il n en sera que plus grand une fois la netteté d esprit retrouvée...

 

je voudrais tellement sortir de tout ça... recommencer à zéro... partir loin, là où personne ne sait qui je suis, là où personne ne connaît mon passé de petite fille détraquée... là où je pourrais espérer échapper à le fatalité...

 

j ai peur, j ai peur, j ai peur... de ne jamais en sortir...

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