comment créer un blog Pourquoi la messe en latin? | Blog
   BlogHotel.orgAccueil | Créer un blog | Imprimer la page Imprimer | Blog hasard Au hasard | Chercher des blogs Rechercher | Entrer dans le chat du blog Chat | | Jeux Jeux | Adminitration et édition du Blog Manager

Pourquoi la messe en latin?

18/7/2007 - Motu proprio: renouveau de la spiritualité

 

 

Dans quelle perspective faut-il interpréter le geste de Benoît XVI ?

Le commentaire, écrit expressément pour La chiesa, est une note de Pietro De Marco, professeur à l'Université de Florence et à la Faculté de Théologie d'Italie Centrale.

La thérapeutique du pape Benoît XVI
par Pietro De Marco

Dans sa lettre "Summorum Pontificum", Benoît XVI a fermement indiqué que le "Missale romanum", promulgué par Pie V et revu en 1962 par Jean XXIII, était une expression de la "lex orandi" – la règle de la prière – et donc de la "lex credendi" – la règle de la foi – dont la validité est entière et actuelle. A côté du Missel promulgué par Paul VI en 1970, il représente un usage distinct de l’unique rite de l’Église latine. Bien que marginalisé, suite à l’adoption des langues modernes dans la liturgie, le Missel de 1962 n’a jamais été "dépassé", il n’aurait pas pu l’être, et encore moins "abrogé". Il est resté en vigueur, étant lui aussi "expression vivante de l’Église".

La nouvelle légitimation du "Missale romanum" décrétée par la "Summorum Pontificum" ramène la vie catholique à sa nature essentielle de "complexio". Pour le pape, l’histoire du catholicisme d’avant le Concile Vatican II est un horizon vivant de "l’esprit" du Concile lui-même et de sa réalisation. Une réalisation vécue en revanche comme incompatible avec le passé par de nombreux extrémismes.

C’est ainsi que l’objectif de "réconciliation interne au sein de l’Église" s’intègre dans une plus vaste opération médicale pour l’Église universelle, indépendamment des tensions locales avec les minorités schismatiques.

Les réactions négatives au "motu proprio" elles-mêmes, rares mais violentes, confirment sans le vouloir l’urgence de cette action thérapeutique réalisée par Benoît XVI.

Ces réactions ont lancé deux accusations graves contre la "Summorum Pontificum".

D’une part, la lettre aurait porté atteinte à l’autorité épiscopale, puisque la décision de Rome retirerait à celui qui est par essence le responsable de la liturgie de son église – l’évêque – le pouvoir de régir lui-même les styles et les objectifs liturgiques des prêtres qui célèbrent la messe sous son autorité.

D’autre part, elle introduirait une forme paradoxale de relativisme liturgique, une liturgie "à la carte", en fonction des préférences des fidèles.

La deuxième objection n’a vraiment pas lieu d’être. Si quelque chose a offert, depuis plusieurs décennies, le spectacle de styles liturgiques dangereusement "à la carte", c’est bien l’abus envahissant (et précoce, juste après le Concile) de l’"interprétation" ou de l’"inculturation" du rite de la messe. Qui a oublié les suppressions arbitraires de prières et de gestes et l’introduction illégitime de nouveaux textes, acteurs et lieux liturgiques ? C’est ce qui a provoqué la migration de croyants à la recherche de styles de célébrations plus conformes à leurs goûts, conservateurs ou progressistes. Le problème est connu depuis longtemps: de nombreux avertissements – en particulier l’instruction "Redemptionis Sacramentum" du mois d’avril 2004 – qui sanctionnaient les trop nombreuses "déformations arbitraires" ont précédé la récente décision de Benoît XVI.

La reprise de l’ancien rite en latin pourra, contrairement à ce qui est dit, agir comme un paradigme stabilisateur des liturgies fluctuantes en langue vernaculaire. Comme l’a noté le cardinal Karl Lehmann, président des évêques d’Allemagne, le "motu proprio" est une bonne occasion de promouvoir avec une attention renouvelée une célébration "ordinaire" de l’eucharistie et des autres rites digne de ce nom.

