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Cyberculture : liens théoriques
Note : les extrais des textes ci-joint sont issues de sites Internet et sont accessibles directement en cliquant sur le lien .
« L’honnête homme” de ce début de XXIe siècle, et les autres, ont assisté de près ou de loin à l’explosion de la communication sous toutes ses formes et en particulier, évidemment, celle de l’Internet. On commence à saisir que se développe sous nos yeux un ensemble inédit de technologies et de connaissances affectant profondément tous les aspects de notre mode de vie, ce dont les représentations culturelles traditionnelles ne suffisent plus à rendre compte. Un ensemble plus vaste est à concevoir. La cyberculture se présente comme un début de réponse ».
Claude BALTZ, Éléments de cyberculture 
« Il y a eu trois grandes étapes dans l'histoire de l'Homme :
L'homo sapiens
Le sans-culotte
L'internaute
Entre ces diverses phases de son évolution, l'Homme a passé le temps comme il le pouvait, bâtissant des pyramides, détournant le cours du Titicaca, réparant le siphon du lavabo... Il fallait bien s'occuper au cours de cette ère d'obscurantisme qui a précédé Internet. Qu'auriez-vous fait à sa place ?
Et puis, alors qu'il était de bon ton de s'interroger sur le devenir de ce bipède inconstant, est apparu le compagnon idéal, le catalyseur inespéré, le jouet parfait : l'ordinateur, bientôt suivi de son inséparable modem. Ajoutons une souris, une copie de Tomb Raider 2, un lecteur de CD-ROM, une tablette graphique, un appareil photo numérique, un logiciel de retouche d'images... Un univers nouveau s'est alors ouvert, avec des jeux en millions de couleurs, des rencontres fantastiques, des expériences hallucinantes, des courses poursuites infernales, des conversations déjantées avec des créatures à trois têtes... Le cybermonde est né. Les potentiels de l'humanoïde ont explosé en une marée de pixels scintillants.
L'Homme n'est plus ce qu'il était. La Femme non plus. A première vue, rien n'a changé. La Nature continue son immuable mutation, expérimentant de nouvelles formes, nourrissant l'éléphant comme le papillon, le fuchsia comme le baobab. Elle fait comme si de rien n'était, mais la chose est sûre... Tôt ou tard, la Nature intégrera Internet dans son grand plan. Les bébés de l'ère cyber seront bientôt pré-équipés d'une prise permettant de se connecter sur le réseau. Dès le kindergarten, ils joueront à Baby Doom, en s'aspergeant mutuellement de bouillie gluante sur les écrans intérieurs du berceau. Le clic deviendra aussi naturel que la repousse de la queue du lézard.
……
Allez vous demeurer assis sur le trottoir alors que les électrons affolés jouent à Wipeout sur les autoroutes déjantées de l'information ? Regarderez vous passer le vaisseau spatial sans réclamer un ticket au robot souriant derrière le guichet ?
D'autres, à d'autres époques, ont rejeté le silex, la pomme de douche, le stylo à quatre couleurs, la fission de l'atome. Résultats des courses : ils ont eu les filles/garçons les plus tartes, les jobs les plus navrants, un beau frère moustachu, les pieds plats... Tout ce qu'on ne vous souhaite pas ».
Daniel ICHBIAH, Cyberculture 
« Pour moi, le Cyberespace c’est un espace d’abord métaphorique, ce n’est pas un véritable espace. C’est un espace de communication. Un espace de communication qui est ouvert par l’interconnection mondiale des ordinateurs. C’est ça le Cyberespace et la Cyberculture c’est l’ensemble des techniques, des manières de faire, des manières d’être, des valeurs, des représentations qui sont liées à l’extension du Cyberespace et, très probablement, le Cyberespace va continuer à s’étendre, tous les ordinateurs de la planète vont être interconnectés et de plus en plus de personnes, de groupes, d’institutions vont participer à la communication qui se déroule dans cet espace. Donc, quand je parle de Cyberculture, c’est une culture au sens anthropologique. Mon hypothèse principale c’est que, loin d’être une sous-culture des fanatiques du Réseau, la Cyberculture exprime une mutation majeure de l’essence même de la culture. Alors, pourquoi ?, parce que, je pense qu’elle manifeste la montée d’une nouvelle forme d’Universel ».
Pierre LEVY, Cyberespace et cyberculture 
« La forme des solidarités sociales est en mutation dans l'ensemble des sociétés sur le globe. Les institutions nationales se transforment et le phénomène de la mondialisation sociale, culturelle, politique et économique affecte la vie des individus de partout. Le développement d'outils de communication en réseaux informatiques depuis trois décennies s'est déployé dans l'univers symbolique d'un grand nombre de citoyens répartis dans plusieurs pays du monde. Cet environnement réticulaire se déploie, des individus l'habitent et le façonnent dans la rencontre mondiale des cultures. Cet espace virtuel défait les territoires du quotidien pour en recréer de nouveaux au niveau symbolique.
Dans ce contexte, il est encore difficile de comprendre la forme des solidarités sociales émergente et une analyse soutenue est nécessaire à sa compréhension. Déjà trente ans ont passé depuis l'avènement des premières communautés virtuelles et la créativité des acteurs à l'oeuvre a permis l'émergence d'un espace, d'un environnement, d'un univers symbolique bien particulier. Depuis environ dix ans, certains chercheurs en sciences sociales ont commencé à explorer les frontières de cet univers pour tenter d'en comprendre l'essence. Toutefois, beaucoup de travail reste à faire.
