Autour d'un tableau
Réunion jeudi 14/12/2006 à 17h30
Présents :
Georges, Céline, Madeleine, Yannick, Salvatore, Magali, Thérèse
Thème : Que vous inspire une peinture ?
Salomé de Gustave Moreau

"Là, le palais d'Hérode s'élançait, ainsi qu'un Alhambra, sur de légères colonnes irisées de carreaux moresques, scellés comme par un béton d'argent, comme par un ciment d'or; des arabesques partaient de losanges en lazuli, filaient tout le long des coupoles où, sur des marqueteries de nacre, rampaient des lueurs d'arc-en-ciel, des feux de prisme.
Le meurtre était accompli; maintenant le bourreau se tenait impassible, les mains sur le pommeau de sa longue épée, tachée de sang...
Elle est presque nue; dans l'ardeur de la danse, les voiles se sont défaits, les brocarts ont croulé; elle n'est plus vêtue que de matières orfévries et de minéraux lucides; un gorgerin lui serre de même qu'un corselet la taille, et, ainsi qu'une agrafe superbe, un merveilleux joyau darde des éclairs dans la rainure de ses deux seins... " Extrait de A Rebours d'Hysmans (Georges)
Le cri de Munch

Spleen de Baudelaire
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits... (Céline)
La déposition de croix par Giotto
(Yannick)

Giorgione
Peintre de la briéveté (Madeleine)

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La reddition de Breda par Velasquez

Texte de Jean :
C'est le plus grand tableau peint par Velasquez (307x367). Réalisé en 1635 pour orner le salon de Reims du palais du Retiro, il est la commémoration d'une grande victoire espagnole remportée en 1625 aux Pays bas.
Il a en fait été inspiré par une comédie dramatique de Calderon dans laquelle le vainqueur Spinola déclarait au vaincu Justin de Nassau en parlant des clefs "Justin je les reçois et reconnais votre courage car la vaillance du vaincu rend célèbre le vainqueur".
La composition du tableau est binaire et simplicime.
Au milieu plein centre la clef tendu par Nassau et Spinola.
A droite le vainqueur magnanime compatit manifestement à la situation humiliante de son vis à vis en appuyant avec déférence sa main droite sur l'épaule de celui-c. De sa main il tient son chapeau rendant au courage de son adversaire un hommage d'autant plus implicite que les grands d'Espagne restaient vouerts devant le roi.
Derrière lui ses officiers en armure, un magnifique cheval et en arrière plan des lances qui occupent le quart haut droit de la toile et ont parfois servi de titre à l'ouvre. L'ensemble donne l'image d'une armée puissante, celle de l'empire catholique universel suivant la formule de Michel del Castillo.
A gauche, le vaincu dans une posture humble, le genou à demi ployé semble s'excuser de la résistance de son peuple. Derrière lui un modeste groupe de combattants armés de piques grossières paraissant peu aptes à s'opposer efficacement à la formidable machine de guerre ibérique. A vaincre sans péril... serait-on tenté de dire. Il est ainsi permis de penser que Velasquez, tout en célèbrant une victoire espagnole, a relativisé les mérites des vainqueurs. Le sentiment qui prévaut en tout cas dans cette composition est la compassion, le peintre ayant visiblement préféré mettre en valeur la fraternité des combattants plutôt que magnifier le fait d'armes castillan.
Ainsi paradoxalement cette composition qui au premier degré peu apparaître comme l'exaltation des vertus guerrières, diffuse un message de paix et d'apaisement, de réconciliation, Velasquez ayant fait sienne l'admirable trait d'Eschyle : les vainqueurs seront sauvés s'ils respectents les temples et les dieux des vaincus.
Sa réserve était prémonitoire. En 1639, soit 4 ans après la réalisation du tableau, la ville fut reprise par les Hollandais !
Extrait d'Un amour de Swann Proust
"Swann avait toujours eu ce goût particulier d'aimer à retrouver dans la peinture des maîtres non pas seulement les caractères généraux de la réalité qui nous entoure, mais ce qui semble au contraire le moins susceptible de généralité, les traits indidivuels des visages : ... sous les couleurs d'un Ghirlandaio, le nez de M. de Palancy...
Odette ... debout à côté de lui, laissant couler le long de ses joues ses cheveux qu'elle avait dénoués..... elle frappa Swann par sa ressemblance avec cette figure de Zaphora, la fille de Jéthro qu'on voit dans une fresque de la chapelle Sixtine... Il n'estima plus le visage d'Odette selon la plus ou moins bonne qualité de ses joues et d'après la douceur purement carnée...mais comme un écheveau de lignes subtiles et belles que ses regards dévidèrent, poursuivant la courbe de leur enroulement, rejoignant la cadence de la nuque à l'effusion des cheveux et à la flexion des paupières..." (Thérèse)
Le retable d'Issenheim Grünwald (Salvatore)

Un détail de la Tentation de Saint-Antoine
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