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LE BLOG DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

• 6/2/2006 - 1933 KEYNESIANISME


1933
LE KEYNÉSIANISME


KEYNES : Éléments de biographie




John Maynard Keynes naît à Cambridge le 5 juin 1883, l'année de la mort de Marx et de la naissance de Schumpeter, dans une famille de la moyenne bourgeoisie intellectuelle. Son père, John Neville Keynes (1852-1949), accomplira une carrière honorable comme professeur de logique et d'économie à... Cambridge et sa mère, Florence Ada Brown" deviendra en 1932 la première femme maire de ... Cambridge. Il effectue ses études à ... Cambridge, d'abord à Eton (où il entre en 1897) puis à King's Collège (à partir de 1902), où il réussit brillamment, plus particulièrement en mathématiques. Lytton Strachey et Leonard Woolf l'invitent à participer au groupe très fermé des « apôtres », dont la seule règle est une exigence de sincérité absolue, servie par la rigueur et la précision dans le langage. Ce premier succès « mondain » lui ouvre, vers 1909, l'accès au groupe londonien de Bloomsbury (formé, après sa création en 1905 par les quatre enfants de Leslie Stephen, dont Virginia, de jeunes intellectuels, peintres, écrivains, philosophes, qui se veulent anticonformistes, rebelles, moralement et sexuellement « libérés »).

À cette époque, Keynes est influencé par la philosophie morale de George Edward Moore, dont les Principia Ethica paraissent en 1903, et apprécie la lecture du whig Edmund Burke. Plus tard, il sera un lecteur passionné de Freud. Ce n'est qu'en 1905 qu'il commence vraiment à s'intéresser à l'économie en suivant les cours d'Alfred Marshall (1842-1924), l'un des amis de son père. En septembre 1906, à cause d'une note médiocre en économie, il est reçu deuxième au concours du Civil Service (« il est clair que je savais plus d'économie que mes examinateurs », écrira-t-il modestement), ce qui lui vaut de passer deux ans à Bombay, au bureau des Affaires indiennes.

De retour à Cambridge, en août 1908, grâce à Marshall, il prépare sa thèse sur la probabilité (refusée lors de sa première soutenance, couverte d'éloges lors de la seconde en 1909) tout en donnant des cours d'économie. En 1909, il reçoit le prix Adam-Smith pour un essai sur les nombres-indices et crée le club d'économie politique de Cambridge ; en 1911, il devient rédacteur en chef de l'Economic Journal et publie, en 1913, Indian Currency and Finance, ouvrage dans lequel il s'oppose au projet d'étendre à l'Inde l'étalon-or. Au début de la guerre, Keynes est nommé au Trésor où il s'occupe essentiellement des relations financières entre les alliés, activité qui lui permet de découvrir comment spéculer sur les devises ; il participe aux négociations du traité de Versailles, une expérience qui le conduit à démissionner et à écrire les Conséquences économiques de la paix (en 1919), best-seller à compte d'auteur dans lequel il démontre l'incapacité de l'Allemagne à payer les réparations exigées par les alliés et annonce une catastrophe sociale et politique si l'on persiste à contraindre ce pays à une paix « carthaginoise ».

De retour à Cambridge, ses cours portent sur la théorie de la monnaie, puis, à partir de 1932, tournant décisif, sur la « théorie monétaire de la production ». Cette activité est loin de suffire pour financer un train de vie élevé et pratiquer le mécénat. Keynes complète ses revenus par de nombreuses activités annexes : articles vendus très cher à des journaux et à des magazines (il devient même le directeur de The Nation and Athenaeum en 1923), conseil ou direction de compagnies d'assurances, et, surtout, spéculation sur les devises et les matières premières, y compris à la tête d'un fonds d'investissement. Presque ruiné en mai 1920, il surmonte cet épisode grâce à l'aide d'un ami financier et parvient ensuite à se constituer une fortune qui lui permet, par exemple, de financer la construction de l'Arts Theatre de Cambridge, inauguré en février 1936, le mois de la publication de la Théorie générale... En 1925, le 4 août, il a trouvé le temps d'épouser une ballerine russe, Lydia Lopokava (ils n'auront pas d'enfant).

Les années vingt se partagent en deux pour une autre raison : au cours de la première moitié, Keynes ferraille contre le retour de la livre à la parité d'avant guerre ; au cours de la seconde, il travaille à son analyse monétaire du cycle. En décembre 1923, est publié le Tract on Monetary Reform (recueil d'articles écrits depuis 1920), dans lequel il justifie son refus de sacrifier l'activité économique intérieure sur l'autel de la livre. Mais il échoue : le retour à la parité or est décidé en 1925, d'où la publication vengeresse des Conséquences économiques de M. Churchill (celui-ci étant alors chancelier de l'Échiquier). La suite lui donnera raison car cette parité, maintenue par une politique déflationniste désastreuse, dut être abandonnée en 1931.

En 1928, Keynes contribue à la rédaction du programme économique du parti libéral, lequel n'était pas si libéral puisque dans Can Lloyd George do it ? (pamphlet écrit avec Hubert H. Henderson pour la campagne électorale et publié en 1929) est préconisée une politique de grands travaux. En 1930, il participe à la commission Macmillan mise en place par le gouvernement travailliste et s'y prononce à nouveau pour un programme de travaux publics, accompagné par une politique monétaire volontariste, ce qui supposait de ne plus se soumettre au dogme du libre-échange. En octobre de cette même année est publié le Traité sur la monnaie, ouvrage a priori ambitieux puisqu'il rompt avec l'analyse monétaire de l'inflation, celle-ci étant expliquée par un excès de l'investissement sur l'épargne. Mais il est immédiatement l'objet de très nombreuses critiques, dont celles de Denis Robertson et de Friedrich A. Hayek.

Ces critiques et le travail collectif effectué, au sein du groupe appelé le Cambridge Circus, par des économistes tels que Richard Kahn, Ralph Hawtrey, Roy Harrod, James Mead, Joan Robinson, (c'est l'occasion de remarquer la qualité exceptionnelle d'un environnement intellectuel auquel on peut par exemple ajouter Piero Staffa, Frank Ramsey, mort en 1927, Bertrand Russell et Ludwig Wittgenstein !) incitent Keynes a entreprendre la rédaction d'un nouvel ouvrage qui expliquerait les variations de la production et de l'emploi indépendamment de la variation des prix. Au terme d'un long processus d'émancipation intellectuelle, dont témoignent les notes de cours de ses étudiants et la correspondance publiée dans les Collected Writings, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie est publiée en février 1936, puis complétée et éclairée par des articles parus dans l'Economic Journal en 1937 et 1939 (l'article le plus important, qui s'intitule « La théorie générale de l'emploi », est publié dans le Quarterly Journal of Economics).

En 1940 Keynes devient membre d'un conseil consultatif chargé d'organiser le financement de la guerre et publie en février 1940 l'opuscule How to Pay the War dans lequel il préconise entre autres, un paiement différé des salaires et un impôt sur le capital. En 1942, il est fait baron Keynes de Tilton et siège à la chambre des Lords. Dès septembre 1943, il commence à préparer avec son interlocuteur américain Harry White ce qui deviendra la célèbre conférence de Bretton Woods. Il décède le 21 avril 1946, à Tilton, dans les bras de Lydia. Contre sa volonté, ses cendres ne seront pas conservées à... Cambridge.

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Source : Pascal Combemale, Introduction à Keynes, La Découverte, 1999, pp.6-8.


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