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LE BLOG DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

• 20/11/2006 - 1943 Jean Moulin crée le Conseil National de la Résistance


1943
Jean Moulin crée le Conseil National de la Résistance




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Biographie de Jean MOULIN
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Jean Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers, dans une famille de militants républicains. Son père, franc-maçon, professeur et conseiller général radical-socialiste, l’incite à entrer dès l’âge de dix-huit ans dans l’administration préfectorale. Il met ensuite à profit ses relations dans le monde politique pour favoriser la carrière de son fils.

 1. Jean Moulin, préfet

Après une courte mobilisation à la toute fin de la Première Guerre mondiale, Jean Moulin débute comme attaché au cabinet puis sous-chef de cabinet du préfet de l’Hérault (1917). Il est tour à tour chef de cabinet du préfet de la Savoie (1922), sous-préfet d’Albertville (plus jeune sous-préfet de France, 1925), de Châteaulin (1930), de Thonon (1933), secrétaire général de la préfecture de la Somme (1936), préfet de l’Aveyron (plus jeune préfet de France, 1937), puis d’Eure-et-Loir (1939).

Son amitié avec Pierre Cot, jeune et brillant député radical, lui ouvre la porte des cabinets ministériels. À plusieurs reprises, il est chef de cabinet de Cot, au secrétariat d’État aux Affaires étrangères (1932), au ministère de l’Air (1936), puis du Commerce (1938). En tant que chef de cabinet du ministre de l’Air du Front populaire, à partir de l’été de 1936, il prend part aux livraisons clandestines d’armes et d’avions au gouvernement républicain lors de la guerre d’Espagne.

La réputation du préfet Jean Moulin auprès de son ministère de tutelle est celle d’un excellent administrateur, à tel point que le ministre de l’Intérieur du gouvernement formé le 17 juin 1940 par le maréchal Pétain à la suite de la demande d’armistice, envisage de le nommer directeur de la Sûreté. Projet abandonné lorsqu’on apprend son arrestation le soir même par le commandant allemand qu’il a dû accueillir dans sa préfecture de Chartres. Pour échapper aux brutalités qui lui sont infligées dans le but de lui faire avaliser un texte raciste et mensonger à l’égard des troupes coloniales, Jean Moulin tente de se suicider dans la nuit du 17 au 18 juin 1940. Soigné, libéré, il reprend ses fonctions à la tête de son département occupé, faisant preuve d’opiniâtreté tant à tenir tête aux Allemands et à protéger ses administrés qu’à remettre son département en état de marche. En vertu de ses opinions de gauche et de sa personnalité marquée, il est révoqué par le maréchal Pétain et quitte l’administration le 16 novembre 1940.

 2. Sous l’autorité du général de Gaulle

Dès les premiers mois de l’Occupation, Jean Moulin a utilisé sa fonction pour se renseigner sur la Résistance naissante et se forger une fausse identité lui permettant de quitter la France pour chercher à l’étranger une aide pour les réfractaires. Les mois suivant sa révocation, il intensifie ses activités clandestines, rencontrant nombre de pionniers, dont Henri Frenay et François de Menthon. Son inventaire est modeste, mais il sait en dresser, dans un texte intitulé Rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération du territoire national, un tableau sélectif qui présente les perspectives d’une résistance susceptible d’organisation et d’extension.

Jean Moulin quitte la France le 9 septembre 1941, muni d’un visa pour les États-Unis. Il choisit pourtant de se rendre en Angleterre, où il arrive le 20 octobre, via l’Espagne et le Portugal. Il se présente en émissaire des mouvements de résistance et sollicite l’aide des Britanniques et de la France libre.

Sa rencontre avec de Gaulle, le 25 octobre 1941, est décisive. Alors qu’il ignorait presque tout de la France libre, Moulin est convaincu par le projet du général de maintenir la France dans la guerre au nom d’une légitimité supplantant la légalité de Vichy. Sa vision de la résistance métropolitaine emporte l’adhésion de De Gaulle, qui le charge, sous son autorité, d’une triple mission de propagande, d’unification militaire et de fédération politique des mouvements de Résistance de la zone libre.

Parachuté en France le 2 janvier 1942, Jean Moulin reprend les contacts établis avant son départ, distinguant trois groupes auxquels il apporte financement et soutien : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur.

Sa première tâche consiste, non sans difficulté, à faire reconnaître à des groupes nés indépendamment de la France libre l’autorité du général de Gaulle. Jean Moulin crée aussi des services centraux : radio, opérations aériennes, bureau de presse, comité général des experts (C.G.E.), noyautage des administrations publiques (N.A.P.) et exécute, malgré de nombreux obstacles, sa mission de coordination technique et d’unification militaire. Le 2 octobre 1942, leComité de coordination, dont il est président, est créé à Londres, regroupant les trois mouvements sous les ordres du général de Gaulle.