Quant à la première objection, l’autorité de l’évêque est l’objet de la Lettre d'accompagnement de Benoît XVI à ses "chers frères dans l’épiscopat". La lettre rappelle que l’ancien rite n’est pas un autre rite, que sa présence dans le peuple chrétien est une mémoire constructive et que le célébrer est légitime et opportun.

La richesse historico-traditionnelle du culte chrétien est donc la source principale à laquelle on peut puiser et l’autorité exercée par l’évêque liturgiste doit s’en inspirer. L’évêque ne crée de manière autonome, et encore moins en tant qu’arbitre, ni le contenu du rite, qui est centré sur le Christ, ni sa forme, qui appartient avant tout à l’Église une et universelle. Du reste, indique le pape dans sa lettre aux évêques, les responsables de l’unité dans l’Église ont manqué maintes fois, y compris dans un passé récent, à leur devoir majeur qui était d’éviter ou d’apaiser les divisions.

Dans quelle perspective faut-il interpréter le geste de Benoît XVI ?

Tout d’abord la nouvelle liberté de célébrer la messe improprement appelée "pré-conciliaire" constituera un correctif, sinon une compensation à une rupture injustifiée, à la fois pratique et idéologique, créée au XXe siècle "hyper-conciliaire". C’est une rupture avec la tradition de l’Église moderne, du XVIe au XXe siècles et, en ce qui concerne la langue, avec presque toute la tradition.

Cette rupture n’a pas été voulue par la constitution relative à la liturgie promulguée par le Concile Vatican II. Elle consiste à annuler de fait l’esprit de la liturgie d’avant la réforme, avec l’idée ou en sous-entendant qu’elle était inadaptée.

Il se confirme donc que l’initiative de Benoît XVI est tournée contre la lecture idéologique et, au fond, "révolutionnaire" qui a été faite du Concile par des élites théologiques ou pastorales au sein du catholicisme et qui a lentement pénétré dans le clergé et dans les paroisses.

Mais il y a plus. La légitimité renouvelée d’une eucharistie célébrée en latin et selon le Missel romain de 1962 paraît destinée à rééquilibrer non seulement les actuels excès en matière de rites, de langue, d’architecture, mais aussi les fréquents glissements vers une perte de la sacramentalité des célébrations. Glissements qui ont un effet préoccupant sur le plan de la foi.

On oppose à cela que le Missel promulgué le 26 mars 1970, bien enraciné dans la tradition et fruit d’une science liturgique confirmée, aurait suffi à obtenir ces résultats. Tout le monde connaît l’énorme travail accompli par la congrégation pour le culte divin au cours des dernières décennies et la passion de Jean-Paul II pour la vie liturgique de l’Eglise: il suffit de relire sa lettre "Lettre Dominicae Cenae" de février 1980. Mais qu’en a-t-il été de cette richesse dans les pratiques ordinaires ? Quelle a été leur capacité à orienter et, à un moment donné, de contenir le "renouvellement liturgique" poursuivi au quotidien par des amateurs souvent étrangers à l’idée même de sacralité de l’eucharistie et du sacrifice ? Il est nécessaire de réfléchir sur cette impossibilité prouvée de fonder de grandes œuvres sur le sable des rhétoriques post-conciliaires.

Alors de quoi peut venir le pouvoir "rééquilibrateur" du rite "tridentin" ? De trois faits au moins.

1. Le latin favorise la perception d’une ancienneté du rite, d’une authenticité que le présent ne peut ni atteindre ni corrompre mais où il s’implante profondément et nécessairement, selon une continuité. Même une participation occasionnelle, mais qui désormais n’est plus "transgressive", au rite ancien en latin aide à comprendre que tradition et innovation ont entre elles un rapport nécessaire et un pouvoir de modération réciproque. Les rares croyants qui ont fréquenté au cours des dernières décennies les liturgies célébrées en latin dans les monastères, plus encore que les liturgies "traditionalistes", le savent bien.

