Autrefois, elle avait aimé la vie.
Avant d’être avec lui, elle avait follement aimé la vie.
Et dans cette vie d’avant, il y avait du désir, cette « mystérieuse puissance du dessous des choses ».
Comme elle aimait ces mots d’Alfred De Musset !
Le désir qui fait que toute la surface de la peau s’éclaire et désire la surface d’une autre peau dont on ne connaît rien.
On est intime avant même de se connaître.
On ne peu plus se passer du regard de l’autre, de son sourire, de sa main, de ses lèvres.
On perd la boussole, on s’affole.
On le suivrait au bout du monde, et la raison dit :
Mais que sais-tu de lui ?
Rien, rien encore hier il portait un prénom inconnu.
Quelle belle ruse inventé par la biologie pour l’homme qui se croit si fort !
Quel pied de nez de la peau au cerveau !
Le désir s’infiltre dans les neurones et les embrouille.
On est enchainé, privé de liberté.
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