17/11/2009 - [technologie] Les livres électroniques - Damien BLATTES
Souvent dénommé ebook, le livre
électronique est en voie de supplanter les bon vieux livres papiers, c’est du
moins ce qu’espèrent certains constructeurs et éditeurs.
Commençons par une mise au point
lexicale, ebook désigne le fichier électronique contenant le livre. Ces livres
sont commercialisés sur Internet, pourtant leur apparition est antérieure à la
création lu web elle remonte à 1971 ou la déclaration d’indépendance des
Etats-Unis à été numérisée à l’université de l’Illinois et envoyé à tous les
utilisateurs du réseau de l’école. Ce « petit » fichier de 5ko codé
en ASCII est le premier ebook.
Actuellement différents formats
existent, ils sont libres (.epub) ou propriétaires (.pdf ; html ;
AZW ; txt).
Mais le terme ebookou livre électronique ne représente pas
seulement le fichier electronique contenant le livre, c’est aussi l’appareil
permettant de le lire. N’importe quel ordinateur permet de lire un ebook, mais
pour des raisons de praticité et de confort de lecture, différents fabricants
ont mis au point des liseuses, avec plus ou moins de succès commerciaux.
Toutes les liseuses offrent
toutes plus ou moins les mêmes fonctionnalités. Il s’agit d’un appareil réduit
le plus souvent à un écran, de 6pouces au format A4. Cet écran est soit tactile
soit la liseuse est équipée d’un clavier pour parcourir le livre ou l’annoter.
L’écran est différent des écrans LCD couramment utilisés sur les ordinateurs ou
les téléphones portables puisqu’il est constitué de papier électronique.
Le papier électronique est un
lointain descendant de l’écran magique auquel nous avons tous joué dans nos
jeunes années. Il fonctionne selon le même principe : l’état bistable des
pixels qui permet de ne consommer de l’énergie que lorsque l’affichage change,
contrairement aux écrans à cristaux liquides qui sont rafraichis en permanence.
Ceci est réalisé selon différentes techniques. La plus ancienne est que chaque
pixel est une sphère bicolore, un hémisphère noir chargé négativement et un
hémisphère blanc chargé positivement. En contrôlant le champ magnétique autour
de chaque sphère par deux électrodes, on commande leur orientation et donc l’affichage
d’un pixel blanc ou noir. Une autre technique, mise au point dans les années
1990 consiste à former le pixel d’un petit réservoir transparent (40um) rempli
de paraffine noire dans lequel sont immergées des particules blanches chargées
électriquement. Ici aussi, en contrôlant le champ magnétique, on amène les
particules soit à la surface (le pixel apparait blanc) soit au fond (le pixel
apparait noir). L’avantage de cette dernière technique est que l’on peut
réaliser un papier souple.
En général les liseuses peuvent
afficher différents formats de fichiers ebooks mais parfois, comme le Kindle
d’Amazon, la liseuse n’est compatible qu’avec le format propriétaire de son
fabricant.
Le livre électronique comporte
des avantages certains face à son illustre concurrent le livre papier. Le
premier est le fait de pouvoir stocker une bibliothèque entière dans une
tablette de quelques mm d’épaisseur. Mais leur succès commercial est loin
d’être démontré, même 4 ans après la sortie des premiers ebooks.
Plusieurs arguments viennent
immédiatement aux aficionados du livre papier, le confort de lecture en tête. Faux,
répondent les autres, avec le papier numérique et son absence de rétro
éclairage, le livre numérique ne fatigue pas les yeux, et on peut même grossir
les caractères si besoin ! Reste les inattaquables arguments
irrationnels de l’odeur du papier, de la chaleur du livre, du touché des pages,
et de la froideur d’un appareil électronique. Pour ceux qui attachent autant
d’importance à l’objet qu’au contenu, le livre papier reste évidement
irremplaçable. Cependant les lecteurs-voyageurs apprécient de pouvoir amener
toute leur bibliothèque, lire et recevoir des journaux dans un appareil pesant
quelques centaines de grammes et qui a une autonomie plus que respectable (40h
environ).
Le prix est un frein non
négligeable au développement de cette technologie, en effet, outre les liseuses
qui restent chères (100-250€), les versions électroniques restent dans des prix
tout à fait comparables aux éditions papier. Certes les couts d’impression ont
disparus mais des nouvelles charges sont apparues, comme les couts de
numérisation, de conversion de format, de stockage des fichiers, et de TVA, qui
est à 19.6% pour les ebooks contre 5.5% pour les livres papiers.
Reste un point que les pours et
les contres s’arrachent : la pollution, ici chaque partie se réclament moins
polluante que l'autre. Selon une étude commandée par Hachette edition, une
liseuse dégage 250 fois plus de CO2 par à qu'un livre papier, et il faut lire
au moins 80 ebooks pendant 3 ans pour amortir écologiquement une liseuse. Bien
que l'impression de livres papiers consomme des produits chimiques et des arbres. Leur recyclage est quand même
facile alors que celui du matériel électronique n'est pas maitrisé. Donc même
si le débat reste ouvert, le livre papier semble s'en sortir un peu mieux.
Alors révolutionnera ou révolutionnera
pas? Même si sur le papier, le livre électronique a des arguments pour lui, la
liseuse avec sa batterie toujours vide, son écran trop petit, le format du
dernier ebook qui n'est pas reconnu, le fait de ne pas pouvoir prêter un ebook
car verrouillé pour empêcher le piratage... tous ces petits désagréments empêcheront
le livre électronique de percer dans le grand public.
Le livre électronique a au moins
fait parlé de lui et ne laisse personne indifférent dans un secteur où la
dernière évolution majeure remonte à Gutenberg. Et si c'était ça la force du
livre traditionnel? Le livre électronique n'apporte pas vraiment plus de
fonctionnalités qu'un bon vieux livre. Pourquoi transformer, améliorer,
complexifier un objet qui rempli parfaitement sa fonction depuis des siècles? Si
on dit que le génie, c'est quand on ne peut plus simplifier, le livre
électronique n'est pas si génial que ça.
Ce cours est le cours ouvert dans le cadre des modules d'ouverture de l'INSA de Toulouse - auteurs : Séraphin ALAVA et les étudiants de 4ème et 5ème année de l'INSAT