2. La forme et la discipline rituelle de l’ancienne messe apprennent à croire justement par la manière dont elles apprennent à prier. En particulier le fait d’être "tourné vers le Seigneur" pour le célébrant – ce qui ne signifie pas qu’il "tourne le dos" au peuple comme beaucoup de gens le répètent de façon insensée – et pour toute l’assemblée, ainsi que la position excentrique de l’autel par rapport à l’assistance, amènent à réfléchir de nouveau sur l’espace et le temps sacrés, sur leur sens et leur fondement. De nouveau mais pas de manière "nouvelle": plutôt sur les traces de la tradition catholique, latine et orientale.

Ni la communauté réunie, ni ses sentiments, ni sa socialité ou sa compagnie ne sont, en effet, le pivot du "sacrificium missae". Ce n’est pas le comportement de l’assemblée qui compte: la "liturgie active" est une tentation pragmatiste dont les liturgistes, les spécialistes de la pastorale ou les concepteurs d’édifices sacrés ne sont pas toujours conscients. Au contraire, l’action de la communauté priante est placée sous la norme du sacrifice sacramentel et c’est de là qu’elle doit tirer son profil; l’action est au service des "divina mysteria". Le divin Prêtre se sacrifie lui-même au Père et le célébrant et l’assemblée sont tirés dans cet abîme, dans sa direction et son sens. C’est à cela que le canon de la messe donne la plus grande importance.

Toutefois, symboliquement, tout est plus clair pour les fidèles lorsque il leur est permis de regarder au-delà du célébrant et de l’autel, vers le Seigneur. Être tournés vers le Seigneur s’oppose à la tentation, à laquelle sont également soumis les liturgistes, de concevoir l’autel comme "spectaculum" au centre de l’assemblée. L’offrande de l’unique Prêtre au Père se manifeste-t-elle convenablement dans l’actuel dialogue face à face entre le célébrant et le peuple ? Aujourd’hui l’assemblée est dans la plupart des cas tournée vers le célébrant et le célébrant vers elle, avec un effet risqué d’immanence, pour ne pas dire de protagonisme. La tentation de considérer l’assemblée comme un sacrement, au détriment du "mystère de la foi" trinitaire qui agit dans l’action liturgique, est évidente chaque dimanche.

3. Une liturgie qui, en vertu d’une tradition ancienne et constante, "a en son centre le Saint Sacrement qui brille d’une vive lumière" (comme le disait le grand liturgiste Josef A. Jungmann) implique une catéchèse et une prédication de la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin, du "Dieu avec nous" cher au théologien Joseph Ratzinger. En somme, une attention renouvelée aux sacrements va s’imposer selon une annonce de réalités, au-delà des niveaux – et des valeurs indéniables mais secondaires – de la "participation" communautaire et affective de l’assemblée.

L’espérance que paraît susciter la décision de Benoît XVI, c’est qu’en faisant aujourd’hui l’expérience de la présence essentielle de la tradition parmi nous, il soit possible de remédier à la désorientation de tant de fidèles chrétiens. Le souhait d’un "christifidelis laicus" comme moi est que, avec l’accord de l’évêque, les curés rendent possible la célébration d’au moins une messe par semaine, si possible une grand messe, selon le "Missale romanum" de Jean XXIII, en aidant tout le monde à retrouver le sens profond de l’ancienne tradition liturgique et en réconciliant au sein de l’Église les cultures, les générations et les spiritualités.

En tout cas, il faudra éviter que la demande de l’ancienne messe en latin devienne une revendication de minorités qui se sentent exclues et attaquées. Il faut demander aux évêques, aux responsables de la pastorale et aux liturgistes d’expérimenter rapidement des solutions à la hauteur des situations dans chaque diocèse. De Rome – et surtout de la commission vaticane "Ecclesia Dei" – on attend de solides instructions pour la mise en œuvre du "motu proprio", mais aussi sur les raisons théologiques et spirituelles qui l’innervent.

Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

Table : Motu Proprio

Texte intégral du Motu Proprio: Publication du "Motu Proprio Summorum Pontificum"
Motu Proprio Summorum Pontificum (doc. word)

Lettre explicative:
Lettre du pape Benoît XVI aux évêques
Lettre du pape Benoît XVI accompagnant le motu proprio (doc. word)

Commentaires (0) :: Lien Permanent

11/7/2007 - La messe Tridentine: le recueillement.

La messe tridentine en latin: retour du recueillement.

 

 

Posté le 08.07.2007 par auto23652



Le retour du rite Tridentin n'est pas seulement le retour du latin. En effet le rite tridentin est « Théo centré », c'est-à-dire que la Transcendance est au centre du rite. La messe, selon moi, doit être un « Théo morphisme ». C'est-à-dire que spirituellement elle doit tendre, dans sa forme, vers la Transcendance. Pour répondre aux objections qui sont faites, il faut se rappeler que la messe est un acte théurgique, elle est une élévation spirituelle. Trop de participation active pendant la messe nuit à la spiritualité. Le monde moderne ne conçoit rien sans mouvement, bruit et provocation. Au contraire, le rite tridentin utilise le latin et le chant centré sur la respiration, en pesant la signification des mots qui ne sont jamais très nombreux. La précision du latin et de sa construction linguistique en fait une langue adaptée a la réflexion spirituelle, au même titre d’ailleurs que l'hébreu ancien pour les israélites. L’aspect bien règlementé de la langue, est mis en valeur par l’esthétique du rite qui est en lui-même une œuvre d’art. Alors vous direz, mais personne ne comprend…

