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MALROUVE de Ludovic Careau


Roman/blog fantastique, écrit au fil du temps, entre imaginaire et réalité, entre rêve et cauchemar... Pour tous ceux qui aiment lire !

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Malrouve I, chapitre 10

Posté à 16:45 le 4/7/2009

            Même les accidents mortels, abusivement qualifiés de "minimes" par madame Eugénie et qui eurent lieu pendant le temps relativement long de ce chantier laborieux, n'entamèrent en rien la résolution de mener celui-ci à son terme.

Même les interventions intempestives du grand archéologue parisien, monsieur Auguste Faure, pour retarder au maximum l'entreprise engagée afin de sonder avec davantage de précision l'ancienne nécropole, furent discutées en haut lieu et à chaque fois rejetées par les tribunaux.

Le scientifique et historien voulait suspendre les travaux pour un temps suffisamment conséquent afin qu'il puisse évacuer ce qu'il y avait de déplaçable et de transportable. Il avança, pour se faire, une période minimale d'un mois. Mais la justice en décida autrement et n'alloua à l'émérite savant qu'une durée grotesque de deux semaines.

L'élite intellectuelle et artistique de France demanda au gouvernement d'intercéder en faveur de Faure et de contester la décision judiciaire. Mais rien n'y fit : le projet de Malrouve était visiblement plus important et plus crucial que cette malheureuse fouille archéologique qui ne faisait que retarder la marche inéluctable du progrès.

Ce fut aussi en l'année 1882 que madame Malrouve évoquait pour la première fois un fait des plus troublant.

Elle avait fini par être entendue. Ses prières n'avaient pas été vaines !

L'enfant arriva au moment où Eugénie avait fini par se faire une raison.

Cette dernière écrivait cela très succinctement, sans s'étaler en détails et en phrases inutiles. Comme absorbée par l'heureux évènement plutôt que par la bonne tenue de son journal, elle préféra, sans l'ombre d'une hésitation, délaisser quelque peu l'écriture et se consacrer presque entièrement à l'enfant...

Cet évènement força Gustave à mettre les bouchées doubles et à précipiter ses travaux. Il voyait l'arrivée de l'être tant désiré comme un signe du Ciel.

 

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