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Il me reste une demie heure avant d'aller la chercher.
Et je suis coincée là.
Dans une administration.
Ticket numéro 100.
5 bureaux.. 1 d'ouvert...Vive les RTT!!
Salle d'attente : Canapés vert pomme, murs bleu EDF, sol lino "made in chiotte".
Heureusement ils nous ont épargnés la petite musique d'ambiance.
Trop aimable.
Ils ont voulu effacé le coté clinique des administrations, en contre partie, ils ont sombrés dans le folklore de mauvais gôut.
Et le summum dans tout ça, ben c'est nous...les pauvres bougres qui attendent deux plombes pour obtenir un papier, un tampon, que notre dossier soit traité au plus vite.
Et la c'est la cour des miracles....
Une femme enceinte depuis 4 ans au vu de la taille pour le moins imposante de son ventre. A la voir se tordre, son visage grimacer, on a plus l'impression qu'elle est atteinte d'une maladie incurable qu'enceinte.
A ce moment là, j'ésite à lui crier "pousssseeeeeeeeeeee" ou bien a l'achever direct.
Un vieu monsieur a moitié endormis...ou mort, je serais pas vraiment dire. En tout cas carement paumé dans tous les sens du terme. C'est limite si, une fois devant la femme de l'accueil il s'est souvenu pourquoi il était là. Et le temps que l'info parte de son cerveau pour arriver jusqu' a sa bouche, et qu'il balance un vomi verbale incomprehenssible....
J'avais eu le temps de m'faire une partie de "Bejeweld" (score 66860).
Arrive l'adulte enfant. Le mec de 35 ans qu'est pas foutu de remplir une fiche de renseignement sans sa mÔman, qui se tape 10 allez-retour à sa voiture parce que Môsieur est pas foutu de prendre tous ses papiers.
Je passe la mere a moitié défroqué, limite vulgaire (mais elle vous répondra qu'elle est féminine et sexy...m'enfin) et son sale gosse qui léche le lino dégueulasse.... les "beauf" mère et fille, l'une qui se racle la gorge et l'autre qui mache sa boulle de gomme....
Et bien sûr moi!
J'avais l'impression de ne pas être là, j'veux dire, juste l'impression d'être spectatrice de ce petit monde.
Envie de leur préciser "Non je ne fais pas partie de votre monde, je ne suis pas comme vous, je vaut mieux que ça!"
C'est prétentieu tout de même de penser qu'on est mieux que d'autres personnes, alors que l'on ne connait rien d'elle. Aprés tout je ne me base que sur leur apparence, ce qu'il dégage.
Mais s'en était suffisant pour moi. Ces gens me dégoutaient.
J'étais en colère contre eux, de leur nonchalance.
Je suis en colère contre ceux qui ne font l'effort d'être mieux, contre ceux qui se contente de ce qu'ils sont.
Et quelque part en colère contre moi. Car trop longtemps je me suis contentée. J'ai perdu trop de temps a me plaindre de mon sort, à m'analyser sans m'en servir pour aller plus loin, pour changer.
A cet instant, dans cette administration, j'ai eu la rage.
Une fois passée mon tour, sortie de ce bâtiment, je me suis mise à courir.
J'ai rejoind ma fille, nous sommes rentrées chez nous, et ça aller beaucoup mieux.
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