Il suffit de constater la dérive objective du français courant de ces dix dernières années, fortement influencé par le matérialisme ambiant, et les modes qui n’ont rien de spirituel, pour se rendre compte qu'il sera impossible très rapidement d'aborder toute transcendance en français. Le fait d’apprendre le français sans apprendre un minimum de latin est une erreur. Le français est issu du latin. Le latin doit donc être conservé, car il est le support d'une juste et exacte transmission dans les siècles. Latin et traduction littérale vernaculaire doivent cohabiter. Le Latin est la racine du français, la transcendance est la racine de l'Homme… On serait tenté de conseiller un peu d'humilité et moins de politique aux hommes d’église… Quand on va à la messe il ne faut pas avoir peur de la « hauteur », car c’est quand on prend de la « hauteur » que l’on redescend avec justesse vers ce qui est « petit ». C’est pourquoi je parle de transcendance. Laissons les autres méthodes, au monde politique…
Il est important de ne pas utiliser durant la messe d'instrument de musique de la vie profane (usage courant),les orgues symbolisent le spirituel car elles sont un instrument à vent, (spirituel comme le latin l’indique a la même racine que respiration…), dans la négative on ne fait qu'alourdir la démarche qui consiste, je le rappelle, à s'élever, dans une démarche transcendante. La séparation entre le monde profane et le monde sacré doit être visible, il nous faut un repère, car nous restons de chaire et d’os, même dans un acte théurgique ; l'élévation de l'esprit est à ce prix (spirale et spirituel ont la même racine latine, je me moque un peu de nos apprentis bouddhistes…). Sacré dans un sens premier signifie séparé, à part. La mélodie doit avoir la lenteur des actes difficiles et toute mélodie rapide à l'image de la musique moderne est probablement nuisible. Le grégorien bâti sur des siècles est donc la musique la plus appropriée à la messe. Toutes les religions parlent de l’importance des sons dans la spiritualité, pourquoi l’église catholique se priverait-elle de sa longue tradition dans ce domaine ? Ce qui frappe dans une messe chantée en latin, c’est la façon dont les voyelles sont prononcées en longueur et en modulation. Finalement, les passages choisis sont souvent très courts et donc facilement mémorisables. Dans le chant, il est fait plutôt grand cas des aspirations et des expirations ce qui est depuis toujours le socle de la méditation. Nous n’avons plus la connaissance des anciens dans ce domaine. Il est donc impensable d’obtenir le même résultat dans une traduction française. je souligne encore que le texte étant très court, le fait qu’il soit en latin n’est pas un problème pour la compréhension et la traduction. La messe de Vatican II regorge de lecture, de participation et de chant, supprimant ce qui devrait être central, l’arrêt sur l’image et la méditation. Le silence est la force de Dieu…
D’autre vous diront mais le prêtre tourne le dos à l’assemblée. Certainement, mais il fait face à Dieu, en étant orienté ( littéralement tourné vers l'orient...) avec les fidèles vers Dieu, et cette présence de Dieu est symbolisé dans le tabernacle qui est devant lui. Il en est le plus proche car il est l’officiant. De temps en temps, il se tourne vers les participants, sollicitant la présence de l’esprit, dans cet acte collectif, dirigé vers Dieu et qui aura sont sommet à l’élévation. Sa principale tentative est la présence de Dieu ; La shékina comme dirait nos frères israélites. La messe est un acte théurgique ce n’est pas une représentation profane. C’est un sacrifice et non pas à proprement une fête.
Les inculturations par compte posent problème, le fait qu’elles soient généralement le fruit de la meilleure intention, hélas ne les protègent pas de résultats discutables, malgré d’apparents succès. Elles ne sont souvent que des descentes dans les différents profanes culturels et un manque d'humilité. Le chant grégorien n’est pas un fruit profane de son époque, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire ! Il est probable que la pédagogie des trente dernières années soit responsable des erreurs qui ont été commises. La société a mis l'homme en son centre. Tout religieux sait, les dangers qui guettent une société ainsi construite, l'histoire sainte chrétienne comme les autres d'ailleurs, montrent les déboires de ceux qui se sont engagés dans cette voie. Une société centrée sur l'homme est en fait une société « égocentrée ». L'égo est l'ennemi de la transcendance. La messe de Vatican II est tombée dans cet écueil. Elle est devenue dans son rite un « égo morphisme » c'est-à-dire un rite basé dans sa forme sur le moi et le monde extérieur, elle a mis l’homme profane au milieu, alors que l’homme qui pourrait symboliquement être au centre, est l’Homme Sacré, c'est à dire la parfaite image de Dieu. Il est vrai que tel n’était pas le but de Vatican II, qui était motivé par la meilleure intention, cependant il suffit de regarder autour de soi, les années passent, et notre culture devient de plus en plus individualiste. Ou est l’erreur ? Probablement un manque l’humilité…
