9/9/2008 - De l'amour
Je vis l’amour dans une certaine abstraction idéaliste: j’aime l’être aimé à distance, lointain ; beaucoup moins celui qui est proche ; j’aime l’être aimé épisodique ; beaucoup moins celui à présence constante. L’être aimé idéalisé, l’absence gomme tous ses défauts et le rend désirable. Je préfère la photographie qui fige dans un moment de grâce que le visage réel dont les défauts apparaissent dans le mouvement des formes. La présence est une loupe à effets grossissants qui rend les imperfections si présentes, si évidentes qu’elles occultent les qualités et les charmes. D’où mes souffrances amoureuses : manque et passion, proximité et déception. Je ne sais jamais comment me situer dans un entre deux qui me permettrait de trouver un équilibre amoureux, partir… ou rester. Peut-être est-ce que j’aime davantage l’idée de l’amour que ses possibles concrétisations. Je suis toujours plus amoureux des femmes qui me sont inaccessibles que de celles que je peux posséder. Toute possession entraîne un rejet. J’aime l’idée d’aimer plus que celle d’aimer. L’idée d’aimer plus encore que celle d’être aimé car je redoute la perte d’autonomie qu’entraînent les passions qu’on me porte. Pourtant j’ai aimé, follement, éperdument mais ce ne furent que des moments, des parenthèses dans lesquelles ma conscience de moi s’est épisodiquement dissoute. La réalité, le retour au réel, la vérité des êtres et des rapports aux êtres m’ont, très souvent très vite, ramené vers des états plus calmes.
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9/9/2008 - oui |
| Posté par poèmesblog.org |
tu mas rappelé une belle citation
"le chevalier naime pas Manon en elle même il aime une représentation de Manon"
puisque tu as évoqué lidée daimer / on aime limage kon a sur la femme et non pas la femme en elle mem |
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10/9/2008 - Commentaire sans titre |
| Posté par Anonymous |
AH, un marronnier des textes sur l’amour…Oui ,les amoureux de l’amour sont la plaie de l’amour
Et on ne sait jamais dans la mise en présence si c’est l’être aimé qui perd son charme ou si on craint de perdre son propre charme à ses yeux
Tout est si fluctuant dans la relation amoureuse faite de ce désir pour un objet lointain, inaccessible
Celui qui éprouve ce sentiment fait bien souvent son propre malheur, à cause de cette crainte souvent inconsciente qu’il a de perdre son propre charme aux yeux de l’être aimé qui est aussi forte que celle de voir l’objet du désir perdre son charme à ses yeux
Et qui lui fait préférer l’éloignement à la présence
Même si le quotidien est une autre plaie de l’amour, aimer c’est aussi accepter l’autre pour ce qu’il est,faire son chemin vers l’autre et s’accepter soi tel qu’on est
Et aussi savoir donner et recevoir
Oui, la complexité des choses ….de ces choses là..
Bon, c’est le genre de sujet qui fait réagir..les lecteurs et les lectrices et que les pages d’accueil des messageries et les journaux féminins tartinent tant qu’elles peuvent(« quel amoureux êtes vous »,etc. ;à coups de tests)
La littérature,comme dirait Oriane,doit parler de ces choses là , mais avec subtilité…..on doit deviner les choses sous les choses
Bon, voilà que les lectrices recommencent à faire leur Oriane….
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A Propos
Journal de Charlus, lié à l'ensemble de l'HyperFiction "La Disparition du Général Proust"
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