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6/12/2005
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Où je réajuste mon tir quant à Corneille et où je le fais dévier dans la direction d'un travelo pratiquant le prêt usuraire...
Je suis allé voir Maurice pis je lui ai
dit: "Heille Maurice euh... après un exposé comme le tiens, si j'avais
été un oeuf, je serais certainement une omelette." Non mais
tabarnac. Comme je suis un gars qui assume ce qu'il a dit, et surtout
ce qu'il a écrit - et ce, à la différence d'un grand nombre
d'écrivains- j'effacerai pas mon article précédent mais je tiens
toutefois à réajuster le tir. Premièrement, je n'ai pas aimé
me voir employer le pronom "ça" pour décrire le massacre du Rwanda. Et
surtout dans le contexte de la phrase. Non mais m'avez-vous bien lu:
"Sa famille a été décimée par ÇA" Oui oui, c'et bien moi qui ai écrit
cette connerie misérable. En fait, sa famille a été décimée par les
êtres humains, par l'imbécilité, par la soif du pouvoir, par les faux
prophètes, nommez-en la liste est longue en crisse.
Deuxièmement, en parlant de Maurice, j'ai réussi à écrire une phrase
qui pourrait être reconnue comme étant le symbole de l'idiotie
Martelesque: "Lui au moins, il nous emmerde pas avec des estis de
tounes plate". Pourquoi ai-je employé l'expression "au moins".
Pourquoi? Fouillez-moi. Voyez-vous, je me sens comme quand on voulait
dire de quoi de cool à sa blonde mais qu'on a employé une mauvaise
tournure de phrases pis c'est l'effet contraire qui est suscité.
Parce que ce que je voulais dire, c'était que malgré les drames qu'a
pus vivre Corneille, j'ai quand même le droit de penser et d'affirmer
que ses tounes sont plates en esti. Rendu là, c'est une question de
goût musical. Je sais pas si vous êtes d'accord - pas sur le fait
que Corneille fait des tounes plates mais qu'on ben le droit de pas
aimer ce qu'il fait - mais j'espère au moins - et pis là l'emploi de
"au moins" est tout à fait juste - que vous comprendrez que même si je
suis souvent un esti de sans-coeur, je suis capable de compassion.
Pis là, venez pas me charrier que c'est ma cure de désintox qui me
pousse à bloc! De toute façon, à la quantité de pot que je fumais, ça
me faisait pus trop d'effet. J'étais quand même pas sur l'héroïne. Mais
même là, j'avais souvent les mêmes symptômes qu'un héroïnomane quand on
y pense. Je m'endormais dans des situations surréalistes, je m'isolais,
j'étais maniaque du rituel de rouler des battes, etc. Pis si je vous
dis ça, c'est que je sais un peu de quoi je parle. Et ce, à la grande
différence du massacre du Rwanda par exemple. Y a quelques
années de ça, quand je suis revenu dans la région, je me suis mis à
tripper au boutte sur une fille pis tout portait à croire que j'allais
ben réussir à la conquérir. Surtout le fameux soir où elle m'a invité
chez elle à Chicoutimi. Elle aussi, elle revenait tout juste de
Montréal pis elle trouvait le monde d'ici un peu bizarre (tu laisses
entendre que t'es bisexuel juste pour voir la réaction du monde pis
finalement tu te fais regarder comme un alien mais par contre, si
t'étais un personnage de tévé, le monde te trouverait tellement
attachant...) Comme elle était partie sur une baloune d'héroïne là-bas,
elle avait entrepris une cure en revenant ici. Je vous mentirai pas en
vous disant que je m'en crissais pas... même que je trouvais ça quelque
peu romantique. Pis là, le fameux soir où je suis allé chez elle, elle
en a profité pour faire une rechute pis toute la soirée, elle a balancé
entre le someil et l'éveil. Même un mongol aurait "catché"
qu'elle était ben pétée. Comme je venais pas de Chicoutimi pis que je
connaissais personne, je l'ai regardé dormir pis j'ai bu une Labatt qui
traînait dans le frigo en fumant des toppes (car je fumais aussi la
cigarette à l'époque!!!). J'ai quand même dormi à côté d'elle. En fait,
c'est qu'à part le lit dans le sous-sol où on était, y avait pas
d'autres places pour faire dodo. Je me rappelle aussi que le
lendemain, y a un petit gros qui est passé pour lui prêter de l'argent
pis après qu'il soit parti, j'ai su que le gars était travelo dans ses
temps libres. J'aurais ben dû lui retenir le portrait parce que le jour
où je saurai si le gars faisait ça par compassion (en pensant qu'il
était préférable pour elle que ce soit lui le prêteur par exemple) ou
par pur opportunisme, je pourrais le retrouver pour soit lui dire que
c'est O.K., ou soit lui péter toutes les dents après lui avoir fait ma
réplique la plus célèbre: "Mon gars, dis-toé que t'es crissement
chanceux parce que tu vas avoir l'honneur d'être le premier gars à qui
j'vas péter la gueule de toute ma vie." Sauf que dans son
cas, ce serait probablement le dernier à qui je le dirais. Ouais...
parce que peut-être que les autres fois mes jambes m'ont lâché parce
que j'étais trop saoul, ou que mes amis m'ont habilement transporté
ailleurs, mais dans son cas, je m'arrangerais pour être ben en forme
pis tout seul. Faque
Gros-Crisse-De-Travelo-Qui-Prête-Du-Cash-À-Des-Filles-Pour-Qu'elles-S'achètent-Du-Smack,
sache que si un jour ta face me revient, je suis mieux d'avoir abouti à
la première conclusion parce que sinon, ça va être une fille avec la
face toute décrissée que tu vas personnifier à l'avenir. Et voilà
comment les massacres débutent. C'est aussi poche que ça...
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