Voilà quelques mois que je me voile la face. Que je m’éloigne de la blogosphère en pensant ainsi réussir à fuir mon mal.
Pour résumer, j’avais maigri, beaucoup, je me sentais forte, et ils avaient peur…. Petit retour en arrière ?
Puis, inévitablement, mon corps me lâche, ma tête aussi… et les partiels qui approchent.
Alors on remange, au début presque normalement, Ô joie ! Je suis guérie !
Mais non, voyons… après 5 ans tu n’as toujours pas appris ça ? Que tu ne guériras pas ?
La boulimie me reprend, pendant ma semaine de vacances, je passe tout le temps que j’ai à moi à vomir, à me vomir.
Puis les cours reprennent. Et depuis, je suis coincée.
Car si je ne suis pas guérie, un point s’est amélioré. Je veux un avenir. Et je veux l’avenir que j’ai choisi, que j’avais choisi avant tout ça.
Alors, contrairement à ces cinq dernières années, dès qu’une phase d’ano se fait sentir, je me force à manger. Qui l’eut crû ?
Parce que je ne peux plus être éteinte, j’ai besoin de mon cerveau.
Mais c’est une chimère bien sûr.
Tant que je mangerais, je vomirais.
J’ai passé le dernier mois à vomir. Rien à manger dans la journée, car il est difficile de vomir à la fac (trop de monde derrière les portes). Mais sur le chemin du retour, supermarché. Le menu de la crise dans mon sac, je rentre dans mon château vide, et je me lance dans un enchaînement de crises. Généralement quatre ou cinq. Puis, les yeux rouges et la gorge en sang, je m’en retourne à mon Droit.
Une dernière crise avant de dormir.
Et une nuit d’insomnie.
Un poids en hausse qui me hante. Un corps comme boulet.
Voilà ma routine.
Un dernier examen vendredi et je suis en vacances pour deux semaines.
La Boulimie commence à fatiguer, mon estomac aussi. Le coca light est à nouveau dans mon sac.
La ronde infinie continue. Mia laisse place à Ana.
Et moi, épuisée. Je gâche tout. Le temps passé à gerber, à tomber, à pleurer. Combien d’années ai-je perdu ? Est-ce qu’on pourra tout rattraper ?
Ce sont ces questions qui me tiennent éveillée la nuit.
Remplacez les heures passées avec mon mal par une étude acharnée de mes cours, et vous me verriez déjà en troisième année. Et l’avenir serait plus clair.
Je n’en vois pas le bout. Quel sera le déclic ? Qu’est-ce qui me guérira ? L’idée de guérison elle-même serait-elle un mensonge, une illusion qu’ils nous vendent pour faire baisser les statistiques morbides ?
Si je veux bien croire en la guérison de celles qui ne se sont pas retranchées derrière un mur de silence, et que l’on a pu traiter avant que les TCA ne s’installent, est-ce possible quand c’est devenu un mode de vie ? Quand vous n’avez plus aucun souvenir de ce qu’est la vie sans cette obsession ?
J’ai du mal à le concevoir.
Pessimiste, je sais. Le moral n’est pas en berne, c’est bien ça le pire. Mais je fais simplement le deuil de tout espoir de mieux. Résignation, acceptation…
La seule chose qui me fait encore réagir, c’est cette intolérable sensation de gâchis.
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