25/4/2006 - Exercice d'athéïsme
Une
correspondante bien intentionnée (elle doit être témoin de Jéhovah et
me laisse son mail) a déposé un commentaire sur ma dernière note. Il y
est dit en substance que la réponse a toutes les questions que je me
pose se trouvent dans la Bible. Certainement. Je n’en doute pas car
dans les ouvrages métaphoriques se trouvent toutes les réponses que
l’on veut bien trouver à toutes les questions que l’on peut se poser
(c'est ainsi que le conçoit la Kabbale). C’est le grand avantage de la
poésie — si tant est que la Bible soit vraiment poétique… Le malheur
est que l’on trouve aussi ces réponses dans le Coran, le Yi Jing et les
livres boudhistes pour ne citer que ceux que j’ai un peu parcourus et
leurs réponses sont toujours de l’ordre de celle de Pascal : «Décidez
de croire et vous croirez…» Autrement dit faites abandon de tout ce que
vous êtes dans une confiance aveugle. Bien entendu ce n’est pas une réponse qui peut me convenir et c’est mal lire ma note précédente qu’y lire cela.
Si même il y avait un Dieu — ce dont je doute fort — sa présence ne
répondrait pas à mes questions car à quoi sert d’être mis sur terre si
c’est pour revenir au mieux à un état antérieur plus ou moins
évanescent? Je ne m’interroge pas, ainsi que je l’ai écrit, sur une
métaphysique mais plutôt sur une physique: je suis là, je ne sais
pourquoi ni pour qui sinon pour des entités abstraites — la famille,
l’espèce, l’humanité, la postérité, l’histoire… dieu si vous voulez
coller un nom à l’inaccessible…— et mon problème n’est autre que de
vivre dans le concret des jours. S’il faut choisir, c’est décidé, je
choisirai la seule de ces entités qui me prolonge un peu, ma parentèle
et je préfèrerais encore faire des recherches généalogiques que lire
les innombrables commentaires d’une quelconque Bible. Mais même ce
choix, qui cependant pourrait me donner quelques joies, ne me satisfait
pas totalement parce que je n’ai pas un goût immodéré pour les
archives… Alors le corps, — le niveau plus concret possible — l’usage
du corps jusqu’à l’extrême pour se sentir vivre, ne plus penser sa vie,
être… jusqu’à ce que cet être se dissolve dans le néant. Ainsi je crois
souvent que je suis mon maître ce qui est, relativement, satisfaisant.
Mais, bon Dieu, comment une Divinité peut-elle tolérer tant de fautes
d’orthographe qui sont autant d’insultes à la langue qu’IL a créé
puisqu’il est le créateur de toutes choses. N’est-ce pas aussi
insultant que d’en faire une caricature?
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