 3. Le Conseil de la Résistance

Ces résultats, difficilement acquis, sont brutalement remis en cause après le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, les Américains cherchant à évincer de Gaulle au profit de l’amiral Darlan (13 novembre), puis du général Giraud (26 décembre).

Pour assurer de Gaulle du soutien des résistances métropolitaines et proclamer à l’extérieur la légitimité démocratique de celui-ci, Jean Moulin travaille au processus qui aboutit à la création du Conseil de la Résistance, institution clandestine représentative des mouvements de Résistance des deux zones (huit mouvements), des fractions résistantes des partis politiques de la IIIe République (six partis) et de deux syndicats. Lors de sa première réunion, le 27 mai 1943, le Conseil de la Résistance (connu par la suite sous le nom de Conseil national de la Résistance, C.N.R.) adopte une motion confiant l’autorité militaire à Giraud et l’autorité politique à de Gaulle. Parallèlement est mise sur pied, au cours du premier semestre de 1943, une Armée secrète, dont la direction est confiée au général Delestraint.

L’institutionnalisation de la Résistance et sa soumission à l’autorité du général de Gaulle ont suscité de terribles affrontements au sein de la Résistance métropolitaine et entre ses chefs et la France libre. Jean Moulin, nommé président des comités de coordination de zone sud et nord et du C.N.R., et commissaire national en mission (titre équivalent à celui de ministre), cristallise sur sa personne les dissensions internes, qui susciteront un certain nombre d’imprudences, aux conséquences parfois tragiques, de la part de dirigeants de mouvements, pris dans le tourbillon de leurs batailles. Ce sont ces imprudences qui, jointes à la trahison, mènent à l’arrestation de Jean Moulin à Caluire, le 21 juin 1943, par les services de la Gestapo de Lyon dirigés par Klaus Barbie.

Trahi une seconde fois en prison, Jean Moulin est identifié et torturé. Il tente probablement de se suicider pour échapper à ses tortionnaires. C’est dans un état désespéré qu’il est provisoirement transféré à Paris puis dirigé vers l’Allemagne. Il meurt durant le trajet. Son décès est déclaré en gare de Metz à la date du 8 juillet 1943.

 4. Les polémiques

Jean Moulin est la cible périodique de calomnies. Celles-ci se sont alimentées des écrits d’Henri Frenay, chef du mouvement Combat, qui prétendit, dès 1950, que Jean Moulin avait « favorisé » les communistes dans la Résistance. En 1973, il reprit cette thèse dans ses souvenirs (La nuit finira), puis la systématisa en 1977, dans un essai polémique, L’Énigme Jean Moulin.

Discréditer le symbole de la Résistance (le général de Gaulle fit entrer Moulin en 1964 au Panthéon où François Mitterrand lui rendit hommage lors de sa prise de fonction en 1981), c’est discréditer, d’une part, de Gaulle, et, d’autre part, la Résistance et les valeurs de combat, de sacrifice et de liberté qu’ils incarnent.

La répartition de l’argent et des armes entre les composantes de la Résistance, le choix de ses collaborateurs, la composition des institutions qu’il créa, les directives militaires et politiques qu’il appliqua prouvent, à la lecture des archives, que Jean Moulin n’a pas favorisé les communistes et s’est même appliqué à les contenir, afin d’assurer l’autorité exclusive du général de Gaulle sur l’ensemble des Résistances. Frenay, d’ailleurs, n’a jamais prétendu démontrer le crypto-communisme de Jean Moulin, mais seulement exprimer son « intime conviction ». Toutefois, les glissements successifs de son raisonnement, l’utilisation de moins en moins nuancée qui en fut faite et l’autorité morale dont il jouissait en tant qu’ancien chef de la Résistance ont non seulement donné du poids à son soupçon, mais ont fourni des arguments à ses suiveurs. Ceux-ci s’abritent derrière lui pour calomnier Jean Moulin, jusqu’à en faire un espion soviétique voire, à l’opposé, un agent américain.

La métamorphose des résistances en la Résistance, que Jean Moulin a soumise à l’autorité du général de Gaulle, évita pourtant à la France, lors de la Libération, l’humiliation d’une occupation alliée et la tragédie d’une guerre civile qui ensanglanta d’autres pays d’Europe occupés par les Allemands.

(source : E. Universalis)




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