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Des Livres et Nous

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Présentation du livre "Titanic et autres contes juifs de Bosnie" d'Ivo Andric

Posté le 14/5/2007 à 09:46 - 0 Commentaires - poster un commentaire - Lien

Réunion Des livres et Nous vendredi 4 mai 2007

 

Claude et Françoise ont rejoint le cercle Des livres et nous  qui s'est réuni une nouvelle fois à la Gradiva

 

Claude nous présente sa dernière lecture "Titanic et autres contes juifs de Bosnie, Ivo Andric, ed. Le serpent à plumes"

Ivo Andric, prix Nobel de littérature en 1961et bosniaque d'origine écrivit ce petit livre de 10 contes saisissants.
Les personnages contemporains sont ces juifs sépharades chassés de leur patrie -l'Espagne au XVème siècle-  et réfugiés, comme exilés à jamais, dans ce petit territoire qu'est la Bosnie où la vie n'est pas tendre pour eux. On retiendra  l'évocation mélancolique du cimetière juif aux abords escarpés de Sarajevo ; l'amitié entre deux jeunes hommes en 1920 dont l'un ne pense qu'à fuir la Bosnie : "pays de haine et de peur, pays arriéré aux 4 religions" dont la diatribe est tellement prémonitoire et aussi "Titanic" le conte le plus long ou comment l'idéologie nazie transforme une pesonnalité veule en un bourreau qui ne veut surtout pas perdre la face.
Le grand mérite de ces 10 contes est d'être sobre, concis et d'atteindre une vérité humaine universelle.

 

 


La poésie

Posté le 5/4/2007 à 18:41 - 1 Commentaires - poster un commentaire - Lien

 

 

Jeudi 29 mars 2OO7 - Madeleine, Yannick, Céline, Jean, Thérèse  se réunissent dans la charmante librairie de

Versailles :

LA GRADIVA

7-9 passage des Deux Portes

 

 

Fêtons ensemble de printemps des poètes

ou

Fêtons ensemble le printemps des poètes

 

Madeleine nous emmène en Bretagne

 

Partir au breskin

 

Ruzen , la rouge je m’appelle

Armoricaine parlant  gallec ,

 loin des talus

des enclos

des  haies qui vous étouffent .

Loin des   taons qui vous   piquent la peau 

une fois  pour toutes , moi, Ruzen  

Libre génisse brique  blanche

 paissant  les  prés dits  - glaz –ventre à terre

dans un nuage de poussière

loin  des talus

vers la pleine mer

 de partir 

je décide

   

 Partir Où ?

Au breskin pardi !                                  vers la  prairie , la langue       

je pars   me perds                                  perdue ,  j’accours à  l’île

le phare                                                  le  rêve

chong ta !-                                              deboute  toujours

demeure  -                                               ma langue

mammes   et manne pour moi et mes  mânes

Aza assise                                                

madou mar plij

ata  Ruzen  

chom –ta

tranquill ! 

 

                   sacrée gazek de grammaire

Rétive jument , gazek, soit dite en brezhoneg –

  tuée trouée devenue  nulle non avenue

Langue pendue perdue - 

 -juré !-   depuis la couverture  effilochée  du lit   ..

Brume  schiste  bleu  d’Arrée 

 ta voix   tremblante au  bord du gouffre  deboute

kassée  ,ta voix en moi  encore répercutée

 l’accent  retombe enfin au puits 

« De profondis  clamavi ! »      

per saecula saeculorum                                 ainsi grammaire

ta vie tes mots                                               ta tête de mule par moi perdure

ta langue m’irrigue                                        rouge comme l’ armoricaine  Ruzen

bleue en mes veines                                       les lances des   roch’ Trévézel Tredudon                                                        contre le ciel  tu as beau dire 

DEBOUTES                                                    s’élèvent

« Aza assise , madou mar plij , ata Ruzen chom ta tranquill ! »

 

(Madeleine)

 

                                                

 

..................

 

Jean lit des poètes anglais : John Donn (1513-1631), Edmund Spenser (1552-1599), Peray Bysshe Shelley (1792-1822)

Thérèse, un poème de Paul Eluard "Dans mon beau quartier"

..........

 

Céline et Baudelaire

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir
!

 

 

 

 

...................

 

Yannick

 

La lumière ne peut dormir

si elle n'est habillée de ténèbres

--

La nuit ferme les yeux

afin de pouvoir regarde

--

Il a sauté de sa fenêtre pour mourir

Etait-ce une chute ou un envol

                                

                                        Adonis (Célèbrations)

 

.............

 

Quittons nous avec  un  poème de Madeleine

Le bleu de Klein

 

 Bleu  creux …tu le guettes , il te veut

A   l’instant où  tu désespères  d’eux

 Par toutes  les pores de ton corps

Cela   t’éclate aux   yeux 

 

Quelque chose  , blanc ,  hors 

cadre, depuis  ce puits t’aspire .

Balle d’avoine tu vogues

Hors lieu hors temps , soupires  .  

 

t’envahit  sur le champ le vide

 Toi  t’en défends mais pourtant

Rien   contre cet élan  IKB 

prisonnière en suspens dans l’air

 

Tu tiens  vert -bleu  caverneux 

 retient  d’amour ta chienne docile ,

 aux abysses, in the blues, choit

au tréfonds vide sombre navire

 

  

Descends vers l’antre  du nom 

Initiale : au –delà de cette limite

aucune image  aucun souvenir

 n’est plus valable : t’éclate

 

 t’ensevelit  l’image  De STAEL

ailes cassées d’ oiseaux marins  

de gris de noir plombé défenestré

 vole retombe nu le rêve peint

 

 

ferme les yeux enferme  ce bleu :  

tu le vois rouge plus que du feu

 puis rien reste :couleur brûlure chère

flotte en  l’air   caresse , chair   .

 

                                                                    (Madeleine)

 

 

 

 


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