Cet article a pour but d'ajouter une pierre dans la fondation de cet édifice théorique, en posant un nouveau regard sur la définition du lien social dans cet univers bien particulier, que le temps a fini par nommer "Cyberespace" (Gibson, 1985). Dans cet espace, des interactions prennent vie, des relations s'installent et des communautés se forment. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour comprendre la nature des liens qui unissent les individus et les processus qui régissent ces relations ».
Jean-François MARCOTTE, Communautés virtuelles et sociabilité en réseaux: pour une redéfinition du lien social dans les environnements virtuels.
« Selon certains théoriciens de la cyberculture [Weissberg, 1999], les nouveaux réseaux numériques provoquent actuellement un changement technologique, mais aussi paradigmatique, en bouleversant notre façon d’appréhender le monde : à un mode d’accès à la connaissance basé sur l’écriture linéaire et textuelle, ils substitueraient progressivement un nouveau mode basé sur les trois principes fondateurs de l’Internet : la navigation (qui supposerait l’affranchissement des limites spatiales et temporelles de l’écriture traditionnelle), l’hypertexte (qui favoriserait une mise en boucle généralisée des connaissances entre elles) et l’interaction (qui permettrait aux utilisateurs d’entretenir des relations permanentes et rétroactives avec n’importe quel point du réseau de communication dans une perspective d’apprentissage mutuel et d’émergence d’une intelligence collective).
L'information en-ligne ne se décline pas seulement sur le mode de la juxtaposition pluri-média de divers supports traditionnels (textes, sons, images fixes et animées, vidéos ou de synthèse) qui exigerait chez les éditeurs avant tout une compétence assortie de quelque talent en matière d'infographie. Elle suppose également un principe de navigation hypermédia qui va amener le journaliste à créer et mettre judicieusement en place des balises hypertextuelles destinées à orienter le parcours des lecteurs, activité qui va requérir ce que nous avons appelé une compétence encyclopédique [Pélissier et Ruellan, 2001]. Cette dernière peut se définir comme la capacité qu'aurait le journaliste à proposer un traitement contextuel, référentiel et récursif des informations reposant sur une "mise en boucle" (notion qui renvoie à l'étymologie de l'encyclopédie) rétroactive et généralisée de celles-ci : liens "internes" permettant aux textes de certaines rubriques (politiques, économiques, culturelles, etc.) de renvoyer vers d'autres textes figurant dans d'autres rubriques ; liens "externes" proposant aux visiteurs de cheminer vers d'autres sites dans la perspective d'approfondissement d'une problématique (originaux des textes de loi, sources institutionnelles à l'origine d'une décision, etc.). Ce n'est que dans cette perspective que le "cyberjournalisme" pourra apporter une valeur ajoutée au paradigme classique du journalisme d'information.
Nicolas PELISSIER, De l'influence des NTIC sur les organisations de presse 
« Qui sera l’homme du futur ?
De manière schématique, on peut considérer qu’il existe deux visions de l’homme du futur. L’une proche de la science fiction, à laquelle je n’adhère pas, et l’autre qui se rapproche d’une démarche de « technologue humaniste », avec laquelle je me sens plus à l’aise. La première vision débouche presque toujours sur le « mutant », le « cyborg » ou « l’homme bionique ». Le mutant c’est un être vivant qui se modifie par des mutations biologiques. Le cyborg, un homme-robot ou un être humain dont la biologie s’est mécanisée et la mécanique « biologisée ». Et l’homme bionique, un être qui intègre des parties bioniques remplaçant ou augmentant des fonctions déficientes. Ma vision personnelle se fonde sur une co-évolution de l’homme et de la société. Je l’appelle une évolution anthropo-technico-sociétale. Ce qui signifie que la transformation de l’homme me paraît inséparable de son intégration dans la société qui, elle-même, le transforme en retour. »
Joël de ROSNAY, L'homme en pièces détachées est-il toujours humain ? - Interview du Figaro Magazine par Jean-Marc Requin Cyber Sapiens, 21 avril 2004
« Mais qu'est-ce qu'une communauté virtuel? Une communauté virtuelle n'est pas un site ou un environnement virtuel que l'on peut retrouver sur Internet! Il s'agit d'un groupe d'individus qui se forme à travers des relations sociales. Une communauté virtuelle n'est pas non plus un agrégat de personnes qui fréquente un environnement virtuel de rencontres. Il s'agit d'un ensemble d'individus qui partagent un univers symbolique qui leur est propre et qui ont des rapports réguliers à travers des processus sociaux complexes. Ainsi, il ne suffit pas de fréquenter ces espaces virtuels pour qu'une communauté virtuelle prenne forme. C'est le besoin ou le désir de s'unir dans un contexte de libre association qui détermine si des communautés virtuelles prennent naissance. Une communauté virtuelle existe dans la conscience de ses membres, et ce sont les relations permettant la formation du groupe qui se déroulent via une médiation technique. L'interaction sociale se réalise sous forme d'interaction en réseaux, mais conserve la médiation sociale habituelle permettant la formation de liens sociaux. Ces interactions en réseaux sont observables mais c'est ce lien social entre les individus qui est plus délicat à déchiffrer dans ce contexte, et qui permet pourtant de comprendre les mécanismes sociaux à la base de la formation des communautés virtuelles ».
Les rapports sociaux sur Internet: analyse sociologique des relations sociales dans le virtuel - Sous la direction de Jean-François MARCOTTE 
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