Les innovations permanentes que nous avons vues apparaître à la messe sont les mêmes que celles qui ont envahi les écoles et les lycées. Mixité systématique et mal pensée, méthode interactive ne privilégiant jamais le silence, méthode inductive faisant appel sans arrêt au moi, construction du moi par l’activité et par le bas puisque par l’élève lui-même, tentative d'explication mécaniste de tout et même de ce qui ne relève pas de cet ordre. Ces méthodes déjà catastrophiques dans les sciences de l'apprentissage et parfois dans les sciences descriptives, se sont révélées carrément destructives dans la spiritualité. Les méthodes interactives déjà si difficiles à mettre en place dans un groupe d'enfants ou d'hommes, sont impossibles dans le rapport avec la Transcendance! Doit-on rappeler ici la place de l'humilité et de la maîtrise de soi dans la théologie chrétienne ?
Ce n'est pas le but de la messe d'être à la mode. Elle doit être un acte bien à part, ce qui est d'ailleurs la définition du mot sacré. Elle est un acte de foi et d'harmonie dans le sens de la montée dans l'octave, ce qui doit relativiser la démarche de tout rendre compréhensible ; et à cette condition, elle est à l'image de notre monde mystérieux et incompréhensible dans sa finalité, malgré les progrès de la science. Elle est une démarche spirituelle, « Théo centrée » et doit donc s'écarter de toute autre méthode dispersive et « ego centrée ». Le rite, le discours et les chants doivent être à l’image de la Transcendance, c'est à dire rituellement parfaitement ordonnés dans le seul objectif possible : l'Elévation. N'oublions pas que le premier commandement, ordonne d’abord d'adorer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, et en second, d'aimer son prochain comme soit même. Il ne s'agit donc pas d'inverser quoique se soit. Inverser ce premier commandement relève de l’erreur…Les disfonctionnements de notre société ne sont pas à chercher ailleurs.
Les langues et les rites évoluent par la paresse et l'ignorance. Que seront le Français et les autres langues vivantes dans cinquante ans ? Beaucoup ignorent que les symboles, eux-aussi, évoluent par la paresse et par l'ignorance. On simplifie, et on traduit tant bien que mal, parce que l'on a oublié le symbole qui se cache dans le rituel. Sous la pression actuelle de déculturation, il est nécessaire de revenir au latin, à la Messe Tridentine, et à tout ses trésors de culture chrétienne que nous étions prêt à brader, pour une tentative de tout comprendre, à renfort de proximité et de dialogue qui paradoxalement ont abouti au contraire recherché. La divinité ne relève pas de cet ordre. Dans ce cas, nous perdons le sens profond du sacré de la Messe. Il est d’ailleurs à remarquer que les critiques les plus acharnées, viennent souvent de gens qui ne mettent jamais les pieds à l’église. Les adversaires de l’église sont subitement favorables au français…Et finalement après vous avoir conseillé la visibilité et la proximité, ils vous diront qu’ils ne voient rien et ne ressentent aucune présence…
Et pour conclure, s’agissant d’art moderne, introduit intempestivement dans le domaine du sacré. Selon les spécialistes eux-mêmes, il y a une séparation, devenue définitive, entre esthétisme et art. Comment peut-on chercher l’harmonie, avec un art religieux, coupé de l’esthétisme ? En effet, l’art en se coupant de l’esthétisme, est devenu complètement profane, donc inapte au religieux. Le religieux peut regarder en arrière, il sait que la modernité, n’est effectivement que dans la forme ; l’essence ne change pas, le fond non plus. Etre religieux c’est aussi regarder et chercher dans la tradition des textes, forcément passés, des leçons pour affronter le présent. Pourquoi serait-il nécessaire de devoir, toujours, tout jeté? Est ce pour privilégier l'acte d'achat et inconsciemment obéir aux impératifs discutables de l'économie et du marketing. Peu de critiques sont faites, et une analyse fine de nos comportements inconscients, manipulés par les exigences de la production, devrait maintenant être conceptualisée. Il s'agit du bien fondé de notre appréciation concernant, le neuf et l'ancien, le moderne et le démodé, le jeune et le vieux, le performant et le désuet. Vous allez me dire, mais tout ceci est conservateur. Je vous répondrais que conservateur n’est pas une critique en soit. On reconnaît l’arbre à ses fruits. En l’occurrence maintenant, il faut faire le point, et un arrêt sur l’image est nécessaire. La différence entre l’Eglise et le monde profane est là. Le monde politique et le monde économique ne peuvent pas faire d’arrêt sur l’image. Le monde de la parole s’est emballé, aimer son prochain ne veut plus rien dire, c’est du ressort du discours politique, qui n’engage plus à rien, et de la Sécurité Sociale. Il est temps de faire un retour sur soi, indispensable pour aimer son prochain comme soit même. Il est temps de faire un arrêt sur l’image et sur le son, pour retrouver une ambiance recueillie ou du moins la méthodologie de ce recueillement. Rien de nouveau sous le soleil dit l’Ecclésiaste. Tous les fleuves se jettent dans la mer et la mer n’est jamais remplie !
N’oublions pas le nombre impressionnant de saints qui ont été formés au rite tridentin et au missel d’avant soixante deux… Là se trouve l’approche la plus chrétienne probablement dans le fond et dans la forme! Ce qui est dommage, c'est que nous soyons obligé de polémiquer!



E.d.T.
 
 
Pour lire les autres articles cliquer sur suivant.
Commentaires (0) :: Lien Permanent

<- Précédent :: Suivant ->

A Propos

Thèmes de réflexion sur la messe en latin de rite Tridentin. La mystique du rituel de la messe. La prière et le sacré

Liens

Accueil
Voir mon profil
Archives
Amis
Email Moi

Amis