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le vide au creux du ventre se comble, mais seulement pour quelques minutes. ces quelques minutes, je m'étourdis pour les grapiller. toujours sortir, ne jamais rester seule. l alcool et la drogue pour s évader, pour voler quelques instants au mal-être.
on me demande aujourd hui de construire mon avenir. l année noire étant passée, je dois rattraper le temps perdu, réparer ce que j ai gâché. et moi je n ose pas leur dire que devant moi tout est encore noir. je n arrive pas à leur dire que je ne vois toujours rien, que je n ose toujours rien espérer. alors je fais semblant d y voir clair. je fais semblant de me contenter de la vie tranquille que m offre cette année de redoublement. mais je n y arrive toujours pas. je m en veux, j essaye. mais plus je colle mes oeillères, plus le flash de lucidité est intense et douloureux. je ne l aime pas la lucidité. et elle, sournoise, me prends toujours par surprise, d assaut. l angoisse irrépressible, la panique, et les larmes, en torrent. le désespoir et l envie de se laisser tomber là, par terre, tout arrêter, se laisser tomber.
elle me punit pour mes infidélités. ces jours et ces nuits où j ai cherché à lui échapper, où j ai collé mon sourire, où j ai séché mes yeux, levé la tête et marché. où j ai voulu me persuader que c était fini. que j étais sortie de l enfer. qu aujourd hui tout allait commencer. juste le meilleur, parce que j ai déjà eu le pire.
mais je me sens toujours aussi seule. je sais qu on m aime, mais je crois aussi que personne ne m aimera jamais assez pour me garder. et la solitude me prend, je n ai plus qu une seule solution. rappeler Ana. avec elle j étais bien parce qu indéfférente. leur amour ne comptait plus. seul le sien importait. elle n a jamais faillit. retrouver cette légèreté, cette sensation de flottement permanent, la tête toujours un peu étourdie. et la conscience d être sur la limite. de frôler la mort. de frôler la vie. être dans cet entre-deux réconfortant d incertitude. ne plus penser qu à ça. les autres peuvent bien m abandonner alors ça m est égal.
c est paradoxal. vouloir être bien, et dans le même temps, vouloir retomber. c est simplement que j ai compris. mon meilleur ami me l avait dit un jour. et ça m avait fait mal. parce que c était vrai: "tu es sombre". il fait noir en moi. et il fera toujours noir. je ne l ai pas toujours été, sombre, mais la vie a fait que... alors je cherche le courage de l accepter. d enfin me coucher. d enfin me reposer. je m épuise dans cette bataille contre un démon qui n est que moi-même.
je voudrais tellement apprendre à être seule. parce qu au bout du compte, on finit toujours seul face à soi-même. et pour ça je veux la rappeler?? alors que je connais les suites.... perte de poids, angoisses, fatigue physique, morale, entourage sur le dos, et inévitablement la reprise des précieux kilos perdus... mais j ai toujours cette illusion qu une fois au bout tout ira mieux. que la dernière fois je me suis approchée du bout mais que je ne l ai pas atteint, c est pour ça que ça n allait pas mieux, il ne fallait pas les écouter, il fallait continuer... incroyable comme l utopie du bonheur a pu s ancrer dans mon cerveau. étonnante cette faculté qui est la mienne de toujours croire, malgré tout ce que je sais à présent, qu une fois le but atteint je saurais être heureuse. |
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J'ai mal en lisant tes mots...
Hier j'ai appellé ma psy au secours, parceque là c'est LA rechute de l'année, et que, enfermée dans le mensonge vis à vis de tous mes proches, à qui je répéte gaiement que "maintenant ça va, c'est bon"...eh ben c'est la descente aux enfers en solitaire. La culpabilité de mentir ronge, les nuits à ruminer sont blanches, vides de sens au final, tant les idées finissent par se désarticuler pour flouer le tout... Addiction: Donner son corps en esclavage. J'aime bien cette phrase. Explicite. Subir sans mouffeter, se donner l'illusion que demain ça ira mieux, ou encore qu'avec le temps...quand je pense ça j'ai envie de me foutre dess tartes. Comme si ça suffisait, au bout de 6 ans le temps n'a pas fait son affaire lol. Et l'abîme est de plus en plus profond. sauve toi sauve toi sauve toi... Please Les paradis artificiels sont éphéméres ma belle, et tu le sais trop bien, donne aux autres de la matiére pour qu'ils puissent t'emmener dans la lumiére, pas de silence morbide...parle... Je pense fort à toi, vraiment. Sache que...y en a moins une qui se défonce et qui se salit autant. C'est egoïste, mais des fois, de se rendre compte qu'on est pas toute seule à fonctionner sur le mode autiodestructeur force 12...ça apaise. Un peu. Love so much |
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Bisous ma belle.
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