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Dans une autre vie, j'ai espéré être admis en tant qu'auteur à l'École nationale de l'humour. Je devais avoir 19 ans. Ça commence de plus en plus à faire longtemps... Justement, Umberto Eco dit que l'utilisation des 3 petits points démontre toute la faiblesse d'un auteur. Quelque chose comme ça en tout cas. De toute façon, pour être ben franc avec vous, ses livres ont tous l'air plates à lire mais j'avoue que "Le nom de le rose" était un bon film. Il faut bien rendre à César ce qui lui appartient...
Ah! ouais! C'est ça! Je vous disais donc que j'avais essayé d'être admis comme auteur mais vous vous en doutez, ça a fait patate. Et là, est-il nécessaire à souligner que l'image est très juste. Premièrement, j'avoue que j'ai écrit les textes vraiment à la hâte. Comme je venais juste de présenter une pièce de théatre que j'avais écrite avec Dick Purple, disons que j'étais pas mal enivré par le succès de celle-ci pis je me pensais crissement hot.
Faque j'ai envoyé deux textes pas drôles du tout en me disant que c'était pas super important, que ma personnalité et ce que j'avais fait allait ben les convaincre. Pis là, je suis monté à Montréal pour aller faire mon entrevue avec un monsieur que je connaissais pas, soit François Avard, le désormais illustre auteur de l'émission Les Bougons.
Ma mère, spécialiste en matière de "Soins de l'apparence", m'avait fortement conseillé d'attacher mes cheveux afin de faire bonne impression. Comme je suis superstitieux, et que j'accordais de l'importance à cette rencontre, j'ai suivi son conseil. Mais toutes les fois dans ma vie où j'ai eu les cheveux longs, je me les ai peut-être attachés quatorze fois.
Pourquoi? Parce que j'ai une théorie à propos de ça. Un gars avec les cheveux longs, ça a plus souvent que d'autres choses l'air d'un touriste quand ça a les cheveux attachés. Je le redis, "plus souvent que d'autres choses" et non tout le temps. Y en a qui supers cools les cheveux attachés, je peux en nommer plein. Tiens, y a Dick, y a Joe Skeene... Crisse, vite de même, ça en fait déjà deux.
Mais moi, je suis pas comme ça. Je sais pas, me semble que j'ai une carotte dans l'cul quand j'ai les cheveux attachés. Pis bel imbécile, je suis arrivé de même pour rencontrer François Avard. Que cé que vous pensez qu'il a pensé quand il m'a vu arriver? "Check l'autre nul de région vient s'essayer?" ou ben une affaire de même.
Hein. Pis je me suis jamais ressayé après. Même quand je restais à Montréal. De toute façon, faut croire que je suis pas né pour être grassement payé à écrire des textes comiques. Moi, à minute que j'me mets à écrire, ça finit tout le temps par faire des patates impossibles. Avec des 3 petits points en plus...
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